Titre : Printemps (Vårlik)
Auteur : Mons Kallentoft (Suède)
Date de parution : 2010 en Suède, 2011 en France
Editeur : Le serpent à plumes
Nombre de pages : 550
Résumé :
C'est l'affolement en ville. Une bombe vient d'exploser en plein centre de Linköping, tuant deux fillettes et blessant grièvement leur mère, Anna Vigerö. Pour les enquêteurs, les pistes sont multiples. Acte terroriste ? Guerre des gangs ? L'investigation piétine. Et si l'attentat visait en fait la famille Vigerö ? Pour Malin Fors, il s'agirait d'une affaire plus personnelle.
Malin aussi a ses problèmes. Elle lutte pour ne pas replonger dans l'alcool, sa mère vient de mourir. Et quand son père rentre de Ténérife le secret que lui cachait ses parents depuis toutes ces années fait enfin surface.
Mon avis :
C’est le printemps à Linköping, mais les premiers beaux jours sont entachés par un terrible évènement : une bombe a explosé en plein centre ville, tuant deux fillettes âgées de six ans et laissant leur mère entre la vie et la mort. La police ne sait pas quelle piste suivre : attentat terroriste ? Attaque d’une banque qui a mal tourné ? Ou bien était-ce la famille des petites jumelles qui était visée ?
Nous retrouvons l’inspectrice
Malin Fors, héroïne récurrente des romans de Mons Kallentoft qui a bien évolué
depuis Hiver. Elle s’est sortie de
son alcoolisme et lutte pour ne pas y sombrer de nouveau, surtout depuis la
mort de sa mère et la révélation de secrets de famille profondément enfouis. C’est
un personnage que j’aime beaucoup et que je trouve très touchante parce qu’elle
représente un mélange de forces et de faiblesses qui en font un personnage très
humain. Je trouve toutefois ses réactions un peu démesurées, surtout dans sa
vie privée, c’est la seule chose qui m’agace un peu à propos de ce personnage.
Au niveau de l’enquête, c’est un
peu lent à démarrer puisque la police manque d’éléments pour faire avancer l’enquête
et cherche un peu au hasard, mais une fois les premières pistes amorcées ça
devient très intéressant. Il n’y a pas énormément d’actions, ce n’est pas un
thriller, mais on a une intrigue très bien ficelée qui nous tient jusqu’à la
fin du roman. Kallentoft aborde des thèmes difficiles et y réussit
parfaitement. Dans Printemps, le
thème principal est le pouvoir de l’argent : jusqu’où peut-on aller pour
gagner, ou pour ne pas perdre une somme importante ? L’auteur profite
également de ce récit pour égratigner violemment la sphère financière, au
moment où la Suède venait d’être touchée de plein fouet par la crise économique.
On retrouve également ici un
thème cher à l’auteur : l’enfance maltraitée. Thème que je ne développerai
pas dans cette chronique pour éviter les spoilers, mais il est très présent et
est une des clés du dénouement final.
Le style de Kallentoft est assez
particulier. Il s’exprime par phrases très courtes, parfois simplement des
groupes nominaux, et il accorde une très grande importance aux pensées et aux
ressentis des personnages, pas seulement des principaux mais également des
personnages secondaires. C’est un peu déroutant au début, mais au bout de
quatre romans de l’auteur je me suis habituée et je peux même dire que j’aime
ce style.
Une autre particularité de cet
auteur c’est qu’il fait parler les morts. Tout au long du roman les
petites jumelles décédées dans l’explosion s’adressent à Malin. L’inspectrice
est connue pour son sixième sens et ses intuitions qui lui viennent des voix qu’elle
entend. On retrouve cet élément dans tous les romans de Kallentoft toutefois
ils ne versent pas dans l’ésotérique non plus. Ces voix ne sont pas l’élément
principal du roman mais elles apportent un réel plus et elles manqueraient
vraiment si elles n’y étaient pas.
Dernier point, la fin. Je ne sais
pas trop quoi en penser, disons qu’elle m’a surprise. On a une « happy end »
un peu à l’américaine du style « ils se marièrent et eurent beaucoup d’enfants »
et je trouve que ça ne colle pas du tout avec la noirceur du roman et plus
généralement avec la « tradition scandinave » qui veut que les séries
consacrées à un personnage ne se terminent jamais en happy end. (Il y a un
cinquième tome à la saga Malin Fors mais il n’était pas prévu, à l’origine c’était
bien Printemps qui devait la terminer.)
Je ne peux pas dire que je suis déçue de cette fin, car Malin mérite tout à
fait ce qui lui arrive, mais je ne m’attendais pas du tout à ça…
En conclusion, Printemps représente pour moi le
meilleur roman de la saga consacrée à Malin Fors. J’attends maintenant d’avoir
l’occasion de lire La cinquième saison en espérant qu’il apportera une belle
conclusion à cette série que je recommanderai à tous les amateurs de polar
scandinave.
Je ne connaissais pas du tout, merci pour cette découverte!
RépondreSupprimerMais de rien ! Je suis contente de t'avoir fait découvrir quelque chose ;)
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