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vendredi 2 janvier 2015

Moriarty de Anthony Horowitz






Titre : Moriarty
Titre original : Moriarty - traduit par Annick Le Goyat
Date de parution : 2014
Editeur : Hachette
Nombre de pages : 358







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Quelqu’un croit-il réellement à ce qui s’est produit aux Chutes du Reichenbach ?
Pas moi.
Et je vais vous dire pourquoi.
>Mais avant toute chose, laissez-moi me présenter.
Frederick Chase, détective de l’agence Pinkerton.
Ma mission ?
Retrouver et neutraliser Clarence Devereux, cerveau du crime qui s’est empressé de combler le vide laissé par la disparition de Moriarty, l’ennemi juré de Sherlock Holmes.
Pour arrêter ce génie du mal, un homme presque invisible, j’ai suivi l’inspecteur Athelney Jones de Scotland Yard, fervent disciple de Sherlock Holmes, dans les recoins les plus sombres de la ville.
Mais le criminel le plus dangereux de Londres n’est pas celui qu’on croit…

En premier lieu vous devez savoir que je suis une fan de Sherlock Holmes. J’ai lu presque toutes les histoires originales de Conan Doyle, ainsi que quelques réécritures. Aussi dès que j’ai vu celle-ci, je me suis jetée dessus sans même prendre la peine de jeter un œil au résumé. Je savais que ça allait me plaire.

Vous comprendrez donc aisément que ça m’a fait bizarre au début quand j’ai réalisé que ni Holmes ni Watson n’étaient présents dans ce roman. Même Moriarty n’était pas là, alors que pourtant son nom se trouve dans le titre ! L’histoire se déroule quelques jours après les évènements des chutes de Reichenbach, et Holmes et Moriarty sont morts tous les deux. Les personnages que l’on suit à la place sont Frederick Chase, un détective américain, et Athelney Jones, un inspecteur de Scotland Yard. Ils sont sur la piste d’un gang d’escrocs américains qui sévissent à Londres, et dont le leader aurait été en contact avec Moriarty avant que ce dernier ne meure.

En fait, les personnages de Conan Doyle sont là sans l’être. Je m’explique. Moriarty est la raison pour laquelle Chase est venu en Europe, et il est celui qui était en contact avec l’escroc que les deux protagonistes essaient de coincer, donc il est souvent mentionné. Quant à Holmes et Watson, Chase et Jones sont clairement censés représenter la mythique paire de détectives. Jones est fasciné par Sherlock Holmes, et il a passé sa vie à tenter de perfectionner les mêmes méthodes que son modèle. Et Chase est son Watson, toujours à ses côtés quoi qu’il se passe, la seule différence est que Chase est aussi un détective et non un médecin. Donc nous avons les interactions entre Holmes et Watson, et quelques séries de déductions épiques comme dans un « vrai » roman de Sherlock Holmes. Au final, la présence des personnages originaux ne m’a pas manqué du tout.

Maintenant parlons de l’intrigue policière. Elle est très bien menée, avec plein de rebondissements et d’action, et très vite je me suis retrouvée emportée et je voulais savoir où se cachait le leader du gang d’escrocs, et pourquoi ses collaborateurs se faisaient tuer. Mais ce qui a fait basculer l’histoire de « très bonne intrigue policière » à « intrigue policière extrêmement intelligemment menée », c’est le rebondissement final. Je ne l’avais absolument pas vu venir. En fait, quand Hachette m’a envoyé mon exemplaire, il était accompagné d’une lettre de l’auteur demandant aux chroniqueurs d’en révéler le moins possible sur la fin, censée être surprenante. Alors, tout au long de ma lecture j’ai échafaudé les scénarios les plus fous concernant cette fin, mais je n’avais pas pensé à ça. Maintenant il va falloir que je relise le roman, pour voir s’il y a des indices que j’ai manqués.

Pour conclure, je dirais que ce roman n’était pas exactement ce à quoi je m’attendais puisque je pensais y retrouver les personnages originaux, mais je n’en ai pas du tout été déçue pour autant, loin de là ! J’ai adoré ma lecture, et je pense que ce sera le cas pour tous les fans de Sherlock Holmes.

Je vous le recommande si : vous aimez Sherlock Holmes.

mercredi 2 juillet 2014

Petits meurtres à l'étouffée de Noel Balen & Vanessa Barrot







Titre : Petits meurtres à l'étouffée
Auteur : Noel Balen & Vanessa Barrot (France)
Date de parution : 2014
Editeur : Fayard
Nombre de pages : 192







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Laure Grenadier, rédactrice en chef du magazine Plaisirs de table, part en reportage avec son photographe Paco Alvarez pour dresser l'inventaire des bouchons lyonnais. Au coeur de la capitale des Gaules, tous deux envisagent de rendre hommage aux acteurs de l'excellence gastronomique : chefs illustres, adresses confidentielles, producteurs locaux...

Tout bascule lorsque le propriétaire d'un restaurant typique de la célèbre rue Saint-Jean est retrouvé assassiné au petit matin. La ville est en émoi et un vent de panique souffle sur les collines de Fourvière et de la Croix-Rousse quand, le lendemain, le tenancier d'un bouchon historique de la rue Mercière est à son tour tué selon le même procédé.

Laure Grenadier connaissait ces personnages et cherche à comprendre ce qui se cache derrière ces meurtres en série. Crimes crapuleux, jalousies corporatistes, vengeances sentimentales ? Elle tente de lever le voile qui masque un milieu peu enclin à se livrer.


Laure Grenadier, rédactrice en chef d’un célèbre magazine culinaire, se rend à Lyon en compagnie de son fidèle photographe, Paco, pour faire un reportage sur les grands noms de la cuisine lyonnaise. Mais à peine sont-ils arrivés qu’un terrible événement perturbe le monde de la restauration : les tenanciers de deux bouchons (le restaurant typique de Lyon) renommés sont assassinés à un jour d’intervalle, selon le même mode opératoire. Un tueur en série sévirait-il ? Ebranlée par ces meurtres dont elle connaissait plutôt bien les victimes, Laure décide de mener l’enquête...

Soyons honnêtes. La gastronomie, sur la liste de mes centres d’intérêt, ça se situe quelque part entre les mouchoirs en papier et les vers de terre (autant dire que ça ne m’intéresse pas du tout). Mais j’ai quand même eu envie de lire ce livre, parce que c’est un roman policier (j’aime beaucoup ce genre), et que ça se passe à Lyon (là où j’habite). Du coup, je me suis dit que ces points positifs arriveraient à rattraper mon absence d’intérêt pour le thème du roman. Eh bien, je me suis trompée.

La gastronomie prend vraiment TOUTE la place dans le roman. On a de longues descriptions des menus et de plats, ainsi des récits interminables de l’histoire des bouchons lyonnais. Et comme ce n’est pas un sujet qui m’intéresse, ça m’a assez rapidement agacée (je sais pas vous, mais moi quand on me dit « cervelas » ou « tripes en sauce », ça ne me met pas particulièrement en appétit), et j’ai commencé à sauter des paragraphes.
Généralement, j’ai trouvé que les auteurs avaient trop tendance à se perdre dans les détails, nous offrant de longues descriptions qui n’apportent pas grand-chose au récit. Les descriptions de plats m’ont ennuyée, les descriptions de la ville de Lyon m’ont un peu plus intéressée puisque j’y ai retrouvé des lieux qui me sont familiers. Mais je me doute que celui qui n’est ni gastronome ni lyonnais ne va pas trouver grand intérêt à ce livre.

Il n’y a même pas le côté polar pour rattraper le tout. A vrai dire, je ne pense même pas que Petits meurtres à l’étouffée mérite de rentrer dans la catégorie « roman policiers ». Le début est prometteur, avec la possibilité d’un tueur en série sévissant dans les bouchons lyonnais, mais c’est très mal exploité. J’ai passé presque tout le livre à me demander quand l’enquête allait enfin commencer. Laure Grenadier essaie bien de poser des questions par-ci par-là, mais on ne peut pas dire qu’elle mène l’enquête à proprement parler, et pas un seul policier ne fait son apparition dans le récit (un comble pour un roman policier, quand même !). Et puis, d’un coup, dans les derniers chapitres, Laure a une illumination et découvre le fin mot de l’histoire. Et là, je me suis dit : « ah, tout ça pour ça ? »

Le duo Laure-Paco est plutôt sympathique, mais comme on en connaît beaucoup plus sur ce qu’ils ont mangé pendant leur séjour à Lyon que sur leur histoire et leur personnalité, je n’ai pas vraiment pu m’attacher à eux.

En bref, je crois que ce qui m’a le plus intéressée a été le fait que l’histoire se passe à deux pas de chez moi. Pour le reste, c’est une grosse déception. Le récit se perd en longueurs et l’enquête policière est inexistante, et je pense que si ce roman n’avait pas été très court (moins de 200 pages), je ne serais pas allée jusqu’au bout.


Je vous le recommande si : vous vous intéressez à la gastronomie et/ou vous connaissez bien Lyon. Mais si vous cherchez juste un roman policier, passez votre chemin.

Merci à Babelio et aux éditions Fayard pour cette lecture !

mercredi 25 juin 2014

La faiseuse d'anges de Camilla Läckberg






Titre : La Faiseuse d’anges
Titre original : Änglamakerskan – traduit par Lena Grumbach
Auteur : Camilla Läckberg (Suède)
Date de parution : 2011 en Suède, 2014 en France
Editeur : Actes Sud
Nombre de pages : 416







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Pâques 1974. Sur l’île de Valö, aux abords de Fjällbacka, une famille disparait sans laisser de trace. La table est soigneusement dressée pour le repas de fête, mais tout le monde s’est volatilisé. Seule la petite Ebba, âgée d’un an, erre, en pleurs, dans la maison abandonnée. L’énigme de cette disparition ne sera jamais résolue.
Trente ans plus tard, Ebba revient sur l’île et s’installe dans la maison familiale avec son mari. Accablés par le deuil et la culpabilité après le décès de leur fils, ils nourrissent l’espoir de pouvoir y reconstruire leur vie, loin du lieu du drame. Mais à peine se sont-ils installés qu’ils sont victimes d’une tentative d’incendie criminel. Et lorsqu’ils commencent à ôter le plancher de la salle à manger, ils découvrent du sang coagulé. C’est le début d’une série d’événements troublants qui semblent vouloir leur rappeler qu’on n’enterre pas le passé.
De son côté, Erica s’était depuis longtemps intéressée à l’affaire de la mystérieuse disparition sur l’île. Apprenant le retour de la seule survivante, elle se replonge aussitôt dans le dossier. Elle n’imaginait pas que l’affaire était si complexe. Elle n’imaginait pas que tout avait commencé il y a plus d’un siècle avec une faiseuse d’anges. Elle n’imaginait pas que les secrets familiaux allaient mettre en péril l’une des personnes les plus importantes de sa vie.


Après un Gardien de phare un peu raté, Camilla Läckberg nous revient en pleine forme avec La faiseuse d’anges. Il ne détrônera pas L’enfant allemand pour le titre de roman préféré de l’auteure, mais il mérite une bonne place de second dans ce classement. Nouveau gros coup de cœur pour un roman de Camilla Läckberg qui est sans aucun doute mon auteure préférée.

L’île de Valö, ancien internat pour adolescents difficiles, est connue pour l’étrange évènement qui s’y est produit trente ans plus tôt : une famille entière s’est volatilisée durant le repas de Pâques. Tout le monde à l’exception d’Ebba, une fillette de un an. Trente ans plus tard, cette même Ebba, désormais adulte, revient s’installer à Valö. Mais son retour déplait à quelqu’un, visiblement, puisque le soir même de son arrivée, on met le feu à sa maison. Intriguée depuis toujours par ce mystère mais encore plus depuis le retour d’Ebba et l’incendie criminel dont elle est victime, Erica mène l’enquête à l’insu de Patrik, son mari policier.

Une nouvelle fois, cette intrigue alterne et s’articule avec une autre, située beaucoup plus tôt dans le passé, dans laquelle nous découvrons le destin de Dagmar, la fille d’une faiseuse d’anges à Fjällbacka au début du XXe siècle. Un schéma très classique pour Camilla Läckberg, mais qui réussit tout de même à nous captiver et à nous surprendre. Si l’intrigue policière évolue tout doucement au départ, elle s’accélère brutalement par la suite pour nous livrer un dernier tiers vraiment haletant. Comme j’ai tremblé pour nos personnages ! L’auteure fait évoluer un grand nombre de personnages et (sadique qu’elle est !) change de point de vue toujours aux moments cruciaux. C’est terriblement frustrant, mais ça rend le roman tellement addictif !
Et puis le mystère autour de la disparition de la famille en 1974 m’a également tenue en haleine. On veut savoir, que s’est-il réellement passé ? J’ai échafaudé tout un tas de plans au cours de ma lecture, que l’auteure a évidemment pris un malin plaisir à démolir avec ses nouvelles révélations, et même si j’avais trouvé certaines choses, le dénouement a quand même réussi à me surprendre.

Comme à son habitude, Camilla Läckberg fait évoluer son intrigue policière très lentement au départ pour mieux se consacrer aux petites histoires autour de nos personnages fétiches : Erica, Patrick, Anna, Mellberg... C’est qu’après huit livres, on commence à bien connaître tout ce monde ! (et à beaucoup s’y attacher, aussi, mais pour ça il ne m’a suffi que d’un seul livre !). Les personnages ont vraiment tous leur propre histoire et leur propre évolution au fil des romans, c’est pourquoi je vous conseille fortement de les lire dans l’ordre bien que les intrigues soient indépendantes les unes des autres. Encore une fois, j’ai énormément apprécié de les suivre. J’ai eu les larmes aux yeux à cause de ce qui arrive à Martin, et j’ai beaucoup aimé le fait que La faiseuse d’anges s’attarde un peu plus sur le personnage de Gösta, ce vieux policier un peu blasé qui ne m’avait pas particulièrement plu au tout début, mais que j’ai appris à beaucoup apprécier au fil des tomes.

Que dire de plus, si ce n’est de foncer découvrir ces romans si ce n’est pas encore fait ? Pour moi Camilla Läckberg est la reine incontestable du polar scandinave, et j’ai déjà très très hâte de lire son prochain roman !

vendredi 7 juin 2013

Le gardien de phare de Camilla Läckberg

Titre : Le gardien de phare (Fyrvaktaren)
Auteur : Camilla Läckberg (Suède)
Date de parution : 2009 en Suède, 5 juin 2013 en France
Editeur : Actes Sud
Nombre de pages : 459


Résumé :
Par une nuit d'été, une femme se jette dans sa voiture. Les mains qu'elle pose sur le volant sont couvertes de sang. Avec son petit garçon sur le siège arrière, Annie s'enfuit vers le seul endroit où elle se sent en sécurité : la maison de vacances familiale, l'ancienne résidence du gardien de phare, sur l'île de Gråskär, dans l'archipel de Fjällbacka.

Quelques jours plus tard, un homme est assassiné dans son appartement à Fjällbacka. Mats Sverin venait de regagner sa ville natale, après avoir travaillé plusieurs années à Göteborg dans une association d'aide aux femmes maltraitées. Il était apprécié de tous, et pourtant, quand la police de Tanumshede commence à fouiller dans son passé, elle se heurte à un mur de secrets. Bientôt, il s'avère qu'avant de mourir Mats est allé rendre une visite nocturne à Annie, son amour de jeunesse, sur l'île de Gråskär - appelée par les gens du cru "l'île aux esprits", car les morts, dit-on, ne la quittent jamais et parlent aux vivants...

Erica, quant à elle, est plus que jamais sur tous les fronts. Tout en s'occupant de ses bébés jumeaux, elle enquête sur la mort de Mats, qu'elle connaissait depuis le lycée, comme Annie. Elle s'efforce aussi de soutenir sa sœur Anna, victime, à la fin de La Sirène, d'un terrible accident de voiture aux conséquences dramatiques...


Mon avis :
Pour ceux qui ne le savent pas encore : je suis une grande fan de Camilla Läckberg, elle est l’une des rares auteurs dont j’achète tous les livres les yeux fermés sans même lire la quatrième de couverture. C’est donc en toute logique que je me suis précipitée sur Le gardien de phare le jour même de sa sortie, je l’attendais quand même depuis un an !

Dans ce septième opus des aventures de l’inspecteur Patrik Hedström et son épouse Erica Falck, la police de Tanumshede est confrontée au meurtre de Mats Sverin, abattu d’une balle dans son propre appartement. La victime semble être un homme sans histoires, aimé de tous, mais il apparaît rapidement que personne ne le connaît réellement – il ne s’est jamais confié à son entourage et son appartement est des plus impersonnels, comme sa vie avait débuté au moment où il est rentré à Fjällbacka, sa ville natale. Quel(s) secret(s) a-t-il cherché à dissimuler ?

Comme a son habitude, Camilla Läckberg fait naviguer son récit entre de nombreux personnages, certains dont on ne sait pas au départ quel est leur rapport avec l’intrigue principale. Et grâce à cette multitude de personnages que l’on suit parallèlement, l’auteure sème le doute et nous entraîne sur de nombreuses fausses pistes. Tous ont des zones d’ombres, des secrets  qui pourraient nous faire penser qu’ils sont soit le meurtrier soit l’élément déclencheur du crime. Dans Le gardien de phare, il semblerait que la clé de l’intrigue soit liée aux femmes battues, puisque deux des personnages secondaires, Annie et Madeleine sont des femmes fuyant un mari violent, et la victime lui-même travaillait dans une association d’aide aux victimes de violences conjugales avant de s’installer à Fjällbacka. Mais tout au long du récit l’auteure vient semer d’autres indices qui viennent nous écarter de cette piste…

Nous suivons également, en parallèle, le destin d’Emelie, épouse du gardien de phare de l’île de Gråskär, dans l’archipel de Fjällbacka au XVIIIe siècle. Et c’est là que se trouve ma petite déception. C’est chose récurrente dans les romans de Camilla Läckberg d’avoir, un récit parallèle se déroulant dans le passé, mais à la fin, les deux histoires convergent, et la clé de l’intrigue réside dans les évènements du passé. Là, pas du tout. En fait, je n’ai pas vraiment compris quel était le rapport entre Emelie et le meurtre de Mats Sverin (si toutefois il y en a un !) La conclusion de ce récit parallèle m’a aussi laissée perplexe. Je l’ai trouvée trop rapide, pas assez développée, d’ailleurs je n’ai pas compris pourquoi ça se terminait comme ça. Pour moi cette histoire n’a pas grande utilité, et c’est dommage car Camilla Läckberg a prouvé dans ses précédentes publications qu’elle savait parfaitement naviguer entre le passé et le présent dans ses romans, mais là pour le coup, c’est raté.

Il faut bien l’avouer, l’intrigue policière est loin d’être révolutionnaire, elle réussit à retenir l’attention du lecteur jusqu’au bout mais certains éléments sont assez faciles à deviner. Mais tout le plaisir qu’il y a à lire Camilla Läckberg réside dans le fait qu’elle réussit parfaitement à jouer sur deux tableaux : à la fois l’enquête policière et la vie quotidienne de ses personnages, et les deux sont plaisants à lire.  On se passionne pour les enquêtes non officielles menées par Erica, on compatit à la douleur d’Anna, sa sœur, sur qui le sort semble s’acharner, on se délecte des mésaventures et des innombrables bourdes de Bertil Mellberg, le chef du commissariat qui n’a de chef que le nom… Bref, on s’attache follement à tous ces personnages et le fait que leur vie privée prenne autant de place que l’enquête à proprement parler ne nous les rend que plus attachants et familiers. Ils commencent à me manquer dès l’instant où je tourne la dernière page !

En conclusion, Le gardien de phare n’est de loin pas le meilleur roman qu’a écrit Camilla Läckberg, mais il reste un excellent moment de lecture, qui ne fait que renforcer mon addiction totale à cette petite ville de Fjällbacka et à ses habitants ! 

vendredi 17 mai 2013

Le sang des pierres de Johan Theorin

Titre : Le sang des pierres (Blodläge)
Auteur : Johan Theorin (Suède)
Date de parution : 2010 en Suède, 2011 en France
Editeur : Albin Michel
Nombre de pages : 426


Résumé :
A la fonte des neiges, les gens du continent réinvestissent l'île. Peter Mörner s'est installé dans une vieille maison dont il a hérité pour trouver la paix, loin de son père. De sa villa flambant neuve, Vendela Larsson regarde cette lande dont elle connaît tous les secrets. Quant à Gerloff, vieux loup de mar de 85 ans, il a voulu revoir, peut-être pour la dernière fois, le soleil de son enfance... Mais pour eux, le printemps ne sera pas comme les autres. La mort rôde en cette nuit de Walpurgis qui célèbre traditionnellement la fin de l'hiver, et les drames du passé, dont témoigne la couleur rouge sang de la falaise entre la carrière et la lande, resurgissent...

Mon avis :
Autant vous prévenir tout de suite : si vous cherchez un « vrai » thriller, avec du suspense à vous couper le souffle et des enchaînements d’actions à n’en plus finir, passez votre chemin, vous ne trouverez pas votre bonheur dans ce livre. De même si vous recherchez un roman policier traditionnel. Le sang des pierres est en réalité plus un roman d’atmosphère qu’un véritable polar.

Pour son troisième roman, Johan Theorin revient sur son territoire de prédilection, la petite île suédoise d’Öland. Nous y suivons trois personnages principaux : Gerloff, un vieil homme de 85 ans qui a décidé de quitter la maison de retraite pour passer ses derniers jours dans la maison où il a toujours vécu; Vendela, de retour sur les terres de son enfance; et Peter, qui essaye de trouver sur l’île un peu de paix loin des tourments qui agitent sa vie privée. Mais, quelques jours avant la nuit de Walpurgis qui célèbre le début du printemps, les démons du passé resurgissent et les fantômes viennent régler leurs comptes avec les vivants…

Je dois dire que j’ai eu un peu de mal à entrer dans l’histoire. Le démarrage est un peu long et durant les cent premières pages je ne voyais pas trop où l’auteur voulait en venir. Nous suivions les personnages en parallèle sur l’île où ils se croisaient de temps en temps mais sans que cela n’amorce une trame convaincante. Le rythme est vraiment très lent, mais une fois passée la mise en place des personnages et des lieux et les premiers évènements importants arrivés le roman est de plus en plus captivant.

J’ai beaucoup aimé les personnages qui sont tous un peu mystérieux et entourés d’une certaine zone d’ombre, en particulier Vendela et Peter. Ils sont petit à petit rattrapés par leur passé et on les découvre à travers leur douloureuse histoire. J’ai mis du temps à m’attacher à ces personnages, et c’est vraiment petit à petit, en en apprenant plus sur eux qu’ils me sont apparus de plus en plus sympathiques.
Je pourrais presque faire figurer le lieu, l’île d’Öland, au nombre des personnages de ce roman. Sa plus grande force en effet réside dans la plume de l’auteur qui réussit à donner un véritable caractère à Öland grâce à des descriptions minutieuses s’attardant sur des détails qui semblent insignifiants mais qui au final contribuent à créer une superbe atmosphère et à rendre vivantes les terres. Cette impression est renforcée par l’omniprésence des légendes scandinaves – elfes et trolls en toile de fond.

Si l’intrigue policière développée ici est loin d’être révolutionnaire, Le sang des pierres en revanche est un bijou en matière d’écriture. A la limite du fantastique avec ces elfes et ces trolls dont on ne sait pas vraiment s’ils existent réellement ou s’ils ne sont qu’une légende et ajoutant une note de poésie dans une atmosphère globalement assez sombre et glauque, ce livre est un vrai délice une fois qu’on a réussi à s’immerger dedans.

En conclusion, une lecture qui ne s’annonçait pas forcément bien mais qui au final s’est avérée des plus agréables. Certes, ce n’est pas le coup de cœur comme j’avais pu l’avoir avec L’Echo des morts, le précédent roman de Theorin, mais ce roman est vraiment à découvrir, ne serait-ce que pour la beauté de l’écriture. 

mardi 7 mai 2013

Printemps de Mons Kallentoft

Titre : Printemps (Vårlik)
Auteur : Mons Kallentoft (Suède)
Date de parution : 2010 en Suède, 2011 en France
Editeur : Le serpent à plumes
Nombre de pages : 550


Résumé :
C'est l'affolement en ville. Une bombe vient d'exploser en plein centre de Linköping, tuant deux fillettes et blessant grièvement leur mère, Anna Vigerö. Pour les enquêteurs, les pistes sont multiples. Acte terroriste ? Guerre des gangs ? L'investigation piétine. Et si l'attentat visait en fait la famille Vigerö ? Pour Malin Fors, il s'agirait d'une affaire plus personnelle.

Malin aussi a ses problèmes. Elle lutte pour ne pas replonger dans l'alcool, sa mère vient de mourir. Et quand son père rentre de Ténérife le secret que lui cachait ses parents depuis toutes ces années fait enfin surface.
 
Mon avis :
C’est le printemps à Linköping, mais les premiers beaux jours sont entachés par un terrible évènement : une bombe a explosé en plein centre ville, tuant deux fillettes âgées de six ans et laissant leur mère entre la vie et la mort. La police ne sait pas quelle piste suivre : attentat terroriste ? Attaque d’une banque qui a mal tourné ? Ou bien était-ce la famille des petites jumelles qui était visée ?

Nous retrouvons l’inspectrice Malin Fors, héroïne récurrente des romans de Mons Kallentoft qui a bien évolué depuis Hiver. Elle s’est sortie de son alcoolisme et lutte pour ne pas y sombrer de nouveau, surtout depuis la mort de sa mère et la révélation de secrets de famille profondément enfouis. C’est un personnage que j’aime beaucoup et que je trouve très touchante parce qu’elle représente un mélange de forces et de faiblesses qui en font un personnage très humain. Je trouve toutefois ses réactions un peu démesurées, surtout dans sa vie privée, c’est la seule chose qui m’agace un peu à propos de ce personnage.

Au niveau de l’enquête, c’est un peu lent à démarrer puisque la police manque d’éléments pour faire avancer l’enquête et cherche un peu au hasard, mais une fois les premières pistes amorcées ça devient très intéressant. Il n’y a pas énormément d’actions, ce n’est pas un thriller, mais on a une intrigue très bien ficelée qui nous tient jusqu’à la fin du roman. Kallentoft aborde des thèmes difficiles et y réussit parfaitement. Dans Printemps, le thème principal est le pouvoir de l’argent : jusqu’où peut-on aller pour gagner, ou pour ne pas perdre une somme importante ? L’auteur profite également de ce récit pour égratigner violemment la sphère financière, au moment où la Suède venait d’être touchée de plein fouet par la crise économique.
On retrouve également ici un thème cher à l’auteur : l’enfance maltraitée. Thème que je ne développerai pas dans cette chronique pour éviter les spoilers, mais il est très présent et est une des clés du dénouement final.

Le style de Kallentoft est assez particulier. Il s’exprime par phrases très courtes, parfois simplement des groupes nominaux, et il accorde une très grande importance aux pensées et aux ressentis des personnages, pas seulement des principaux mais également des personnages secondaires. C’est un peu déroutant au début, mais au bout de quatre romans de l’auteur je me suis habituée et je peux même dire que j’aime ce style.
Une autre particularité de cet auteur c’est qu’il fait  parler les morts. Tout au long du roman les petites jumelles décédées dans l’explosion s’adressent à Malin. L’inspectrice est connue pour son sixième sens et ses intuitions qui lui viennent des voix qu’elle entend. On retrouve cet élément dans tous les romans de Kallentoft toutefois ils ne versent pas dans l’ésotérique non plus. Ces voix ne sont pas l’élément principal du roman mais elles apportent un réel plus et elles manqueraient vraiment si elles n’y étaient pas.

Dernier point, la fin. Je ne sais pas trop quoi en penser, disons qu’elle m’a surprise. On a une « happy end » un peu à l’américaine du style « ils se marièrent et eurent beaucoup d’enfants » et je trouve que ça ne colle pas du tout avec la noirceur du roman et plus généralement avec la « tradition scandinave » qui veut que les séries consacrées à un personnage ne se terminent jamais en happy end. (Il y a un cinquième tome à la saga Malin Fors mais il n’était pas prévu, à l’origine c’était bien Printemps qui devait la terminer.) Je ne peux pas dire que je suis déçue de cette fin, car Malin mérite tout à fait ce qui lui arrive, mais je ne m’attendais pas du tout à ça…

En conclusion, Printemps représente pour moi le meilleur roman de la saga consacrée à Malin Fors. J’attends maintenant d’avoir l’occasion de lire La cinquième saison en espérant qu’il apportera une belle conclusion à cette série que je recommanderai à tous les amateurs de polar scandinave.

jeudi 11 avril 2013

Le cercle intérieur de Mari Jungstedt

Titre : Le cercle intérieur (Den inre kresten)
Auteur : Mari Jungstedt (Suède)
Date de parution : 2005 en Suède, 2011 en France
Edition : Le serpent à plumes





Résumé : 
Ile de Gotland. Une vingtaine d'étudiants s'affairent sur un site archéologique. Lorsque l'une d'entre eux, Martina Flochten, est retrouvée morte. Un meurtre rituel ?

L'inspecteur Anders Knutas enquête. Mais il est vite confronté à des questions insolubles. Pourquoi ces marques sur le corps de Martina ? Pourquoi l'a-t-on pendue à un arbre ? D'autant que d'autres actes monstrueux viennent s'ajouter au meurtre : poneys et chevaux sont retrouvés décapités.

Rien ne semble logique dans cette affaire. Knutas doit jongler entre les fausses pistes tandis que d'autres cadavres sont mis au jour.

Mon avis :

Alors que la saison touristique bat son plein à Gotland, la paisible île suédoise devient tout à coup le théâtre de meurtres particulièrement sanglants : c’est d’abord un cheval qui est retrouvé décapité, puis le cadavre d’une jeune femme étudiante en archéologie que l’on découvre pendu à un arbre, éventré. Aucun rapport entre ces deux macchabés, sauf le fait que le meurtrier a à chaque fois récupéré le sang de ses victimes… Meurtres rituels ou œuvre d’un dément ? C’est la question à laquelle doit répondre l'inspecteur Anders Knutas, tandis que les cadavres, humains et animaux, se multiplient sur l’île…

Ce troisième roman de Mari Jungstedt ne ressemble en rien aux romans scandinaves habituels, dans lesquels l’intrigue policière n’est finalement qu’un prétexte pour dresser une analyse, généralement assez pessimiste, sur la société nordique et ses dérives. Ici, rien de tout cela, le roman est vraiment axé sur l’enquête. C’est un choix de l’auteur qui a son charme mais globalement, il m’a quand même manqué quelque chose dans cette lecture. Beaucoup de pistes sont avancées et de sujets sont abordés mais tout reste très superficiel, pas assez creusé. L’intrigue, somme toute intéressante et bien ficelée, mériterait d’être étoffée par un approfondissement des sujets qu’elle implique (archéologie, mythologie nordique…) et des pensées et ressentis des personnages.

A propos des personnages justement, ce roman, comme les deux précédents du même auteur, met en scène deux personnages principaux, l'inspecteur Anders Knutas, et le journaliste Johan Berg. Le peu d’attention qui leur est accordé est je crois le plus gros reproche que je puisse faire à ce roman. Bien qu’on le suive depuis trois livres maintenant, on ne sait finalement pas grand-chose sur Knutas, sa vie, son histoire, ses pensées… ce qui fait qu’il est difficile de s’attacher à lui, il nous laisse assez indifférents. Quant à Johan Berg, on le suit un peu plus dans sa vie privée, mais je doute de l’utilité de se personnage. Certes il permet de porter un second regard, celui de la presse, sur l’affaire, quoique ses opinions ne sont pas très développées, les passages le concernant parlent plutôt de sa vie sentimentale tourmentée.

Un autre petit défaut que j’ai pu relever, c’est la taille des chapitres. Ils sont très cours, cinq à six pages en moyenne.  Ce choix se justifie tout à fait sur la fin, permettant d’imprimer un rythme rapide alors que les évènements se succèdent et que le suspense est à son apogée, en revanche des chapitres plus longs auraient été souhaitables sur le reste du roman. Le passage d’un personnage et d’une situation à l’autre se fait beaucoup trop rapidement, et du même coup on n’a pas vraiment le temps d’entrer vraiment dans un chapitre qu’on passe déjà au suivant.

Malgré tout, ça reste une lecture agréable, c’est un roman qui se lit relativement vite grâce à un suspense bien entretenu et une intrigue bien menée. Un roman loin d’être inoubliable mais qui a le mérite de retenir notre attention jusqu’à la dernière page.