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jeudi 6 novembre 2014

L'étrange cas de Juliette M. #1 de Megan Shepherd






Titre : L’étrange cas de Juliette M. #1
Titre original : The Madman’s Daughter #1 – traduit par Marie Cambolieu
Auteur : Megan Shepherd (Etats-Unis)
Date de parution : 2013
Editeur : Macadam
Nombre de pages : 439



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Londres, 1895

Juliette Moreau n’est plus rien. Sa vie a basculé le jour où son père, le plus éminent chirurgien de Londres, a été accusé d’ignobles pratiques médicales. Est-il mort ? En fuite ? Nul ne le sait. Une chose est sûre : Juliette doit maintenant se débrouiller seule pour survivre. Et tenter de répondre à cette terrible question qui l’obsède : qui est vraiment son père ? Un fou ou un génie ?


Enfin un livre qui s’est montré à la hauteur de mes attentes ! Bon, je ne l’ai pas complètement adoré non plus puisqu’il y a quelques petites choses (une en particulier) qui m’ont un peu gênée, mais c’était tout de même une excellente lecture qui ne m’a pas déçue.

L’étrange cas de Juliette M. est l’histoire de Juliette Moreau, une jeune fille née noble dans le Londres Victorien mais qui a tout perdu lorsque son père a dû faire face à de terrible accusations concernant ses expériences scientifiques, et a disparu. Maintenant, à seulement seize ans, Juliette doit se débrouiller seule depuis que sa mère est morte, et tente de survivre au jour le jour avec un emploi de femme de ménage. Mais quand elle tombe par hasard sur Montgomery, l’ancien assistant de son père, et découvre qu’il est toujours son assistant, Juliette n’hésite pas avant de le suivre sur l’île où son père s’est retiré pour poursuivre ses travaux après le scandale. Là, elle va découvrir ce que fait vraiment son père, et ce qu’elle va trouver pourrait bien la changer à jamais.

C’est une réécriture de L’île du Docteur Moreau de H.G. Wells, que je n’ai pas (encore) lu donc je ne pourrais pas dire si c’est plus ou moins proche de l’histoire originale (d’après ce que je sais de l’œuvre de H.G. Wells, il semblerait que Megan Shepherd ait repris pas mal d’éléments, mais je peux me tromper). Mais dans tous les cas, c’était plutôt original pour un roman YA. Bien sûr on retrouve plusieurs éléments classiques du genre : la romance, la jeune fille qui doit se débrouiller seule... mais dans le sujet abordé et dans l’ambiance générale ce roman est unique en son genre.

Juliette est une protagoniste très intéressante. Féministe à une époque où les droits des femmes sont quasi inexistants, elle ne se passionne pas pour la recherche d’un mari mais plutôt pour la médecine et la science, comme son père. Tout au long du livre on ressent bien la fascination que cet homme exerce sur elle : elle l’admire, mais en même temps, elle le craint. Et ce sentiment n’en devient que plus marqué encore lorsqu’elle découvre lève le voile sur la nature de ses expériences. Comme je savais déjà ce que faisait le Docteur Moreau dans la version originale de H.G. Wells la révélation n’en a pas vraiment été une pour moi, mais j’ai quand même trouvé très intéressant de voir l’évolution de la réaction de Juliette face à ça, à quel point elle était déchirée. Parce qu’elle ne pouvait pas ne pas être horrifiée et en colère, mais en même temps, toute son admiration et son amour pour son père ne va pas s’envoler d’un seul coup. Personnellement, je n’ai pas aimé le père dès le moment où je l’ai « rencontré », mais c’est sûrement parce que je savais déjà qu’il était un dément, étant donné l’histoire originale.

J’ai choisi de lire ce livre à la période d’Halloween parce que je pensais qu’il faisait peur, ce n’est pas vraiment le cas mais ça reste une bonne lecture d’Halloween à cause de l’ambiance très sombre, un peu gothique, et de plusieurs scènes remplies de cruauté (et de sang !) qui vous feront grimacer si vous êtes un fervent militant pour les droits des animaux. Et même si vous n’êtes pas militant mais que vous aimez simplement les animaux.

Juste une petite chose m’a ennuyée : le triangle amoureux. Sérieusement, il n’y en avait pas besoin du tout. Bon, il ne représente qu’une mineure partie du roman, donc c’était supportable, j’a facilement pu passer outre ce défaut. Mais le fait est que j’aurais bien pu avoir un coup de cœur si Juliette ne se pâmait pas à tour de rôle devant Montgomery et Edward. En fait, le roman se serait très bien débrouillé sans romance du tout. Surtout que je n’étais pas particulièrement fan des deux protagonistes masculins : Edward était un personnage intéressant à cause des mystères de son passé, mais je ne l’ai pas apprécié plus que ça au final, et Montgomery manquait de personnalité à mon goût.

En bref, voilà un très bon livre que nous avons là ! J’ai vraiment beaucoup aimé l’histoire et j’ai apprécié que ce soit une réécriture d’un texte qui sort de l’ordinaire (j’adore les réécritures de contes, mais c’est très classique comme réécritures). La fin m’a vraiment surprise et j’ai hâte de découvrir la suite. Je pense aussi lire l’original de H.G. Wells, le roman m’a rendue curieuse d’en savoir plus.

Je vous le recommande si : vous aimez les ambiances un peu sombres, et vous ne craignez pas quelques scènes sanglantes.

mercredi 3 septembre 2014

Vert Emeraude de Kerstin Gier





Titre : Vert Emeraude
Titre original : Smaragdgrün / Liebe geht durch alle Zeiten – traduit par  Nelly Lemaire
Auteur : Kerstin Gier (Allemagne)
Date de parution : 2010 en Allemagne, 2012 en France
Editeur : Milan – Macadam
Nombre de pages : 419





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Gwendolyn a-t-elle jamais été une lycéenne comme les autres ?

Pour son premier vrai chagrin d’amour, en tous cas, elle aimerait bien faire comme toutes ses copines : pleurer des heures au téléphone et se gaver de chocolats. Mais pas question, les Veilleurs du temps ont besoin d’elle. Pire, c’est avec Gideon lui-même, celui qui lui a brisé le cœur, qu’elle doit repartir en plein XVIIIe siècle, affronter un drôle de comte, soi-disant immortel.

Plus question de pleurer, il faut agir !


/!\ Si vous n’avez pas lu les deux premiers tomes, je vous encourage à vous tourner plutôt vers la chronique de Rouge Rubis ou celle de Bleu Saphir pour éviter de rencontrer des méchantes bébêtes nommées spoilers /!\

Enfin la conclusion de la trilogie Rouge Rubis ! J’avais vraiment hâte de la lire, puisque les deux premiers tomes soulèvent des tas de questions, mais n’apportent de réponse à aucune. Et je n’ai pas été déçue. Pour tout vous dire, ce tome trois est même mon préféré.

Nous retrouvons une Gwendolyn désespérée depuis que Gideon, son compagnon de voyage dans le temps, dont elle a fini par tomber amoureuse, lui a avoué qu’il ne l’a jamais aimée, il a seulement joué la comédie pour gagner sa confiance. Notre héroïne a donc le cœur brisé, mais son rôle de voyageuse dans le temps ne lui laisse pas le temps de le réparer. Elle doit découvrir le véritable but de l’organisation des Veilleurs et pourquoi Lucy et Paul se sont enfuis dans le passé avec le chronographe, et vite, car le cercle de sang est près de se refermer...

Enfin, nous avons les réponses que nous attendions tant : à quoi servent les Veilleurs, qui est réellement le comte de Saint-Germain, pourquoi Lucy et Paul veulent-ils éviter à tout prix que le cercle du sang ne se referme... Tout est enfin dévoilé est le moins que l’on puisse dire, c’est que les révélations s’enchaînent. Bon, quand on y regarde bien, maintenant qu’on a une vue d’ensemble, on peut dire que finalement, c’est assez simple comme histoire, et après nous avoir fait patienter deux tomes, soit à peu près 700 pages, pour cracher le morceau, je m’attendais à quelque chose de beaucoup plus sophistiqué et complexe. Mais je ne vais pas me plaindre, parce que c’est peut-être simple, mais au moins, ça tient la route. Ecrire un roman sur le voyage dans le temps n’est pas forcément évident, on peut assez facilement faire des incohérences en oubliant de prendre en compte les répercussions des voyages et de ce qu’il s’y passe sur le présent. Là, je n’ai trouvé aucune incohérence, ou peut-être juste une petite concernant le personnage de James, mais comme il n’est en rien essentiel à l’histoire, ce n’est pas très grave. D’ailleurs, c’est peut-être juste moi qui n’ai pas tout compris comme il faut.

C’est toujours un plaisir de retrouver cet univers et ces personnages. C’est vrai qu’il n’est pas toujours évident au début de s’y retrouver dans les lignées généalogiques et de situer qui est qui et qui fait quoi chez les Veilleurs (surtout quand, comme moi, on laisse se passer six mois entre la lecture de chaque tome...), mais on s’y fait assez vite, et les personnages sont hauts en couleurs, donc même si on ne se souvient plus exactement de qui ils sont, on les apprécie quand même.
Vert Emeraude est surtout centré sur le personnage de Gwendolyn, en laissant un peu de côté les personnages secondaires, certains m’ont d’ailleurs un peu manqués. Mais j’ai beaucoup aimé Gwen dans ce tome. Elle a énormément changé depuis le tome 1 où elle s’apparentait la plupart du temps à une adolescente un peu (beaucoup) immature. Au fil de la saga, elle est devenue de plus en plus mature, jusqu’à réussir, dans ce tome 3, à découvrir par elle-même ce que signifie la fermeture du cercle du sang, et à mener ses propres initiatives, prendre ses propres décisions plutôt que de suivre ce qu’on attend d’elle. Bien sûr, son côté « gamine » ressort de temps en temps, et heureusement parce que c’est bien pour ça qu’elle est autant attachante !
Gideon quant à lui a perdu le côté arrogant, lunatique et terriblement agaçant qu’il avait dans les deux premiers tomes. Du coup, il est l’homme parfait désormais... mais je dois dire que je le préférais avant. J’aimais le détester, en fait.
Mais mes deux personnages préférés, en dehors de l’héroïne Gwendolyn, restent sans aucun doute Xemerius et Leslie. Ils apportent une telle fraicheur et une bonne dose de rire au roman, ce ne serait pas aussi bien sans eux.

Je ne peux que vous conseiller cette saga si vous vous intéressez à l’Angleterre victorienne et aux voyages dans le temps. L’histoire est très bien menée et la lecture est très agréable, la plume est légère et les personnages sont géniaux. Si vous avez envie d’une bonne lecture détente, mais pas complètement vide de sens non plus, voilà ce qu’il vous faut.

Je vous le recommande si : Comme je viens juste de le dire, si vous aimez les voyages dans le temps, l’Angleterre victorienne et que vous avez envie de vous détendre un peu, foncez ! Vous ne le regretterez pas.


La saga a été adaptée en film (Rouge Rubis est sorti en 2013, Bleu Saphir en août 2014 et Vert Emeraude est prévu pour 2015 en Allemagne). Les droits ont enfin été achetés pour la France, Rouge Rubis sortira en DVD le 24 septembre prochain. Pour avoir vu la version anglaise du film, je ne vous le conseille pas forcément puisqu'il n'est pas franchement fidèle, mais on y retrouve quand même bien l'ambiance des romans. 

Le trailer (en allemand sous-titré, je ne supporte pas la VF, désolée) : 


vendredi 27 juin 2014

Independent Study (The Testing #2) de Joelle Charbonneau







Titre : Independent Study (The Testing #2)
Auteur : Joelle Charbonneau (Etats-Unis)
Date de parution : 2014
Editeur : Templar
Nombre de pages : 382






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For the attention of candidate Malencia Vale.

CONGRATULATIONS.
YOU HAVE PASSED THE TESTING.

You have won a place at our prestigious university.

After six months of preliminary classes, you will sit an examination. The results will be used to assign you to an area of study appropriate to your talents.

The United Commonwealth urges you to consider your answers carefully during this examination.

Wrong answers will be penalized.

A l’attention de la candidate Malencia Vale.

FELICITATIONS.
VOUS AVEZ REUSSI LE TESTING.

Vous avez gagné votre place à notre prestigieuse université.

Après six mois de cours préliminaires, vous passerez un examen. Les résultats seront utilisés pour vous assigner un domaine d’étude adapté à vos talents.

Le Commonwealth Uni vous invite à porter la plus grande attention à vos réponses pendant cet examen.

Les réponses fausses seront pénalisées.


/!\ ATTENTION ! Présence de spoilers du tome 1 dans cette chronique. Vous la lisez à vos risques et périls. Je décline toute responsabilité en cas de spoliation accidentelle. /!\

“History says that progress often requires sacrifice, but what kind of progress can we claim when it’s built on the lives of the citizens it is supposed to help?” *

Vous connaissez le fameux syndrome du tome 2 ? Celui qui touche beaucoup de sagas et qui se caractérise par un tome 2 un peu mou, beaucoup moins bon que les autres tomes ? Eh bien, sachez que The Testing a été épargnée par ce syndrome. J’ai eu un coup de cœur pour ce second volet, ce qui n’avait pas été le cas avec le premier.

Malencia Vale a réussi le Testing. Ses souvenirs de l’épreuve ont été effacés, et elle étudie désormais à l’université, comme elle en avait tant rêvé quand elle était enfant. Mais les choses sont loin d’être idylliques. Cia commence à faire le même genre de cauchemars que son père : du sang, des morts... Puis elle retrouve les paroles qu’elle avait enregistrées juste avant de subir l’effacement de sa mémoire, et voilà qui confirme son intuition : ces cauchemars ne sont pas de simples mauvais rêves. Ce sont des souvenirs. Des souvenirs du Testing. C’est donc avec méfiance et inquiétude qu’elle démarre ses études. Et elle fait bien de se méfier, car le mot d’ordre de l’université est le même que celui du Testing : réussir... ou mourir.

Ce qui m’avait le plus gênée dans le premier tome, c’était la ressemblance parfois beaucoup trop grande avec Hunger Games (sérieusement, vous n’avez pas trouvé que l’étape 4 du Testing – quand les candidats doivent rentrer par leurs propres moyens à Tosu City – présentait des ressemblances beaucoup trop grosses pour êtres purement fortuites avec l’arène des Jeux ?) Heureusement, avec Independent Study la saga se détache beaucoup plus de celle de Suzanne Collins. Bon, je mentirais en disant qu’il s’agit d’une dystopie super originale, je pense que Joelle Charbonneau s’est clairement inspirée des deux dystopies qui cartonnent en ce moment – Hunger Games et Divergent, mais en y ajoutant quand même sa touche personnelle. Et le résultat est vraiment bon, avouons-le.

Ce qui détache The Testing des dystopies « modèles », c’est le côté politique de l’histoire. Evidemment toutes les dystopies ont un côté politique puisqu’il s’agit de renverser un gouvernement totalitaire mais j’ai vraiment trouvé celui-là différent dans le sens où il ressemble quand même beaucoup aux formes de gouvernement que l’on connaît, et c’est un gouvernement totalitaire qui cache bien son jeu. De plus, l’action se déroule dans une université, ce qui est assez original dans le cas de dystopies, et la séparation gouvernement/rebelles est beaucoup moins nette ce qui rend un certain nombre de personnages ambigus. Comme dans le tome 1, on ne peut faire confiance à personne, même à ceux qui ont l’air inoffensifs.

J’aime de plus en plus le personnage de Cia. C’est vrai qu’elle peut agacer dans le sens où elle est extrêmement intelligente, réussit tout avec brio, ne tombe jamais dans les pièges. Mais je me suis quand même attachée à elle, parce qu’elle a beau avoir un QI de 12245725785, elle n’en reste pas moins vulnérable : elle doute, elle a peur pour elle et pour ceux qu’elle aime. Elle ne se sent pas l’envergure d’un leader même si elle en a sans aucun doute les capacités. Cia est sans aucun doute une excellente héroïne de dystopie, vive et intelligente, pas le moins du monde naïve mais qui reste tout de même humaine grâce à ses moments de faiblesse.

Independent Study, comme beaucoup de tomes 2, est plus ou moins un tome de transition. Le début reste assez lent, puisqu’il faut laisser le temps à Cia de retrouver quelques bribes de souvenirs du Testing, et de mettre en doute l’ensemble du système. Ce n’en est pas ennuyeux pour autant et tout s’accélère ensuite vers la fin (j’étais littéralement accrochée à mon livre dans les derniers chapitres). Vous voyez ces livres qui se terminent sur une révélation qui vous fait dire : « Oh mon Dieu, comment j’ai pu rater ça, il faut que je relise tout depuis le début !! » Eh bien, c’est ce qu’il se passe dans Independent Study. Cette fin m’a donnée envie de relire The Testing et annonce un troisième tome, Graduation Day, très prometteur.

Pour conclure, je trouve que ce tome deux lance véritablement la saga, qui se détache des dystopies qui lui ont clairement servi de modèles. Je ne peux que conseiller The Testing aux fans de Hunger Games et de Divergent, je pense qu’il s’agit d’un très bon mélange entre les atmosphères de ces deux trilogies.

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* « L’histoire dit que le progrès nécessite souvent des sacrifices, mais de quel genre de progrès peut-on se vanter quand il est construit sur les vies des citoyens qu’il est supposé aider ? »

Le tome 1 est sortie en France le 14 mai 2014 aux éditions Macadam sous le titre l'Elite. On peut donc supposer que le tome 2 sortira également en France aux éditions Macadam. Reste à savoir quand (et si il va bien être publié, parce que ce ne serait pas la première fois qu'une maison d'édition française arrêterait la publication d'une saga en plein milieu)

mercredi 11 juin 2014

Boys don't cry de Malorie Blackman






Titre : Boys don’t cry
Titre original : Boys don’t cry – traduit par Amélie Sarn
Auteur : Malorie Blackman (Royaume-Uni)
Date de parution : 2010 au Royaume-Uni, 2011 en France
Editeur : Milan – Macadam
Nombre de pages : 287






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J’ai fixé Mélanie.
Elle n’avait pas 19 ans. Comment avait-elle pu être assez stupide pour tomber enceinte ? Elle n’avait jamais entendu parler de la pilule ?
 – Dante, tu m’écoutes ?
 – Hein ?
J’essayais encore d’intégrer que Mélanie était mère quand elle a pris une grande inspiration, puis une autre.
 – Dante, c’est toi le père. Emma est ta fille.

Dante attend les résultats de ses examens. Le courrier qui lui ouvrira les portes de l’université. De sa future vie. Celle dont il a toujours rêvé.
Mais quand on sonne enfin à la porte, ce n’est pas le facteur, c’est Mélanie. Son ex-copine, dont il n’a plus entendu parler depuis des mois. Avec un bébé. Le sien.
Le leur.
Être père à 17 ans ? Il y a de quoi pleurer. Mais les garçons ne pleurent jamais...


« Quand j’avais acheté mon téléphone, on m’avait fourni une notice.
Quand papa avait acheté l’ordinateur familial, on lui avait fourni un mode d’emploi.
Quand Mélanie m’avait mis Emma sur les bras, je n’avais eu ni manuel, ni explications, ni mise à niveau. Rien. »

Dante, dix-sept ans, a déjà des plans bien précis en tête en ce qui concerne son avenir : réussir brillamment ses examens, aller à l’université puis devenir journaliste. Sauf que le jour où ses résultats d’examens sont censés, arriver, ce n’est pas le facteur qui sonne à la porte, mais Mélanie, son ex-petite amie, qui lui apporte... Emma, leur fille. Et la lui laisse sur les bras, parce qu’elle en a assez et veut passer le relais. Dante va donc être obligé de revoir ses plans d’avenir en fonction de ce bébé qu’il n’a jamais demandé, mais auquel, petit à petit, il va réussir à s’attacher...

J’ai commencé ce livre avec quelques appréhensions puisque le contemporain Young Adult, ce n’est pas forcément un genre qui me convient – je suis souvent déçue par ces livres là. Mais je suis finalement très contente d’avoir donné sa chance à Boys don’t cry, parce qu’il ne m’a pas déçue du tout ! Bien au contraire.

Mes appréhensions reposaient aussi en grande partie sur le fait que ce roman traite de la parenté  chez les adolescents, autrement dit un thème vu, revu et corrigé dans la littérature YA. Mais Malorie Blackman a réussi à innover avec ce thème pourtant rebattu, en inversant les rôles traditionnels : là, ce n’est pas le père qui fuit à toutes jambes quand on lui annonce qu’il va avoir un enfant, mais la mère qui laisse le bébé sur les bras du père avant de s’enfuir sans demander son reste. Et ça, ça apporte un peu de sang neuf, et c’est bien.

L’histoire ne regorge pas de rebondissements – on suit simplement les premiers pas de Dante en tant que papa. Mais on ne s’ennuie pas pour autant ! J’ai beaucoup aimé voir l’évolution de la relation entre Dante et sa fille, qui passe de « comment je vais bien pouvoir me débarrasser de ce bébé ? » à « rien ni personne ne pourra m’enlever ma fille ». On voit également tous les obstacles auxquels se heurtent le jeune père – notamment le regard des autres, que ce soit ses proches, les gens dans la rue ou même les professionnels de l’enfance. Il est victime de tous les préjugés sur les parents adolescents, et peut-être même de manière plus forte encore parce qu’il est un garçon.

« J’ai regardé Emma, son visage chiffonné et rouge, ses yeux plissés par le désespoir. Adam avait raison. Elle était... très belle.
Magnifique même. »

Il est extrêmement facile de s’attacher aux personnages. Dante évolue énormément au cours du roman, passant de l’ado insouciant et un peu immature, au père responsable. Adam, son petit frère, qui est narrateur de quelques chapitres et a également une intrigue secondaire le concernant, m’a plu pour sa joie de vivre et son sens de la répartie. Et leur père est aussi un personnage touchant, on sent qu’il aime énormément ses fils, même s’il a du mal à le leur dire et le leur montrer. Je pense que Dante qui se retrouve père du jour au lendemain a un bel exemple de paternité avec son propre père.
Et puis, évidemment, j’ai été attendrie par Emma, qui apporte une bonne dose de sourire et de légèreté. Mais un bébé, c’est toujours mignon de toute façon, non ?

Boys don’t cry est une belle histoire familiale portée par la très jolie plume de Malorie Blackman. Elle est fluide, avec une pointe d’humour pour dédramatiser les situations, tout en restant sérieuse quand il le faut et en véhiculant également beaucoup d’émotion. Avec un tel sujet, il aurait été très facile de tomber dans le pathos ou à Bisounours-land, mais l’auteure a su éviter cet écueil.

La fin est très ouverte, et... d’un côté ça m’a plu, parce que le roman se termine sur un très beau moment, plein d’espoir, et délivre un joli message. Mais d’un autre côté, il reste pas mal de choses que j’aurais voulu savoir. La grosse question qui reste en suspens est : quid de Mélanie ? On n’en entend plus parler après qu’elle ait abandonné Emma à Dante. J’aurais aimé savoir ce qu’elle était devenue pendant les mois passés sans sa fille, et savoir si elle allait un jour chercher à la récupérer.

Pour conclure, Boys don’t cry a été pour moi une très bonne surprise. Il m’a certes fallu un petit moment pour vraiment entrer dans l’histoire, mais une fois que j’y suis parvenue, je n’en suis plus ressortie ! Un excellent moment de lecture.

Je vous le recommande si : je ne sais pas trop à qui le recommander, je ne pensais pas faire partie de ceux qui ont beaucoup aimé ce roman, et pourtant, si ! Je pense qu’il n’y a pas de restriction, il peut plaire aux filles comme aux garçons, aux plus jeunes comme aux plus âgés.


« J’ai récemment découvert quelque chose, ai-je reparti sans chercher à arrêter les larmes qui roulaient sur mes joues. Les garçons ne pleurent pas, mais les hommes oui. »




Si comme moi vous vous demandez ce qu'il est advenu de Mélanie, sachez qu'il y a une suite, Heart Break Girl, parue en mars 2014 aux éditions Doubleday (en VO), qui raconte justement le retour de Mélanie, qui veut récupérer Emma... 

Je sais pas si je la lirai  (vu que j'ai lu Boys don't cry en VF, je vais peut-être attendre Heart Break Girl en VF aussi), mais pourquoi pas, ça peut être intéressant.

vendredi 28 février 2014

Bleu Saphir de Kerstin Gier

Titre : Bleu Saphir (Saphirblau/Liebe geht durch alle Zeiten)
Auteur : Kerstin Gier (Allemagne)
Date de parution : 2010 en Allemagne, 2011 en France
Editeur : Milan – Macadam
Nombre de pages : 328



Résumé :
Longtemps Gwendolyn pensa être une lycéenne comme les autres. Bon, d’accord, elle voyait des fantômes dans les couloirs de son lycée ; mais d’abord elle n’en voyait qu’un, et puis personne n’est parfait.
Pour le reste, rien à dire.

Jusqu’au jour où Gwendolyn comprit : elle n’était pas une lycéenne comme les autres. Marquée par le sceau des Veilleurs du temps, elle doit désormais voyager à travers les âges, fermer un Cercle auquel elle ne comprend rien, partir dans le passé, et affronter un comte du XVIIIe siècle, soi-disant immortel. Et puis quoi encore ?

Tout ce qu’elle voudrait, elle, c’est que son beau Gideon l’embrasse pour de bon. Est-ce vraiment trop demander ?

Mon avis :
/!\ ATTENTION. Bleu Saphir est la suite de Rouge Rubis, par conséquent, cette chronique peut en contenir des spoilers. Vous êtes prévenus. A vos risques et périls /!\

Si jamais vous avez besoin d’une lecture pour vous détendre et vous apporter une bonne dose de rire, ladies and gentlemen, j’ai ce qu’il vous faut : la saga de Kerstin Gier est parfaitement adaptée à votre cas ! J’ai tout simplement dévoré ce second tome, tant l’écriture légère est addictive.

Gwendolyn vient d’apprendre que c’était elle, et non sa cousine Charlotte, qui possédait le gène du voyage dans le temps, et sans plus attendre, elle commence sa mission chez les Veilleurs, à savoir collecter le sang de ses prédécesseurs afin de refermer le mystérieux Cercle des douze. Le tout en se méfiant de ceux qui voudraient se mettre en travers de ce projet, et en essayant de savoir si oui ou non, Gideon est bien amoureux d’elle. Tout un programme.

Bleu Saphir reprend juste là où Rouge Rubis s’était arrêté. En fait, les évènements des deux tomes se déroulent en l’espace d’une semaine seulement, si je ne me trompe pas (ou du moins si ce n’est pas une semaine précisément, c’est en tous cas un laps de temps très court). Bon, moi, ça fait beaucoup plus d’une semaine que j’ai lu le tome 1, du coup il m’a fallu un certain temps pour entrer dans l’histoire et resituer tous les personnages. Mais une fois la mise en place effectuée, je l’ai tout simplement dévoré. Entre répliques hilarantes et scènes à suspense, on engloutit les pages sans même s’en rendre compte.

Et c’est avec plaisir que nous retrouvons nos deux protagonistes, Gwendolyn et Gideon. Je trouve que Gwendolyn a quelque peu mûri depuis le premier tome, et elle n’est certainement pas aussi cruche qu’aiment à le penser la plupart des Veilleurs, à commencer par sa cousine Charlotte, une miss Parfaite à qui j’aurais volontiers donné une ou deux baffes (voire plus). Elle devient plus audacieuse et volontaire. On ne lui dit rien sur sa mission chez les Veilleurs, alors elle va chercher l’information par elle-même (avec l’aide de son amie Leslie et de Xemerius, un nouveau personnage tout simplement adorable), et il faut reconnaître qu’elle se débrouille plutôt bien. Cependant, son côté immature ne s’est pas totalement estompé et par moment il est vrais qu’elle est totalement irréfléchie et même un peu cruche. Mais c’est pour ça qu’elle nous fait rire et qu’on l’aime bien !

Gideon quant à lui est très lunatique et difficile à cerner dans ce second volet. Il peut se montrer attentionné et romantique envers Gwendolyn, et la seconde d’après, se transformer en un bloc de glace arrogant et détestable. Certaines lectrices adorent ce personnage, moi j’adore… le détester !

Même si ça reste une lecture très légère et drôle, l’ambiance s’est assombrie depuis Rouge Rubis. On sent le danger beaucoup plus présent, notamment à chaque voyage dans le temps de nos protagonistes, où des opposants à leur mission peuvent apparaître à tout moment.
Toutefois, on ne peut pas dire que l’intrigue ait beaucoup progressé. On a quelques débuts de réponses sur pourquoi Lucy et Paul ont volé le chronographe et veulent empêcher le Cercle des Douze de se refermer, mais globalement, on a toujours beaucoup plus de questions que de réponses. En fait, on en sait à peu près autant que Gwendolyn sur l’univers dans lequel elle vient d’atterrir, c’es à dire : quasiment rien. Bleu Saphir est beaucoup plus tourné vers la romance avec les tergiversations de Gwendolyn pour essayer de percer à jour les sentiments de Gideon à son égard.

Si on y réfléchit bien, Kerstin Gier a un sacré talent : celui d’écrire environ 700 pages durant lesquelles l’intrigue n’avance pas d’un pouce sans ennuyer ses lecteurs (bien au contraire). Tout le monde ne peut pas se vanter de la même chose.

En conclusion, j’ai passé un excellent moment avec ce tome 2, et j’ai hâte de lire l’ultime tome de la saga, Vert Emeraude, dans lequel j’espère trouver une pluie de révélations ! En tous cas, Bleu Saphir se termine sur un cliffhanger assez prometteur.

jeudi 23 janvier 2014

Syrli #1 de Meagan Spooner

Titre : Syrli #1
Auteur : Meagan Spooner (Etats-Unis)
Date de parution : 2012 aux Etats-Unis, 2013 en France
Editeur : Milan – Macadam
Nombre de pages : 403



Résumé :
Dans un monde normal, Syrli pourrait être une jeune fille comme les autres. Aller au lycée. Tomber amoureuse. Se disputer avec ses parents…
Mais Syrli ne vit pas dans ce monde là. Son monde est en lambeaux, l’humanité ne tient qu’à un fil. Une seule ville à réchappé de la destruction, protégée du chaos extérieur par une barrière d’énergie. Pour fonctionner, elle est alimentée par l’énergie vitale dégagée par certains adolescents aux pouvoirs particuliers : les Renouvelables.
Syrli serait des leurs, mais refuse d’être réduite à une simple batterie humaine. Une seule issue : la fuite.

La traque peut commencer…

Mon avis :
« Va au Sud. De l’autre côté de la rivière. Suis les oiseaux. » 

Je n’avais jamais entendu parler de ce livre avant d’y tomber dessus par hasard à la bibliothèque. J’ai vu la couverture : « Oh, qu’elle est belle ! » J’ai lu le résumé : « Oh, il a l’air vraiment intéressant ! » J’ai été fouiller Goodreads et j’ai vu plein de super chroniques : « Oh, je dois le lire tout de suite ! »
Donc je l’ai lu tout de suite. Et je suis tombée de haut. Vraiment. Pour tout vous dire, j’ai bien failli abandonner au moins cinq fois (mais j’ai tenu bon *fière*)

Nous suivons Syrli (qui normalement s’appelle Lark en VO, allez savoir pourquoi ils ont changé son nom…), qui vit dans une ville protégée du reste du monde par un dôme, et qui fonctionne grâce à l’énergie magique que l’on récupère chez les enfants lors de la « collecte ». Cette collecte a généralement lieu avant l’adolescence, mais à 16 ans, Syrli n’a toujours pas été collectée. Lorsque son tour arrive enfin, elle découvre qu’elle n’est pas exactement une adolescente normale : c’est une Renouvelable, c’est-à-dire qu’elle possède plus de magie que les autres, et qu’on va donc se servir d’elle comme source d’énergie principale de la ville. Se refusant au sort qui lui est destiné, Syrli s’enfuit en direction du Bois de Fer, où vivent, cachés, d’autre gens comme elle.

Avant de comprendre ce que je viens de vous résumer, il m’a fallu plusieurs chapitres. Meagan Spooner a fait le choix de commencer son roman en plein dans le vif de l’action. C’aurait pu être un choix judicieux, pour accrocher le lecteur dès les premières pages, si elle n’avait pas oublié qu’elle était en train d’écrire le premier tome de sa trilogie, et que dans un premier tome, on a quand même besoin de poser un minimum le contexte avant d’entamer une séquence à 4000 à l’heure. Elle commence tout de suite à nous parler de ressource, de collecte, de renouvelables, comme si on avait connu ça toute notre vie. Chère Meagan, je vais peut-être t’apprendre quelque chose, mais les lecteurs ne sont pas dans ta tête. Si tu ne leur explique pas ton univers, ils ne le comprennent pas. (On est peut-être intelligents, mais pas au point de lire dans les pensées des auteurs. Pas encore du moins)
Outre le fait qu’il m’a fallu un bon nombre de chapitres pour comprendre de quoi il en retournait, j’ai trouvé globalement que l’univers manquait cruellement de développement. Il y a eu « des guerres » qui ont eu pour conséquence que de monde est ce qu’il est actuellement dans le livre, mais on n’en sait pas plus (pourquoi, quand, comment…) J’ai comme l’impression que l’auteure elle-même ne le sait pas et qu’elle se repose sur cette explication pour tout, sans creuser plus loin. Il y a eu des guerres, point. C’est un peu léger, je trouve, surtout que la construction de l’univers est quand même l’un des points les plus importants dans une dystopie (enfin, à mon avis).

L’héroïne, Syrli, ne m’a fait absolument aucun effet. Je trouve qu’elle aussi manque de consistance, tout comme l’univers. Je ne sais pas du tout comment la décrire. Je ne saurais même pas dire si elle a vraiment évolué entre le début et la fin. Elle n’a pas vraiment de personnalité ni d’histoire derrière elle. Vous allez me dire, elle n’a que 16 ans, elle est encore très jeune, mais quand même. Prenez d’autres héroïnes de dystopie (Katniss ou Tris, pour ne citer que les plus connues), elles ont une vraie personnalité et une vraie histoire. On se souvient d’elles, elles ne laissent pas indifférent. Syrli en revanche… elle est complètement lisse. Je suis sûre que dans quelques mois, je l’aurais déjà oubliée.
Une grande partie du roman raconte la fuite en solitaire de notre héroïne, très peu d’autres personnages interviennent. Et elle n’a absolument pas assez d’envergure pour soutenir un tel récit. Du coup, on s’ennuie un peu.

Tant qu’on est dans les personnages : est-ce qu’il est censé y avoir un triangle amoureux Kris-Syrli-Oren ? C’est une vraie question, j’aimerais vraiment savoir. Parce que j’ai eu l’impression que oui, mais que c’est tellement raté qu’en fait… y’en a pas. Vous voyez ce que je veux dire ?

Quant à la fin… elle ne m’a pas convaincue. Je ne sais pas trop comment expliquer ça, mais j’ai eu comme l’impression qu’on revenait au point de départ. En fait, tout le livre est un peu comme ça : Syrli est quelque part à rebondissement à elle fuit à elle se retrouve quelque part à rebondissement à elle fuit etc. etc. Ca tourne en rond, en fait. Et durant les 400 pages de ce premier tome, je n’ai pas l’impression que l’intrigue ait beaucoup avancé.

En bref, ce fut une lecture très laborieuse, mais j’en suis venue à bout ! Mais comptez pas sur moi pour le second tome, par contre…
Mais je ne vais pas vous dire de prendre vos jambes à votre cou pour autant. Si le livre vous tente (et que je ne vous ai pas découragés !), alors allez-y. Les chroniques négatives comme la mienne sont plutôt rares, donc qui sait, peut-être que vous adorerez… 

dimanche 19 janvier 2014

The Testing #1 by Joelle Charbonneau

Titre : The Testing #1
Auteur : Joelle Charbonneau (Etats-Unis)
Date de parution : 2013
Editeur : Templar
Nombre de pages : 384



Résumé :
Do you possess a winning combination of theoretical knowledge, practical skills and raw intelligence?
Do you have what it takes to lead others?
Are you willing to crush those who stand in your way?

Every year, the United Commonwealth invites top graduates from each colony to participate in The Testing. Successful candidates will go on to the university and help the government rebuild our war-stricken world.
This process is not optional.

Disclaimer: The United Commonwealth is not responsible for candidates’ psychological or physical health during The Testing.

Possédez-vous la combinaison gagnante de connaissances théoriques, compétences pratiques et intelligence acérée ?
Avez-vous ce qu’il faut pour diriger les autres ?
Etes-vous prêts à écraser ceux qui se dressent en travers de votre chemin ?

Chaque année, le Commonwealth Uni invite les meilleurs diplômés de chaque colonie à participer à l’Examen. Les candidats admis iront à l’université et aideront le gouvernement à reconstruire notre monde détruit par la guerre.
Ce processus n’est pas optionnel.

Avertissement : Le Commonwealth Uni n’est pas responsable de la santé mentale ou physique des candidats pendant l’Examen.

Mon avis :
“The closer we come to the end of the test, the closer we are to becomming the next leaders of our generation. Many of my fellow candidates had demonstrated their belief that the end justifies the means. I have a hard time understanding that, but one thing is certain. The past cannot be changed.”*

Je commence d’abord par vous montrer le book trailer, parce que c’est lui qui m’a donné follement envie de lire The Testing :

Est-ce qu’il n’a pas l’air ultra awesome ?

Tous les ans, le Commonwealth Uni (descendant des Etats-Unis actuels qui ont été détruits par une guerre mondiale) organise The Testing (que je traduirai dans cette chronique par « l’Examen ») afin de recruter les futurs leaders du pays. Lorsque Cia est choisie pour y participer, c’est le rêve de sa vie qui se réalise. Mais à la veille de son départ, son père, qui a été choisi et a réussi l’Examen des années plus tôt, la met en garde : il n’a aucun souvenir de son propre Examen étant donné que la mémoire des candidats est effacée une fois les épreuves terminées, mais depuis qu’il est revenu, des cauchemars hantent ses nuits, le laissant penser que l’Examen n’est pas un simple contrôle de connaissance, mais une épreuve beaucoup plus dangereuse.
Alors que Cia s’engage dans les épreuves de l’Examen, elle réalise que les cauchemars de son père ne sont pas de simples rêves, mais des souvenirs... et que l’Examen est en réalité une véritable épreuve de survie.

The Testing est un roman dans lequel on se glisse tout doucement. Au départ, le rythme est plutôt lent (même si on ne s’ennuie pas pour autant, attention !) C’est petit à petit qu’il se transforme en un véritable page-turner, à mesure que de petits évènements s’accumulent et transforment ce qui semblait être un banal examen d’entrée à l’université en dangereuse épreuve de survie où tous les coups sont permis, et laissent place à une deuxième moitié riche en action et en suspense.
J’ai vraiment beaucoup apprécié cette ambiance, avec la tension qui monte graduellement, et le côté « on ne peut faire confiance à personne ».  

“I know this room.
White walls.
White floors.
Black desks.
This is the Testing room from my father’s nightmares.” **

J’ai beaucoup aimé Cia, l’héroïne. Je me suis sentie proche d’elle, dès le début, même si elle ne me ressemble pas forcément dans tous les aspects de sa personnalité. Mais j’ai pu comprendre toutes ses décisions, ses doutes et ses peurs. Elle n’est certes pas parfaite, elle fait des erreurs, cependant elle n’a pas le défaut de beaucoup d’héroïnes : elle n’est pas impulsive, au contraire, elle est très posée et réfléchie. J’ai aussi beaucoup apprécié le fait qu’elle reste fidèle à ses valeurs et qu’elle ne cherche à aucun moment à écraser les autres, même dans des situations où on serait tenté d’appliquer la règle du « chacun pour soi ».

Quant aux personnages secondaires, je n’ose pas vous parler d’eux en détail de peur de vous spoiler, donc je vous dirais la même chose que son père a dit à Cia avant son départ pour l’Examen : ne faites confiance à personne.

J’aurais pu avoir un coup de cœur pour ce livre, mais ce ne fut pas le cas. Pourquoi ? Principalement pour une raison : certains passages m’ont vraiment trop fait penser à Hunger Games. Je sais que la comparaison est inévitable quand il s’agit de dystopie (citez-moi une seule dystopie qui n’a pas été comparée à l’œuvre de Suzanne Collins). Je n’aime pas ce genre de comparaison et je n’en fais jamais d’habitude, mais là, je suis obligée. Je vous explique (surlignez pour voir les spoilers) :
La similitude la plus flagrante est sans doute la quatrième étape de l’Examen qui ressemble à s’y méprendre à l’arène des Jeux. Mais ce n’est pas la seule. Si on y regarde bien, le Commonwealth Uni est organisé un peu de la même manière que Panem : Tosu City = le Capitole et les colonies = les districts. Et si on veut vraiment pousser la comparaison plus loin, on peut aussi rapprocher l’homme aux cheveux gris (dont l’identité n’est pas déclinée mais qui de toute évidence est un organisateur de l’Examen) de Plutarch Heavensbee, et je vois bien Cia prendre le rôle du geai moqueur pour faire tomber le système en place par la suite puisqu’elle est la seule à se souvenir des horreurs de l’Examen grâce à son enregistrement. Je sais que je pousse un peu loin la comparaison, là. Mais avouez que sur les premiers points, elle est inévitable.

Une deuxième petite chose qui m’a (très légèrement) gênée, c’est le principe de l’Examen : une centaine de candidats parmi les meilleurs diplômés sont sélectionnés pour y participer, mais seulement vingt sont admis à l’université. Les autres sont éliminés, c’est-à-dire, morts. Ce qui sacrifie plus de 75% de la jeunesse la plus prometteuse du Commonwealth Uni. Dans un pays qui a besoin de se reconstruire, je ne pense pas qu’un tel « gaspillage » soit un choix très pertinent.
Cependant, j’ai quand même trouvé l’idée de base très bonne, et originale – malgré la ressemblance de certaines parties avec Hunger Games, comme je l’explique plus haut.

Pour conclure, porté par une très bonne idée de base et une héroïne géniale, The Testing est une excellente lecture, que je recommande à tous les fans de dystopie. Et j’ai hâte de voir ce que la suite nous réserve !

“The Testing is no longer filled with excitement for the opportunity to help the Commonwealth rebuild. The Testing is now about staying alive” ***

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* « Plus nous nous rapprochons de la fin de cet examen, plus nous sommes proches de devenir les prochains leaders de notre génération. Beaucoup de candidats ont démontré leur croyance que la fin justifie les moyens. J’ai du mal à le comprendre, mais une chose est certaine. Le passé ne peut être changé. »

** « Je connais cette pièce.
Des murs blancs.
Un sol blanc.
Des bureaux noirs.
C’est la salle d’examen des cauchemars de mon père. »

*** « L’Examen n’est plus rempli d’excitation à la perspective d’aider le Commonwealth à se reconstruire. Le but de l’Examen, maintenant, c’est de rester en vie. »

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Edition française : sera publié chez Macadam le 14 mai 2014 sous le titre : L'Elite T.1 : Résilience

jeudi 19 septembre 2013

Attirance T.1 : Le baiser des sirènes d'Anne Greenwood Brown

Titre : Attirance T.1 : Le baiser des sirènes (Lies beneath #1)
Auteur : Anne Greenwood Brown (Etats-Unis)
Date de parution : 2012 aux Etats-Unis, 2013 en France
Editeur : Milan – Macadam
Nombre de pages : 317



Résumé :
Quand l’amour devient un piège mortel…

Lily pensait que son petit ami Calder était un type normal. Mais Calder cache un terrible secret : il fait partie d’une fratrie de sirènes meurtrières, qui puise l’énergie vitale des humains en leur ôtant la vie. Calder et ses sœurs n’ont qu’un but : venger la mort de leur mère en tuant le coupable. Et cet homme n’est autre que le père de Lily…

Mon avis :
Au départ, j’étais super enthousiaste (Oooh, des sirènes !). Et au final, je suis… eh bien, beaucoup moins enthousiaste. Vraiment beaucoup moins.
  
Calder est une sirène (ou plutôt, un triton, puisque c’est un homme). Lui et ses trois sœurs, Maris, Tallulah et Pavati, n’aspirent qu’à une seule chose, venger la mort de leur mère, des années plus tôt. Lorsque Jason Hancock, le responsable de cette mort et par conséquent proie de la fratrie, vient s’installer près du Lac Supérieur, repère des sirènes, elles entrevoient la possibilité d’enfin accomplir leur vengeance. Calder est donc chargé de se rapprocher de Lily, la fille aînée de Jason, afin de l’attirer dans leurs filets. Sauf qu’en se rapprochant d’elle, il en tombe amoureux. Et ça, c’était pas prévu au programme. Et ça change tout.

C’est vrai que ce livre a le mérite d’être original. Premièrement, contrairement à 90% des YA du même genre, ça ne se passe pas dans un lycée. Deuxièmement, le narrateur est un garçon, chose assez rare pour être soulignée. Mais surtout, ce qui fait l’originalité de ce roman, c’est que le garçon en question est un triton. C’est quand même pas tous les jours qu’on croise des histoires de sirènes, et encore moins des histoires de méchantes sirènes. Oubliez les gentilles petites sirènes d’Andersen, celles d’Attirance tiennent beaucoup plus des créatures qu’on trouve dans l’œuvre d’Homère (je ne me souviens plus si c’est dans l’Iliade ou l’Odyssée, ou dans les deux), puisqu’elles se nourrissent des émotions des humains en les tuant, et qu’elles ne font pas vraiment preuve de pitié à l’égard de leurs victimes.
Donc, compte tenu de tout ça, ce roman sort vraiment de l’ordinaire. En apparence du moins. Parce que si on gratte un peu sous la surface, on se rend vite compte qu’il s’agit d’une romance YA tout ce qu’il y a de plus classique. Vu, vu, revu et corrigé. Ce qui ne veut pas pour autant dire que ce n’est pas bien, ne me faîtes pas dire ce que je n’ai pas dit. C’est juste que vu l’originalité du thème, je m’attendais à ce que ce soit original jusqu’au bout. Or ça ne l’est pas.

Je dois avouer que j’ai mis vraiment longtemps à rentrer dans l’histoire. Au départ, je pensais entrer dans le vif du sujet tout de suite, puisque dès les premiers chapitres on sait de quoi il va en retourner. Erreur ! Ca traine, traine, traine en longueur, il faut attendre la fin (mais quand je dis la fin, je veux vraiment dire la fin, pas le milieu ou les deux tiers) pour que ça commence à s’activer un peu. Mais ça vaut quand même le coup de s’accrocher, parce que la fin est vraiment intéressante. Autant j’ai eu du mal au début, autant j’ai dévoré les 50-100 dernières pages.

Les personnages ne m’ont que moyennement convaincue. Calder, pour un méchant triton assoiffé de vengeance, je l’ai trouvé bien mou. Heureusement qu’il se réveille un peu à la fin. Quant à Lily, disons qu’elle m’a fait ni chaud ni froid. Mais il y a quand même quelque chose que j’ai apprécié chez elle : quand Calder s’approche un peu trop d’elle et de sa famille, qu’il se met à les épier la nuit, elle ne lui saute pas dans les bras comme une certaine Bella, au contraire, elle le trouve creepy (je ne sais pas comment traduire ce mot en français) et lui dit de dégager. Ca m’énerve tellement les héroïnes de romans qui trouvent les stalkers (encore un mot intraduisible) irrésistibles !
Ce qui m’a le plus plu au niveau des personnages, c’est le sentiment d’attirance/répulsion que nous, lecteurs, éprouvons face à la fratrie de sirènes. Elles sont cruelles, mais exception faite de Maris qui est LA méchante de l’histoire, elles sont quand même sympathiques par bien des côtés, et on ne peut pas s’empêcher de les aimer, tout en réprouvant le fait qu’elles tuent des humains.

Pour finir, je dirai qu’Attirance est une romance YA classique avec un fond d’originalité. Ce n’est rien d’extraordinaire, je m’attendais à beaucoup mieux, mais j’ai quand même passé un bon moment. En plus, c’est très joliment écrit, alors je pense que ça vaut le détour malgré tous les petits défauts.