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mercredi 25 juin 2014

La faiseuse d'anges de Camilla Läckberg






Titre : La Faiseuse d’anges
Titre original : Änglamakerskan – traduit par Lena Grumbach
Auteur : Camilla Läckberg (Suède)
Date de parution : 2011 en Suède, 2014 en France
Editeur : Actes Sud
Nombre de pages : 416







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Pâques 1974. Sur l’île de Valö, aux abords de Fjällbacka, une famille disparait sans laisser de trace. La table est soigneusement dressée pour le repas de fête, mais tout le monde s’est volatilisé. Seule la petite Ebba, âgée d’un an, erre, en pleurs, dans la maison abandonnée. L’énigme de cette disparition ne sera jamais résolue.
Trente ans plus tard, Ebba revient sur l’île et s’installe dans la maison familiale avec son mari. Accablés par le deuil et la culpabilité après le décès de leur fils, ils nourrissent l’espoir de pouvoir y reconstruire leur vie, loin du lieu du drame. Mais à peine se sont-ils installés qu’ils sont victimes d’une tentative d’incendie criminel. Et lorsqu’ils commencent à ôter le plancher de la salle à manger, ils découvrent du sang coagulé. C’est le début d’une série d’événements troublants qui semblent vouloir leur rappeler qu’on n’enterre pas le passé.
De son côté, Erica s’était depuis longtemps intéressée à l’affaire de la mystérieuse disparition sur l’île. Apprenant le retour de la seule survivante, elle se replonge aussitôt dans le dossier. Elle n’imaginait pas que l’affaire était si complexe. Elle n’imaginait pas que tout avait commencé il y a plus d’un siècle avec une faiseuse d’anges. Elle n’imaginait pas que les secrets familiaux allaient mettre en péril l’une des personnes les plus importantes de sa vie.


Après un Gardien de phare un peu raté, Camilla Läckberg nous revient en pleine forme avec La faiseuse d’anges. Il ne détrônera pas L’enfant allemand pour le titre de roman préféré de l’auteure, mais il mérite une bonne place de second dans ce classement. Nouveau gros coup de cœur pour un roman de Camilla Läckberg qui est sans aucun doute mon auteure préférée.

L’île de Valö, ancien internat pour adolescents difficiles, est connue pour l’étrange évènement qui s’y est produit trente ans plus tôt : une famille entière s’est volatilisée durant le repas de Pâques. Tout le monde à l’exception d’Ebba, une fillette de un an. Trente ans plus tard, cette même Ebba, désormais adulte, revient s’installer à Valö. Mais son retour déplait à quelqu’un, visiblement, puisque le soir même de son arrivée, on met le feu à sa maison. Intriguée depuis toujours par ce mystère mais encore plus depuis le retour d’Ebba et l’incendie criminel dont elle est victime, Erica mène l’enquête à l’insu de Patrik, son mari policier.

Une nouvelle fois, cette intrigue alterne et s’articule avec une autre, située beaucoup plus tôt dans le passé, dans laquelle nous découvrons le destin de Dagmar, la fille d’une faiseuse d’anges à Fjällbacka au début du XXe siècle. Un schéma très classique pour Camilla Läckberg, mais qui réussit tout de même à nous captiver et à nous surprendre. Si l’intrigue policière évolue tout doucement au départ, elle s’accélère brutalement par la suite pour nous livrer un dernier tiers vraiment haletant. Comme j’ai tremblé pour nos personnages ! L’auteure fait évoluer un grand nombre de personnages et (sadique qu’elle est !) change de point de vue toujours aux moments cruciaux. C’est terriblement frustrant, mais ça rend le roman tellement addictif !
Et puis le mystère autour de la disparition de la famille en 1974 m’a également tenue en haleine. On veut savoir, que s’est-il réellement passé ? J’ai échafaudé tout un tas de plans au cours de ma lecture, que l’auteure a évidemment pris un malin plaisir à démolir avec ses nouvelles révélations, et même si j’avais trouvé certaines choses, le dénouement a quand même réussi à me surprendre.

Comme à son habitude, Camilla Läckberg fait évoluer son intrigue policière très lentement au départ pour mieux se consacrer aux petites histoires autour de nos personnages fétiches : Erica, Patrick, Anna, Mellberg... C’est qu’après huit livres, on commence à bien connaître tout ce monde ! (et à beaucoup s’y attacher, aussi, mais pour ça il ne m’a suffi que d’un seul livre !). Les personnages ont vraiment tous leur propre histoire et leur propre évolution au fil des romans, c’est pourquoi je vous conseille fortement de les lire dans l’ordre bien que les intrigues soient indépendantes les unes des autres. Encore une fois, j’ai énormément apprécié de les suivre. J’ai eu les larmes aux yeux à cause de ce qui arrive à Martin, et j’ai beaucoup aimé le fait que La faiseuse d’anges s’attarde un peu plus sur le personnage de Gösta, ce vieux policier un peu blasé qui ne m’avait pas particulièrement plu au tout début, mais que j’ai appris à beaucoup apprécier au fil des tomes.

Que dire de plus, si ce n’est de foncer découvrir ces romans si ce n’est pas encore fait ? Pour moi Camilla Läckberg est la reine incontestable du polar scandinave, et j’ai déjà très très hâte de lire son prochain roman !

vendredi 7 juin 2013

Le gardien de phare de Camilla Läckberg

Titre : Le gardien de phare (Fyrvaktaren)
Auteur : Camilla Läckberg (Suède)
Date de parution : 2009 en Suède, 5 juin 2013 en France
Editeur : Actes Sud
Nombre de pages : 459


Résumé :
Par une nuit d'été, une femme se jette dans sa voiture. Les mains qu'elle pose sur le volant sont couvertes de sang. Avec son petit garçon sur le siège arrière, Annie s'enfuit vers le seul endroit où elle se sent en sécurité : la maison de vacances familiale, l'ancienne résidence du gardien de phare, sur l'île de Gråskär, dans l'archipel de Fjällbacka.

Quelques jours plus tard, un homme est assassiné dans son appartement à Fjällbacka. Mats Sverin venait de regagner sa ville natale, après avoir travaillé plusieurs années à Göteborg dans une association d'aide aux femmes maltraitées. Il était apprécié de tous, et pourtant, quand la police de Tanumshede commence à fouiller dans son passé, elle se heurte à un mur de secrets. Bientôt, il s'avère qu'avant de mourir Mats est allé rendre une visite nocturne à Annie, son amour de jeunesse, sur l'île de Gråskär - appelée par les gens du cru "l'île aux esprits", car les morts, dit-on, ne la quittent jamais et parlent aux vivants...

Erica, quant à elle, est plus que jamais sur tous les fronts. Tout en s'occupant de ses bébés jumeaux, elle enquête sur la mort de Mats, qu'elle connaissait depuis le lycée, comme Annie. Elle s'efforce aussi de soutenir sa sœur Anna, victime, à la fin de La Sirène, d'un terrible accident de voiture aux conséquences dramatiques...


Mon avis :
Pour ceux qui ne le savent pas encore : je suis une grande fan de Camilla Läckberg, elle est l’une des rares auteurs dont j’achète tous les livres les yeux fermés sans même lire la quatrième de couverture. C’est donc en toute logique que je me suis précipitée sur Le gardien de phare le jour même de sa sortie, je l’attendais quand même depuis un an !

Dans ce septième opus des aventures de l’inspecteur Patrik Hedström et son épouse Erica Falck, la police de Tanumshede est confrontée au meurtre de Mats Sverin, abattu d’une balle dans son propre appartement. La victime semble être un homme sans histoires, aimé de tous, mais il apparaît rapidement que personne ne le connaît réellement – il ne s’est jamais confié à son entourage et son appartement est des plus impersonnels, comme sa vie avait débuté au moment où il est rentré à Fjällbacka, sa ville natale. Quel(s) secret(s) a-t-il cherché à dissimuler ?

Comme a son habitude, Camilla Läckberg fait naviguer son récit entre de nombreux personnages, certains dont on ne sait pas au départ quel est leur rapport avec l’intrigue principale. Et grâce à cette multitude de personnages que l’on suit parallèlement, l’auteure sème le doute et nous entraîne sur de nombreuses fausses pistes. Tous ont des zones d’ombres, des secrets  qui pourraient nous faire penser qu’ils sont soit le meurtrier soit l’élément déclencheur du crime. Dans Le gardien de phare, il semblerait que la clé de l’intrigue soit liée aux femmes battues, puisque deux des personnages secondaires, Annie et Madeleine sont des femmes fuyant un mari violent, et la victime lui-même travaillait dans une association d’aide aux victimes de violences conjugales avant de s’installer à Fjällbacka. Mais tout au long du récit l’auteure vient semer d’autres indices qui viennent nous écarter de cette piste…

Nous suivons également, en parallèle, le destin d’Emelie, épouse du gardien de phare de l’île de Gråskär, dans l’archipel de Fjällbacka au XVIIIe siècle. Et c’est là que se trouve ma petite déception. C’est chose récurrente dans les romans de Camilla Läckberg d’avoir, un récit parallèle se déroulant dans le passé, mais à la fin, les deux histoires convergent, et la clé de l’intrigue réside dans les évènements du passé. Là, pas du tout. En fait, je n’ai pas vraiment compris quel était le rapport entre Emelie et le meurtre de Mats Sverin (si toutefois il y en a un !) La conclusion de ce récit parallèle m’a aussi laissée perplexe. Je l’ai trouvée trop rapide, pas assez développée, d’ailleurs je n’ai pas compris pourquoi ça se terminait comme ça. Pour moi cette histoire n’a pas grande utilité, et c’est dommage car Camilla Läckberg a prouvé dans ses précédentes publications qu’elle savait parfaitement naviguer entre le passé et le présent dans ses romans, mais là pour le coup, c’est raté.

Il faut bien l’avouer, l’intrigue policière est loin d’être révolutionnaire, elle réussit à retenir l’attention du lecteur jusqu’au bout mais certains éléments sont assez faciles à deviner. Mais tout le plaisir qu’il y a à lire Camilla Läckberg réside dans le fait qu’elle réussit parfaitement à jouer sur deux tableaux : à la fois l’enquête policière et la vie quotidienne de ses personnages, et les deux sont plaisants à lire.  On se passionne pour les enquêtes non officielles menées par Erica, on compatit à la douleur d’Anna, sa sœur, sur qui le sort semble s’acharner, on se délecte des mésaventures et des innombrables bourdes de Bertil Mellberg, le chef du commissariat qui n’a de chef que le nom… Bref, on s’attache follement à tous ces personnages et le fait que leur vie privée prenne autant de place que l’enquête à proprement parler ne nous les rend que plus attachants et familiers. Ils commencent à me manquer dès l’instant où je tourne la dernière page !

En conclusion, Le gardien de phare n’est de loin pas le meilleur roman qu’a écrit Camilla Läckberg, mais il reste un excellent moment de lecture, qui ne fait que renforcer mon addiction totale à cette petite ville de Fjällbacka et à ses habitants !