Titre : Eveille-moi
Auteur : Christie Bronn (France)
Date de parution : 20 octobre 2014
Editeur : Editions de la Reine
Nombre de pages : 194 (format epub) (il existe aussi en format
papier, mais je ne connais pas le nombre de pages)
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Il m’a retrouvée, j’ai dû fuir à nouveau et quitter Toulouse.
Je me suis réfugiée à Paris, auprès d’Hugo, le seul qui connaisse mon
enfance torturée. J’y ai rencontré Ethan, homme de pouvoir, séduisant et
mystérieux. Immédiatement attirés l’un par l’autre, nous avons entamé une relation
physique, dictée par des règles strictes, afin de gérer notre besoin mutuel de
domination et de contrôle.
Sera-t-il l’homme qui m’éveillera à l’amour ?
Depuis combien de temps n’ai-je pas été autant exaspérée par un livre ?
Je ne sais plus. Ce que je sais, c’est que
j’ai passé les trois quarts de ma lecture d’Eveille-moi
à soupirer, et croyez-moi, quand je commence à soupirer, c’est pas bon signe.
Eveille-moi, écrit sous la
forme d’un journal intime, raconte l’histoire d’Emily, jeune femme trentenaire,
qui a été abusée par son beau-père dans son adolescence. Depuis, elle est
constamment en fuite, pour échapper à son bourreau. Elle ne fait confiance qu’à
une seule personne, son meilleur ami Hugo, et refuse de s’attacher à quiconque
d’autre afin de ne pas les mettre en danger. Puis elle rencontre Ethan, beau,
sombre, ténébreux (etc, etc), et cette rencontre vient changer la donne...
La couverture et le résumé me faisant fortement penser à une romance
érotique (et en effet, c’en est bien une), j’avais donc autant envie de lire ce
livre que de faire la vaisselle (je déteste faire la vaisselle). Mais j’ai décidé
de le commencer sans aucun a priori, et d’essayer d’apprécier l’histoire, parce
qu’après tout, je dis toujours que je n’aime pas la romance érotique, mais
avant de lire Eveille-moi, je n’avais
jamais essayé d’en lire. Alors, qui sait, j’aurais bien pu avoir une bonne
surprise. Sauf que ce ne fut pas le cas. Ce n’est pas faute d’avoir essayé
pourtant. Au début, j’ai même pensé que
je pourrais être agréablement surprise. Le style d’écriture n’est pas
désagréable et la psychologie du personnage principal, enfermée dans cette
spirale d’autodestruction et de paranoïa, laissait présager de bonnes choses.
Malheureusement, cette première impression s’est vite effondrée.
Je crois que j’ai poussé mon premier soupir (le premier d’une longue
série) au moment de la rencontre entre Emily et Ethan. Pour faire court, Ethan, c’est l’archétype du mâle dominant
qu’on trouve dans toutes les romances érotiques dignes de ce nom (tout du
moins d’après ce que j’en sais, je ne les ai pas lues donc il est possible que
je me trompe) : beau comme un Dieu grec, mystérieux, super riche, et même
célèbre. Et bien évidemment, Emily qui d’ordinaire
ne ressent aucune attraction pour les hommes, juste un désir de les faire
souffrir, est immédiatement et irrésistiblement attirée par cet homme beau,
riche, blablabla (cf. plus haut). Et quand je parle d’attirance, ce n’est pas
juste une attirance légère, non non, c’est tension sexuelle puissance
1243245242754257 chaque fois que le monsieur est dans les parages (parce qu’évidemment,
cette attirance est réciproque, sinon ce serait pas drôle).
Alors, c’est peut-être juste moi qui ne fonctionne pas comme tout le
monde, mais pour moi, ressentir une telle attirance pour quelqu’un au premier
regard, ce n’est pas possible. A fortiori quand on n’a jamais ressenti d’attirance
pour qui que se soit dans le passé. Si
cette attirance réciproque entre Emily et Ethan s’était développée
progressivement, à mesure qu’ils apprennent à se connaître, j’aurais sans doute
beaucoup plus apprécié. Parce que là, selon moi leur histoire démarre sur une
base totalement pas crédible.
Et à partir de là, l’histoire
suit un schéma des plus classiques, en sautant à pieds joints dans TOUS les
clichés, à tel point que vers 20-25% du roman, je savais déjà comment tout ça
allait se terminer. Et je ne me suis pas trompée, même si j’aurais bien
aimé me tromper, d’une part pour avoir quelques surprises qui viennent pimenter
ma lecture, et d’autre part parce que je n’aimais pas du tout ma prédiction
pour la fin. Elle est cliché à souhait et dégouline de romantisme, or je
déteste les trucs romantiques, ça me donne envie de vomir des paillettes, des
licornes et des arcs-en-ciel.
Pendant un moment, je me suis dit qu’à défaut d’apprécier la romance,
je pourrais peut-être trouver un intérêt à ce qui se passe à côté, à savoir la
psychologie d’Emily et son trouble passé qui ne cesse de la hanter. Il y avait là vraiment matière à créer un
personnage psychologiquement complexe pour lequel on donnerait à voir une
évolution, mais tout ça est largement sous exploité. Je trouve qu’Emily
évolue très vite, trop vite d’ailleurs, et en fait, toute l’histoire avec son
beau-père est surtout là pour donner un prétexte à la romance qui est
clairement l’élément central du roman.
En bref, j’ai été ravie quand j’ai
enfin pu refermer ce livre. Intrigue clichée et ultra prévisible, potentiel
psychologique de l’héroïne sous utilisé... j’avais bien raison de dire que
la romance érotique, c’est pas ma tasse de thé. Mais bon, au moins, j’aurais
essayé.
Je vous le recommande si :
vous aimez les romances érotiques, puisque d’après ce que je sais des classiques
du genre, Eveille-moi en suit tout à
fait les codes, donc il y a vraiment des chances que ça vous plaise. Par contre,
si comme moi les trucs romantiques vous font vomir, passez votre chemin.

