Titre : La floraison (Rose Morte #1)
Auteur : Céline Landressie (France)
Date de parution : 20 mars 2015
Editeur : Milady
Nombre de pages : 600
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Dans une France en proie à de terribles dissensions religieuses, Rose, unique enfant du comte Greer en exil, est une jeune femme au caractère bien trempé. Mais son père, craignant pour son avenir, désire à tout prix la marier. C'est en essayant de se soustraire à ce destin qu'elle va faire la connaissance du comte Artus de Janlys. Par le biais de cet insaisissable aristocrate, la jeune femme va être propulsée dans un univers de dangers et de mystères, où les meurtres abjects qui terrifient la capitale trouveront une explication incroyable et pourtant bien réelle...
Voilà bien longtemps que j’avais repéré ce livre et était intriguée
par tous les bons avis qui fleurissaient (ceci n’est pas un mauvais jeu de
mots) sur la blogosphère. J’ai donc profité de la réédition en format poche
pour découvrir ce qui se cache dans ces pages...
Nous suivons Eileen, ou plutôt Rose comme elle préfère être nommée, une
jeune aristocrate qui, comme toutes les femmes de son époque, doit se marier,
bien qu’elle n’en ait pas du tout envie. D’autant que plus elle avance en âge,
plus ses parents se montrent insistants. Alors qu’elle est censée rencontrer un
nouveau prétendant lors d’un bal, c’est un autre homme qui va attirer son
attention : le comte Artus de Janlys, un homme des plus intrigants dont l’apparition
dans la vie de Rose va la bouleverser entièrement...
Présenté comme ça, on dirait une romance historique. Et il est vrai
que le début ressemble vraiment à une
romance historique, le fantastique n’arrivant qu’assez tardivement dans le
roman. Heureusement, la romance historique est à peu près le seul genre de
romance que j’apprécie, donc ça ne m’a pas du tout posé problème. Surtout que
même si on est un peu dans de la romance, on est bien loin du niais et du
mielleux. Ce qui ressort surtout de l’ambiance
de Rose Morte, bien avant même l’apparition du fantastique, c’est son aspect
sombre. On sent que le danger guette même lorsqu’en apparence il ne se
passe pas grand-chose d’inquiétant.
Puisqu’on en est à l’atmosphère, j’en profite pour souligner l’effort
qu’à fait l’auteure pour plonger son lecteur au maximum dans l’époque à
laquelle elle a situé son roman : nous
sommes au XVIe siècle, et on s’y croit réellement. Que ce soit au niveau des
descriptions, du vocabulaire employé, ou des références à des faits
historiques, on sent que Céline Landressie maîtrise son sujet.
Le personnage de Rose m’a
beaucoup plu. La jeune femme évolue considérablement au cours du roman :
si dès le départ elle est loin d’être la jeune fille naïve et innocente
typique, elle devient de plus en plus
téméraire et assurée à mesure que l’histoire avance. C’est tout à fait le
genre d’héroïne que j’apprécie, même si j’aurais
toutefois un petit reproche à lui faire : lorsqu’elle commence à
développer des symptômes étranges après sa nuit avec Artus, elle s’en accommode
un peu trop facilement, je trouve. Je vois dans le noir, j’entends des
conversations distinctement alors qu’elles ont lieu dans d’autres pièces, je ne
meurs pas de faim alors que je n’ai rien
mangé depuis plusieurs jours... mais Artus a dit que c’était pas grave, alors c’est
pas grave. Bon d’accord, j’exagère un peu, elle essaie plusieurs fois d’exiger
des explications... mais tout de même, je l’ai trouvé bien peu insistante, alors
que tous ces changements qui surviennent du jour au lendemain, ça devrait
beaucoup plus l’inquiéter, non ?
Artus quant à lui est un
personnage des plus complexes. On ne sait jamais trop sur quel pied danser
avec lui, autant il semble tenir énormément à Rose, autant il lui cache
beaucoup de choses... Ce monsieur est complètement insaisissable,
mais il a un charme et un charisme indéniable. Mais peut-être que je me
lasse des personnages masculins sombres et mystérieux, parce que je lui ai préféré son frère Adelphe,
beaucoup plus ouvert et avenant, dont la présence apporte une touche de
lumière bienvenue dans cette ambiance des plus sombres.
La floraison est sans aucun doute un tome d’introduction. L’histoire
met un certain temps à se mettre en place (mais on ne s’y ennuie à aucun
moment, rassurez vous !), le fantastique ne fait pas son apparition avant
au moins la moitié du roman est le rythme est relativement lent, parce qu’il y
a beaucoup de choses à mettre en place. En fait, on a un peu deux intrigues en parallèle dans ce premier tome :
la trame de fond que l’on va probablement suivre tout au long de la saga, et
une seconde autour du père de Rose, qui se conclut à la fin du premier tome. J’ai trouvé ce choix des plus judicieux
puisqu’il permet à l’auteure de poser les bases de son univers et de sa
mythologie tout en faisant avancer une intrigue pour dynamiser et apporter de l’action
à un roman globalement très descriptif.
En bref, Rose Morte a su totalement me convaincre. J’ai été conquise
par la plume de l’auteure et l’atmosphère qu’elle dépeint. C’est un roman dans lequel il faut prendre le temps de s’immerger, il
ne se dévore pas, mais se savoure.
Je vous le recommande si :
vous aimez les atmosphères sombres teintées de fantastique.

