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mardi 7 mai 2013

Printemps de Mons Kallentoft

Titre : Printemps (Vårlik)
Auteur : Mons Kallentoft (Suède)
Date de parution : 2010 en Suède, 2011 en France
Editeur : Le serpent à plumes
Nombre de pages : 550


Résumé :
C'est l'affolement en ville. Une bombe vient d'exploser en plein centre de Linköping, tuant deux fillettes et blessant grièvement leur mère, Anna Vigerö. Pour les enquêteurs, les pistes sont multiples. Acte terroriste ? Guerre des gangs ? L'investigation piétine. Et si l'attentat visait en fait la famille Vigerö ? Pour Malin Fors, il s'agirait d'une affaire plus personnelle.

Malin aussi a ses problèmes. Elle lutte pour ne pas replonger dans l'alcool, sa mère vient de mourir. Et quand son père rentre de Ténérife le secret que lui cachait ses parents depuis toutes ces années fait enfin surface.
 
Mon avis :
C’est le printemps à Linköping, mais les premiers beaux jours sont entachés par un terrible évènement : une bombe a explosé en plein centre ville, tuant deux fillettes âgées de six ans et laissant leur mère entre la vie et la mort. La police ne sait pas quelle piste suivre : attentat terroriste ? Attaque d’une banque qui a mal tourné ? Ou bien était-ce la famille des petites jumelles qui était visée ?

Nous retrouvons l’inspectrice Malin Fors, héroïne récurrente des romans de Mons Kallentoft qui a bien évolué depuis Hiver. Elle s’est sortie de son alcoolisme et lutte pour ne pas y sombrer de nouveau, surtout depuis la mort de sa mère et la révélation de secrets de famille profondément enfouis. C’est un personnage que j’aime beaucoup et que je trouve très touchante parce qu’elle représente un mélange de forces et de faiblesses qui en font un personnage très humain. Je trouve toutefois ses réactions un peu démesurées, surtout dans sa vie privée, c’est la seule chose qui m’agace un peu à propos de ce personnage.

Au niveau de l’enquête, c’est un peu lent à démarrer puisque la police manque d’éléments pour faire avancer l’enquête et cherche un peu au hasard, mais une fois les premières pistes amorcées ça devient très intéressant. Il n’y a pas énormément d’actions, ce n’est pas un thriller, mais on a une intrigue très bien ficelée qui nous tient jusqu’à la fin du roman. Kallentoft aborde des thèmes difficiles et y réussit parfaitement. Dans Printemps, le thème principal est le pouvoir de l’argent : jusqu’où peut-on aller pour gagner, ou pour ne pas perdre une somme importante ? L’auteur profite également de ce récit pour égratigner violemment la sphère financière, au moment où la Suède venait d’être touchée de plein fouet par la crise économique.
On retrouve également ici un thème cher à l’auteur : l’enfance maltraitée. Thème que je ne développerai pas dans cette chronique pour éviter les spoilers, mais il est très présent et est une des clés du dénouement final.

Le style de Kallentoft est assez particulier. Il s’exprime par phrases très courtes, parfois simplement des groupes nominaux, et il accorde une très grande importance aux pensées et aux ressentis des personnages, pas seulement des principaux mais également des personnages secondaires. C’est un peu déroutant au début, mais au bout de quatre romans de l’auteur je me suis habituée et je peux même dire que j’aime ce style.
Une autre particularité de cet auteur c’est qu’il fait  parler les morts. Tout au long du roman les petites jumelles décédées dans l’explosion s’adressent à Malin. L’inspectrice est connue pour son sixième sens et ses intuitions qui lui viennent des voix qu’elle entend. On retrouve cet élément dans tous les romans de Kallentoft toutefois ils ne versent pas dans l’ésotérique non plus. Ces voix ne sont pas l’élément principal du roman mais elles apportent un réel plus et elles manqueraient vraiment si elles n’y étaient pas.

Dernier point, la fin. Je ne sais pas trop quoi en penser, disons qu’elle m’a surprise. On a une « happy end » un peu à l’américaine du style « ils se marièrent et eurent beaucoup d’enfants » et je trouve que ça ne colle pas du tout avec la noirceur du roman et plus généralement avec la « tradition scandinave » qui veut que les séries consacrées à un personnage ne se terminent jamais en happy end. (Il y a un cinquième tome à la saga Malin Fors mais il n’était pas prévu, à l’origine c’était bien Printemps qui devait la terminer.) Je ne peux pas dire que je suis déçue de cette fin, car Malin mérite tout à fait ce qui lui arrive, mais je ne m’attendais pas du tout à ça…

En conclusion, Printemps représente pour moi le meilleur roman de la saga consacrée à Malin Fors. J’attends maintenant d’avoir l’occasion de lire La cinquième saison en espérant qu’il apportera une belle conclusion à cette série que je recommanderai à tous les amateurs de polar scandinave.

jeudi 11 avril 2013

Le cercle intérieur de Mari Jungstedt

Titre : Le cercle intérieur (Den inre kresten)
Auteur : Mari Jungstedt (Suède)
Date de parution : 2005 en Suède, 2011 en France
Edition : Le serpent à plumes





Résumé : 
Ile de Gotland. Une vingtaine d'étudiants s'affairent sur un site archéologique. Lorsque l'une d'entre eux, Martina Flochten, est retrouvée morte. Un meurtre rituel ?

L'inspecteur Anders Knutas enquête. Mais il est vite confronté à des questions insolubles. Pourquoi ces marques sur le corps de Martina ? Pourquoi l'a-t-on pendue à un arbre ? D'autant que d'autres actes monstrueux viennent s'ajouter au meurtre : poneys et chevaux sont retrouvés décapités.

Rien ne semble logique dans cette affaire. Knutas doit jongler entre les fausses pistes tandis que d'autres cadavres sont mis au jour.

Mon avis :

Alors que la saison touristique bat son plein à Gotland, la paisible île suédoise devient tout à coup le théâtre de meurtres particulièrement sanglants : c’est d’abord un cheval qui est retrouvé décapité, puis le cadavre d’une jeune femme étudiante en archéologie que l’on découvre pendu à un arbre, éventré. Aucun rapport entre ces deux macchabés, sauf le fait que le meurtrier a à chaque fois récupéré le sang de ses victimes… Meurtres rituels ou œuvre d’un dément ? C’est la question à laquelle doit répondre l'inspecteur Anders Knutas, tandis que les cadavres, humains et animaux, se multiplient sur l’île…

Ce troisième roman de Mari Jungstedt ne ressemble en rien aux romans scandinaves habituels, dans lesquels l’intrigue policière n’est finalement qu’un prétexte pour dresser une analyse, généralement assez pessimiste, sur la société nordique et ses dérives. Ici, rien de tout cela, le roman est vraiment axé sur l’enquête. C’est un choix de l’auteur qui a son charme mais globalement, il m’a quand même manqué quelque chose dans cette lecture. Beaucoup de pistes sont avancées et de sujets sont abordés mais tout reste très superficiel, pas assez creusé. L’intrigue, somme toute intéressante et bien ficelée, mériterait d’être étoffée par un approfondissement des sujets qu’elle implique (archéologie, mythologie nordique…) et des pensées et ressentis des personnages.

A propos des personnages justement, ce roman, comme les deux précédents du même auteur, met en scène deux personnages principaux, l'inspecteur Anders Knutas, et le journaliste Johan Berg. Le peu d’attention qui leur est accordé est je crois le plus gros reproche que je puisse faire à ce roman. Bien qu’on le suive depuis trois livres maintenant, on ne sait finalement pas grand-chose sur Knutas, sa vie, son histoire, ses pensées… ce qui fait qu’il est difficile de s’attacher à lui, il nous laisse assez indifférents. Quant à Johan Berg, on le suit un peu plus dans sa vie privée, mais je doute de l’utilité de se personnage. Certes il permet de porter un second regard, celui de la presse, sur l’affaire, quoique ses opinions ne sont pas très développées, les passages le concernant parlent plutôt de sa vie sentimentale tourmentée.

Un autre petit défaut que j’ai pu relever, c’est la taille des chapitres. Ils sont très cours, cinq à six pages en moyenne.  Ce choix se justifie tout à fait sur la fin, permettant d’imprimer un rythme rapide alors que les évènements se succèdent et que le suspense est à son apogée, en revanche des chapitres plus longs auraient été souhaitables sur le reste du roman. Le passage d’un personnage et d’une situation à l’autre se fait beaucoup trop rapidement, et du même coup on n’a pas vraiment le temps d’entrer vraiment dans un chapitre qu’on passe déjà au suivant.

Malgré tout, ça reste une lecture agréable, c’est un roman qui se lit relativement vite grâce à un suspense bien entretenu et une intrigue bien menée. Un roman loin d’être inoubliable mais qui a le mérite de retenir notre attention jusqu’à la dernière page.