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jeudi 6 juin 2013

Dracula de Bram Stoker

Titre : Dracula (titre original : Dracula)
Auteur : Bram Stoker (Irlande)
Date de parution : 1897 au Royaume-Uni, 1963 (?) en France
Editeur : Babel
Nombre de pages : 603


Résumé : 
Le jeune Jonathan Harker rend visite au comte Dracula dans son château des Carpates afin de l'informer du domaine qu'il vient d'acheter en Angleterre. Au cours de son voyage, les autochtones qu'il rencontre tentent de le dissuader d'atteindre son but et manifestent une inquiétude véhémente où il ne voit d'abord que l'expression d'une superstition ridicule. Dès son arrivée chez le comte, l'inquiétude gagne pourtant Jonathan Harker, jusqu'au jour où trois jeunes femmes pénètrent dans sa chambre pour lui prodiguer des baisers qui sont autant de morsures. Alors qu'il entreprend une exploration du château, il découvre, gisant dans une caisse, le comte Dracula...

A Whitby, en Angleterre, où l'histoire se déplace, Lucy, l'amie de Mina, la fiancée de Jonathan, sera la première victime du vampire.

Mon avis :
« J’ai eu un coup de cœur pour un classique de la littérature » : voilà une phrase que je pensais bien ne jamais prononcer ! Mais ça, c’était avant de découvrir Dracula. La plume de Bram Stoker n’a pas mis longtemps pour me faire totalement succomber à son charme.

Avant d’entamer ma lecture, je ne connaissais le mythe de Dracula que très superficiellement – je n’avais jamais vu de films, séries ou je ne sais quoi encore adapté de cette œuvre, et je ne savais pas vraiment à quoi m’attendre en ouvrant le livre. C’est pourquoi j’ai été assez surprise de découvrir qu’il ne s’agit pas à proprement parler de l’histoire du comte Dracula, dans le sens où, malgré sa place centrale dans l’histoire, il n’est que peu présent physiquement. On le voit au début et à la fin mais dans environ 80% du roman il n’est pas là, on l’évoque seulement. D’ailleurs, on ne sait finalement pas grand-chose sur lui, si ce n’est qu’il est un vampire assoiffé de sang et de pouvoir. On ne sait pas par exemple comment et pourquoi il est devenu vampire. J’aurais effectivement aimé avoir une réponse à cela mais au vu de la direction que l’auteur a choisi de donner à son récit ce n’est pas tellement gênant.

Pour moi, Dracula est plutôt l’histoire de ceux qui ont croisé la route du vampire : tout d’abord Jonathan Harker, jeune notaire qui se retrouve prisonnier du château du comte en Transylvanie alors qu’il lui rendait visite pour l’informer sur le domaine dont il venait de se rendre propriétaire en Angleterre. Si le début du roman où l’on découvre, en compagnie de Jonathan, le mystérieux Dracula nous plonge totalement dans l’ambiance sombre et oppressante qui perdurera jusqu’à la dernière page, l’histoire selon moi commence réellement à partir du moment où le vampire débarque en Angleterre et y fait sa première victime, la jeune Lucy Westenra. C’est alors que se met en place une équipe de six « chasseurs de vampire » décidés à terrasser le comte : Jonathan Harker et sa fiancée Mina, le docteur John Seward, le professeur van Helsing, le mari de Lucy, Lord Godalming et Quincey Morris, un prétendant de la victime – mais pour être honnête, j’ai trouvé ce personnage plutôt inutile.
De ces six personnages, celui qui se détache le plus et qui, derrière Dracula est le personnage central du récit, c’est Mina. J’ai énormément apprécié ce personnage que j’ai trouvé très solide et courageuse. Elle apparaît comme une sorte de guide dans la traque du vampire pour les autres personnages qui d’ailleurs ne tarissent pas d’éloges à son sujet.
Du côté des personnages masculins en revanche, je n’ai pas vraiment de préférence, en fait je trouve qu’ils se ressemblent dans leur manière de parler et d’agir, et aucun ne se détache vraiment, à part peut-être van Helsing qui est le plus excentrique du lot.

Je ne peux pas ne pas parler de la forme du roman qui est plutôt atypique : l’œuvre se présente sous forme d’extraits de journaux tenus par les différents personnages, de lettres, et d’articles de presse. C’est une forme de narration originale et qui présente l’avantage de laisser la parole à chacun et de connaître les pensées et ressentis de tous les personnages (ou presque, car tous ne tiennent pas un journal).
Cette forme exclut donc un rythme rapide, puisque les actions (il n’y en a d’ailleurs pas beaucoup) sont racontées après coup et leurs narrateurs ont eu le temps de prendre du recul. En revanche une grande place est laissée à la description et à la mise en place d’une ambiance oppressante qui réussit parfaitement à tenir le lecteur en haleine. Le style est peut-être un peu grandiloquent mais ça ne m’a pas dérangée, au contraire j’ai trouvé que ça renforçait cette atmosphère sombre et gothique.

En conclusion, c’est une œuvre qui m’a complètement transportée, d’ailleurs après l’avoir refermé je n’ai pas pu attaquer tout de suite une nouvelle lecture : je n’étais pas encore sortie de l’univers de Dracula.
Si vous aimez les vampires, vous ne pouvez tout simplement pas passer à côté de cette œuvre fondatrice. Et même si vous n’aimez pas les vampires mais que vous aimez la littérature fantastique et/ou gothique, foncez également, vous ne le regretterez pas.

mardi 4 juin 2013

Le mec de la tombe d'à côté de Katarina Mazetti

Titre : Le mec de la tombe d'à côté (Grabben in graven bredvid)
Auteur : Katarina Mazetti (Suède)
Date de parution : 1999 en Suède, 2006 en France
Editeur : Babel
Nombre de pages : 254

Résumé :
Désirée se rend régulièrement sur la tombe de son mari, qui a eu le mauvais goût de mourir trop jeune. Bibliothécaire et citadine, elle vit dans un appartement tout blanc, très tendance, rempli de livres. Au cimetière, elle croise souvent le mec de la tombe d'à côté, donc l'apparence l'agace autant que le tape-à-l'oeil de la stèle qu'il fleurir assidûment.

Depuis le décès de sa mère, Benny vit seul à la ferme familiale avec ses vingt-quatre vaches laitières. Il s'en sort comme il peut, avec son bon sens paysan et une sacrée dose d'autodérision. Chaque fois qu'il la rencontre, il est exaspérée par sa voisine de cimetière, son bonnet de feutre et son petit carnet de poésie.

Un jour, pourtant, un sourire éclate simultanément sur leur lèvres et ils en restent tous deux éblouis... C'est le début d'une passion dévorante.

Mon avis :
C’est la combinaison titre insolite + auteure suédoise qui m’a fait acheter ce roman, qui sinon n’aurait probablement jamais rejoint ma bibliothèque personnelle – et c’aurait été dommage ! Le mec de la tombe d’à côté fut un coup de cœur totalement inattendu pour moi.

C’est l’histoire de deux personnages que tout oppose : d’un côté Désirée, bibliothécaire, citadine sophistiquée et amatrice de poésie, et de l’autre Benny, agriculteur un peu rustre qui n’a pour occupations que son élevage de vingt-quatre vaches laitières. La probabilité qu’ils se rencontrent un jour, et pire, qu’ils tombent amoureux l’un de l’autre frôle les 0%, et pourtant… un jour, au cimetière, alors que Désirée se recueille sur la tombe de son mari et Benny sur celle de ses parents, ils se sourient… et c’est ainsi que débute leur histoire.

Je ne suis pas une fan de romances, à l’exception peut-être des romances historiques, et encore, je n’en ai pas lu beaucoup. En général, je trouve les intrigues de ce genre sans intérêt et les héroïnes niaises et sérieusement agaçantes. Ce ne fut pas le cas ici. Certes, l’intrigue ne va pas chercher bien loin, mais toute la force réside dans des personnages adorables et une écriture à l’humour décapant.
J’ai beaucoup aimé les deux personnages principaux, Benny comme Désirée sont très touchants dans leurs émotions, leur enthousiasme, leur entêtement parfois… Ils sont certes un peu caricaturaux mais cela ne m’a pas dérangée outre mesure dans le sens où c’était le but de l’auteur de mettre en scène deux personnages aux extrêmes. La confrontation de leurs idées et modes de vie et l’évolution de leur relation amoureuse avec ses hauts et ses bas est très plaisante à suivre. Finalement, derrière la simple histoire d’amour se profile une question beaucoup plus complexe : que sommes-nous prêts à sacrifier par amour ? C’est la question qui se pose à nos  deux personnages, et à laquelle ils ont bien du mal à répondre.

La narration à la première personne alterne entre Désirée et Benny, changeant de point de vue à chaque chapitre, et les scènes sont racontées à chaque fois par nos deux protagonistes. Un procédé qui peut sembler répétitif, mais en réalité, leur manière de voir les choses est tellement différente qu’on n’a pas l’impression de relire deux fois les mêmes évènements tant ils les perçoivent différemment. Certains comportements ou réactions qu’on ne comprend pas forcément ou qui paraissent idiots aux yeux de Désirée prennent du sens dans le récit de Benny et inversement. Je pense qu’il manquerait vraiment quelque chose s’il n’y avait qu’un seul narrateur. Ou alors, il faudrait que le roman soit raconté à la troisième personne pour rendre compte des ressentis de chacun, mais là encore, je ne pense pas que cela rendrait aussi bien. Le choix de l’auteure de donner autant de place à chacun de ses personnages est très judicieux et le fait de vivre l’histoire à travers leurs yeux à tous les deux nous les rend l’un comme l’autre vraiment attachants.

La plume de l’auteure est légère et bourrée d’humour. J’ai eu le sourire aux lèvres tout au long de ma lecture, j’ai ri à de nombreuses reprises et même à propos de choses qui ne sont normalement pas sensées faire rire. L’auteure traite de sujets sérieux, même assez durs – le veuvage, le choc des cultures, mais elle dédramatise complètement toutes les situations grâce à son humour qui reste tout de même très subtil, on ne tombe jamais dans le grossier ou la caricature.

Pour conclure, ce fut un véritable coup de cœur, une bouffée d’air frais qui se dévore toute seule et qui vous met de bonne humeur. Il y a une suite, Le caveau de famille, que je compte me procurer rapidement car j’ai hâte de passer de nouveau quelques heures en compagnie de Benny et Désirée.