Affichage des articles dont le libellé est Gallimard. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Gallimard. Afficher tous les articles

dimanche 31 janvier 2016

La prophétie de la Reine des Neiges - Victor Dixen

Ce roman est la suite de La malédiction de Boucle d'Or (mais rassurez vous, cette chronique n'en comporte aucun spoiler). J'avais totalement adoré cette réécriture du conte de Boucle d'Or, mais étais un peu sceptique quant à l'idée d'une suite, il faut bien le dire. Mais je dois saluer ici Victor Dixen qui m'a brillamment donné tort.


mercredi 10 décembre 2014

Will & Will de John Green & David Levithan






Titre : Will & Will
Titre original : Will Grayson, Will Grayson - traduit par Nathalie Peronny
Date de parution : 2011
Editeur : Gallimard
Nombre de pages : 379






________________

Will Grayson se méfie des sentiments. Les histoires de coeur portent la poisse, tout le temps. Alors quand son meilleur ami, l'exubérant, très corpulent et très, très homo Tiny Cooper, fait tout pour le fourrer dans les bras de Jane, il se dit que cette fille est jolie, marrante et sympa mais... pas du tout son type.

De l'autre côté de Chicago, un certain Will Grayson (rien à voir avec le premier !), se sent plus mort que vivant : il vient d'apprendre que celui qui le faisait fantasmer sur sa messagerie n'a jamais existé... (surlignez pour voir l'ENORME spoiler)


(j’ai lu le livre en anglais, donc la citation est en anglais)
“Maybe there’s something you’re afraid to say, or someone you’re afraid to love, or somewhere you’re afraid to go. It’s gonna hurt. It’s gonna hurt because it matters.”*

J’étais un peu hésitante à l’idée d’entamer Will & Will parce que je ne savais pas trop quoi penser des romans de John Green : autant j’ai adoré Nos étoiles contraires, autant je n’ai absolument rien trouvé d’extraordinaire a Qui es-tu Alaska ? Donc je ne pouvais pas savoir si celui-ci, co-écrit avec David Levithan, allait être à mon goût. Finalement, il l’a été et je suis très contente de lui avoir donné sa chance.

Pour une raison quelconque, j’étais persuadée qu’il s’agissait d’un roman fantastique, soit que les deux Will Grayson étaient des clones, soit qu’ils vivaient dans des univers parallèles. Et apparemment je ne suis pas la seule à m’être fait piéger puisque à la bibliothèque il était classé parmi les romans de l’imaginaire. Mais laissez moi vous prévenir, c’est tout sauf du fantastique. L’histoire se passe à Chicago dans les années 2010, et nos protagonistes sont des êtres humains comme vous et moi, ils ont simplement le même nom. Et le même âge, aussi.

Alors qui sont ces deux Will Grayson ? Le premier, écrit par John Green, est un garçon un peu réservé qui ne veut pas ressentir d’émotions. Il a une règle d’or : « shut up and don’t care » (tais toi et n’attache d’importance à rien). Il parait froid et distant à première vue (et c’est l’effet recherché je pense), mais je me suis très vite attachée à lui quand même, parce qu’il m’a beaucoup fait penser à une version masculine de moi à 16 ans.
Le second Will Grayson, que j’appellerai will en minuscules (puisqu’il n’utilise que les minuscules) est un gothique qui semble détester le monde entier, à l’exception de ce jeune homme avec qui il chatte en ligne, mais en réalité il ne demande qu’à être aimé. Je l’ai aussi beaucoup apprécié, surtout son sens de l’humour. will est écrit par David Levithan et il faudrait vraiment que je me penche sur la bibliographie de cet auteur.

Et c’est là qu’intervient Tiny Cooper, le meilleur ami de Will, dont le nom devrait figurer dans le titre également parce qu’il est l’un des personnages les plus importants du roman, si ce n’est LE plus important. Sans lui, rien ne serait arrivé, il est ce qui relie Will et will. Tiny (minuscule en anglais) porte très mal son nom, puisqu’il est tout simplement énorme. L’obèse le plus gay du monde, ou le gay le plus obèse du monde, au choix. Sérieusement, ce garçon est hilarant. Vous ne pouvez pas ne pas l’aimer, même s’il a bon nombre de défauts, comme être incroyablement égocentrique (il est en train de monter une comédie musicale sur rien d’autre que sa vie amoureuse, plus compliquée qu’un épisode de Sex and the city), et mentionner son homosexualité une centaine de fois par jour, comme si être gay était la seule chose qui le définissait en tant que personne.

Ce roman n’était pas tout à fait ce à quoi je m’attendais. Comme je l’ai dit au début, je pensais qu’il s’agissait de fantastique, mais même quand je me suis rendue compte que c’était du contemporain et que j’ai changé mes attentes en conséquence, elles n’ont pas été réalisées. Je pensais que lorsque Will et will allaient se rencontrer, ça allait marquer un tournant et changer radicalement leurs vies. Mais regardons les choses en face : en fait, ça ne change pas grand-chose. Et ils ont vraiment peu d’interactions l’un avec l’autre. Vraiment, le personnage central ici, celui qui joue le rôle le plus important, c’est Tiny.
Cependant, j’ai tout de même beaucoup apprécié ma lecture. C’est une belle histoire d’amitié et d’amour (amour au sens général, pas juste l’amour romantique). Il y avait des passages à mourir de rire, et d’autres plein d’émotions.

Le plus gros défaut selon moi se situe dans la fin. Elle est... too much, et certainement pas réaliste. D’accord, plusieurs choses dans ce livre sont plus ou moins réalistes (je doute qu’un personnage comme Tiny existe en vrai), mais la fin était plus qu’irréaliste (je veux dire, qui donc accepterait de se rendre à une comédie musicale gay pour dire à un parfait inconnu qu’ils l’apprécient, tout ça parce qu’il porte le même nom qu’eux ?) (surlignez pour voir le spoiler). C’est vrai que cette fin est bien dans le style des comédies musicales, donc puisque la comédie musicale de Tiny prend une place importante dans le roman, ça se tient. Mais quand même, je pense que cette histoire méritait une meilleure fin.

Pour conclure, ce roman n’est pas exempt de défauts, mais il vous fait vous sentir bien. On a besoin de plus de livres comme ça !

Je vous le recommande si : vous aimez les ados qui pensent hors des cadres, et vous voulez un livre qui vous donnera le sourire. Vous devez également être à l’aise avec les personnages gays, parce qu’il est beaucoup question d’homosexualité.

----------------------


*  « Peut-être qu’il y a quelque chose que tu as peur de dire, ou quelqu’un que tu as peur d’aimer, ou quelque part où tu as peur d’aller. Ca va être douloureux. Ca va être douloureux parce que ça a de l’importance. »

jeudi 1 mai 2014

Animale de Victor Dixen






Titre : Animale – La malédiction de Boucle d’Or
Auteur : Victor Dixen (France)
Date de parution : 2013
Editeur : Gallimard Jeunesse
Nombre de pages : 437








____________________

Et si le conte le plus innocent dissimulait l’histoire d’amour la plus terrifiante ?

1832. Blonde, dix-sept dans, est cloitrée depuis toujours dans un couvent perdu au milieu des bois. Pourquoi les sœurs l’obligent-elles à couvrir ses cheveux d’or et à cacher sa beauté troublante derrière des lunettes sombres ? Qui sont ses parents, et que leur est-il arrivé ?
Alors qu’elle s’enfuit pour remonter le fil du passé, Blonde se découvre un versant obscur, une part animale : il y a au cœur de son histoire un terrible secret.



« La voyante a raison de dire que la réalité est comme un glaçon flottant, dont seule la plus petite partie semble exister ; depuis le début du printemps je suis en train de découvrir l’autre partie, la partie que les hommes ont enfouie au plus profond de leur être, pour mieux l’oublier. Pour mieux s’en protéger. »

Blonde a vécu les dix-sept premières années de sa vie enfermée dans un couvent perdu dans la forêt vosgienne, où elle suit une éducation religieuse des plus strictes. Un soir, elle reçoit l’étrange visite d’un vieux commissaire à la retraite, qui lui remet le dossier d’une affaire classée sans suite, celle de la disparition, dix-sept ans plus tôt, de la jeune Gabrielle de Brances. D’abord intriguée, Blonde se plonge dans les archives et se passionne rapidement pour l’histoire de la jeune femme, ignorant que ces quelques feuilles de papier sont sur le point de bouleverser irrémédiablement sa vie…

Il est des livres qui vous transportent, vous font voyager à travers leurs pages, et vous bouleversent en déversant sur vous un torrent d’émotions sans crier gare. Animale est de ceux-là.
Il s’agit d’une réécriture du conte Boucle d’Or et les trois ours, ou plus exactement une prolongation de celui-ci. Victor Dixen a ajouté un « si » au conte des frères Grimm, et comme chacun sait, avec des « si », on peut refaire le monde. En l’occurrence, ce « si »-là sert de point de départ à la palpitante histoire de Blonde.

J’ai été happée dès les toutes premières lignes. L’auteur donne tout de suite le ton du roman, nous plaçant directement dans l’ambiance sombre et mystérieuse, bien loin de celle du conte pour enfants, qui sera celle de l’ensemble de l’histoire. La plume de Victor Dixen retranscrit parfaitement les décors et les émotions par lesquelles passent ses personnages, et par lesquelles nous passons aussi par leur intermédiaire. Que nous nous trouvions au cœur de la forêt vosgienne, sur l’île danoise ou dans les archives du Vatican, j’ai eu l’impression d’avoir ces lieux devant moi, alors que je n’ai jamais mis les pieds dans aucun de ces endroits. Il en va de même pour les sentiments vécus par nos héros. L’histoire est racontée tantôt du point de vue de Blonde, de Gaspard et de Gabrielle de Brances et je me suis à chaque fois sentie proche d’eux, je vivais les péripéties à leurs côtés et je ressentais les mêmes émotions qu’eux. Je n’étais pas simplement une lectrice passive, mais véritablement partie prenante du récit. Inutile de dire qu’il m’a été particulièrement difficile d’en sortir une fois la dernière page tournée.

Je me suis énormément attachée aux personnages. Blonde est une jeune fille posée, réfléchie et intelligente, auréolée du début à la fin d’un voile de mystère. Qui est-elle vraiment ? Quel est son lien avec Gabrielle de Brances ? J’ai vraiment aimé suivre son évolution et la manière dont elle fait face aux bouleversements subits qui font leur apparition dans sa vie jusque-là calme et monotone. Elle fait preuve d’énormément de sang-froid et de maturité face à ces épreuves et ce fut un plaisir de la suivre.
Quant à Gaspard, il est impossible de ne pas l’aimer. L’amour indéfectible qu’il porte à Blonde est tellement beau… La romance ne représente qu’un minuscule aspect de l’histoire mais on ne peut tout simplement pas ne pas être touché par le lien qui unit nos deux héros, par Gaspard qui est prêt à soulever des montagnes pour celle qu’il aime, à moins d’avoir un sacré cœur de pierre. Cet amour est le petit rayon de soleil et d’espoir qui vient éclairer l’atmosphère si sombre du roman.
J’ai aussi beaucoup apprécié Gabrielle, mais j’ai peur de vous spoiler en vous parlant d’elle, donc je vous laisse la découvrir, ainsi que son histoire, par vous-même.

J’ai tout simplement dévoré ce livre, que je n’ai lâché que par nécessité. Il m’a emportée dans un voyage extraordinaire se concluant par une fin particulièrement haletante. Je l’ai lue à toute vitesse, tellement j’avais besoin de connaître le dénouement, même si j’aurais voulu la lire lentement pour prolonger le voyage encore et encore. Mais voilà, j’avais tellement peur que Blonde et Gaspard ne connaissent pas la fin heureuse qu’ils méritaient que je ne pouvais pas rester dans l’ignorance et j’ai tourné frénétiquement les pages jusqu’à la dernière.

En bref, il s’agit d’un gros, énorme coup de cœur. J’ai tout adoré dans ce livre : l’interprétation du conte, l’univers, les personnages, la plume de l’auteur… Si vous ne l’avez pas encore découvert, n’attendez plus, foncez !

Je vous le recommande si : Vous aimez les réécritures de contes ? Vous aimez les romans historiques ? Vous aimez les ambiances sombres ? Mais qu’est-ce que vous attendez, au juste ?


mercredi 27 mars 2013

Qui es-tu Alaska ?, John Green

Titre : Qui es-tu Alaska ? (Looking for Alaska)
Auteur : John Green (Etats-Unis)
Date de parution : 2005 aux Etats-Unis, 2007 en France
Edition : Gallimard Scripto


Résumé : 
Miles Halter a seize ans mais n'a pas l'impression d'avoir vécu. Assoiffé d'expériences, il quitte le cocon familial pour le campus universitaire : ce sera le lieu de tous les possibles, de toutes les premières fois. Et de sa rencontre avec Alaska. La troublante, l'insaisissable Alaska Young, insoumise et fascinante. 

Mon avis : 
Après avoir lu/entendu un certain nombre de critiques très positives sur les romans de John Green, je me suis finalement décidée à en lire un. Et effectivement, ce fut une bonne lecture. Même si je m'attendais toutefois à mieux.

Miles Halter, jeune homme de seize ans passionné par les dernières paroles de gens célèbres, décide de quitter le foyer familial en quête d'un "Grand Peut-Être". Le campus de Culver Creek en Alabama va être son terrain d'expériences de la vie : c'est là qu'il découvre l'amitié, l'amour, la trangression... et surtout Alaska. Personnage insaisissable et fascinant, boule d'énergie inventant les blagues les plus improbables un jour, puis renfermée et solitaire le lendemain.

Bien que le héros et narrateur de l'histoire soit Miles, c'est toutefois Alaska qui est le personnage central et moteur du roman. Il s'articule d'ailleurs en deux parties, l'avant Alaska, et l'après Alaska. La partie "avant" ne m'a pas vraiment plu, au final elle se résume simplement au récit des aventures d'un groupe d'adolescents dans un lycée américain. Cette partie est certes importante pour poser les bases de l'histoire et apprendre à connaître  les personnages, mais elle traîne un peu en longueur je trouve. La partie "après" en revanche est beaucoup plus profonde. Elle pose la question de la mort et des sentiments qu'elle engendre sur les vivants. Les émotions des personnages y sont bien retranscrites et on passe du rire aux larmes, tout comme eux.

En résumé, une lecture agréable, des personnages sympathiques, mais un roman qui ne me laissera pas un souvenir impérissable pour autant.