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dimanche 16 juin 2013

Le livre perdu des sortilèges de Deborah Harkness

Titre : Le livre perdu des sortilèges (A discovery of witches)
Auteur : Deborah Harkness (Etats-Unis)
Date de parution : 2011
Editeur : Calmann-Levy
Nombre de pages : 517

 

Résumé : 
Diana Bishop est la dernière d'une longue lignée de sorcières, mais elle a renoncé depuis longtemps à son héritage familial pour privilégier ses recherches universitaires, une vie simple et ordinaire. Jusqu'au jour où elle emprunte un manuscrit alchimique : l'Ashmole 782. Elle ignore alors qu'elle vient de réveiller un ancien et terrible secret, et que tous - démons, sorcières et vampires - le convoitent ardemment. Parmi eux, Matthew Clairmont, un vampire aussi redoutable qu'énigmatique. Un tueur, lui a-t-on dit. Diana se retrouve très vite au cœur de la tourmente, entre un manuscrit maudit et un amour impossible.


Mon avis :
Au vu de sa taille quelque peu impressionnante (516 pages grand format écrites en caractères relativement petits), je pensais qu’il me faudrait bien une semaine pour venir à bout de ce pavé. Mais finalement non, je l’ai lu en seulement trois jours. Et ce pas uniquement parce que je n’avais pas grand-chose d’autre à faire, entre la pluie qui tombait inlassablement dehors et l’absence d’une connexion internet digne de ce nom chez moi. Non, ça m’a vraiment plu.

Diana Bishop est la dernière descendante de la plus puissante lignée de sorcières au monde. Mais elle a décidé de renoncer à ses pouvoirs depuis le meurtre de ses parents, survenu lorsqu’elle avait sept ans, et dont elle accuse la magie d’en être la responsable. Docteur en histoire, elle mène donc une vie des plus normales, jusqu’à ce qu’elle demande en consultation à la bibliothèque de l’université un étrange manuscrit : l’Ashmole 782, qui s’avère être un livre convoité par tous les peuples non-humains (sorciers, vampires et démons). Le fait qu’elle ait réussi à briser l’enchantement qui gardait fermé ce manuscrit la place au centre des évènements et l’oblige à plonger dans le monde qu’elle a toujours rejeté. C’est également dans ces conditions qu’elle rencontre Matthew Clairmont, un puissant vampire dont elle ne tarde pas à tomber amoureuse. Or les relations intimes entre différentes créatures sont prohibées…

A vrai dire, je ne m’attendais pas à ce que la romance prenne autant de place dans le récit. La quatrième de couverture fait bien état d’un « amour impossible », mais dans ma tête, c’était juste un élément secondaire. En réalité non, c’est bien la romance qui est mise en avant, reléguant l’Ashmole 782 et ses secrets au second plan. Ça m’a surprise, mais attention, pas déçue. C’est vrai que je ne raffole pas d’histoires à l’eau de rose, mais là même si l’histoire d’amour est l’élément principal du livre, il est loin de se limiter à une simple romance. Derrière ça, il y a un univers complexe basé sur des principes historiques et scientifiques. Moi qui ai un faible pour tout ce qui est un peu ésotérique, j’ai été servie avec les nombreuses références à l’alchimie que l’on rencontre au cours de notre lecture.
L’auteure nous balade également entre différents lieux, de l’université d’Oxford en Angleterre à Madison aux Etats-Unis en passant par l’Auvergne française, mais également entre différentes époques alors qu’on découvre certains épisodes de la vie de Matthew (qui a quand même cinq mille ans au compteur) Ce livre est un long voyage à lui tout seul et c’est avec plaisir que j’ai suivi nos personnages un peu partout dans le temps et dans l’espace.

L’univers développé est certes très intéressant et très riche, mais parfois j’ai trouvé que l’auteure se perdait en longueurs dans ses descriptions, notamment lorsqu’il s’agissait de discours scientifiques. N’étant pas une spécialiste de l’histoire des sciences, j’ai parfois eu du mal à suivre.
Puisqu’on en est au rayon reproches, j’aurais également aimé en savoir un peu plus sur les démons. Les origines et l’histoire des sorciers comme des vampires sont expliqués en détail, en revanche seulement quelques rares passages sont consacrés au troisième peuple. Cependant, je pense que ces informations nous seront livrées dans le second tome, notamment grâce à l’arrivée de nouveaux personnages, démons de leur état, vers la fin du roman.
Au niveau des personnages, Diana m’a beaucoup plu. Elle n’est pas une guerrière et n’accomplit pas acte héroïque sur acte héroïque, mais elle n’en reste pas moins une vraie héroïne. Elle a du courage et lorsque sa vie bascule, elle ne s’apitoie pas sur son sort et essaie de prendre les choses en main. Toutefois elle garde un côté fragile qui ne la rend que plus attachante. C’est le genre d’héroïne que j’affectionne particulièrement.
Matthew en revanche m’a prodigieusement agacée, du début à la fin. Moi, un homme comme ça, je ne le supporte pas plus d’une journée. Sa tendance à vouloir se comporter en gentleman et à essayer de protéger Diana de tout et n’importe quoi, alors que justement elle n’a pas besoin qu’on la couve comme une petite fille, m’a donné une furieuse envie de lui coller des baffes. De plus, il est présenté au début comme un redoutable tueur mais dans les faits, il a plutôt l’air inoffensif.

En conclusion, un univers complexe et passionnant qui recèle encore plein de secrets et une fin qui ouvre des perspectives intéressantes pour la suite. Une très belle découverte que je prolongerai volontiers en lisant le tome suivant, L’Ecole de la nuit.

vendredi 24 mai 2013

Le chuchoteur de Donato Carrisi

Titre : Le chuchoteur (Il suggeritore)
Auteur : Donato Carrisi (Italie)
Date de parution : 2009 en Italie, 2010 en France
Editeur : Calmann-Levy
Nombre de pages : 438


Résumé :
Cinq petites filles ont disparu. Cinq petites fosses ont été creusées dans la clairière. Au fond de chacune, un petit bras, le gauche.

Depuis qu'ils enquêtent sur les rapts des fillettes, le criminologue Goran Gavila et son équipe d'agents spéciaux ont l'impression d'être manipulés. Chaque découverte macabre, chaque indice les mènent à des assassins différents. La découverte d'un sixième bras, dans la clairière, appartenant à une victime inconnue, les convainc d'appeler en renfort Mila Vasquez, experte dans les affaires d'enlèvement. Dans le huis clos d'un appartement spartiate converti en QG, Gavila et ses agents vont échafauder une théorie à laquelle nul ne veut croire : tous les meurtres sont liés, le coupable est ailleurs.
Quand on tue des enfants, Dieu se tait, et le diable murmure...

Mon avis :
Ça n’avait pas bien commencé : la première fois que j’ai ouvert Le Chuchoteur, je me suis endormie dessus au bout d’une trentaine de pages. Pourtant, c’est hyper rare que je m’endorme sur un livre, même le plus ennuyeux qui soit. Il s’avère en réalité que c’était surtout parce que j’étais épuisée au sortir de plusieurs semaines d’examens, et non pas à cause du livre en lui-même. En effet, quand le lendemain (après douze heures de sommeil d’affilée) je me suis remise à ma lecture, je l’ai littéralement dévoré. Le Chuchoteur est un de ces livres qui vous fait cet effet là : « allez, encore un chapitre et j’arrête »… et encore un… et un autre… et encore un autre… etc., jusqu’à ce que vous ayez tourné la dernière page.

L’histoire commence avec la découverte d’un cimetière de bras dans une clairière, appartenant à de petites filles disparues récemment. Oui mais, seulement cinq fillettes ont été portées disparues, or le « cimetière » contient six bras… Afin de découvrir l’identité de la fillette n°6, la police fait appel à Mila Vasquez, spécialiste en recherche de personnes disparues. Rapidement, une sorte de jeu de piste macabre se met en place entre l’équipe d’investigateurs et le tueur, dont la sixième petite fille – probablement encore en vie – est l’enjeu. Chacun des cadavres des cinq premières victimes conduit la police à démasquer un assassin autre que celui qu’ils traquent. Que recherche vraiment le bourreau des fillettes : pourquoi pousse-t-il les enquêteurs à arrêter d’autres criminels ? Les connaît-il ? Comment a-t-il eu vent de ces crimes que tout le monde ignorait ? On en vient même à se demander si les meurtres des fillettes ne sont pas « un mal pour un bien », dans le sens où ils permettent de sauver les victimes potentielles de ces tueurs qui seraient restés encore longtemps en liberté sinon. C’est là une question quelque peu embarrassante que l’auteur nous fait nous poser : peut-on accepter la mort de quelqu’un si elle permet en même temps de sauver quelqu’un d’autre ?
Une autre hypothèse gênante est soulevée à travers ce roman : est-ce que, finalement, le tueur le plus redoutable n’est pas l’homme lambda, par son indifférence à autrui ? Une pensée qui fait froid dans le dos…

Le dénouement m’a vraiment surprise. Je n’avais absolument rien vu venir. A chaque nouvelle révélation, je tombais des nues, m’attendant à tout sauf à ça. Je pense qu’une relecture s’impose, car je suis sûre que j’ai manqué des indices cachés au fil des pages. En tout cas, c’est bien joué de la part de l’auteur !

Côté personnages, l’équipe d’enquêteurs se compose de six personnes : quatre policiers, un criminologue, Goran Gavila, et Mila Vasquez, la spécialiste des enlèvements. Tous ont une grande part de mystère, et même s’ils sont bien travaillés sur le plan psychologique et des relations entre eux, on ne sait finalement pas grand-chose sur eux et on a cette impression que la plupart cachent un secret. Un évènement, vers la fin, confirme d’ailleurs cette impression…
Je me suis rapidement attachée à Mila, qui est le personnage principal du roman. Pourtant, elle ne fait vraiment rien pour qu’on s’attache à elle, étant plutôt froide et distante. Mais au vu de son histoire personnelle (même s’il faut attendre la fin pour tout savoir sur son passé) et de sa personnalité tourmentée, on ne peut pas faire autrement que d’éprouver de la sympathie pour elle.

Un petit bémol tout de même dans ce qui reste un thriller magistral, la fin semble quelque peu bâclée. Tout va trop vite, les évènements arrivent tous en même temps ce qui empêche chacun des rebondissements d’être suffisamment développé. Des questions restent de ce fait en suspens.  J’ai eu comme l’impression que l’auteur était pressé par le temps et voulait conclure son roman au plus vite, ce qui est vraiment dommage.

Pour conclure, j’ai été conquise par ce roman, qui diffère du thriller traditionnel pour notre plus grand plaisir à nous, lecteurs. Cette fin vraiment trop rapide gâche un peu l’ensemble mais Le Chuchoteur fut malgré tout un véritable coup de cœur pour moi.