Je
vous promets que j'aurais adoré reprendre le blog avec une
chronique positive. Mais, dans la vie on ne peut pas avoir tout ce qu'on
veut, alors... fans de la duologie Phaenix, vous feriez mieux de
quitter cette page tout de suite.
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samedi 9 janvier 2016
vendredi 17 avril 2015
None of the above de I.W. Gregorio
Titre : None of the above
Auteur : I.W. Gregorio (Etats-Unis)
Date de parution : 7 avril 2015
Editeur : Balzer + Bray
Nombre de pages : 352
____________
ET SI TOUT CE QUE VOUS SAVIEZ SUR VOUS-MEME CHANGEAIT EN UN INSTANT ?
Quand Kristin Lattimer est élue reine du lycée, c'est comme si une nouvelle pièce du puzzle de sa vie idéale a été mise à sa place. Elle est championne d'athlétisme, a obtenu une bourse pour l'université et est folle amoureuse de son petit ami. En fait, elle est prête à passer à la vitesse supérieure avec lui.
Mais la première fois de Kristin n'est pas le moment parfait qu'elle avait prévu - quelque chose ne va pas du tout. Une visite chez le médecin révèle la vérité : Kristin est intersexuée, c'est-à-dire que bien qu'elle ressemble à une fille, elle a des chromosomes masculins, sans parler de "parties" masculines.
Accepter son corps est déjà difficile, mais quand son diagnostic est dévoilé à toute l'école, l'identité de Kristin est entièrement remise en question. Alors que son monde part en lambeaux, peut-elle faire la paix avec elle-même ?
(Traduction personnelle)
“Be careful of letting other people define who –
and what – you are.”*
Parfois il y a des livres que
vous sentez que vous DEVEZ absolument lire. None
of the above est un de ceux-là. Dès que je l’ai vu pour la première
fois sur Goodreads, je l’ai précommandé immédiatement. Tout ce qui touche aux questions
de genre m’intéresse énormément, et je n’avais jamais entendu parler d’un roman
sur l’intersexualité, donc il me le fallait à tout prix.
Nous suivons Kristin Lattimer, qui mène une vie presque parfaite :
elle est une brillante athlète, a un petit ami qui l’aime, et elle vient d’être
élue reine du lycée. Cependant, la nuit où elle essaie de passer à la vitesse
supérieure avec son copain, toute cette vie part en lambeaux. Son premier
rapport sexuel est anormalement douloureux, et une visite chez le médecin lui
révèle qu’elle n’est pas exactement une fille, elle ne l’a jamais été... elle
est en réalité intersexuée.
Je pense qu’il est temps de faire une petite parenthèse de culture
générale. L’intersexualité désigne les
individus dont la biologie ne permet pas de définir clairement leur
appartenance au sexe masculin ou féminin. Il y a différents facteurs qui
peuvent causer cette situation, ainsi que diverses manifestations extérieures
du phénomène. Dans le cas de Kristin,
elle est porteuse du syndrome SIA
(Syndrome d’Insensibilité aux Androgènes), ce
qui signifie que son corps ne réagit pas aux androgènes (l’hormone qui
stimule les caractéristiques masculines).
Ainsi, bien qu’elle soit née avec un
chromosome Y (donc masculin), extérieurement elle a toujours eu l’apparence d’une
fille. Il n’en va pas de même intérieurement, puisqu’elle a des organes
génitaux masculins – des testicules en lieu et place de l’utérus.
On ne sait pas exactement combien de personnes sont concernées par l’intersexualité,
mais les estimations tournent autour de 1,5% de la population mondiale. Ca
parait peu, mais rapporté à 7 milliards d’habitants, ça correspond à environ
100 millions d’individus, ce qui représente plus que la population de n’importe
quel pays européen (si on considère une définition de l’Europe n’incluant pas
la Russie).
J’ai adoré ce livre parce qu’il
soulève un grand nombre de questions sur ce que signifie être un homme ou une
femme, et nous force à questionner la représentation binaire que nous avons du
genre. Dans nos sociétés, les gens sont soit des hommes, soit des femmes,
il n’y a pas d’entre-deux. Alors que fait-on des rares personnes qui n’entrent
dans aucune de ces deux catégories ? Les réactions de l’entourage de
Kristin montrent bien à quel point il est déstabilisant de se trouver face à
une situation qui défie toute catégorisation.
J’ai beaucoup aimé Kristin en
tant que personnage. C’est une fille intelligente à laquelle on n’a aucun mal à
s’identifier, même sans avoir vécu la même situation qu’elle. Ses réactions
après son diagnostic sont tout à fait compréhensibles. Alors oui, elle fait
deux ou trois choses stupides, mais qui ne serait pas complètement perdu quand
tout ce qui faisait son identité est remis en question du jour au lendemain ?
Globalement, je trouve qu’elle gère sa situation plutôt intelligemment et avec
pragmatisme.
J’ai vraiment eu mal au cœur pour
elle devant les traitements que lui font subir ses camarades lorsque son
diagnostic est révélé à l’école entière. Elle est soudainement harcelée et
traitée comme la créature la plus abjecte qui soit, ça m’a vraiment donné envie
de hurler. Mais je pense que c’est en
grande partie lié à l’ignorance au sujet de l’intersexualité. C’est pourquoi je
pense que ce roman est vraiment important et devrait se trouver dans toutes les
bibliothèques des lycées.
Je ne sais pas quoi ajouter si ce n’est que vous devriez absolument
lire ce livre si vous avez un minimum d’intérêt pour les questions de genre, et
même si ce n’est pas le cas, ça vaut quand même le coup d’y jeter un œil. Ce roman est très bien écrit et vous fera à la
fois rire et pleurer. J’ai adoré suivre le lent chemin de Kristin vers l’acceptation
d’elle-même, et je pense que le message peut en fait être entendu au-delà du
cas de l’intersexualité. En fait, ce que
nous dit l’auteure, c’est qu’il n’est pas nécessaire d’essayer de rentrer à
tout prix dans les cases dressées par la société. A partir du moment où on s’accepte
soi-même, on trouvera toujours des gens pour nous accepter tels que nous
sommes.
Je vous le recommande si :
Je vous le recommande. Point.
Note : Pour plus d’informations sur l’intersexualité, je vous
conseille d’aller lire sur le cas de l’athlète Caster Semenya, porteuse du même
syndrome que l’héroïne de None of the
above.
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* « Sois prudente quand tu laisses les autres définir qui –
et ce que – tu es. »
vendredi 3 avril 2015
Imaginary Girls de Nova Ren Suma
Titre : Imaginary Girls
Auteur : Nova Ren Suma (Etats-Unis)
Date de parution : 2011
Editeur : Dutton
Nombre de pages : 348
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Ruby, la grande sœur de Chloe, est la fille que tout le monde regarde et désire, qui ne peut être saisie ou mise dans une case. Quand une soirée avec les amis de Ruby tourne terriblement mal et que Chloe découvre le cadavre de sa camarade de classe London Hayes flottant dans le réservoir, Chloe est envoyée loin de la ville et loin de Ruby.
Mais Ruby fera n'importe quoi pour récupérer sa sœur, et quand Chloe revient en ville deux ans plus tard, de mortelles surprises l'attendent. Alors que Chloe flirte avec la vérité que Ruby avait profondément enfouie, la ligne fragile entre la vie et la mort est redessinée par les liens complexes de la fraternité.
(Traduction personnelle)
“Sometimes a perfect memory can be ruined if
put to words.”*
La raison pour laquelle j’ai acheté ce livre est extrêmement
superficielle : z’avez vu cette
couverture ?!? Oui, je sais, une sublime couverture ne signifie pas
automatiquement une sublime histoire (ce serait bien, mais que voulez vous,
rien n’est parfait en ce bas monde...), mais dans ce cas, le contenu s’est montré à la hauteur du contenant.
Comment est-ce que je peux résumer Imaginary
Girls sans trop en révéler... En
fait, c’est un livre principalement basé sur son atmosphère étrange, donc le
mieux est de s’y plonger en en sachant le minimum, et se laisser surprendre.
Je vais simplement dire qu’il est question de deux sœurs dont la relation est
un peu trop possessive, d’une ville fantôme engloutie par un réservoir, et du
cadavre d’une fille.
Intrigués ? Parfait, parce que c’est exactement ce que ce livre
cherche à faire : vous intriguer. Je sais que les avis dessus sont très
mitigés, et je le comprends tout à fait, parce qu’Imaginary Girls est vraiment
spécial, soit on adore, soit on déteste. Personnellement, si j’ai adoré c’est à
cause de cette atmosphère étrange qui vous absorbe peu à peu. C’est
difficile d’expliquer ce que j’ai ressenti, mais je pense que ce qui résume le
mieux serait de dire que je me suis
sentie durant toute ma lecture comme si j’étais sous l’eau : tout est plus
lent, et on perçoit des sons et des mouvements autour de soi, mais indistinctement.
Je pense que c’était l’effet recherché par l’auteure étant donné que l’eau
joue un rôle important dans l’histoire. On pourrait presque dire que le
troisième personnage principal est la ville d’Olive, disparue sous les eaux des
années plus tôt pour devenir un réservoir. Il y a un grand nombre de légendes
qui tournent autour de cette ville fantôme qu’on a presque l’impression qu’elle
est vivante.
(J’ai l’impression que ce que je dis n’est pas clair du tout... Je
crois qu’il faut avoir lu le livre pour vraiment comprendre.)
Dire que j’ai tout aimé dans ce livre serait faux, parce qu’en fait je n’ai pas trop aimé les personnages. Les
protagonistes sont deux sœurs, Ruby et Chloe, dont la relation est assez
étrange, voire malsaine. Ruby est
fascinante : d’un côté, je l’ai détestée parce qu’elle est tellement
égoïste et centrée sur elle-même, et de l’autre côté, je ne pouvais m’empêcher
d’admirer sa confiance en elle (même si je détestais ça !) Je peux
tout à fait comprendre pourquoi personne n’arrive à lui refuser quoi que ce
soit et exécute ses moindres ordres, quels qu’ils soient. Ruby m’a fait à la
fois ressentir une haine intense et une admiration intense, et ces sentiments
contradictoires vous mettent vraiment mal à l’aise, croyez moi.
Quant à Chloe... elle n’a pas
vraiment de personnalité. Elle est juste un mouton de plus dans le troupeau de
Ruby, à la différence que Chloe est tout ce qui compte pour Ruby, alors que
les autres ne sont là que pour qu’elle puisse les utiliser à sa guise. Je n’ai pas aimé Chloé, mais j’ai pu la
comprendre, comprendre comment elle aurait souvent souhaité se défaire de l’emprise
de Ruby, mais sans y parvenir parce
que Ruby a un tel pouvoir de manipulation que personne ne peut y échapper, pas
même sa sœur adorée.
Je n’ai pas aimé les
personnages, mais j’ai adoré le roman parce que l’écriture est sublime et qu’elle
transmet tellement d’émotion. Vraiment, ce livre m’a fait passer par toute
une palette de sentiments contradictoires, les plus fréquents étant la
confusion et l’oppression. Oui, les mots de l’auteure sont si puissants qu’ils
ont réussi à me faire me sentir oppressée. Le
pouvoir manipulateur de Ruby est si fort que je l’ai ressenti comme si elle l’exerçait
sur moi aussi. Et ressentir des émotions (qu’elles soient positives ou
négatives), c’est exactement ce que j’attends d’un bon livre.
J’ai également aimé le fait que
l’auteur ne nous dit jamais clairement si son histoire est paranormale ou non.
Bon, il y a certains aspects qui sont sans aucun doute paranormaux, mais
beaucoup d’autres sont à la limite, et c’est à nous de décider de quel côté on
les classe. On ne saura pas si Ruby use d’une capacité surnaturelle pour plier
tout le monde à sa volonté ou si elle a simplement une très forte personnalité.
On ne saura pas si les légendes qui entourent la ville fantôme d’Olive sont
vraies ou non. D’ordinaire j’aime quand
tout est bien clair à la fin d’un livre, mais ici, ça ne m’a pas dérangée de
rester dans le flou, au contraire, je trouve que ça correspond bien à l’ambiance
générale du livre.
En bref, Imaginary Girls est un roman unique. Je comprends qu’il ne
plaira pas à tout le monde, mais si le résumé vous intrigue, je n’ai qu’une
seule chose à vous dire : lancez vous ! Et j’espère que vous en
ressortirez aussi satisfaits que moi.
Je vous le recommande si :
Je ne sais pas trop à qui le recommander, en revanche je sais à qui ne PAS le
recommander : ne le lisez pas si vous ne supportez pas les romans qui
laissent des questions sans réponses à la fin.
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* « Parfois un souvenir parfait peut être gâché si on y met des
mots dessus »
mercredi 10 décembre 2014
Will & Will de John Green & David Levithan
Titre : Will & Will
Titre original : Will Grayson, Will Grayson - traduit par Nathalie Peronny
Date de parution : 2011
Editeur : Gallimard
Nombre de pages : 379
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Will Grayson se méfie des sentiments. Les histoires de coeur portent la poisse, tout le temps. Alors quand son meilleur ami, l'exubérant, très corpulent et très, très homo Tiny Cooper, fait tout pour le fourrer dans les bras de Jane, il se dit que cette fille est jolie, marrante et sympa mais... pas du tout son type.
De l'autre côté de Chicago, un certain Will Grayson (rien à voir avec le premier !), se sent plus mort que vivant : il vient d'apprendre que celui qui le faisait fantasmer sur sa messagerie n'a jamais existé... (surlignez pour voir l'ENORME spoiler)
De l'autre côté de Chicago, un certain Will Grayson (rien à voir avec le premier !), se sent plus mort que vivant : il vient d'apprendre que celui qui le faisait fantasmer sur sa messagerie n'a jamais existé... (surlignez pour voir l'ENORME spoiler)
(j’ai lu le livre en anglais, donc la citation est en anglais)
“Maybe there’s something you’re afraid to say,
or someone you’re afraid to love, or somewhere you’re afraid to go. It’s gonna
hurt. It’s gonna hurt because it matters.”*
J’étais un peu hésitante à l’idée d’entamer Will & Will parce que je ne savais pas trop quoi penser des
romans de John Green : autant j’ai adoré Nos étoiles contraires, autant je n’ai absolument rien trouvé d’extraordinaire
a Qui es-tu Alaska ? Donc je ne
pouvais pas savoir si celui-ci, co-écrit avec David Levithan, allait être à mon
goût. Finalement, il l’a été et je suis très contente de lui avoir donné sa
chance.
Pour une raison quelconque, j’étais
persuadée qu’il s’agissait d’un roman fantastique, soit que les deux Will Grayson
étaient des clones, soit qu’ils vivaient dans des univers parallèles. Et apparemment
je ne suis pas la seule à m’être fait piéger puisque à la bibliothèque il était
classé parmi les romans de l’imaginaire. Mais laissez moi vous prévenir, c’est
tout sauf du fantastique. L’histoire se passe à Chicago dans les années 2010,
et nos protagonistes sont des êtres
humains comme vous et moi, ils ont simplement le même nom. Et le même âge,
aussi.
Alors qui sont ces deux Will Grayson ? Le premier, écrit par John Green, est un garçon un peu réservé qui ne
veut pas ressentir d’émotions. Il a une règle d’or : « shut
up and don’t care » (tais toi et n’attache d’importance à rien). Il parait
froid et distant à première vue (et c’est l’effet recherché je pense), mais je
me suis très vite attachée à lui quand même, parce qu’il m’a beaucoup fait
penser à une version masculine de moi à 16 ans.
Le second Will Grayson, que
j’appellerai will en minuscules (puisqu’il n’utilise que les minuscules) est un gothique qui semble détester le
monde entier, à l’exception de ce jeune homme avec qui il chatte en ligne, mais
en réalité il ne demande qu’à être aimé. Je l’ai aussi beaucoup apprécié,
surtout son sens de l’humour. will est écrit par David Levithan et il faudrait
vraiment que je me penche sur la bibliographie de cet auteur.
Et c’est là qu’intervient Tiny
Cooper, le meilleur ami de Will, dont le nom devrait figurer dans le titre
également parce qu’il est l’un des personnages les plus importants du roman, si
ce n’est LE plus important. Sans lui,
rien ne serait arrivé, il est ce qui relie Will et will. Tiny (minuscule en
anglais) porte très mal son nom, puisqu’il est tout simplement énorme. L’obèse
le plus gay du monde, ou le gay le plus obèse du monde, au choix. Sérieusement,
ce garçon est hilarant. Vous ne pouvez
pas ne pas l’aimer, même s’il a bon nombre de défauts, comme être incroyablement
égocentrique (il est en train de monter une comédie musicale sur rien d’autre
que sa vie amoureuse, plus compliquée qu’un épisode de Sex and the city), et mentionner
son homosexualité une centaine de fois par jour, comme si être gay était la
seule chose qui le définissait en tant que personne.
Ce roman n’était pas tout à fait ce à quoi je m’attendais. Comme je l’ai
dit au début, je pensais qu’il s’agissait de fantastique, mais même quand je me
suis rendue compte que c’était du contemporain et que j’ai changé mes attentes
en conséquence, elles n’ont pas été réalisées. Je pensais que lorsque Will et will allaient se rencontrer, ça allait
marquer un tournant et changer radicalement leurs vies. Mais regardons les
choses en face : en fait, ça ne change pas grand-chose. Et ils ont
vraiment peu d’interactions l’un avec l’autre. Vraiment, le personnage central
ici, celui qui joue le rôle le plus important, c’est Tiny.
Cependant, j’ai tout de même
beaucoup apprécié ma lecture. C’est
une belle histoire d’amitié et d’amour (amour au sens général, pas juste l’amour
romantique). Il y avait des passages à mourir de rire, et d’autres plein d’émotions.
Le plus gros défaut selon moi
se situe dans la fin. Elle est... too much, et certainement pas réaliste. D’accord,
plusieurs choses dans ce livre sont plus ou moins réalistes (je doute qu’un
personnage comme Tiny existe en vrai), mais la fin était plus qu’irréaliste (je
veux dire, qui donc accepterait de se rendre à une comédie musicale gay pour
dire à un parfait inconnu qu’ils l’apprécient, tout ça parce qu’il porte le
même nom qu’eux ?) (surlignez pour voir le spoiler). C’est vrai que cette fin est bien dans le style des comédies musicales,
donc puisque la comédie musicale de Tiny prend une place importante dans le
roman, ça se tient. Mais quand même, je pense que cette histoire méritait
une meilleure fin.
Pour conclure, ce roman n’est
pas exempt de défauts, mais il vous fait vous sentir bien. On a besoin de
plus de livres comme ça !
Je vous le recommande si :
vous aimez les ados qui pensent hors des cadres, et vous voulez un livre qui
vous donnera le sourire. Vous devez également être à l’aise avec les
personnages gays, parce qu’il est beaucoup question d’homosexualité.
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* « Peut-être qu’il y a quelque chose que tu as peur de
dire, ou quelqu’un que tu as peur d’aimer, ou quelque part où tu as peur d’aller.
Ca va être douloureux. Ca va être douloureux parce que ça a de l’importance. »
lundi 6 octobre 2014
Anna and the French Kiss de Stephanie Perkins
Titre : Anna and
the French Kiss
Auteur : Stephanie Perkins (Etats-Unis)
Date de parution : 2010
Editeur : Usborne
Nombre de pages : 401
_______________
Here is everything I
know about France: Amélie and Moulin Rouge. The Eiffel Tower and the Arc de
Triomphe… And, I’m moving to Paris for a year. To boarding school. Alone.
Anna had everything
figured out – she was about to start senior year with her best friend, she had
a great week-end job, and her huge work crush looked as it might finally be going
somewhere… Until her dad decides to send her 4383 miles away to Paris. On her
own.
But despite not
speaking a word of French, Anna finds herself making new friends, including
Etienne St. Clair, the smart, beautiful boy from the floor above. But he’s
taken – and Anna might be too. Will a year of romantic near-misses end with the
French kiss she’s been waiting for?
Voilà tout ce que je connais de
la France : Amélie et Moulin Rouge. La Tour Eiffel et l’Arc de Triomphe...
Et, je vais déménager à Paris pour un an. En internat. Seule.
Anna avait tout prévu –
elle allait commencer sa dernière année de lycée avec sa meilleure amie, elle
avait un super job le week-end, et les choses semblaient enfin se mettre en
place avec son gros coup de cœur au travail... Jusqu’à ce que son père décide
de l’envoyer à 7053 km, à Paris. Toute seule.
Mais bien qu’elle ne parle pas
un mot de français, Anna arrive à se faire des amis, y compris Etienne St.
Clair, l’intelligent, beau garçon de l’étage du dessus. Mais il est déjà pris –
et Anna pourrait bien l’être aussi. Cette année de presque-ratés romantiques
va-t-elle se terminer avec le French kiss qu’Anna attendait ?
“Is it possible for home to be a person and not
a place?” *
J’avais entendu énormément de bien de cette petite romance, notamment
de la part des blogueuses Anglophones, j’étais donc très curieuse de découvrir
de quoi il en retournait. Malheureusement, je
n’ai pas du tout été autant emballée que la plupart. J’ai trouvé l’histoire
toute choue à certains moments, mais globalement, j’ai beaucoup manqué d’enthousiasme.
Je dois me faire trop vieille.
Anna est sur le point de débuter sa dernière année au lycée lorsque
son père décide de l’envoyer faire cette dernière année dans la prestigieuse
School of America in Paris (ou SOAP (savon en anglais) pour les intimes), sans
même lui demander son avis. D’abord catastrophée : elle ne connait
personne et elle ne parle pas un mot de français, elle finit par se plaire de
plus en plus en France, surtout à mesure qu’elle se rapproche d’Etienne St
Clair, franco-anglo-américain, intelligent, drôle, et surtout
extraordinairement beau. Le seul problème, c’est que St. Clair a déjà une
petite amie...
Le premier problème que j’ai rencontré avec ce livre, c’est que je n’ai pas accroché avec Anna. Ok, c’est
pas cool que son père l’ait envoyée à Paris sans lui demander son avis, mais je
trouve qu’elle en rajoute beaucoup sur à quel point c’est difficile de vivre
toute seule en France. La plupart de ses
« problèmes » m’ont fait doucement rigoler. En fait, c’est juste qu’Anna
a toujours eu l’habitude qu’on lui fasse tout à sa place et est donc incapable
de se débrouiller toute seule. Elle ne peut pas demander ce qu’elle veut au
self à cause de la barrière de la langue alors qu’elle est dans une école
américaine où TOUT LE MONDE parle anglais et qu’en plus, il n’y a même pas
besoin de parler pour demander ce qu’on veut dans un self, il suffit de
désigner le plat convoité. Et puis, elle se plaint sans arrêt du gros handicap
qu’est sa non maîtrise du français, mais ça ne lui vient jamais à l’esprit d’aller
chercher un dictionnaire ou un guide de conversation. Et qu’on ne me dise pas
que c’est aussi difficile pour elle parce qu’elle est timide. Je suis timide,
beaucoup plus qu’Anna, mais quand on me lâche dans la nature, je suis capable
de me débrouiller toute seule. Y compris à l’étranger.
Globalement, les personnages
sont un peu (beaucoup) cliché : Anna
est la fille parfaite qui ignore qu’elle est parfaite parce qu’elle est
timide et manque de confiance en elle. St.
Clair est... Dieu : beau,
intelligent, drôle, à moitié français et avec un accent britannique. Bref,
tout ce qui fait craquer les Américaines, donc il a tout le lycée à ses pieds.
Et évidemment, Anna est tombée sous le charme la minute même où elle l’a vu
pour la première fois. Amanda est la
peste du lycée, qui s’en prend à Anna sans vraiment de raison valable,
juste parce que c’est une peste.
Bon, mais c’était quand même pas désagréable à lire, hein ! Même
si la romance ne m’a pas emballée plus que ça, j’ai tout de même pris plaisir à
suivre Anna et sa petite bande d’amis. Le
style est plutôt sympa, plusieurs passages m’ont fait sourire voire même rire,
et surtout il n’y a aucun moment ultra cheesy, dégoulinant de romantisme au
point d’en vomir des licornes, paillettes et tout ce que vous voulez. J’avais
vraiment peur de tomber sur une histoire ultra romantique étant donné la
manière dont les Américains (et pas qu’eux, d’ailleurs) voient Paris, j’ai donc
été agréablement surprise de ce côté-là.
Justement, c’était aussi
intéressant de voir notre capitale, et plus largement, la culture de notre pays
à travers les yeux d’une Américaine qui ne connaissait absolument rien de
la France au départ. Bon, on ne passera
pas à côté d’un grand nombre de clichés (notamment celui sur la vie
parisienne absolument méga trop cool – non, la vie parisienne, ça peut être
bien quand vous êtes ultra riche et pouvez habiter dans les beaux quartiers.
Mais la vie parisienne, pour les gens normaux, c’est les quartiers tous moches
et la moitié de sa vie passée dans les transports en commun), mais c’est
toujours assez drôle de voir comment nous les français sommes perçus en dehors
de nos frontières.
En bref, une histoire d’amour adolescente assez banale, pleine de
clichés, mais pas non plus désagréable. Il y a fort à parier que les plus
jeunes y trouvent leur bonheur.
Je vous le recommande si :
vous aimez les romances YA, et particulièrement si vous avez moins de 16-18 ans.
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* « Est-ce possible que ‘chez soi’ soit une personne et non un
endroit ? »
dimanche 21 septembre 2014
Resistance (Night School #4) de C.J. Daugherty
Titre : Resistance
(Night School #4)
Auteur : C.J. Daugherty (Royaume-Uni)
Date de parution : juin 2014
Editeur : Atom Books
Nombre de pages : 400
___________________
Finding refuge at a
secret location in the south of France, Allie almost convinces herself she’s
safe – until Nathaniel’s guards attack. Then she’s on the run again, and forced
to return to the one place she can truly call home: Cimmeria Academy.
But when she arrives,
she barely recognises it. Tensions are on a knife edge. Nathaniel is close –
very close – to getting everything he wants.
Allie is desperate to
do something – anything! – to stop him, and agrees to accompany Lucinda on a
dangerous late-night mission. But is she putting her friends’ lives at risk?
Carter and Sylvain are both ready to fight by her side, and prove their love.
Allie knows she must make up her mind once and for all about who she really
wants. The time for indecision is over. Everything is at stake and winner takes
it all…
En trouvant refuge dans un
endroit secret dans le sud de la France, Allie se convainc presque qu’elle est
en sécurité – jusqu’à ce que les hommes de Nathaniel attaquent. Elle est alors
de nouveau en fuite, et forcée de retourner au seul endroit qu’elle peut
véritablement appeler chez elle : l’académie de Cimmeria.
Mais quand elle arrive, elle la
reconnait à peine. Tout le monde est à couteaux tirés. Nathaniel est près –
très près – d’obtenir tout ce qu’il veut.
Allie veut désespérément faire quelque
chose – n’importe quoi ! – pour l’arrêter, et accepte d’accompagner
Lucinda dans une dangereuse mission nocturne. Mais met-elle ses amis en danger ?
Carter et Sylvain sont tous deux prêts à se battre à ses côté, et lui prouver
leur amour. Allie sait qu’elle doit décider qui elle veut vraiment. Le temps de
l’indécision est terminé. Tout est en jeu et le gagnant remporte tout...
/!\ Avertissement :
Très haute teneur en spoilers des tomes précédents. Ne pas consommer en cas d’allergie
connue à ces substances. /!\
“Yes, she was just a kid and he was a rich and
powerful man. But a tiny twig can stop a clock ticking. A speck of dust can do
a lot of damage to a delicate machine.” *
Night School est une saga que j’apprécie beaucoup, mais je dois bien
avouer que les tomes sont un peu en dent
de scie : un très bon – un un peu moins bon – un très bon, etc. Le tome 3 m’avait
beaucoup plu, donc si vous avez suivi l’algorithme, vous en déduirez que ce tome 4 m’a un peu déçue.
Allie et son amie Rachel sont en fuite depuis plusieurs mois, placées
dans de riches demeures sous très haute surveillance dont elles changent
régulièrement afin que Nathaniel ne retrouve pas leur trace. Nous retrouvons
les deux filles alors qu’elles séjournent en France, chez les parents de
Sylvain, et c’est là qu’elles sont finalement rattrapées, et que la décision
est prise de les renvoyer à Cimmeria, puisqu’où qu’elles soient, elles sont
toujours en danger. Allie et Rachel
réintègrent donc leur école, qui a plutôt une allure de prison :
tout, et tout le monde, est sous surveillance permanente. Nathaniel n’a jamais
été aussi près, et il devient urgent de faire quelque chose pour l’arrêter...
même si ça implique mettre la vie d’Allie et de ceux à qui elle tient à nouveau
en danger.
Resistance démarrait plutôt bien puisque le premier chapitre va à
200 à l’heure (littéralement). Avec autant d’action d’entrée de jeu, je
pensais ne pas m’ennuyer. Sauf que les
apparences sont trompeuses. En réalité, à part cette scène sur les chapeaux
de roue (littéralement, encore une fois), le
début du roman est plutôt lent et finit même par s’étirer en longueur, au
point que j’ai fini par me demander : « bon, c’est quand qu’il se
passe quelque chose, là ?! »
A défaut d’avoir de l’action pendant une bonne moitié du roman, on a le triangle amoureux qui fait son
grand retour après nous avoir laissé à peu près tranquille dans le tome 3.
J’ai donc soupiré un grand nombre de fois devant l’indécision d’Allie, parce
que ça fait quand même 4 tomes qu’elle se pose toujours les mêmes questions, et
qu’on commence un peu à en avoir marre. En fait, Allie m’a un peu agacée de manière générale dans ce tome, un peu comme
dans le tome 2 où elle prenait beaucoup de décisions sans réfléchir alors que
vu les dangers qui la guettent, son cerveau pourrait bien lui être utile. Elle
avait mûri dans le tome 3 et j’espérais la retrouver ainsi, mais
malheureusement ce ne fut pas le cas. Point positif, elle a ENFIN décidé qui de Carter ou Sylvain avait sa préférence, donc
normalement, on devrait être débarrassé de ce ****** de triangle amoureux pour
le dernier tome (j’ai censuré les gros mots, au cas où il y a des
enfants qui lisent cette chronique).
Je me plains, je me plains... mais n’allez pas croire que je n’ai rien
aimé dans ce livre, hein ! Night
School reste Night School, c’est-à-dire une saga avec des personnages
attachants (y compris Allie, même si elle me tape un peu sur le système par
moments, je l’aime bien quand même), et
une intrigue complexe qui commence vraiment à se déployer et annonce beaucoup
de bonnes choses pour l’ultime tome. La deuxième moitié de Resistance fait d’ailleurs pas mal
avancer les choses puisqu’on découvre enfin qui est la taupe de Nathaniel à
Cimmeria. Pas beaucoup de surprises de ce côté-là puisque j’avais déjà des doutes
sur ce personnage, mais maintenant qu’il est démasqué, l’intrigue a fait un bon
pas en avant. La confrontation finale avec Nathaniel se précise également, d’ailleurs
la fin de ce tome 4 est tout simplement
palpitante. Si on manquait un peu (beaucoup) d’action pendant les
trois-quarts du roman, la fin comble bien cette lacune et nous laisse sur un cliffhanger aussi terrible qu’inattendu... comment
je suis censée attendre juin 2015 pour la suite, moi ?!?
En bref, un tome que je qualifierai de transition puisque hormis au
tout début et la toute fin, il ne s’y passe pas grand-chose... mais néanmoins, l’intrigue a tout de même bien progressé et
le final s’annonce grandiose. Il ne reste plus qu’à patienter maintenant
(plus facile à dire qu’à faire)
Je vous le recommande si :
vous aimez l’action, le thriller... et la romance aussi, parce que le triangle
amoureux prend quand même pas mal de place.
* « Oui, elle était juste une gamine et il était un homme riche
et puissant. Mais une minuscule brindille peut empêcher une horloge de tourner.
Un grain de poussière peut beaucoup endommager une machine délicate. »
mardi 16 septembre 2014
Si je reste de Gayle Forman
Titre : Si je reste
Titre original : If I stay – traduit par Marie-France Girod
Auteur : Gayle Forman (Etats-Unis)
Date de parution : 2009 aux Etats-Unis comme en France
Editeur : Pocket
Nombre de pages : 183
__________________
Mia a 17 ans. Un petit ami, rock star en herbe. Des parents
excentriques. Des copains précieux. Un petit frère craquant. Beaucoup de talent
et la vie devant elle.
Quand, un jour, tout s’arrête. Tous ses rêves, ses projets, ses
amours. Là, dans un fossé, au bord de la route. Un banal accident de voiture...
Comme détaché de son corps, son esprit contemple son propre corps, brisé. Mia
voit tout, entend tout. Transportée à l’hôpital, elle assiste à la ronde de ses
proches, aux diagnostics des médecins. Entre rires et larmes, elle revoit sa
vie d’avant, imagine sa vie d’après. Sortir du coma, d’accord, mais à quoi
bon ? Partir, revenir ? Si je reste...
Un petit roman dont on entend énormément parler en ce moment à cause
de la sortie imminente du film. C’est d’ailleurs pour ça que je me suis
dépêchée de le sortir de ma PAL, avant que les extraits du film ne me spoilent
toute l’histoire. Bon, en fait il n’y a pas grand-chose à spoiler, avouons-le.
Mais ce fut tout de même une bonne petite lecture.
Nous suivons Mia, dix-sept ans, qui est la seule survivante d’un
accident de voiture avec sa famille. Alors qu’elle est dans le coma, son esprit
(appelons-le comme ça, en réalité on ne sait pas vraiment ce que c’est) se
détache de son corps et durant les quelques heures qui suivent l’accident,
tandis que les médecins et ses proches défilent autour d’elle, elle assiste,
extérieure, à la scène, tout en se remémorant certains de ses souvenirs.
Choisira-t-elle de réintégrer son corps et revenir à la vie ? Ou préférera-t-elle
tout abandonner ?
Le roman alterne entre le
moment présent, quand Mia est à l’hôpital dans le coma, et les flash-backs de
la jeune fille qui nous donnent à voir sa vie avant l’accident, avec sa famille,
ses amis, et son petit ami. Même si les deux parties sont complémentaires, je pense avoir plus apprécié de découvrir
les souvenirs de Mia, qui nous permettent de faire connaissance avec l’héroïne
et sa famille des plus excentriques. J’ai beaucoup aimé l’importance de la
musique dans l’univers de Mia, ayant également grandi dans une famille où la
musique était omniprésente (même si ce n’était pas du tout le même genre de
musique, chez moi c’était plutôt musique classique alors que les parents de Mia
ne jurent que par le punk-rock), forcément, ça me parle. Je me
suis également pas mal retrouvée dans notre héroïne, je pense que je lui
ressemblais beaucoup quand j’avais 17 ans. De ce fait, il m’a été très facile de m’attacher à elle.
Par contre, Adam, son petit
ami, m’a laissée complètement indifférente. Ils forment un couple plutôt
mignon tous les deux, mais il ne m’a pas fait plus d’effet que ça.
Bien que j’aie apprécié le
livre et l’héroïne, je n’ai toutefois pas réussi à ressentir autant d’émotions
que ce à quoi je m’attendais. Mia doit choisir entre la vie et la mort, ce
qui laisse présager de nombreuses scènes déchirantes sur le plan émotionnel. Je
sais que beaucoup de gens ont versé des torrents de larmes à la lecture de Si je reste, mais moi, mes yeux sont
restés tout à fait secs. Je n’ai jamais senti mon cœur se serrer, ni une boule
se former dans ma gorge. Non, même si j’ai
apprécié l’histoire, comme Mia, je la regardais se dérouler d’un œil extérieur.
Je ne me suis jamais sentie impliquée dans le récit. Et ça, ça m’a un peu
manqué.
Je n’ai pas grand-chose à
reprocher au roman, sinon. La fin m’a semblée un peu rapide, certes, mais en
dehors de ça, c’est bien écrit et les personnages sont attachants, donc c’est
presque un sans faute. Je n’ai pas vraiment réussi à entrer dans l’histoire
et à m’impliquer dans le choix que doit faire Mia, mais il s’agit d’un ressenti
personnel qui n’a rien à voir avec la qualité du roman puisque beaucoup y sont
parvenus. Je regarderai sans doute le film, peut-être que les images et la
musique réussiront à susciter plus d’émotions chez moi que simplement les mots.
Je vous le recommande si : vous aimez les histoires émouvantes.
Je n’ai pas ressenti beaucoup d’émotions mais je pense que si on arrive
vraiment à rentrer dans le récit, il doit être poignant.
Le film sort en France le 17 septembre, et voilà le trailer :
lundi 28 juillet 2014
Frangine de Marion Brunet
Titre : Frangine
Auteur : Marion Brunet (France)
Date de parution : 2013
Editeur : Sarbacane
Nombre de pages : 262
_______________
Il faut que je vous dise... J’aimerais annoncer que je suis le héros
de cette histoire, mais ce serait faux. Je ne suis qu’un morceau du gâteau,
même pas la cerise. Je suis un bout du tout, un quart de la famille. Laquelle
est mon nid, mon univers depuis l’enfance, et mes racines, même coupées.
Tandis que ma frangine découvrait
le monde
le cruel
le normal
et la guerre,
ma mère et mère, chacune pour soi mais ensemble, vivaient de leur côté
des heures délicates.
C’est à moi que revient de conter nos quatre chemins.
Comment comprendre, sinon ?
C’est un livre qui m’interpellait beaucoup de par son sujet : les
familles homoparentales. C’est un sujet extrêmement peu traité, pourtant ces
familles sont une réalité et méritent qu’on parle d’elles et des épreuves
auxquelles elles doivent faire face au quotidien.
Nous faisons donc la connaissance de Joachim, un jeune homme de 17 ans, un lycéen avec des amis, une
petite amie... tout à fait ordinaire, donc, si on excepte sa situation
familiale : en effet, Joachim a
deux mamans. Et il en est fier, de ses deux mamans. Il n’hésite pas à se battre
pour faire respecter la particularité de sa famille.
Les choses sont en revanche un peu plus compliquées pour sa petite
sœur Pauline, qui se heurte à la dure
réalité de l’homophobie lors de son entrée au lycée. Victime de railleries
et mise à l’écart à cause de ses deux mamans, la jeune fille se renferme sur elle-même et refuse l’aide de son
frère qui s’inquiète pour elle.
Frangine nous offre une tranche de la vie de cette famille,
racontée à travers les mots de Joachim. Il nous raconte quelques séquences
de la vie familiale – nous montrant du même coup qu’une famille homoparentale,
c’est pas si différent d’une famille hétéroparentale « classique » –
et s’intéresse surtout à la souffrance silencieuse de sa sœur face au
harcèlement dont elle est victime au lycée à cause de sa situation familiale
particulière. Le tout entrecoupé de souvenirs : des moments heureux de son
enfance, ou des moments dans lesquels il a dû se battre pour se faire
respecter.
Le roman met donc en avant les
préjugés et les discriminations qu’ont à subir les familles homoparentales,
principalement à l’école à travers l’histoire de Joachim et Pauline, mais
également dans toutes les sphères du
quotidien, y compris au sein de leur propre famille. J’aurais d’ailleurs
aimé que ce dernier aspect soit un peu plus développé, l’épisode de la mamie
Françoise m’a paru un peu trop rapide.
Les mots de Joachim sont durs, crus, des mots d’adolescent révolté
contre l’injustice dont sa famille est victime, et contre son sentiment
d’impuissance face à la souffrance de sa sœur. J’ai d’ailleurs beaucoup aimé la relation entre Joachim et Pauline, on
sent qu’ils comptent beaucoup l’un pour l’autre, et leur situation particulière
a encore plus soudé les membres de cette famille.
La plume de l’auteure est donc
assez dure mais je l’ai trouvé très belle en même temps. Je trouve qu’elle
retranscrit avec justesse les émotions de l’adolescence.
Je ne sais pas trop quoi ajouter, si ce n’est qu’il faut lire ce livre
pour vraiment en saisir toutes ses nuances. Je n’ai pas eu de coup de cœur,
mais ça reste indéniablement un très
beau livre, simple mais touchant.
Je vous le recommande si :
le sujet des familles homoparentales vous interpelle. Si vous avez un minimum
d’intérêt pour la question, je pense que le roman vous plaira, qui que vous
soyez : homme ou femme, jeune ou moins jeune.
mercredi 18 juin 2014
Panic de Lauren Oliver
Auteur : Lauren Oliver (Etats-Unis)
Date de parution : 4 mars 2014
Editeur : Harper Collins
Nombre de pages : 408
_________________
Panic began as so many things do in Carp, a poor town of twelve thousand people in the middle of nowhere: because it was summer, and there was nothing else to do.
Heather never thought she would compete in Panic, a legendary game played by graduating seniors, where the stakes are high and the payoff is even higher. She'd never thought of herself as fearless, the kind of person who would fight to stand out. But when she finds something, and someone, to fight for, she will discover that she is braver than she ever thought.
Dodge has never been afraid of Panic. His secret will fuel him, and get him all the way through the game; he's sure of it. But what he doesn't know is that he's not the only one with a secret. Everyone has something to play for.
For Heather and Dodge, the game will bring new alliances, unexpected revelations, and the possibility of first love for each of them - and the knowledge that sometimes the very things we fear are those we need the most.
Panic a commencé comme tant d'autres choses à Carp, une pauvre ville de douze mille habitants au milieu de nulle part : parce que c'était l'été, et qu'il n'y avait rien d'autre à faire.
Heather n'avait jamais pensé qu'elle participerait à Panic, un jeu légendaire joué par les étudiants tout juste diplômés, où les marches sont hautes et le gain encore plus haut. Elle ne s'était jamais définie comme audacieuse, le genre de personne qui se bat pour sortir du lot. Mais quand elle trouve quelque chose, et quelqu'un, pour qui se battre, elle va découvrir qu'elle est plus courageuse qu'elle ne le pensait.
Dodge n'a jamais eu peur de Panic. Son secret va lui donner des ailes, et l'emmener jusqu'au bout du jeu, il en est sûr. Mais ce qu'il ne sait pas c'est qu'il n'est pas le seul à avoir un secret. Tout le monde joue pour quelque chose.
Pour Heather et Dodge, le jeu va apporter de nouvelles alliances, des révélations inattendues, et la possibilité d'un premier amour pour tous les deux - et leur apprendre que parfois ce dont on a peur est précisément dont on a le plus besoin.
“The bravery was in moving forward, no matter
what. Someday, she might be called on to jump again. And she would do it. She
knew, now, that there was always light – beyond the dark, and the fear, out of
the depths; there was sun to reach for, and air and space and freedom.
There was always a way up, and out, and no need
to be afraid.” *
Eh bien, quelle déception ! Peut-être en attendais-je trop, mais quoi
qu’il en soit, ça n’a pas du tout marché. Je me suis beaucoup ennuyée avec Panic.
Panic est un jeu qui se déroule chaque année à Carp, une petite ville
perdue des Etats-Unis, opposant les jeunes diplômés de l’année dans des
épreuves les forçant à surmonter leurs peurs. A la fin, un seul vainqueur, qui
remporte le jackpot de 67.000 dollars. Un prix suffisamment élevé pour motiver
beaucoup de jeunes à participer, mais Heather et Dodge, eux, ne jouent pas pour
l’argent...
La première chose qui m’a frappée, c’est la narration à la troisième personne et dépit de l’alternance de points
de vue. Du coup, je me suis demandé pourquoi cette alternance, puisque
finalement dans les deux cas on a un narrateur externe et on n’entre pas
vraiment dans les pensées de l’un ou de l’autre (d’ailleurs, j’ai rapidement
cessé de faire attention au nom du personnage annoncé en début de chapitre).
J’ai fini par m’habituer à ce choix de narration assez déroutant, mais je n’ai en revanche pas réussi à m’attacher
aux personnages. Et je ne pense pas que ce soit uniquement dû à la narration.
En effet, Heather et Dodge, les personnages principaux, m’ont laissée
totalement indifférente. Le plus gros problème dont ils souffrent est sans
aucun doute le manque de développement.
Je n’ai pu constater que très peu, voire aucune évolution ni chez l’un, ni chez
l’autre.
Heather s’engage dans Panic
sur un coup de tête, parce que son copain vient de la quitter sans ménagements.
Elle se trouve heureusement une meilleure raison de vouloir aller jusqu’au bout
du jeu par la suite, mais globalement je n’ai ressenti aucune sympathie pour
elle. Elle a une fâcheuse tendance à
s’apitoyer sur son sort et à rejeter la faute sur les autres (son ex, sa
mère alcoolique, ou encore son meilleur ami qui ne partage pas ses
sentiments...). Bon d’accord elle n’a pas la vie facile, mais quand même.
Dodge quant à lui avait
depuis longtemps prévu de participer au jeu, afin de venger sa sœur qui a perdu
l’usage de ses jambes dans d’un accident survenu lors d’une session antérieure
de Panic. Ce personnage ne connait réellement aucune évolution durant tout le roman : il est tout le temps animé
par ce désir de vengeance, qu’il ne lâche pas même quand la situation change.
De plus, je lui ai trouvé un caractère plutôt
égoïste.
Ces deux personnages ont tous deux un passé lourd et complexe, la vie n’a pas été facile pour eux et j’aurais
pu m’y attacher pour ça – j’aime bien ce genre de personnage d’habitude.
Seulement, j’ai eu l’impression que
Lauren Oliver jouait trop là-dessus pour essayer de tirer des larmes au lecteur
et rendre appréciable à ses yeux des personnages qui autrement ne le sont pas
– surtout dans le cas de Heather.
J’ai également eu quelques soucis avec l’intrigue, celle qui concerne
le jeu, Panic. Le plus gros problème résidant dans le manque de crédibilité : Panic est un jeu illégal, parce que
hautement dangereux (pour les participants mais également pour les habitants de
Carp en général), et la police est
déterminée à l’arrêter. Sauf que le jeu se poursuit depuis des années sans que
personne n’en ait jamais arrêté les responsables, alors qu’on est dans une
petite ville où tout se sait assez rapidement. Tout... sauf ce qui concerne
le jeu, apparemment – et pourtant, les épreuves ne sont pas particulièrement
discrètes.
Idem pour les parents. Où
sont-ils passés ? Je n’arrive pas à croire qu’aucun parent ne soit au
courant que son enfant participe à Panic et ne vienne s’y opposer.
Enfin, ce qui m’a manqué également, c’est l’action et le suspense. Le
roman a quand même pour sujet un jeu
nommé « Panique », donc on devrait ressentir ce sentiment à la
lecture. Peut-être pas jusqu’à avoir vraiment peur, mais au moins quelques
montées d’adrénaline de temps en temps. C’est peut-être dû au fait que je ne me
suis pas attachée aux personnages et que je me fichais un peu de ce qui pouvait
leur arriver, mais j’ai trouvé le roman
vraiment plat et... oui, il faut bien le dire : je me suis ennuyée. Vraiment
ennuyée.
Pour conclure, des personnages
peu attachants et pas assez exploités, une intrigue qui manque de rythme et de
crédibilité, et pour couronner le tout, je n’ai pas retrouvé le style de Lauren Oliver qui m’avait tant plu
dans Delirium. En un mot ? Déçue, déçue, déçue.
-----------------------
* « Le courage c’était d’aller de l’avant, quoi qu’il arrive. Un
jour, elle pourrait être appelée à sauter de nouveau. Et elle le ferait. Elle
savait, maintenant, qu’il y avait toujours de la lumière – sous l’obscurité, et
la peur, au-delà des profondeurs ; il y avait un soleil à atteindre, et
l’air et l’espace et la liberté.
Il y avait toujours un moyen de s’en sortir, et aucune raison d’avoir
peur. »
Edition française : publiée aux chez Hachette Black Moon le 11 juin 2014 sous le même titre (avec une couverture vraiment immonde, si vous voulez mon avis)
vendredi 13 juin 2014
Croc-Odile de Audrey & Natacha Ajasse
Titre : Croc-Odile
Auteur : Audrey & Natacha Ajasse (France)
Date de parution : 7 avril 2014
Editeur : Hélène Jacob
Nombre de pages : 194
____________________
C’est l’été, la classe de première L du lycée Jean Cocteau de Kenmare,
petite ville bretonne, part en voyage scolaire à La Rochelle.
En apparence, c’est le paradis : trois semaines dans une auberge
de jeunesse, ensemble, loin des parents. Pourtant, une ombre plane sur le
séjour : Marie-Odile, le bouc émissaire de la classe est aussi de la
partie.
Et un évènement inattendu risque bien de faire voler en éclats le
fragile équilibre...
Croc-Odile nous raconte les
trois semaines que dure le voyage scolaire d’une classe de première L, pour
participer à un concours de culture générale. Trois semaines que les lycéens
vont passer dans une auberge de jeunesse, loin de leur famille, libres de
prendre un peu de bon temps entre copains. Mais pour Marie-Odile, bouc
émissaire de la classe, le voyage est loin d’être idyllique. Poussée à bout par
ses camarades, elle va commettre quelque chose de très grave, qui va avoir des
répercussions sur l’ensemble du groupe...
C’est un livre que je souhaitais lire à cause de son thème. Le harcèlement scolaire, c’est un sujet
malheureusement très réel et beaucoup plus fréquent qu’on ne le pense, mais qui
reste encore relativement peu traité par la littérature Young Adult. Je ne
m’attendais cependant pas à des monts et merveilles avec ce livre car le résumé
et surtout la couverture me faisaient penser à quelque chose de très (trop)
jeunesse. Et finalement, j’ai été très agréablement surprise.
Dès le prologue on nous annonce que l’histoire sera racontée du point de vue de plusieurs personnages. Beaucoup
de personnages (je ne sais plus exactement combien, mais au moins 6 ou 7). Ca m’a
fait un peu peur au début, je n’étais pas sûre de pouvoir m’y retrouver avec
tout ce monde. En fait, à ma grande surprise, ça s’est très bien passé. Bon,
évidemment il y a eu des moments où je me suis demandée « mais attends, c’est
qui qui parle, là, déjà ? » mais globalement je n’ai pas eu de
problème de ce côté-là, et chaque
narrateur apporte quelque chose à l’histoire. J’ai apprécié d’avoir
également le point de vue des enseignants, qui jouent eux aussi un rôle
important dans les situations de harcèlement scolaire.
Il y a donc beaucoup de personnages, mais je n’en retiendrai que cinq
principaux. Marie-Odile évidemment,
puisqu’elle est l’héroïne de l’histoire. Il est impossible de ne pas prendre en
sympathie cette pauvre fille qui n’a absolument rien pour elle : obèse,
pas spécialement jolie, et élevée par des parents ultra religieux et
conservateurs, elle n’est pas comme les
autres et en fait durement les frais : mise à l’écart, moqueries,
brimades... ses camarades ne lui
épargnent rien et lui font vivre un enfer, la poussant jusqu’à commettre un
acte très grave pendant le voyage. Et même si ce qu’elle fait est extrêmement
grave et impardonnable, je peux comprendre pourquoi elle en est arrivée à cette
extrémité là, vraiment.
On peut également nommer Cassandre
et Grégory parmi les personnages principaux. Même s’ils font partie du
groupe de « tortionnaires » de Marie-Odile, j’ai tout de même
éprouvé de la sympathie pour eux, parce qu’on sent qu’au fond, ils ne sont pas si méchants, et ils se sentent parfois un peu
coupables de faire ainsi souffrir la jeune fille. Je pense qu’ils sont
surtout entraînés par la force du groupe et des personnages comme Jeff et Lisbeth qui eux sont les « vrais
méchants ». Egoïstes et mesquins au
possible, qu’est-ce que je les ai détestés ces deux là !
Le plus gros reproche que j’ai à adresser au roman, c’est que l’élément perturbateur arrive assez
tardivement. Plus de la moitié du livre est consacrée surtout au petit
quotidien des lycéens et leurs préoccupations qui tournent principalement
autour de « Machin est amoureux de Truc mais Truc sort déjà avec Chose... »
Même si cette première partie de mise en
place est importante pour montrer à quel point Marie-Odile est en décalage et
exclue par les autres, je l’ai quand même trouvée trop longue, et ensuite,
après l’évènement, les choses s’enchaînaient parfois un peu vite.
J’aurais également aimé avoir le point de vue d’un autre personnage
après l’évènement, parce qu’il y est fortement impliqué, mais on n’a à aucun
moment son ressenti sur la situation.
Pour conclure, en mettant en avant les implications des différents
acteurs d’une situation de harcèlement scolaire, Audrey et Natacha Ajasse
signent là un roman qui, même s’il est loin d’être LE roman de l’année, reste à
lire pour faire parler de ce sujet encore trop passé sous silence.
Je vous le recommande si : vous voulez quelque chose qui se lit assez vite, et vous vous intéressez au sujet du harcèlement scolaire.
Je vous le recommande si : vous voulez quelque chose qui se lit assez vite, et vous vous intéressez au sujet du harcèlement scolaire.
Retrouvez la fiche du livre sur le site de l'éditeur ici
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