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lundi 18 mai 2015

Inside a silver box de Walter Mosley


Titre : Inside a silver box
Auteur : Walter Mosley (Etats-Unis)
Date de parution : 2015
Editeur : Tor Books
Nombre de pages : 304

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Deux personnes réunies par un acte atroce sont unies pour une cause commune par les pouvoirs de la Boîte Argentée. Tous deux joignent leurs forces pour protéger l'humanité de la destruction par une race alien, les Laz, qui s'acharne à reprendre le contrôle de la Boîte Argentée, l'outil le plus puissant et destructeur de l'univers. La Boîte Argentée ne reculera devant rien pour empêcher son ancien maître de revenir à la vie, même si ça signifie en finir avec la Terre elle-même...

Avez-vous déjà fini en livre en étant incapable de savoir si vous l’avez aimé ou non ? C’est ce qui m’est arrivé avec Inside a silver box. Et croyez-moi, ça fait bizarre. Je pense que ça m’a plu, mais je ne suis pas tout à fait sûre d’avoir compris l’histoire.

Commençons par le commencement. Ronnie Bottoms est un voyou. Il a fait d’innombrables allers-retours en prison. Un matin, il tente de violer Lorraine Fell, une jeune et belle étudiante, alors qu’elle fait son jogging matinal. Elle se débat, et il la tue. Mais l’endroit où il enterre son corps est l’exact emplacement de la Boîte Argentée, une entité alien qui a été enterrée là il y a des années. Grâce aux pouvoirs de la Boîte, Lorraine peut persuader son meurtrier de la ressusciter, et la paire nouvellement formée se voit confier une mission : empêcher une race alien de prendre le contrôle de la Terre.

Avec une telle intrigue, je m’attendais à une histoire qui ressemble un peu à Doctor Who – après tout, une race alien qui veut prendre le contrôle de la Terre, est-ce qu’on ne dirait pas n’importe quel épisode de Doctor Who ? Et effectivement, le début m’a un peu fait penser à cette série. Mais rapidement l’histoire s’est mise à trainer en longueur. Sérieusement, si vous cherchez un livre avec des personnages badass qui se battent contre des méchants aliens, passez votre chemin. Vous avez en face de vous un livre plus philosophique que rempli d’action. Pas que ce soit une mauvaise chose, mais en fait je n’ai pas tout à fait compris quel était le but du roman.

Les personnages sont cependant plutôt intéressants, puisqu’ils sont complètement opposés. Ronnie est un jeune homme noir originaire d’une famille pauvre. Il n’a pas reçu d’éducation et sa vie consiste à voler et se battre dans la rue. De l’autre côté, Lorraine est l’archétype de la fille parfaite : riche, belle et intelligente. C’aurait pu être totalement cliché mais l’auteur a su éviter le piège et a réussi à faire quelque chose de vraiment intéressant avec ces personnages stéréotypés : lorsque Ronnie ressuscite Lorraine, il se crée une connexion entre les deux personnages, qui échangent une partie de leur personnalité – chacun se retrouve donc avec quelques traits de l’autre.
Et à partir de là la grande majorité du roman se concentre sur l’exploration des changements que les personnalités des deux héros ont connu, et sur ce lien qui les unit. Dans l’ensemble j’ai trouvé ça plutôt intéressant – j’ai particulièrement apprécié le changement de Ronnie, car il est le plus visible, et il prend réellement du recul par rapport à ses comportements passés. Lorraine change également, elle prend un peu de l’avidité de Ronnie, mais je dois dire que je n’ai pas compris la plupart de ses réactions, donc je n’ai pas du tout accroché avec son personnage.

Mais comme je l’ai déjà dit, au bout d’un moment l’histoire commence vraiment à trainer en longueur. Ronnie et Lorraine ont été chargés de sauver la planète d’une invasion alien, qui pourrait arriver d’une minute à l’autre selon la Boîte Argentée, mais ils passent le plus clair de leur temps à s’interroger sur les changements qu’ils ont subi et à rendre visite à diverses personnes qu’ils ont connu par le passé... alors oui, leur expérience soulève quelques questions très intéressantes, mais il y a des aliens à combattre là les amis ! Je m’attendais à lire un roman de science-fiction, pas un essai sur le sens de la vie ! La confrontation avec les aliens finit par arriver, mais elle a à peine commencé qu’elle est déjà  finie. Tout ça pour ça ?

D’après ce que j’ai lu sur Goodreads, Inside a silver box n’est pas le meilleur roman de Walter Mosley, il semble qu’il a déçu pas mal de fans. Je pense que je donnerais leur chance à ses autres livres, j’ai plutôt bien aimé son style d’écriture et il y avait quelques bonnes idées dans ce roman.

Je vous le recommande si : Je ne sais pas trop à qui le recommander, donc je vous dirais d’essayer si vous avez envie de vous faire votre propre avis ! Mais gardez en mémoire qu’il ne s’agit pas vraiment d’un roman sur les aliens.

samedi 28 février 2015

Cress (Chroniques Lunaires #3) de Marissa Meyer


Titre : Cress (Chroniques Lunaires #3)
Titre original : Cress (The Lunar Chronicles #3) - traduit par Guillaume Fournier
Auteur : Marissa Meyer (Etats-Unis)
Date de parution : 2014
Editeur : Pocket Jeunesse
Nombre de pages : 658

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Cinder et le capitaine Thorne se sont enfuis aux côtés de Scarlet et de Loup. Le groupe rebelle projette de renverser la reine Levana et son armée. Mais, le seul espoir de la résistance réside dans Cress, qui, emprisonnée dans un satellite depuis l'enfance avec ses écrans pour seule compagnie, est devenue un hacker imbattable. Malheureusement, la reine Levana a d'autres projets pour elle, et libérer la jeune fille pourrait bien leur coûter cher...


/!\ ATTENTION ! Cette chronique contient des spoilers des tomes 1 et 2. Vous la lisez à vos risques et périls /!\

Les Chroniques Lunaires est une saga qui s’améliore de tome en tome. J’avais bien aimé Cinder, beaucoup aimé Scarlet, et j’ai adoré Cress.
Dans ce troisième tome c’est Cress qui rejoint la petite bande formée par Cinder et ses acolytes. Cress est une coquille (une Lunaire sans pouvoirs), qui est coincée dans un satellite où elle est forcée de mettre ses talents en informatique au service de la reine Levana. Mais avec le temps, son allégeance change de camp, et elle est sur le point de s’échapper pour rejoindre la troupe de Cinder pour renverser la reine lunaire.

Cress est une réécriture de Raiponce, et encore une fois Marissa Meyer a su très bien distiller de petites références au conte d’origine dans une intrigue de sa propre invention. Et je dois dire que remplacer la tour de Raiponce par un satellite est très bien trouvée !
Cress n’est pas le même genre d’héroïne que Cinder ou Scarlet. Là où les deux dernières sont des femmes fortes et déterminées, des leaders, Cress s’apparente plus à une petite fille sans défense. Dans l’ensemble j’ai aimé son personnage, parce que même si j’apprécie particulièrement les héroïnes fortes, on en a déjà deux dans cette saga, donc un peu de diversité ne fait pas de mal. Et puis l’émerveillement de Cress quand elle sort pour la première fois de son satellite et peut enfin voir des arbres, des fleurs, etc. de ses propres yeux ne peut que vous faire sourire. Elle est un brin naïve, mais ce n’est pas le genre de naïveté qui tape sur les nerfs, plutôt celui qui la rend toute mignonne. Cependant j’aurais quand même aimé que son côté génie de l’informatique soit un peu plus mis en avant. Je veux dire, c’est une hacker de génie, et sans son boulot anonyme dans l’ombre de son satellite, Cinder et ses amis auraient rencontré beaucoup plus de difficultés dans les tomes précédents. Or dans ce livre Cress apparaît presque uniquement comme une petite sans défense, toujours dépendante des autres. On ne voit pas vraiment son potentiel (à part vers la fin), ce qui est dommage à mon avis. En fait, là où je vois Cinder et Scarlet comme des adultes, je vois Cress comme une fillette, alors que toutes les trois ont environ le même âge (17 ans, si je ne dis pas de bêtises)

Cela dit, je ne me plains pas, parce que dans l’ensemble j’ai vraiment adoré ce roman. L’intrigue se complexifie avec chaque nouveau tome, et j’aime beaucoup découvrir que certains éléments des précédents volets, en apparence complètement innocents, n’étaient pas là par hasard et se révèlent soudainement importants. Bon, pour tout dire, l’action n’apparaît vraiment que dans le dernier quart du roman mais je ne me suis jamais ennuyée pour autant, j’ai beaucoup aimé suivre les péripéties de chacun des personnages de son côté – le groupe est séparé très rapidement au début du livre. J’aurais seulement voulu que ce soit plus long, les derniers chapitres sont pleins d’action et de suspense et ça se termine un peu abruptement. L’attente pour le tome 4 va être longue !

En plus de l’intrigue, ce qui fait la force de cette saga, c’est son groupe de personnages principaux. Ils sont six désormais : Cinder, Scarlet, Wolf, Thorne, Cress et Iko qui est certainement ma préférée. Ils ont tous une personnalité différente, et j’adore la dynamique et les interactions entre eux. Ils ne sont pas très souvent tous ensembles dans ce tome, mais j’ai adoré chaque moment où ils l’étaient.


En bref, ce troisième tome a tout ce qu’on peut demander à un livre : une bonne intrigue, de super personnages, une plume fluide et légère, de l’action et une pointe de romance (juste pour adoucir l’histoire, mais pas assez pour la ralentir et la rendre cheesy). J’aimerais tellement pouvoir lire Winter (le quatrième et dernier tome) tout de suite !

mercredi 14 janvier 2015

A thousand pieces of you (Firebird #1) de Claudia Gray

Titre : A thousand pieces of you (Firebird #1)
Auteur : Claudia Gray (Etats-Unis)
Date de parution : 2014
Editeur : Harper Teen
Nombre de pages : 368

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UN MILLIER DE VIES.
UN MILLIER DE POSSIBILITES
UN DESTIN.

Marguerite Caine a grandi entourée de théories scientifiques avant-gardistes grâce à ses parents, brillants physiciens. Cependant rien n’est plus stupéfiant que la dernière invention de sa mère – un instrument nommé l’Oiseau de Feu, qui permet aux gens de se déplacer dans des dimensions alternatives.
Quand le père de Marguerite est assassiné, toutes les évidences pointent vers une personne – Paul, l’énigmatique étudiant de ses parents. Avant que la loi n’ait pu l’atteindre, Paul s’échappe dans une autre dimension, ayant commis ce qui semble être le crime parfait. Mais il n’a pas compté sur Marguerite. Elle ne sait pas si elle peut tuer un homme, mais elle va le découvrir.
Avec l’aide d’un autre étudiant en physique, Theo, Marguerite prend Paul en chasse à travers diverses dimensions. Dans chaque nouveau monde où se retrouve Marguerite, elle rencontre une nouvelle version de Paul qui remet sa culpabilité en question, et interroge son cœur. Est-elle condamnée à reproduire la même trahison ?
Tandis que Marguerite se déplace à travers ces vies radicalement différentes – une grande duchesse dans une Russie tsariste, une orpheline fêtarde dans un Londres futuriste, une réfugiée d’une inondation mondiale dans une station au cœur de l’océan – elle est entraînée dans une histoire d’amour épique aussi dangereuse qu’irrésistible.
(traduction personnelle)


“Every form of art is another way of seeing the world. Another perspective, another window. And science – that’s the most spectacular window of all. You can see the entire universe from there.”*

Oh, qu’est-ce que j’avais envie de le lire, celui-là ! Je l’ai reçu pour Noël, et quelques jours plus tard il était déjà dévoré. Il n’était pas parfait, mais dans l’ensemble je l’ai tellement apprécié que je lui ai quand même donné la note maximale même si ce n’est pas un coup de cœur. 

L’histoire est celle de Marguerite, le « vilain petit canard » d’une famille de brillants scientifique puisque son intérêt se porte sur l’art plutôt que sur la science. Cela ne l’empêche pas de mener une vie heureuse entre ses parents, sa grande sœur et les étudiants de ses parents, Paul et Theo, qui sont comme des grands frères pour elle. Pourtant, le bel équilibre de cette famille vole en éclat le jour où le père de Marguerite est assassiné, probablement par Paul, lequel a disparu en utilisant la dernière invention de la famille Caine : un appareil permettant de voyager dans des univers parallèles. Désireuse de venger son père, Marguerite se précipite à sa suite afin de le faire payer pour ce qu’il a fait. Mais tandis qu’elle passe de multivers en multivers, elle découvre que les choses sont plus complexes qu’elles en ont l’air, et qu’elle n’est peut-être pas en train de traquer le bon ennemi...

En fait, juste avant de commencer ma lecture, j’avais lu une chronique très négative sur Goodreads, qui m’avait fait un peu peur et conduit à réduire mes attentes. C’était peut-être une bonne chose, parce qu’au final ce livre a complètement surpassé mes attentes. La chronique que j’ai lue mettait en avant que A thousand pieces of you était plus une romance qu’un roman de science fiction, et même si je comprends ce point de vue, je dois aussi dire que j’ai déjà vu bien, bien pire. C’est vrai que la romance prend pas mal de place, mais ce que je retiendrai du roman c’est plutôt le superbe multivers.

On fait la connaissance d’une famille de scientifiques qui a découvert que le monde tel qu’on le connait n’est rien d’autre qu’un univers parmi des millions d’autres mondes parallèles. Tout simplement, la phrase « rien n’est impossible » est prise dans son sens littéral : tout ce qui pourrait arriver est réellement arrivé... dans une autre dimension. Et l’appareil mis en place par Henry et Sophia Caine permet désormais de voyager dans n’importe laquelle de ces dimensions alternatives, à la simple condition qu’on y existe. Oui, parce qu’il existe naturellement des dimensions dans lesquelles nos parents ne se sont jamais rencontrés, donc vous n’y êtes jamais venu au monde. Je ne sais pas si mon explication du cadre de l’histoire est très claire, si ce n’est pas le cas, rassurez-vous, ça l’est beaucoup plus dans le livre. Je n’ai eu aucun souci pour comprendre comment ça fonctionnait et j’ai adoré l’idée !

A travers le voyage de Marguerite pour venger la mort de son père, on explore plusieurs de ces univers parallèles, certains très proches du nôtre, et d’autres diamétralement opposés. Mon préféré a sans aucun doute été celui mettant en scène une Russie tsariste. J’adore les univers un peu historiques, et la Russie est également un pays que je trouve particulièrement fascinant, donc cette partie du roman avait tout pour me plaire. Paradoxalement, c’est aussi là que la romance était la plus présente. Je dis « paradoxalement », parce que généralement, la romance, c’est ce qui me plait le moins dans les livres. En fait, la romance ici ne m’a pas du tout gênée parce qu’elle s’intègre vraiment bien dans l’intrigue principale. Il y a quelques moments vraiment romantiques, mais l’histoire d’amour n’empêche pas l’intrigue d’avancer. Je ne considèrerais pas ce roman comme une romance même si elle est quand même très présente. Vous voyez ce que je veux dire ?

Autant j’ai énormément aimé le concept d’univers parallèles, autant il n’en va pas de même pour les personnages. Oh, je ne les ai pas ouvertement détestés, mais aucun ne m’a fait grande impression non plus. Ils sont assez typiques des romans YA. Et l’héroïne pouvait se montrer terriblement naïve par moment, mais heureusement pas au point que je ne puisse plus la supporter.

 En bref, j’ai vraiment passé un super moment avec A thousand pieces of you, en particulier grâce à ce superbe multivers. J’espère qu’on découvrira encore d’autres dimensions alternatives dans les tomes suivants ! Je pense que la suite va prendre un tour un peu différent, et j’ai hâte de voir ce que l’auteure nous réserve.

Je vous le recommande si : vous aimez les voyages dans le temps et si l’idée d’une romance mélangée à l’intrigue principale ne vous dérange pas.

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* « Chaque forme d’art est une autre façon de voir le monde. Une autre perspective, une autre fenêtre. Et la science – c’est la fenêtre la plus spectaculaire de toutes. On peut voir l’univers tout entier à travers elle. »

jeudi 18 décembre 2014

Xénome de Nicolas Debandt







Titre : Xénome
Auteur : Nicolas Debandt (France)
Date de parution : 2014
Editeur : L’Homme Sans Nom
Nombre de pages : 397




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« Je me souviens très bien du jour où je naquis à la conscience. Il y a des jours comme ça qui ne s’oublient pas. Celui-ci était un 4 février. Celui de l’année 2184. »

Yann se réveille, sans savoir qui il est ni d’où il vient. Impliqué malgré lui dans une affaire de vol d’œuvres d’art au Louvre, il débute sa vie au rythme effréné de la fuite, des rencontres, des choix et des révélations.


«  Comment ?
Pourquoi ?
Cette quête de sens et de finalité, ce besoin de comprendre et de se projeter, de s’inscrire dans un tout qui dépasse sa propre condition, cette interrogation perpétuelle sur la vie, était destinée à tous les êtres humains. Sans distinction de classe ni d’espèce, si tant est qu’on les libère des maillages de la peur, des étiquettes imposées et des pensées conditionnées. »


Je n’avais jamais rien entendu sur ce livre, je ne savais même pas de quoi il parlait, mais j’ai su qu’il me le fallait dès le moment où j’ai aperçu le dos, ou plus exactement la molécule d’ADN représentée sur le dos. Bien que je n’aie jamais été douée dans ce domaine, je trouve les questions de génétique absolument fascinantes. N’importe quoi traitant de ce sujet, donc, ne pouvait qu’être que prometteur. Et je n’ai pas été déçue, puisque Xénome a été le coup de cœur que j’attendais désespérément depuis septembre !

Nous suivons l’histoire de Yann, qui se réveille brutalement en plein milieu du musée du Louvre. Il n’a aucun souvenir, ni de qui il est, ni d’où il vient. Il est en quelque sorte comme un nouveau-né, à la différence qu’il est déjà âgé d’une trentaine d’années. A travers la quête du jeune homme pour faire la lumière sur ses origines, nous découvrons également le futur que l’auteur a imaginé pour notre société. En effet, notre héros et ses acolytes évoluent en 2184 dans un Paris surpeuplé où les rues se superposent sur plusieurs niveaux et où la structure sociale repose sur un système de castes totalement imperméables les unes par rapport aux autres puisque ce n’est rien d’autre que le code génétique qui détermine l’appartenance d’un individu à l’une ou l’autre de ces castes. L’Homo Sapiens a disparu, remplacé par quatre nouvelles humanités hiérarchisées, de l’Homo Operaris, en bas de l’échelle, destinée aux tâches d’exécution, à l’Homo Aureus, la caste des décideurs.
En même temps que cette révolution génétique, s’est également développée une nouvelle technologie : le WebSoc, un réseau social qui présente des ressemblances troublantes avec Facebook, à la différence qu’il n’est plus du tout question de vie privée puisque non seulement il est impossible de se déconnecter, mais en plus, tous les aspects de votre vie y figurent, visibles par tous, que vous le vouliez ou non.
Nicolas Debandt a vraiment fourni un énorme travail dans la création et la description de son univers. Il est d’autant plus réussi qu’on ne peut s’empêcher de se dire qu’à la vitesse où progresse la technologie de nos jours, cette société contrôlée par les réseaux sociaux et où les gènes sont des biens de consommation comme les autres pourrait bien être la notre dans un futur pas si lointain. Et ça fait froid dans le dos.

Les personnages sont également très bien travaillés. Yann est le héros de l’histoire mais il est loin d’être le seul que nous allons suivre. Il est néanmoins le seul dont le point de vue est écrit à la première personne, nous plongeant directement dans ses pensées tandis qu’il découvre l’univers dans lequel il s’est éveillé, et son identité personnelle. Ce n’est pas forcément évident de se mettre dans la tête de quelqu’un qui vient au monde du jour au lendemain, en étant déjà adulte, mais je trouve que l’auteur s’en est très bien tiré. En tous cas, il a très bien retranscrit les émotions par lesquelles passe Yann à mesure qu’il découvre, qu’il se découvre.
Parmi les autres personnages, ma favorite a été Naya, une Obediensis qui s’est « débridée », c’est-à-dire qui s’est échappée de la condition inhérente à son code génétique en s’auto-mutilant. Elle fait partie d’un réseau clandestin de résistants, qui va recueillir Yann lorsqu’il sera à son tour recherché par la TransTrad, l’autorité suprême. Cette jeune femme apparaît forte et invulnérable, mais cache en réalité une nature beaucoup plus sensible, et c’est pour cette raison que j’ai autant apprécié apprendre à connaître son personnage.
L’autre personnage qui m’a marquée, c’est l’inspecteur Roussel. Policier, bon citoyen qui respecte les lois à la lettre au départ, il en vient progressivement à prendre conscience des dérives de cette société. J’avoue que même après avoir terminé le roman, je n’arrive toujours pas à déterminer s’il m’a plutôt plu ou agacée, mais une chose est sûre : il ne m’a pas laissée de marbre.

J’ai également beaucoup apprécié le choix qu’à fait l’auteur pour la fin. Ce n’est pas la fin à laquelle on pourrait s’attendre, je dirais même qu’elle n’est pas très conventionnelle, mais c’est pour cette raison qu’elle m’a plu. Je n’ose pas trop en dire de peur de vous spoiler, mais disons simplement que là où le roman aurait facilement pu appeler une suite voire embrayer sur une trilogie, nous avons une vraie fin, pas totalement fermée non plus mais qui clôture bien l’intrigue commencée au départ.

Pour finir, voilà un excellent roman de science-fiction/anticipation avec une touche de thriller pour lui donner du rythme. La psychologie des personnages y est très développée, et l’univers futuriste n’en reste pas moins très réaliste. Et si avec tout ça je ne vous ai toujours pas convaincus qu’il vous faut absolument le lire, je ne peux plus rien faire pour vous mes pauvres petits !

Je vous le recommande si : vous aimez les romans d’anticipation, vous recherchez des personnages approfondis et fouillés.

vendredi 12 septembre 2014

Pandora Project de Yuna Minhaï Dekebat







Titre : Pandora Project
Auteur : Yuna Minhaï Dekebat (France)
Date de parution : juin 2014
Editeur : Blind Symphonia
Nombre de pages : 640







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Newport, New Hampshire, dans un futur proche. L’Enfer a désormais un nom. Autrefois si radieuse, la ville de Newport n’est maintenant plus que l’ombre d’elle-même ; une ombre grandissante, oppressante, dévorant tout sur son passage. Dans ce monde où corruption et tyrannie ont depuis longtemps pris le pas sur la démocratie, Ensaï tente de reconstruire sa vie malgré l’amnésie qui le ronge. Bientôt, de douloureuse marques apparaissent sur son corps, et d’étranges murmures le poussent peu à peu au bord de la folie. Des secrets trop longtemps enfouis semblent se battre pour refaire surface... Comment échapper à cette inexorable chute vers l’enfer qui lui tend les bras ?

Désert d’Ekkar, Nevada. Des dunes majestueuses, un sable doré et ardent à perte de vue, dissimulant des mystères oubliés du monde... Depuis des siècles, le Clan d’Ekkar est le théâtre de combats muets qui s’immiscent dans la vie des quelques nomades qui foulent ces terres sacrées. Parmi eux, Heather, en passe de devenir malgré elle guide de son peuple, doit affronter une guerre millénaire qui, par l’aveuglement des siens, éclatera sans doute très bientôt. Mais comment guider tout un peuple, alors qu’elle ne parvient même pas à lutter contre ses démons intérieurs ?

Deux mondes que tout oppose, deux âmes tourmentées, unies à jamais par leur Destinée. Plongez dans les légendes ancestrales d’un peuple en perdition et découvrez leur Univers, par-delà les apparences.

Etes-vous prêt à entrer dans la Ronde ?


« C’est à l’Univers de décider de la Destinée des Hommes.
Vous n’êtes que des grains de poussière portés par le vent.
Le temps ne vous appartient pas. »

J’ai accepté la proposition de l’auteure parce que le résumé avait retenu mon attention, mais c’est sans attentes particulières que j’ai commencé la lecture. Et, preuve que les coups de cœur surviennent souvent là où on les attend le moins, j’ai adoré ce livre. Entièrement, totalement.

Le début de l’histoire nous place dans deux univers complètement différents : d’un côté, un paysage urbain, celui de Newport, une ville autrefois florissante mais aujourd’hui en pleine déchéance. Pour échapper au contrôle du gouverneur mégalomane, une vie souterraine où règne la loi du plus fort s’est développée. C’est dans ce décor que débarque Ensaï, notre premier protagoniste. Il n’a aucune idée de qui il est, d’où il vient, comme si sa vie avait débuté au moment où il a mis les pieds à Newport. Il va tenter de reconstituer son histoire, alors que des voix étrangères se font de plus en plus souvent entendre dans sa tête et que son propre corps commence à échapper à son contrôle.
De l’autre côté, nous sommes à Ekkar, un désert du Nevada où vit notre seconde héroïne, Heather. La jeune femme s’apprête à prendre la tête du clan de nomades dont elle fait partie, un clan depuis longtemps possédé par une forme de magie ancestrale qui pourrait bien causer sa perte. Tout comme Ensaï, Heather est aussi en proie à des problèmes de mémoire. Elle sent que quelque chose de très important dans son passé lui échappe, mais quoi ?

Unique. C’est le mot le plus approprié pour décrire ce livre, je pense. En effet, il est incomparable. Déjà, j’aurais bien du mal à le ranger dans un genre, puisqu’il mélange science-fiction, dystopie et fantasy. Un mélange assez étonnant mais parfaitement maîtrisé par l’auteure qui a su développer un univers riche et qui tient parfaitement la route, que ce soit du côté de Newport ou d’Ekkar. Alors forcément, développer à la fois un univers dystopique, un univers de fantasy avec sa propre mythologie et une intrigue qui relie les deux (parce que oui, ils sont liés, même si au premier abord rien ne semble plus différent), ça implique un certain nombre de passages narratifs et de descriptions. Mais je ne me suis jamais ennuyée pour autant. Ces passages sont bien dosés, et de toute façon, le style de l’auteure est tellement agréable qu’elle aurait bien pu écrire quelques centaines de pages en plus, j’aurais pris tout autant de plaisir à les lire, je pense. Et puis, l’action ne manque pas non plus, surtout vers la fin.

J’ai beaucoup aimé les personnages. Heather est celle à laquelle je me suis attachée le plus rapidement. J’ai aimé le dévouement de la jeune femme pour son clan, sa force mais également sa vulnérabilité quand elle cherche désespérément à retrouver le souvenir qui lui fait défaut. Il m’a fallu un peu plus de temps pour « apprivoiser » Ensaï, puisqu’au début j’étais tout autant perdue que lui, mais ça a fini par venir, petit à petit. J’ai été touchée par cet homme à qui tout échappe, y compris sa propre vie et son propre passé.
Cependant, mon personnage coup de cœur n’est pas l’un des deux protagonistes, mais un personnage secondaire : Ienzo, le Newporter qui recueille Ensaï à son arrivée et lui sert de guide dans son nouvel environnement, des plus hostiles. Ienzo m’a touchée pour son dévouement corps et âme à une cause qui ne le concerne finalement pas du tout, et parce que même s’il semble connaître Newport comme sa poche, il n’appartient en réalité nulle part. L’amitié qui lie les deux hommes est très forte, et vraiment très belle.

Ce qui rend l’expérience de la lecture de Pandora Project encore plus unique, c’est l’univers musical que l’auteure a associé à son roman. A chaque passage correspond une musique dont l’ambiance reflète tout à fait l’atmosphère de l’action en train de se dérouler dans le récit. Il m’arrive parfois de lire en musique, mais uniquement lorsque je suis dans un environnement bruyant et que je veux me créer une bulle hors du bruit ambiant, et j’écoute toujours les mêmes morceaux, sans aucun rapport avec ce que je suis en train de lire. Lire avec une playlist adaptée au roman était donc une première pour moi, et j’ai tout simplement adoré ça. La musique m’a incontestablement aidée à me plonger encore plus dans l’univers d’Ensaï, Ienzo et Heather et à vivre leurs actions encore plus intensément. Une expérience unique et une brillante initiative de la part de l’auteure.

En bref, Pandora Project est un coup de cœur inattendu, mais un très, très beau coup de cœur. Ca ne fait que quelques jours que je l’ai refermé, mais je sais déjà qu’il fera partie des livres dont je me souviendrai longtemps, qui resteront toujours quelque part avec moi. Je me ferai sans doute un plaisir de le relire dans quelques années.


Je vous le recommande si : J’ai envie de dire : je le recommande à tout le monde ! C’est assez difficile de donner une recommandation précisé étant donné que le livre ne ressemble à aucun autre... donc je vais vraiment le recommander à tout le monde. En tous cas, à tous ceux à qui le résumé parle.


N'hésitez pas à faire un petit tour sur le site de l'auteure, où vous trouverez tout un tas d'information des plus intéressantes, et où vous pourrez écouter la playlist du roman (ne vous amusez pas à chercher tous les titres sur Youtube comme j'avais commencé à le faire...)


(On clique sur le zneuneuil pour y accéder)


vendredi 15 août 2014

Belle de glace d'Anna Sheehan





Titre : Belle de glace
Titre original : A long long sleep – traduit par Mathilde Bouhon
Auteur : Anna Sheehan (Etats-Unis)
Date de parution : 2011 aux Etats-Unis, 2012 en France
Editeur : Black Moon
Nombre de pages : 378






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Rosalinda Fitzroy. Jeune. Riche. Talentueuse. Une véritable princesse, figée à jamais dans son cercueil de verre.

A jamais ? Pas tout à fait. Rose a dormi pendant 60 ans. Le baiser d’un Prince Charmant l’a arrachée à ses rêves. Savait-il qu’il allait transformer la vie de Rose en un vrai cauchemar ?

A son réveil, tout a changé. Des épidémies ont décimé les trois quarts de l’humanité, emportant ses parents, effaçant son premier amour.

Rose est seule dans un monde qu’elle ne connait plus. Et comme si ça ne suffisait pas, quelqu’un la suit, comme son ombre.

Quelqu’un qui voudrait la voir disparaitre...


Rosalinda Fitzroy, dite Rose, seule héritière d’un empire interplanétaire, vient d’être réveillée après avoir passé soixante ans hors du monde, hors du temps, dans un tube de stase. Soixante années durant lesquelles tout à changé. Lorsque Rose se réveille, le monde est en train de se remettre des « Années Sombres », durant lesquelles le monde a été décimé par une série de catastrophes : épidémies, famines... Tous ceux qu’elle connaissait et à qui elle tenait : ses parents, son petit ami, ont succombé pendant ces années. Elle doit donc repartir de zéro, dans un monde qu’elle ne connait pas, et pire, dans un monde où elle n’est visiblement  pas la bienvenue. En effet, quelqu’un a lancé un tueur implacable à ses trousses...

Belle de glace est une réécriture du conte La belle au bois dormant mais les références au conte d’origine ne sont pas nombreuses. A l’exception du point de départ (une jeune fille réveillée d’un long sommeil dans un cercueil de verre par le baiser d’un prince charmant), toute l’histoire se développe de manière totalement indépendante, sans rapport avec le conte dont elle s’inspire. Ou alors, s’il y a des références, je ne les ai pas vues. C’est vrai que La belle au bois dormant n’est pas le conte de fées que je connais le mieux.

Mon avis sur ce roman est un peu mitigé parce que d’un côté, j’ai beaucoup aimé la plupart des idées : une jeune fille qui se réveille soudainement dans un monde qu’elle ne connait plus, la nature du tueur chargé de l’éliminer, un univers futuriste plutôt réaliste...  Mais en même temps, je suis restée frustrée parce que j’ai trouvé que ces bonnes idées pêchaient un peu dans la réalisation. L’univers par exemple. Rose est totalement déstabilisée par les changements survenus durant les 60 ans qu’elle a passés dans son tube de stase, mais en réalité, l’univers présenté ne semble pas tellement éloigné du nôtre, et certainement pas au point d’y être totalement perdu quand on y débarque. Même si le côté futuriste est plutôt sympathique, j’aurais aimé que l’auteure s’attarde un peu plus sur les avancées technologiques et/ou politiques survenues pendant le sommeil de Rose, pour qu’on puisse vraiment mesurer à quel point c’est déstabilisant pour elle de se réveiller dans un tel monde, et aussi pour nous offrir à nous, lecteurs, un univers de science-fiction qui tient la route. Je pense que les idées de l’auteure sont bonnes, mais elles manquent un petit peu de développement.

Mais ce n’est pas tellement ça qui m’a dérangée, en fait. Non, c’est avec le personnage de Rose que j’ai eu le plus de mal. Je l’ai trouvée franchement passive et même un peu naïve sur les bords. Ayant toujours été surprotégée par ses parents, on peut comprendre qu’elle soit comme ça au début, mais quand elle se rend compte que ses parents sont morts depuis longtemps et qu’elle est désormais seule à pouvoir s’occuper d’elle-même, elle devrait devenir plus volontaire, plus déterminée... Et bien non, elle reste toujours aussi passive. Je crois mon envie de la secouer et de lui coller des baffes a atteint son paroxysme au moment où elle laisse son chien avec un sac de croquettes et l’eau des WC (oui oui, vous avez bien lu, l’eau des WC) pour aller très égoïstement et lâchement s’enfermer dans son tube de stase parce qu’un garçon a refusé ses avances. Très mature, comme réaction, vraiment.
Puisque nous sommes au rayon personnages : mention spéciale pour Otto, mon coup de cœur. Ce jeune extraterrestre qui ne communique que par la pensée est tellement mignon et touchant. Plusieurs fois je me suis dit que Rose ne méritait pas de l’avoir comme ami, mais j’étais quand même contente qu’elle l’ait, sinon on aurait beaucoup moins vu Otto, et c’aurait été dommage. Les longues correspondances entre Rose et lui font partie de mes passages préférés du roman.

J’ai tout de même apprécié ma lecture, particulièrement à la fin quand le rythme s’accélère et que les révélations s’enchaînent. Je dois dire que l’auteure a plutôt bien réussi son coup puisque ce qui doit représenter à peu près le dernier tiers du roman est vraiment palpitant et même s’il y avait des éléments dont je me doutais déjà depuis un moment, ça ne m’a pas empêchée de tourner les pages, pressée de connaître la suite. Et puis je trouve que Rose évolue de façon très positive face à cette avalanche de rebondissements et de révélations. Elle commence enfin à gagner en maturité et en agressivité (pas qu’elle devient violente, mais agressivité dans le sens où elle se bat enfin pour elle-même au lieu de s’en remettre passivement aux autres). Je suis sûre que j’aurais vraiment pu l’apprécier, si seulement elle s’était réveillée plus tôt.

J’ai également beaucoup apprécié le fait qu’il n’y ait pas de romance entre Rose et le « Prince Charmant » qui la sort de stase. Je suis vraiment contente qu’Anna Sheehan ait décidé de transgresser la règle tacite que semblent avoir adopté tous les auteurs de YA : « il faut toujours une romance, de préférence bien cheesy, avec deux ou trois répliques à vous faire vomir des paillettes », parce que dans ce cas, c’aurait été de trop.

En résumé, Belle de glace n’est pas une mauvaise lecture, loin de là, elle m’a même fait passer un plutôt bon moment, mais je m’attendais quand même à mieux. Disons que dans le genre science-fiction comme dans le genre réécriture de conte, on a déjà fait beaucoup mieux, mais si vous avez un après-midi à tuer et rien de mieux à votre disposition, pourquoi pas ?

Je vous le recommande si : Excellente question, je ne sais pas du tout à qui le recommander. Comme je viens juste de le dire, c’est un livre à lire quand on veut passer un bon moment de lecture mais qu’on n’a pas mieux en magasin. A éviter tout de même si vous êtes un puriste de SF, parce que la construction de l’univers laisse un peu à désirer.



Une suite est prévue, intitulée No life but this, à paraître en décembre 2014 (en VO). Pas sûre que je la lise, en tous cas j'attendrais au moins la sortie VF plutôt que de me jeter dessus dès sa sortie en VO.

jeudi 7 août 2014

ALE 2100 de Sophie G. Winner






Titre : ALE 2100
Auteur : Sophie G. Winner
Date de parution : 14 septembre 2014
Editeur : aucun (auto-édition)
Nombre de pages : 646






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Lola, étudiante et gameuse, est invitée à tester en avant-première une représentation virtuelle de la Terre en 2100 dénommée ALE. Dans leur tour du monde, Lola et ses compagnons devront affronter le résultat de leurs actions, dont la guerre de l’eau, le travail sponsorisé, la dette de mort et l’esclavage occidental ne sont que des exemples.

Ce voyage, sous forme de jeu, leur offre l’opportunité de remporter une grosse somme d’argent s’ils gagnent la partie ; argent que Lola compte bien utiliser pour partir à la recherche de son père dont elle est sans nouvelles depuis des mois.

Mais sur son chemin, Lola va croiser cet homme mystérieux, qui va chambouler ses missions et devenir sa dernière quête. Et si, pour le sauver lui, elle devait sauver le monde de demain ?


Un p'tit trailer pour vous mettre dans l'ambiance ? 


Lola, aka Waverider sur le net, jeune fille de 19 ans accro aux jeux vidéo, qui se voit offrir l’opportunité de tester un tout nouveau jeu vidéo, ALE (Alternative Life Experience) 2100. Avec ses coéquipiers Eo et L’Emissaire, elle va découvrir ce que notre monde pourrait être en 2100 : ressources naturelles épuisées, modifications génétiques, guerres civiles...

Nous suivons donc notre héroïne alors qu’elle évolue au sein d’une animation virtuelle et au début, ça m’a fait un peu peur, je ne m’y attendais pas (c’est pourtant bien précisé dans le résumé, mais j’ai complètement occulté cette information, je pensais tomber dans une « vraie » dystopie. Les mystères du cerveau...). Du coup, comme je m’y connais à peu près autant en jeu vidéo qu’en pêche à la ligne (c’est-à-dire pas du tout), j’ai eu peur de ne pas pouvoir suivre. Je rassure tout le monde : je ne me suis jamais sentie perdue à cause de ça. Evidemment, je pense que les adeptes de ces jeux apprécieront le roman encore plus que moi, mais si vous aussi vous n’y connaissez rien, sachez que tous les termes techniques sont expliqués et qu’on se familiarise très vite avec cet univers même sans jamais avoir touché à un jeu vidéo de sa vie.

On peut considérer que le roman est coupé en deux parties. Dans la première, on suit les aventures de Lola et ses coéquipiers dans le jeu, entre combats et missions humanitaires, et on découvre un futur probable pour notre planète qui fait froid dans le dos. En même temps, on suit Lola dans sa vie d’ado normale avec des parents, des petits frères, des amis, etc. et on voit comment petit à petit ce qu’elle vit dans ALE commence à avoir une influence sur son quotidien. Ces petites pauses hors de la simulation permettent de varier un peu le rythme, je pense que ce serait devenu un peu lassant si tout le roman s’était consacré aux missions des protagonistes dans ALE.
La deuxième partie se déroule un peu plus dans le monde réel, et un peu moins dans le jeu même si c'est toujours lui qui est au centre de l'histoire. Une romance se développe également (mais pas une romance niaise, attention !) Je trouve que l'auteure a su placer les rebondissements et donner une autre orientation à son récit juste au bon moment pour ne pas tomber dans quelque chose de répétitif et d'ennuyeux.

J’ai beaucoup aimé le personnage de Lola. C’est une jeune fille ordinaire, et bien qu’elle vive en 2025 elle a une vie semblable à celle de beaucoup de jeunes d’aujourd’hui – elle sort avec ses amis et son petit ami, elle a une mère qui s’inquiète trop pour elle, etc., ce qui fait qu’il est très facile de se glisser dans sa peau et d’imaginer vivre l’histoire à sa place.
Quant aux autres personnages, Eo m’a fait bien rire (c’est un peu le clown de la bande), L'Emissaire est très intrigant, j'ai fait au moins 50 hypothèses sur sa véritable identité pendant ma lecture (et j'ai fini par trouver la bonne, mais vraiment à la fin). Et Valens m'a tout de suite plu. Très mystérieux au départ (que fait-il dans le jeu, pourquoi veut-il aider l'équipe de Lola... ?), j'ai ensuite beaucoup aimé en découvrir plus sur lui, et celui qui se cache derrière cet avatar. Je me suis très vite attachée à toute cette petite bande, ils vont me manquer !

ALE 2100 est un roman divertissant qui se lit tout seul, la plume de l’auteure est fluide et légère (pour un premier roman, auto-édité qui plus est, je suis impressionnée !). 646 pages au format epub, ça représente une belle brique au format papier, mais ça se lit vraiment tout seul. Aussi addictif qu'un jeu vidéo ! (enfin je crois, j'ai jamais touché un jeu vidéo de ma vie mais il paraît que c'est hautement addictif ces bêtes là) En arrivant à la fin, je me suis dit "Hein quoi ? C'est déjà fini ?!?"


Et en même temps, c’est un roman qui fait réfléchir sur l’avenir de notre planète et le futur vers lequel on se dirige tout droit si on continue à vivre comme on le fait actuellement. Les scénarios proposés dans le jeu ne sont tout à fait probables, et même si ce n’est pas un roman qui va, à lui tout seul, permettre de les éviter, il a au moins le mérite de faire se poser des questions sur l’avenir et je pense que c’est important.

En conclusion, un très bon début, qui divertit et fait réfléchir en même temps, sans être moralisateur non plus. Une excellente surprise, j’ai hâte de connaître la suite !

Je vous le recommande si : vous aimez la science-fiction, et vous avez des interrogations concernant l’avenir. Et en bonus, si vous aimez les jeux vidéo, mais ce n’est pas indispensable.


Le roman complet sort le 14 septembre 2014, mais d’ici là vous pouvez d’ores et déjà télécharger les 22 premiers chapitres gratuitement.

N’hésitez pas à faire un petit tour sur le site de l’auteure pour découvrir plein d’infos sur le roman et son univers.

vendredi 18 avril 2014

Un monde idéal où c'est la fin de J.Heska






Titre : Un monde idéal où c’est la fin
Auteur : J.Heska (France)
Date de parution : mai 2013
Editeur : Seconde Chance
Nombre de pages : 183








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Bienvenue dans un monde idéal !

Un monde idéal où la civilisation telle que nous la connaissons n’existe plus. Dérèglement du temps ? Avènement de la magie ? Crise climatique irréversible ? Epidémie mondiale de mort subite ? Extra-terrestres maladroits ? Invasion de poireaux découpeurs de cervelles ? Crise de déprime globale ? Robots hors de contrôle ? Zombies entreprenants ?
Découvrez 100 histoires drôles, émouvantes, tragiques ou absurdes qui mènent à notre perte !


« Une infinité de possibilités dans une infinité d’univers, telles sont les propriétés du multivers. Ce qui veut dire que la fin du monde a déjà eu lieu des milliards de fois dans des milliards  d’univers différents. Ne reste plus qu’à trouver la notre. »

Quand les éditions Seconde Chance m’ont proposé de recevoir ce livre, j’ai beaucoup hésité avant de l’accepter, n’étant pas vraiment adepte du genre nouvelle. Mais les chroniques globalement très positives de ceux qui l’avaient déjà reçue m’ont convaincue de dire oui. Résultat : je ne suis pas faite comme tout le monde, parce que je ressors de cette lecture beaucoup plus sceptique que la majorité…

Dans ce recueil, J.Heska nous propose une centaine de nouvelles, très courtes (de quelques lignes à deux pages maximum), présentant chacune une fin du monde différente, de la très classique catastrophe écologique à la totalement improbable et délirante invasion de poireaux OGM avides de chair humaine.

Ces nouvelles sont vraiment très, très courtes, et je crois que c’est la principale raison pour laquelle je n’ai pas accroché. Toutes les pages ou presque, on change d’univers et de personnage, ça ne laisse pas beaucoup de temps pour s’y habituer (d’autant que plusieurs nouvelles présentent des personnages portant le même prénom… il doit y avoir au moins dix Antoine dans ce recueil, ça n’aide pas à s’y retrouver !)
Bon, pour certains récits, une page était largement suffisante, mais pour d’autres, j’aurais beaucoup aimé les voir se continuer sur un format un peu plus long – notamment la nouvelle où les personnages oublient leur passé à chaque fois qu’ils s’endorment, ou encore celle où l’expérience de Milgram devient le mode de gouvernement… on aurait pu construire un super roman dystopique sur cette base-là !

L’autre point qui m’a posé problème, c’est le concept de « monde idéal », que l’on retrouve dans le titre du recueil mais également à la fin de chacune des nouvelles, qui se terminent toutes par la phrase « Dans un monde idéal… » Je suis encore en train de me demander ce que « monde idéal » vient faire là dedans, puisque nous ne sommes un aucun cas dans un monde idéal, bien au contraire. Ce n’est même pas le « monde idéal » au sens dystopique du terme (un monde théoriquement idéal, mais qui se révèle être plutôt une dictature dans les faits), puisque ces récits nous présentent tous l’extinction de l’humanité de manière plus ou moins violente. Où est la notion d’idéal là dedans, si quelqu’un pouvait éclairer ma lanterne, ce serait gentil de votre part.

Mais finalement, il n’y a pas que du négatif, rassurez-vous. Certes certaines nouvelles ne m’ont  pas plu du tout, ou m’ont laissée complètement indifférente, mais d’autres ont réussi à m’intéresser – j’aurais voulu qu’elles soient plus longues – ou à me faire sourire. Sur la centaine de nouvelles présentées dans ce recueil, chacun en trouvera forcément une à son goût, les thèmes sont vraiment variés, même si l’attaque extraterrestre, la prise de contrôle par  les robots ou la beaucoup plus probable catastrophe écologique reviennent assez souvent. Les titres des récits sont assez évocateurs et en général, j’ai su dès la lecture de ce titre si j’allais aimer la nouvelle ou pas.

Je pense qu’il s’agit d’un livre qui ne se lit pas d’une traite, mais plutôt par morceaux, une nouvelle par-ci par là, parce qu’à lire les cent à la suite il y a un fort risque d’overdose. Je crois que c’est ce qui m’est arrivé d’ailleurs, ayant reçu ce recueil en livre voyageur j’ai voulu le lire rapidement pour ne pas faire attendre les lecteurs suivants. Je pense que si j’avais espacé ma lecture dans le temps, j’aurais peut-être un peu plus adhéré.

En conclusion, une petite déception pour ce recueil de nouvelles, cependant, si vous aimez les récits apocalyptiques et le format nouvelle, n’hésitez pas à y jeter un œil, vous trouverez très certainement quelques textes qui sauront vous plaire.

Merci aux éditions Seconde Chance pour cette lecture !


Le site de l'auteur : www.jheska.fr

mercredi 16 avril 2014

Scarlet (Lunar Chronicles #2) de Marissa Meyer





Titre : Scarlet (Lunar Chronicles #2)
Auteur : Marissa Meyer (Etats-Unis)
Date de parution : 2013
Editeur : Square Fish
Nombre de pages : 452









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Résumé :
Even in the future, beware of the big, bad wolf…

Cinder, the cyborg mechanic, returns in the second thrilling installment of the bestselling Lunar Chronicles. She is trying to break out of prison – even though if she succeeds, she’ll be the Commonwealth’s most wanted fugitive.
Halfway around the world, Scarlet Benoit’s grandmother is missing. When Scarlet encounters Wolf, a street fighter who may have information about her grandmother’s whereabouts, she is loath to trust this stranger, but is inexplicably drawn to him, and he to her. As Scarlet and Wolf unravel one mystery, they encounter another when they meet Cinder. Now, all of them must stay one step ahead of the vicious Lunar Queen Levana, who will do anything for the handsome Prince Kai to become her husband, her king, her prisoner.

Même dans le futur, prenez garde au grand méchant loup…

Cinder, la mécanicienne cyborg, est de retour dans le palpitant second volet du bestseller Les Chroniques Lunaires. Elle essaie de s’échapper de prison – bien que si elle y parvient, elle sera la fugitive la plus recherchée du Commonwealth.
A l’autre bout du monde, la grand-mère de Scarlet Benoit a disparu. Quand Scarlet rencontre Wolf (Loup), un bagarreur de rues qui pourrait avoir des informations sur l’endroit où se trouve sa grand-mère, elle est réticente à lui faire confiance, mais est inexplicablement attirée par lui, et lui par elle. Alors que Scarlet et Wolf dévoilent un mystère, ils se trouvent face à un autre lorsqu’ils rencontrent Cinder. Maintenant, tous doivent garder un temps d’avance sur la vicieuse reine lunaire Levana, qui fera n’importe quoi pour faire du beau prince Kai son mari, son roi, son prisonnier.



/!\ ATTENTION ! Contient des spoilers du tome 1. A vos risques et périls. Je décline toute responsabilité en cas de spoliation accidentelle /!\

“I just think we shouldn’t judge her, or anyone, without trying to understand them first. That maybe we should get the full story before jumping to conclusion. Crazy notion, I know.”*

Voilà une belle surprise que ce tome deux des Chroniques Lunaires ! Si Cinder n’avait pas vraiment été à la hauteur des mes attentes, Scarlet en revanche les a largements dépassées.

Scarlet nous raconte l’histoire de… attention breaking news… Scarlet ! Version futuristique du Petit Chaperon Rouge, la jeune fille est à la recherche de sa grand-mère, disparue de manière inexplicable quelques jours plus tôt. Et lorsque la police, faute d’éléments prouvant le contraire, déclare qu’il s’agit d’une disparition volontaire ou d’un suicide et classe l’affaire, Scarlet est bien déterminée à poursuivre les recherches toute seule. Même si cela implique de suivre un parfait inconnu, qui pourrait même s’avérer dangereux…
Nous n’abandonnons pas Cinder pour autant. Parallèlement à Scarlet et ses recherches, nous suivons aussi l’héroïne du tome précédent qui suite à son évasion de la prison de New Beijing est devenue une fugitive activement recherchée.

Comme nous suivons les deux personnages en parallèle, la narration (bien qu’à la troisième personne), passe de l’un à l’autre tous les deux ou trois chapitres, et je pense que c’est pour cette raison que je n’ai pas eu de coup de cœur. Autant j’ai tout de suite accroché avec Scarlet, autant avec Cinder, j’ai eu plus de mal. J’ai mis un bon moment avant de trouver un réel intérêt pour ses aventures. Oui, disons-le, je m’ennuyais un peu. De plus l’abondance de vocabulaire lié à la mécanique qui m’a quelque peu posé problème en anglais n’a pas arrangé les choses.

Heureusement, c’est allé mieux quand l’histoire a avancé et que le lien entre nos deux héroïnes a commencé à se dessiner. Et puis, Cinder a pour compagnon de fuite un personnage du nom de Carswell Thorne qui est tout simplement awesome. Je vous laisse le découvrir par vous-même. Vous allez l’adorer, croyez-moi ! 

Revenons donc à Scarlet qui reste quand même le personnage principal de ce second tome. J’ai beaucoup apprécié cette jeune fille, forte et déterminée, prête à tout pour sauver sa grand-mère. La relation entre les deux femmes, même si elle n’est pas vraiment explorée, est très touchante.
J’ai également beaucoup aimé la manière dont Marissa Meyer s’est approprié le conte du Petit Chaperon Rouge. A l’image de ce qu’elle avait fait avec Cendrillon dans Cinder, l’histoire se détache rapidement du conte d’origine pour prendre une tournure qui lui est propre, avec un certain nombre de clins d’œil  sympathiques à repérer. J’ai particulièrement aimé la manière dont l’auteure a joué avec le personnage du « grand méchant loup » pour cette réécriture-ci.

 “Scarlet had heard wild wolves before, prowling the countryside in search of easy preys in the farms.
But never had a wolf’s howl send a chill down her spine like that.”**

Le rôle du grand méchant loup de l’histoire, vous vous en doutiez, est incarné par le personnage de Wolf. Un « grand méchant loup » avec une personnalité hautement plus complexe que le loup du conte. Je dois dire que je ne me suis pas attachée à ce personnage tout de suite, mais il m’a intriguée. Il a un côté sauvage, incontrôlable (c’est le grand méchant loup quand même !), mais en même temps il semble parfois un peu perdu, timide même.

Le plus gros problème que j’avais rencontré avec Cinder, c’était la trop grande prévisibilité de l’intrigue. Je suis ravie de pouvoir vous dire que je n’ai pas retrouvé ce problème avec Scarlet. L’intrigue s’est nettement complexifiée, le lien entre les personnages de Cinder et Scarlet est apparu progressivement, et j’ai beaucoup aimé la manière dont les pièces du puzzle tombent en place les unes après les autres.
J’ai vraiment pris plaisir à cette lecture, passé le début où j’avais un peu de mal avec l’histoire de Cinder. Et le dernier tiers du roman est tout simplement bourré d’action et de rebondissements, je ne pouvais plus le lâcher ! 

En conclusion, un second tome qui relève totalement le niveau du premier que j’avais trouvé bien, mais sans plus. Pas de coup de cœur pour ce roman, mais un bon 5/5, amplement mérité. J’ai vraiment hâte de savoir ce que Marissa Meyer nous réserve pour la suite !

“It would be easy to abuse a person when they never recognize it as abuse.”***

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*« Je pense juste qu’on ne devrait pas la juger, ni elle ni personne d’autre, sans essayer de comprendre d’abord. Que peut-être on devrait connaître toute l’histoire avant de tirer des conclusions hâtives. Idée folle, je sais. »
** « Scarlet avait déjà entendu des loups déchaînés, rôdant dans les campagnes à la recherche de proies faciles dans les fermes. Mais jamais le cri d’un loup n’avait fait descendre un tel frisson le long de sa colonne vertébrale. »
 *** « C’est facile d’abuser de quelqu’un quand il ne se doute jamais qu’on abuse de lui »





Je vous recommande vivement la nouvelle « The Queen’s Army » (pas (encore) parue en français malheureusement) si vous voulez mieux comprendre le personnage de Wolf.
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Scarlet en français : paru en novembre 2013 chez Pocket Jeunesse