Titre : Attirance T.1 : Le
baiser des sirènes (Lies beneath
#1)
Auteur : Anne Greenwood Brown (Etats-Unis)
Date de parution : 2012 aux Etats-Unis, 2013 en France
Editeur : Milan – Macadam
Nombre de pages : 317
Résumé :
Quand l’amour devient un piège mortel…
Lily pensait que son petit ami Calder était un type normal. Mais
Calder cache un terrible secret : il fait partie d’une fratrie de sirènes
meurtrières, qui puise l’énergie vitale des humains en leur ôtant la vie.
Calder et ses sœurs n’ont qu’un but : venger la mort de leur mère en tuant
le coupable. Et cet homme n’est autre que le père de Lily…
Mon avis :
Au départ, j’étais super enthousiaste (Oooh, des sirènes !). Et
au final, je suis… eh bien, beaucoup moins enthousiaste. Vraiment beaucoup
moins.
Calder est une sirène (ou plutôt, un triton, puisque c’est un homme).
Lui et ses trois sœurs, Maris, Tallulah et Pavati, n’aspirent qu’à une seule
chose, venger la mort de leur mère, des années plus tôt. Lorsque Jason Hancock,
le responsable de cette mort et par conséquent proie de la fratrie, vient s’installer
près du Lac Supérieur, repère des sirènes, elles entrevoient la possibilité d’enfin
accomplir leur vengeance. Calder est donc chargé de se rapprocher de Lily, la
fille aînée de Jason, afin de l’attirer dans leurs filets. Sauf qu’en se
rapprochant d’elle, il en tombe amoureux. Et ça, c’était pas prévu au
programme. Et ça change tout.
C’est vrai que ce livre a le mérite d’être original. Premièrement,
contrairement à 90% des YA du même genre, ça ne se passe pas dans un lycée.
Deuxièmement, le narrateur est un garçon, chose assez rare pour être soulignée.
Mais surtout, ce qui fait l’originalité de ce roman, c’est que le garçon en
question est un triton. C’est quand même pas tous les jours qu’on croise des
histoires de sirènes, et encore moins des histoires de méchantes sirènes. Oubliez les gentilles petites sirènes d’Andersen,
celles d’Attirance tiennent beaucoup plus des créatures qu’on trouve dans l’œuvre
d’Homère (je ne me souviens plus si c’est dans l’Iliade ou l’Odyssée, ou
dans les deux), puisqu’elles se nourrissent des émotions des humains en les
tuant, et qu’elles ne font pas vraiment preuve de pitié à l’égard de leurs
victimes.
Donc, compte tenu de tout ça, ce roman sort vraiment de l’ordinaire.
En apparence du moins. Parce que si on gratte un peu sous la surface, on se
rend vite compte qu’il s’agit d’une romance YA tout ce qu’il y a de plus
classique. Vu, vu, revu et corrigé. Ce qui ne veut pas pour autant dire que ce
n’est pas bien, ne me faîtes pas dire ce que je n’ai pas dit. C’est juste que
vu l’originalité du thème, je m’attendais à ce que ce soit original jusqu’au
bout. Or ça ne l’est pas.
Je dois avouer que j’ai mis vraiment longtemps à rentrer dans l’histoire.
Au départ, je pensais entrer dans le vif du sujet tout de suite, puisque dès
les premiers chapitres on sait de quoi il va en retourner. Erreur ! Ca
traine, traine, traine en longueur, il faut attendre la fin (mais quand je dis
la fin, je veux vraiment dire la fin, pas le milieu ou les deux tiers) pour que
ça commence à s’activer un peu. Mais ça vaut quand même le coup de s’accrocher,
parce que la fin est vraiment intéressante. Autant j’ai eu du mal au début,
autant j’ai dévoré les 50-100 dernières pages.
Les personnages ne m’ont que moyennement convaincue. Calder, pour un méchant
triton assoiffé de vengeance, je l’ai trouvé bien mou. Heureusement qu’il se
réveille un peu à la fin. Quant à Lily, disons qu’elle m’a fait ni chaud ni
froid. Mais il y a quand même quelque chose que j’ai apprécié chez elle :
quand Calder s’approche un peu trop d’elle et de sa famille, qu’il se met à les
épier la nuit, elle ne lui saute pas dans les bras comme une certaine Bella, au
contraire, elle le trouve creepy (je
ne sais pas comment traduire ce mot en français) et lui dit de dégager. Ca m’énerve
tellement les héroïnes de romans qui trouvent les stalkers (encore un mot intraduisible) irrésistibles !
Ce qui m’a le plus plu au niveau des personnages, c’est le sentiment d’attirance/répulsion
que nous, lecteurs, éprouvons face à la fratrie de sirènes. Elles sont
cruelles, mais exception faite de Maris qui est LA méchante de l’histoire,
elles sont quand même sympathiques par bien des côtés, et on ne peut pas s’empêcher
de les aimer, tout en réprouvant le fait qu’elles tuent des humains.
Pour finir, je dirai qu’Attirance est une romance YA classique avec un
fond d’originalité. Ce n’est rien d’extraordinaire, je m’attendais à beaucoup
mieux, mais j’ai quand même passé un bon moment. En plus, c’est très joliment
écrit, alors je pense que ça vaut le détour malgré tous les petits défauts.
