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dimanche 10 mai 2015

La sorcière de Prince Island de Kendall Kulper


Titre : La sorcière de Prince Island
Titre original : Salt & Storm - traduit par Lucas Messmer
Auteur : Kendall Kulper (Etats-Unis)
Date de parution : avril 2015
Editeur : Hachette Black Moon
Nombre de pages : 400

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Avery Roe n’a qu’un seul désir : devenir, après sa grand-mère qui l’a élevée, la prochaine Sorcière de Prince Island, dont le rôle est de protéger les marins. Mais sa mère a choisi pour elle un tout autre destin. Elle l’arrache à sa grand-mère avant qu’elle apprenne le secret des femmes de la famille. Prise au piège de sa mère, Avery ne peut plus utiliser sa magie. Il lui reste tout juste la capacité de deviner, en rêve, ce que l’avenir lui réserve. Des années durant, Avery cherchera à libérer la magie qui sommeille en elle. À seize ans, elle y est plus résolue que jamais. Parce que les habitants ont besoin de sa protection. Parce qu’elle aime Taneh, un séduisant harponneur aux étranges tatouages. Parce que, dans un rêve, elle a vu son propre meurtre. Or, nul ne peut supprimer la Sorcière de l’île de Prince Island…


J’avais d’abord repéré ce roman lors de sa sortie en anglais, mais j’avais finalement décidé de ne pas le lire parce que le résumé laissait penser que la romance y était bien trop importante à mon goût. Mais quand il est sorti en français, tout (le titre, la couverture, le résumé) a été changé par l’éditeur, du coup je n’ai pas tout de suite réalisé qu’il s’agissait du même livre, et cette fois le résumé m’a beaucoup tentée. C’est une bonne chose, parce même si je n’ai pas adoré, ce roman valait la peine d’être lu – et il n’y avait pas trop de romance.

J’ai beaucoup aimé l’atmosphère de Prince Island. Quelque part, on peut ressentir ce à quoi ressemble la vie quotidienne dans cette communauté de pêcheurs de baleines, et à quel point les sorcières et leur magie jouent un rôle essentiel pour les habitants de l’île. Et puis l’ambiance générale du roman est très sombre. D’abord parce que la vie à Prince Island n’est pas facile tous les jours, mais surtout parce que dès les premiers chapitres, le ton est donné : notre héroïne a une vision prémonitoire : elle va être assassinée. On ne sait ni quand, ni comment, mais il est certain qu’elle est en danger de mort. Si ça, ça ne vous plante pas d’entrée un décor des plus sombres, je ne sais pas ce qu’il vous faut.

L’histoire démarre donc sur de très bonnes bases. Et on ne peut nier qu’elle a beaucoup de potentiel. Malheureusement, ce potentiel n’a pas été exploité à son maximum. L’histoire est divisée en trois parties, chacune racontant une phase différente du chemin d’Avery vers la découverte de sa magie, mais seulement la troisième partie m’a vraiment captivée. Je ne dis pas que je me suis ennuyée pendant les deux premières parties, pas du tout, j’ai même apprécié ma lecture, mais je pouvais sans problème laisser mon livre de côté pendant plusieurs jours sans ressentir le besoin de connaître la suite de l’histoire. Un roman passionnant ne doit pas me permettre de le délaisser comme ça !

Avery est une héroïne intéressante. Je l’ai beaucoup appréciée, même si parfois ses réactions m’ont semblé un peu exagérées. Mais bon, je veux bien croire que quand on sait que quelqu’un va vous tuer incessamment sous peu, on soit un peu sur les nerfs, donc je lui pardonne. Mais tout le roman se concentre uniquement sur elle, et sa relation avec la magie, sa ligne d’ascendance, etc. Tous les personnages secondaires, quant à eux, sont sous développés. Je le regrette, parce qu’il y en a certains qui auraient vraiment mérités qu’on s’y penche un peu plus. La mère d’Avery, par exemple, a une histoire intéressante et j’aurais vraiment aimé en savoir plus sur elle, pourquoi elle veut à tout prix éloigner sa fille de la magie. On a les réponses vers la fin du roman, mais j’aurais tout de même aimé que le sujet soit plus approfondi. De même pour Taneh et son peuple, ils sont inspirés des tribus Maori en Nouvelle-Zélande, c’est une idée originale qui aurait mérité d’être beaucoup plus poussée.

Par contre, quelque chose que j’ai vraiment apprécié, c’est que l’auteure n’a pas hésité à prendre des risques. La raison pour laquelle je me lasse un peu du Young Adult depuis quelques temps, c’est que ces romans suivent tous plus ou moins les mêmes codes, quel que soit le genre auquel ils appartiennent. Et dans 99% d’entre eux, on a droit à une happy end, ce qui tue dans l’œuf toute tentative de suspense puisqu’on sait bien qu’il n’arrivera rien ni au héros ni à son love interest. Kendall Kulper toutefois n’a pas hésité à casser les codes du YA et à prendre des risques, et rien que pour ça je suis contente d’avoir lu son roman.

Je vous le recommande si : vous aimez les histoires de sorcières, et le rythme relativement lent ne vous dérange pas.

vendredi 9 janvier 2015

Anna (Fille des cauchemars #1) de Kendare Blake






Titre : Anna (Fille des cauchemars #1)
Titre original : Anna dressed in blood (Anna #1) – traduit par Victoria Duhamel
Date de parution : novembre 2014
Editeur : Hachette Black Moon
Nombre de pages : 332






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« La ville est plus hantée que je ne l’aurais cru. Une énergie macabre fourmille dans le sol, prête à éclore. Des mouvements imperceptibles ne cessent d’attirer mon attention. Je sais que, quelque part, se cache une âme si puissante qu’elle pourrait tuer par la seule force de son regard. Elle va essayer de me détruire. J’ai presque hâte de savoir comment elle s’y prendra. »

Il s’appelle Thésée Cassio Lowood. Exterminer les fantômes, c’est sa mission. Elle s’appelle Anna Korlov, « Anna à la robe de sang ».
Il traque, chasse, tue, sans remords. Elle extermine sans pitié ceux qui osent l’approcher.
Pour lui, elle est une déesse de la mort ; pour elle, il n’est qu’une proie comme les autres. Pourtant, elle a décidé d’épargner sa vie...


J’avais repéré ce livre bien avant qu’il n’arrive en France, mais pour une raison quelconque il est resté dans ma wishlist, je n’ai jamais franchi le pas de l’acheter. Aussi quand j’ai eu la possibilité de le recevoir par les éditions Hachette, j’ai sauté sur l’occasion, même si ça impliquait de devoir le lire en janvier alors que j’aurais préféré me le garder en réserve pour Halloween prochain.

Nous suivons Thésée Cassio Lowood, ou Cas comme il préfère qu’on l’appelle, qui est un chasseur de fantômes. Il a hérité de son père le pouvoir de tuer les morts, et est régulièrement envoyé en mission pour exterminer un fantôme ayant vécu une mort violente et faisant subir le même sort à tous les vivants qui ont le malheur de croiser son chemin. C’est tout ce en quoi la vie de Cas consiste : se déplacer de ville en ville pour les libérer de leurs esprits vengeurs. Sa dernière mission s’appelle Anna Korlov, dite Anna à la robe de sang. Morte il y a plus de 50 ans, elle réduit en charpie quiconque ose mettre les pieds dans la maison où elle a vécu et est décédée. Ce sera la mission la plus dangereuse qu’il ait jamais eu, et également la plus singulière. Car Cas va vite se rendre compte qu’Anna n’est pas un fantôme comme les autres...


J’ai apprécié cette histoire dès le début. Elle démarre en plein milieu d’une action, le roman s’ouvre sur Cas en train de tuer un auto-stoppeur fantôme. Avec un tel début, on ne peut qu’être intrigué et avoir envie d’en savoir plus ! J’ai vraiment beaucoup aimé l’atmosphère délicieusement creepy du roman. Bon, je ne l’ai pas trouvé extrêmement effrayant, je n’ai pas vraiment eu peur (mais c’est peut-être parce que je l’ai lu dans le train, et j’ai tendance à moins m’impliquer dans les livres, et donc à moins avoir peur, quand je lis dans un lieu public). Mais je pouvais totalement m’imaginer la maison d’Anna et ses environs comme des lieux sombres et glauques dans lesquels vous n’avez pas envie de vous retrouver seul à la nuit tombée. Il y a aussi quelques scènes bien sanglantes, âmes sensibles s’abstenir donc !

Les personnages étaient intéressants. D’abord, j’ai beaucoup aimé que l’histoire soit racontée du point de vue d’un garçon, c’est quelque chose d’assez rare. Cas est un garçon solitaire, sa mission lui prend tout son temps et il ne veut s’attacher à personne étant donné qu’il passe son temps à déménager pour aller traquer de nouveaux fantômes. Mais petit à petit il en vient à réaliser qu’il ne peut pas toujours faire cavalier seul. Je l’ai beaucoup apprécié, mais j’ai encore plus apprécié les personnages secondaires (ses amis). Carmel et Thomas sont de très bons compagnons et ils ne tombent dans aucun cliché. Carmel passe pour la fille populaire et superficielle de service au début mais très vite on se rend compte qu’en fait, elle a un cerveau, et elle s’en sert même, et sa personnalité a beaucoup plus de facettes qu’il n’y paraît. Quant à Thomas, à première vue il semble juste être en quête d’attention de la part des autres, mais en réalité il est un très bon ami.
Et puis vient Anna. Elle est sans aucun doute le personnage central du roman. Assoiffée de sang et de vengeance, personne ne ressort vivant d’une rencontre avec elle. Personne sauf Cas, a qui elle a décidé de laisser la vie sauve pour une raison qu’il ignore. Tous les deux deviennent alors de plus en plus proches et on en apprend plus sur Anna. C’est un personnage vraiment intéressant et l’histoire de sa mort m’a beaucoup touchée.

Mais ce livre n’était pas parfait non plus. J’ai noté deux défauts. Le premier, c’est la romance entre Cas et Anna, absolument pas nécessaire à mes yeux. Je veux dire, j’ai aimé les voir se rapprocher petit à petit, mais j’aurais préféré que leur relation reste amicale. Parce que Cas est vivant, et Anna est morte. Leur romance ne s’apparente-t-elle donc pas un peu à de la nécrophilie ? D’accord, Anna est un fantôme et pas un cadavre, et elle a l’air vivante, mais quand même.

La deuxième chose, c’est que j’aurais préféré si le roman s’était focalisé uniquement sur l’histoire d’Anna. Les circonstances de sa mort sont révélées à environ 75% du livre, et les 25% restants s’intéressent à une autre intrigue, avec un autre méchant, etc. Cette partie m’a beaucoup moins intéressée et je pense qu’il aurait été préférable que l’auteure la garde en réserve pour le tome 2. Maintenant, je ne pense pas que je lirai le tome 2 parce que même si j’ai beaucoup aimé ce premier tome, pour moi il aurait pu se contenter d’être un standalone et d’autre part la fin me laisse penser que le prochain volume se concentrera beaucoup plus sur la romance, donc comme je n’ai pas aimé cet aspect-là, je vais m’épargner la déception.

Pour conclure, je dirai que Fille des cauchemars est une très bonne histoire de fantômes avec d’excellents personnages et une superbe ambiance un peu glauque. J’ai peut-être moins apprécié le dernier quart mais dans l’ensemble c’était une très bonne lecture !

Je vous le recommande si : vous aimez les histoires de fantômes un peu creepy.

mercredi 19 novembre 2014

Le royaume des rêves (Oniria #1) de B.F. Parry






Titre : Le royaume des rêves (Oniria #1)
Auteur : B.F. Parry (France)
Date de parution : 1e octobre 2014
Editeur : Hachette Black Moon / Hildegarde
Nombre de pages : 232






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Eliott, douze ans, est un garçon en apparence comme tous les autres. Jusqu’au jour où sa grand-mère lui remet un sablier magique qui lui permet de voyager dans un monde aussi merveilleux que dangereux : Oniria, le monde des rêves.
Un monde où prennent vie les milliards de personnages, d’univers, et toutes les choses les plus folles et les plus effrayantes rêvées chaque nuit par les êtres humains. Un monde dans lequel serait prisonnier l’esprit du père d’Eliott, plongé depuis plusieurs mois dans un profond sommeil.

Collégien ordinaire le jour, puissant créateur la nuit, Eliott peut faire apparaître tout ce qu’il souhaite par le simple et immense pouvoir de son imagination. En explorant Oniria pour sauver son père, Eliott sera confronté à son extraordinaire destin. Il découvrira qu’il est « l’Envoyé », chargé de sauver le royaume, menacé par la sanglante révolution des cauchemars.


En parcourant le catalogue des parutions automnales de Black Moon, j’avais immédiatement remarqué ce roman, dont la couverture colorée accroche l’œil, et le résumé tout aussi attirant. Apprendre par la suite qu’il a été le coup de cœur de toute l’équipe de la maison d’édition n’a fait que renforcer mon envie de le lire. Et en effet, c’est vrai qu’il est très sympa ce petit !

Nous faisons la connaissance d’Eliott, collégien de douze ans qui vit entre sa belle-mère acariâtre, ses petites sœurs tantôt adorables tantôt insupportables, et sa grand-mère adorée. La petite famille a un rituel : tous les samedis matins, ils se rendent à l’hôpital pour rendre visite au père des enfants, plongé dans un coma auquel même les plus éminents médecins ont été incapables de trouver la cause. Mamilou, la grand-mère, a pourtant une idée : le père d’Eliott serait coincé à Oniria, le royaume des rêves, là où l’esprit de chacun se rend le soir quand il s’endort. Et Eliott, à l’aide d’un sablier magique, est le seul à pouvoir s’y rendre de manière consciente afin de sauver son père...

J’ai été très agréablement surprise par l’univers proposé par l’auteure ici. Même si le résumé m’avait beaucoup attirée, j’avais tout de même une petite crainte qu’Oniria, étant un monde basé sur les rêves, soit sans queue ni tête, un peu comme le pays des Merveilles de Lewis Carroll (autant j’adorais ce livre quand j’étais plus jeune, autant maintenant je m’en suis clairement lassée). Crainte totalement infondée puisqu’Oniria, s’il présente toutes les bizarreries qu’on est en droit d’attendre d’un univers onirique, n’en est pas pour autant dénué de logique. Bien au contraire, à mesure qu’on avance dans l’histoire, on se rend compte que cet univers est beaucoup plus construit qu’il n’y paraît, il a une histoire derrière lui et répond à des règles strictes. J’ai pris un immense plaisir à l’explorer en compagnie de notre héros, et j’aime imaginer que mon esprit se rend lui aussi là bas chaque nuit quand je m’endors. Parce qu’Oniria a vraiment l’air idyllique, et puis pouvoir faire apparaître tout ce qu’on veut de manière instantanée rien qu’avec son imagination, c’est le rêve de tout le monde je pense.
                                                                                     
Eliott est un personnage auquel je me suis immédiatement attachée. C’est vrai qu’il est très jeune, 12 ans seulement, donc ayant quasiment dix ans de plus que lui, j’aurais pu avoir du mal à m’en sentir proche. Ca n’a pas été le cas, principalement parce qu’Eliott est un jeune garçon très mature pour son âge, dans beaucoup de ses réactions on a l’impression d’avoir à faire à un adulte. Et puis, même si on le suit également un peu dans sa vie quotidienne, le gros du roman concerne ses aventures à Oniria, univers qui, comme je viens de l’expliquer, est des plus plaisants et passionnera les petits comme les grands.
Quant à ses compagnons d’aventure, ils sont, à l’image de leur univers, hauts en couleurs. Que ce soit les gentils (Farjo, Katsia), ou les méchants (la reine Dithilde), ils ne laisseront personne indifférent.

Le roman s’adresse certes à un public jeune, mais il plaira tout autant aux plus grands, pour peu qu’ils aient gardé un peu de leur âme d’enfants. L’intrigue est jeunesse mais pas simpliste, et même si elle ne renferme pas de grands rebondissements ni de réflexions profondes, j’ai pris grand plaisir à la suivre. Je n’ai pas eu de coup de cœur, mais je n’ai pas vraiment de reproches à adresser non plus.

Je voudrais finir cette chronique en m’attardant sur le livre en tant qu’objet, parce qu’il mérite bien qu’on en dise deux mots. Que ce soit la couverture en 3D ou les illustrations signées Aleksi Briclot en milieu d’ouvrage, tout est absolument sublime. C’est vrai que je suis rarement convaincue par les objets livres de chez Black Moon, mais celui-ci est une très belle exception qui méritait d’être soulignée.


Je vous le recommande si : vous aimez les univers magiques, enfantins mais sans être simplistes.

mercredi 8 octobre 2014

Boys Out! de Rawia Arroum






Titre : Boys Out!
Auteur : Rawia Arroum (France)
Date de parution : 8 octobre 2014
Editeur : Black Moon
Nombre de pages : 319






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Dans le monde de Lyra, les hommes sont des fugitifs. Les hommes sont des proies qu’il faut éliminer. Ils n’ont qu’une seule utilité : la reproduction. Une fois cette unique tâche accomplie, ils sont exécutés.

Lyra s’entraîne dur pour être un des meilleurs éléments de cette société d’amazones. Jusqu’au jour où c’est à son tour d’être en contact avec un garçon...


« Personne ne mérite le courroux de l’autre. Lyra, ne pense jamais que, parce que tu es une femme, tu mérites la colère de l’homme. Tout comme l’homme ne doit pas penser que, parce qu’il est un homme, il a le pouvoir sur la femme. [...] La vie, ça commence par un homme et une femme. »

Voilà un roman que l’on peut sans problème qualifier d’addictif. Je l’ai tout simplement dévoré : commencé samedi après-midi, terminé dimanche matin ! Moins de 24 heures donc pour engloutir les 300 pages de cette petite dystopie fort sympathique.

Nous nous trouvons dans une société futuriste dans laquelle le féminisme a pris une proportion complètement démesurée puisque désormais, les hommes sont considérés comme des « déchets ». Ils sont retenus captifs et exécutés dès que leur unique rôle dans la société (à savoir concevoir des enfants – de sexe féminin évidemment) a été rempli. Lyra, notre héroïne, croit dur comme fer à l’idéologie que la société lui a inculqué durant toute sa vie, et est profondément répugnée à l’idée d’approcher un homme. Pourtant, lorsqu’elle atteint son dix-huitième anniversaire, elle va devoir s’y résoudre puisque c’est à son tour de procréer. Et sa rencontre avec Loan, son destiné (c’est-à-dire l’homme avec lequel elle va devoir concevoir), va remettre en cause tout ce en quoi elle avait toujours eu foi...

Je n’ai pas eu de coup de cœur pour ce roman, il m’a manqué deux ou trois petites choses, mais le moins qu’on puisse dire, c’est que je l’ai grandement apprécié. Le concept sur lequel repose la dystopie est pour le moins original, puisque même si on y retrouve les éléments classiques du genre – gouvernement totalitaire, contrôle des citoyens etc., cet univers 100% féminin reste innovant. Je pense qu’il aurait pu être un peu plus développé, notamment vers la fin où les révélations s’enchaînent un peu trop vite pour qu’on ait le temps d’assimiler tout ce qu’elles impliquent. Mais globalement, ça tient debout, et les explications sont cohérentes.

Ce qui m’a particulièrement plu, c’est le personnage de Lyra, ou plus précisément, l’évolution de ce  personnage. La plus grosse partie du roman (disons les deux tiers, voire les trois quarts), n’est pas constituée d’action mais plutôt de la réflexion menée par Lyra à mesure que les idées insufflées par Loan font leur chemin dans son esprit. J’ai apprécié que cette évolution soit aussi progressive, parce que si elle avait brutalement changé d’avis sur les hommes après avoir rencontré Loan, ça n’aurait pas été crédible. On n’efface pas 18 ans d’endoctrinement en une seule rencontre. J’ai aimé la voir passer par plusieurs étapes, de « les hommes sont nuisibles » à « il y a peut-être des exceptions » puis à « finalement, ils ne sont pas si mauvais que ça », jusqu’à arriver à « les hommes et les femmes sont complémentaires », et parfois avoir des sortes de sursauts de conscience lorsqu’elle s’éloignait un peu trop du droit chemin.
Le personnage de Loan m’a également beaucoup plu. C’est un idéaliste, un rêveur. J’ai aimé la façon dont il essaie tout doucement d’apprivoiser Lyra, qui a été conditionnée toute sa vie pour le mépriser puisqu’il est un homme. J’ai beaucoup apprécié le développement de leur relation, et la manière dont ils communiquent en secret est adorable, mais je vous laisse la découvrir tous seuls.

La fin rattrape largement le manque d’action du début puisque tout s’accélère d’un coup. Au point que j’ai même trouvé cette fin un peu trop rapide. Trop de révélations s’enchaînent sans qu’on n’ait le temps de pouvoir les digérer. Enormément d’éléments sont remis en question et je pense que le roman aurait mérité une petite centaine de pages en plus pour vraiment poser et développer tout ça. Je suis donc restée un petit peu sur ma faim mais rien de bien grave, ça ne m’a pas empêchée d’énormément apprécier la lecture, et maintenant j’ai presque envie de le relire à la lumière de ces dernières révélations, je suis sûre que je verrai les choses différemment.
Je ne sais pas si un tome 2 est prévu, il ne me semble pas mais la fin est plutôt ouverte, donc elle pourrait appeler une suite.  

En bref, une dystopie originale et bien construite même si la fin aurait mérité qu’on s’y attarde un peu plus. Je comprends tout à fait pourquoi elle a reçu le coup de cœur des internautes lors du Tremplin Black Moon ! (et quand je vois que l’auteure n’a que 19 ans, soit deux ans de moins que moi, je me demande ce que j’ai fait de ma vie... *soupire*)


Je vous le recommande si : vous aimez la dystopie, et particulièrement si vous avez aimé Delirium de Lauren Oliver. Ca reste différent, mais on peut tracer quelques parallèles entre les deux.

vendredi 15 août 2014

Belle de glace d'Anna Sheehan





Titre : Belle de glace
Titre original : A long long sleep – traduit par Mathilde Bouhon
Auteur : Anna Sheehan (Etats-Unis)
Date de parution : 2011 aux Etats-Unis, 2012 en France
Editeur : Black Moon
Nombre de pages : 378






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Rosalinda Fitzroy. Jeune. Riche. Talentueuse. Une véritable princesse, figée à jamais dans son cercueil de verre.

A jamais ? Pas tout à fait. Rose a dormi pendant 60 ans. Le baiser d’un Prince Charmant l’a arrachée à ses rêves. Savait-il qu’il allait transformer la vie de Rose en un vrai cauchemar ?

A son réveil, tout a changé. Des épidémies ont décimé les trois quarts de l’humanité, emportant ses parents, effaçant son premier amour.

Rose est seule dans un monde qu’elle ne connait plus. Et comme si ça ne suffisait pas, quelqu’un la suit, comme son ombre.

Quelqu’un qui voudrait la voir disparaitre...


Rosalinda Fitzroy, dite Rose, seule héritière d’un empire interplanétaire, vient d’être réveillée après avoir passé soixante ans hors du monde, hors du temps, dans un tube de stase. Soixante années durant lesquelles tout à changé. Lorsque Rose se réveille, le monde est en train de se remettre des « Années Sombres », durant lesquelles le monde a été décimé par une série de catastrophes : épidémies, famines... Tous ceux qu’elle connaissait et à qui elle tenait : ses parents, son petit ami, ont succombé pendant ces années. Elle doit donc repartir de zéro, dans un monde qu’elle ne connait pas, et pire, dans un monde où elle n’est visiblement  pas la bienvenue. En effet, quelqu’un a lancé un tueur implacable à ses trousses...

Belle de glace est une réécriture du conte La belle au bois dormant mais les références au conte d’origine ne sont pas nombreuses. A l’exception du point de départ (une jeune fille réveillée d’un long sommeil dans un cercueil de verre par le baiser d’un prince charmant), toute l’histoire se développe de manière totalement indépendante, sans rapport avec le conte dont elle s’inspire. Ou alors, s’il y a des références, je ne les ai pas vues. C’est vrai que La belle au bois dormant n’est pas le conte de fées que je connais le mieux.

Mon avis sur ce roman est un peu mitigé parce que d’un côté, j’ai beaucoup aimé la plupart des idées : une jeune fille qui se réveille soudainement dans un monde qu’elle ne connait plus, la nature du tueur chargé de l’éliminer, un univers futuriste plutôt réaliste...  Mais en même temps, je suis restée frustrée parce que j’ai trouvé que ces bonnes idées pêchaient un peu dans la réalisation. L’univers par exemple. Rose est totalement déstabilisée par les changements survenus durant les 60 ans qu’elle a passés dans son tube de stase, mais en réalité, l’univers présenté ne semble pas tellement éloigné du nôtre, et certainement pas au point d’y être totalement perdu quand on y débarque. Même si le côté futuriste est plutôt sympathique, j’aurais aimé que l’auteure s’attarde un peu plus sur les avancées technologiques et/ou politiques survenues pendant le sommeil de Rose, pour qu’on puisse vraiment mesurer à quel point c’est déstabilisant pour elle de se réveiller dans un tel monde, et aussi pour nous offrir à nous, lecteurs, un univers de science-fiction qui tient la route. Je pense que les idées de l’auteure sont bonnes, mais elles manquent un petit peu de développement.

Mais ce n’est pas tellement ça qui m’a dérangée, en fait. Non, c’est avec le personnage de Rose que j’ai eu le plus de mal. Je l’ai trouvée franchement passive et même un peu naïve sur les bords. Ayant toujours été surprotégée par ses parents, on peut comprendre qu’elle soit comme ça au début, mais quand elle se rend compte que ses parents sont morts depuis longtemps et qu’elle est désormais seule à pouvoir s’occuper d’elle-même, elle devrait devenir plus volontaire, plus déterminée... Et bien non, elle reste toujours aussi passive. Je crois mon envie de la secouer et de lui coller des baffes a atteint son paroxysme au moment où elle laisse son chien avec un sac de croquettes et l’eau des WC (oui oui, vous avez bien lu, l’eau des WC) pour aller très égoïstement et lâchement s’enfermer dans son tube de stase parce qu’un garçon a refusé ses avances. Très mature, comme réaction, vraiment.
Puisque nous sommes au rayon personnages : mention spéciale pour Otto, mon coup de cœur. Ce jeune extraterrestre qui ne communique que par la pensée est tellement mignon et touchant. Plusieurs fois je me suis dit que Rose ne méritait pas de l’avoir comme ami, mais j’étais quand même contente qu’elle l’ait, sinon on aurait beaucoup moins vu Otto, et c’aurait été dommage. Les longues correspondances entre Rose et lui font partie de mes passages préférés du roman.

J’ai tout de même apprécié ma lecture, particulièrement à la fin quand le rythme s’accélère et que les révélations s’enchaînent. Je dois dire que l’auteure a plutôt bien réussi son coup puisque ce qui doit représenter à peu près le dernier tiers du roman est vraiment palpitant et même s’il y avait des éléments dont je me doutais déjà depuis un moment, ça ne m’a pas empêchée de tourner les pages, pressée de connaître la suite. Et puis je trouve que Rose évolue de façon très positive face à cette avalanche de rebondissements et de révélations. Elle commence enfin à gagner en maturité et en agressivité (pas qu’elle devient violente, mais agressivité dans le sens où elle se bat enfin pour elle-même au lieu de s’en remettre passivement aux autres). Je suis sûre que j’aurais vraiment pu l’apprécier, si seulement elle s’était réveillée plus tôt.

J’ai également beaucoup apprécié le fait qu’il n’y ait pas de romance entre Rose et le « Prince Charmant » qui la sort de stase. Je suis vraiment contente qu’Anna Sheehan ait décidé de transgresser la règle tacite que semblent avoir adopté tous les auteurs de YA : « il faut toujours une romance, de préférence bien cheesy, avec deux ou trois répliques à vous faire vomir des paillettes », parce que dans ce cas, c’aurait été de trop.

En résumé, Belle de glace n’est pas une mauvaise lecture, loin de là, elle m’a même fait passer un plutôt bon moment, mais je m’attendais quand même à mieux. Disons que dans le genre science-fiction comme dans le genre réécriture de conte, on a déjà fait beaucoup mieux, mais si vous avez un après-midi à tuer et rien de mieux à votre disposition, pourquoi pas ?

Je vous le recommande si : Excellente question, je ne sais pas du tout à qui le recommander. Comme je viens juste de le dire, c’est un livre à lire quand on veut passer un bon moment de lecture mais qu’on n’a pas mieux en magasin. A éviter tout de même si vous êtes un puriste de SF, parce que la construction de l’univers laisse un peu à désirer.



Une suite est prévue, intitulée No life but this, à paraître en décembre 2014 (en VO). Pas sûre que je la lise, en tous cas j'attendrais au moins la sortie VF plutôt que de me jeter dessus dès sa sortie en VO.

samedi 3 mai 2014

Requiem (Delirium #3) de Lauren Oliver






Titre : Requiem (Delirium #3)
Titre original : Requiem (Delirium #3) – traduit par Alice Delabre
Auteur : Lauren Oliver (Etats-Unis)
Date de parution : 2012 aux Etats-Unis, 2013 en France
Editeur : Black Moon








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Alex est revenu. Le premier amour de Lena n’est pas mort. Mais il a changé. Les mois de torture, la lutte de chaque jour dans une nature hostile, la menace qui pèse sur la résistance plus grande que jamais : Alex n’est plus le même.

Hana non plus. Hana qui a été opérée. Hana qui va se marier. Hana qui doute.

Imaginez qu’on vous prive de tout sentiment. Que la liberté ne soit plus qu’un vieux souvenir dénué de sens. Jusqu’où iriez-vous pour garder le droit d’aimer ?


/!\ ATTENTION. Contient des spoilers des deux premiers tomes. Si vous présentez une allergie connue à ces substances, veuillez ne pas vous aventurez plus loin. Je décline toute responsabilité en cas de spoliation accidentelle /!\

« Qui sait ? Peut-être qu’ils ont raison. Peut-être que nous sommes rendus fous par nos émotions. Peut-être que l’amour est une maladie et que nous serions mieux sans elle.
Nous avons choisi une autre route pourtant. En fin de compte, c’est pour cette raison précise que nous avons refusé le remède. La liberté de choix. La liberté de suivre la mauvaise voie. »

J’ai bien du mal à savoir quoi penser de cet ultime tome. Je l’ai apprécié, mais certaines choses m’ont vraiment beaucoup déçue.

Dans ce tome trois, nous alternons les points de vue de Lena et de son ancienne meilleure amie, Hana. Les deux filles vivent des situations totalement différentes : Lena fait désormais partie de la résistance, et même si on la tient toujours un peu à l’écart des grandes décisions, elle a su se faire se place au sein des Invalides. Hana, de son côté, a subi le Protocole, et s’apprête à se marier. Et pas avec n’importe qui : non, c’est le futur maire de Portland qui lui a été attribué comme compagnon.
Mais toutes deux ont un point commun : elles doutent, se demandent si la vie qu’elles mènent est vraiment celle dont elles ont rêvé.

Ce double point de vue fait partie des éléments qui m’ont le plus plu. Depuis le tome 1 Hana fait partie de mes personnages préférés de la saga, et sa présence m’a manqué dans Pandemonium. J’étais donc vraiment contente de la retrouver dans Requiem, même si elle n’est plus vraiment la même. Elle n’est plus la jeune fille rebelle et pleine de vie que nous connaissions au début de la saga, le Protocole l’a rendue lisse, sans histoires, même si parfois l’ancienne Hana refait surface pour quelques courts instants. Je l’ai trouvée vraiment égoïste par moments, et elle m’est apparue beaucoup moins sympathique que dans le premier tome, même si j’ai malgré tout aimé la suivre.
 En fait, ce que j’ai surtout apprécié dans le point de vue de Hana, c’est qu’il nous permet de voir la situation à la fois du côté des rebelles et des autorités, de ceux qui croient dans le système. C’est souvent quelque chose que l’on n’a pas dans les dystopies puisque tous les personnages principaux sont des rebelles, alors que c’est aussi intéressant de voir les choses à travers les yeux de l’autre camp.

Le point de vue de Lena nous plonge donc dans le quotidien des résistants, au sein desquels elle a vraiment réussi à se faire une place depuis le sauvetage de Julian. Cette fois, les résistants ont décidé de ne plus se cacher dans la Nature, à espérer qu’on ne les trouve pas. Ils veulent agir, c’est donc une véritable guerre qui se prépare.
J’ai apprécié la fragilité de Lena dans ce dernier tome, et ses doutes face à cette vie dans la Nature qui ne correspond en rien à la liberté dont elle a rêvé. Mais il faut bien le dire, il y a également certaines choses qui m’ont agacée à son propos. Le fait qu’elle passe son temps à tergiverser sur ses sentiments amoureux alors qu’il y a des choses autrement plus importantes qui sont en train de se jouer, surtout. C’est vrai que l’amour est au centre de cette dystopie et c’est vrai aussi que le triangle amoureux est bien mené – j’étais même plutôt contente de le voir apparaître puisque dans Pandemonium je trouvais que Lena oubliait un peu vite Alex – mais quand même, plusieurs fois j’ai eu envie de dire à notre héroïne « bon ma petite, y’a une guerre qui se prépare là, alors tes problèmes de cœur, tu t’en occuperas plus tard, ok ? ».

La fin… je sais qu’elle a fait couler beaucoup d’encre, et je comprends désormais pourquoi. Ce n’est pas une vraie fin que nous donne là Lauren Oliver. Déjà, pour un tome final, je trouvais que l’affrontement entre les Invalides et Régulateurs tardait à arriver, et en effet il arrive vraiment tard dans le roman, ce qui en fait pour moi un tome de transition et non pas un tome final. L’auteure ne répond à aucune des questions qu’elle soulève dans sa trilogie : quelle va-être l’issue de la guerre menée par les Invalides ? Qu’est-il arrivé à la famille de Lena ? Que va-t-il advenir de Hana ? Et du triangle amoureux Julian-Lena-Alex ? Faire une fin ouverte, c’est une chose, mais pour moi, une bonne fin ouverte est une fin qui ouvre de nouvelles perspectives, pas qui s’arrête abruptement en laissant le soin au lecteur de répondre lui-même aux questions qu’ont suscité le récit… J’ai eu comme l’impression que Lauren Oliver ne savait pas comment terminer sa saga, donc elle a tout laissé en plan et clos cet ultime tome par quelques considérations moralistes qui concernent plus notre vie de tous les jours à nous, lecteurs, que celle de nos héros. Je trouve ça un peu facile, et ça ne me plait pas. J’avais pourtant vraiment apprécié ma lecture, mais cette fin me laisse un tel goût d’inachevé que je referme cette trilogie sur une note franchement négative.

Pour conclure, si l’on fait abstraction du fait qu’il manque quelques chapitres, voir même un tome entier, pour que la saga soit complète, Delirium reste tout de même une bonne dystopie, agréable à lire – Lauren Oliver a une superbe plume. C’est loin d’être la meilleure saga du genre, mais j’ai tout de même passé un très bon moment avec chacun des trois tomes. Dommage que la fin de Requiem vienne gâcher cette bonne impression.

Je vous le recommande si : vous aimez les dystopies. Par certains côtés Delirium m’a un peu fait penser à la saga Uglies de Scott Westerfeld, donc si vous avez aimé cette série, pourquoi pas tenter celle de Lauren Oliver ?

« C’est un bon résumé du passé : il glisse l’air de rien, puis s’accumule en fines strates. Si on n’y prête pas garde, on se retrouve enterré dessous. »

jeudi 12 septembre 2013

Delirium #2 : Pandemonium de Lauren Oliver

Titre : Delirium #2 : Pandemonium
Auteur : Lauren Oliver (Etats-Unis)
Date de parution : 2012 aux Etats-Unis comme en France
Editeur : Black Moon
Nombre de pages : 375



Résumé :
Lena a découvert avec Alex ce sentiment interdit qu’est l’amour. Ensemble, ils se sont enfuis, déterminés à gagner la Nature pour vivre leur passion. Mais seule Lena est parvenue à franchir la frontière. Sans savoir si Alex est encore vivant.

Aujourd’hui Lena a rejoint la résistance. Elle se voit confier une mission qui pourrait bien lui coûter la vie. Quand une nouvelle rencontre remet en question tous ses principes. Se battre pour avoir le droit d’aimer : cela a-t-il vraiment un sens ?

Imaginez qu’on vous prive de tout sentiment.
Que la liberté ne soit plus qu’un vieux souvenir dénué de sens.
Jusqu’où iriez-vous pour garder le droit d’aimer ?


Mon avis :
/!\ ATTENTION ! Cette chronique contient des spoilers du tome 1. Si vous ne l’avez pas encore lu, vous feriez bien de fuir là maintenant tout de suite. (Conseil d’ami.) /!\

Refusant de renoncer à son amour pour Alex, Lena a décidé de fuir avec lui pour la Nature afin d’échapper au Protocole. Mais elle est la seule à avoir réussi à passer la frontière : Alex n’a pu la suivre, et elle ignore ce qu’il est advenu de lui, et s’il est encore vivant. Tout en essayant (sans trop de succès) de ne pas penser à la mort de son premier amour, Lena apprend à vivre dans la Nature et à s’y faire une place. Puis, quelques mois plus tard, alors qu’elle a rejoint la résistance et effectue une mission d’infiltration, elle fait la connaissance de Julian, fils du président de l’APASD (Association pour une Amérique sans Deliria). Et cette rencontre pourrait bien tout changer…

Pandemonium se divise en deux temps : « avant », qui se déroule juste après la fin du tome 1 et qui retrace les premiers pas de Lena dans sa nouvelle vie, sans Alex, dans la Nature ; et « maintenant », qui se passe quelques mois plus tard, à New York, alors que Lena a rejoint la résistance et a pour mission de s’infiltrer dans l’APASD. Ces deux temps alternent d’un chapitre sur l’autre, et bien qu’en règle générale je n’aime pas trop les alternances de ce genre (ça hache la lecture), ici au contraire j’ai trouvé ce choix judicieux. Les deux temps se ressemblent, dans leur rythme, dans leurs actions, et on peut faire un parallèle entre les deux. (Je doute que mon explication soit très claire, mais j’ai essayé dix fois de m’expliquer de manière claire et cohérente, je n’y arrive pas, donc si vous avez lu le livre, vous voyez certainement ce que je veux dire, et si vous ne l’avez pas lu, vous comprendrez une fois que vous l’aurez lu !)

Au contraire du tome 1 qui met un temps fou à démarrer parce que l’auteure nous noie sous les explications, ce tome 2 entre directement dans le vif du sujet. Et il y a beaucoup plus de suspense et d’action, aussi. Mais ce que j’ai trouvé un peu dommage, c’est que l’intrigue est beaucoup trop prévisible. La plupart des rebondissements, je les ai vus venir, et de loin ! Tout comme la fin (ce qui ne l’empêche pas d’être un joli cliffhanger tout de même !).
Le style d’écriture de Lauren Oliver est tout aussi beau que dans le premier tome, si ce n’est encore plus. Vraiment, elle écrit divinement bien. C’est presque poétique, avec toutes ces figures de style, ces métaphores…

Lena a beaucoup changé. Fini la jeune fille naïve et un peu cruche (faut bien le dire) du tome 1, cette Lena là est morte et enterrée, remplacée par une jeune fille dynamique, forte, sûre d’elle. Entrer dans la résistance lui a vraiment fait du bien.
Julian, le personnage masculin de ce tome, je le détestais au début – j’étais un peu obligée, vu qu’il représente « l’ennemi ». Mais petit à petit, au vu de son histoire, j’ai été obligée de l’apprécier, parce que j’ai un cœur, quand même ! Mais bon, on peut pas dire que je l’ai adoré. Loin de là. Il n’arrivera JAMAIS à la cheville d’Alex.
La relation Lena-Julian m’a fait beaucoup penser à la relation Lena-Alex du tome 1, avec Lena dans le rôle d’Alex et Julian dans celui de Lena. Julian, d’abord naïf, « formaté » par le système, évolue progressivement au contact de Lena, exactement comme elle avait évolué au contact d’Alex. Donc oui, Lena et Julian tombent amoureux. Ca m’a juste donné envie de balancer le livre par la fenêtre, et d’étrangler à la fois Lena, Julian et Lauren Oliver. Non mais, et Alex dans tout ça ?!? Bon, d’accord, il est probablement mort, mais après tout ce qu’il a fait pour Lena, comment peut-elle le remplacer comme ça ?

Le tome 1 s’intéressait à la Société et à ses doctrines, le tome 2 lui nous fait découvrir la population en marge de cette société : les Invalides – ceux qui vivent dans la Nature et s’organisent en communautés résistantes. J’ai beaucoup aimé cette communauté et son mode de fonctionnement, basé sur la solidarité et l’amitié. Je me suis également attachée à Raven et Tack, les deux figures « phares » de la résistance, ceux qui ont en quelque sorte donné naissance à la nouvelle Lena en la recueillant à son arrivée dans la Nature.
Au sein des Invalides se trouvent aussi les Vengeurs – eux, ce sont les « gros méchants » de l’histoire. Ils ne défendent pas spécialement de cause, leur loyauté va à ceux qui paient le plus. Et il vaut mieux les avoir avec soi que contre soi, parce qu’ils ne sont pas particulièrement doux (ceci est un euphémisme).
La troisième communauté explorée dans Pandemonium se situe elle au sein de la société, il s’agit de l’APASD, que j’assimilerais à l’extrême droite de la politique actuelle.
C’était intéressant de voir comment toutes ces communautés marginales s’organisent, et interagissent entre elles.

En conclusion, un tome 2 que j’ai légèrement préféré au tome 1 grâce à un rythme beaucoup plus soutenu. L’écriture est toujours aussi sublime et le cliffhanger final me donne vraiment hâte de me procurer la suite (et la fin) !

mercredi 26 juin 2013

Delirium T.1 de Lauren Oliver

Titre : Delirium T.1 (Titre original : Delirium #1)
Auteur : Lauren Oliver (Etats-Unis)
Date de parution : 2011 aux Etats-Unis comme en France
Editeur : Black Moon
Nombre de pages : 452

Résumé :
Et si rien n'était plus dangereux que l'amour ?

Plus que quatre-vingt-quinze jours, et je serai protégée de l'amor deliria nervosa. Après le Protocole, je serai heureuse et en sécurité. Pour toujours. C'est ce que tout le monde dit. Et je l'ai toujours cru. Jusqu'à aujourd'hui.

Car aujourd'hui, tout a changé.

Si l'amour conduit à la folie, alors je veux perdre la raison. Si l'amour est une maladie, alors je veux être contaminée. Si l'amour est la vérité, alors je préfère une seule seconde de cette vie qu'une éternité de mensonges.


Mon avis :
La dystopie est un genre qui a le vent en poupe en ce moment, mais je n’en avais pas encore lu jusqu’à maintenant. Enfin, à part la saga Uglies de Scott Westerfeld, mais ça fait vraiment longtemps de ça, j’étais encore au collège à l’époque (qu’est ce que je me sens vieille d’un coup !). On peut donc légitimement dire que Delirium est ma première dystopie.

Dans le monde où vit Lena, l’amour est considéré comme la plus grave des maladies – appelée l’amor deliria nervosa – et la contracter conduit à la souffrance et à la mort. Lena y croit dur comme fer, elle a d’ailleurs vu sa mère succomber des suites de cette maladie, et elle compte les jours qui la séparent de son Protocole, l’opération qui l’immunisera définitivement contre ce fléau. Tout change le jour où elle fait la connaissance d’Alex. Sa rencontre avec le jeune homme va ébranler toutes ses convictions et lui démontrer que l’amour, censé être le pire des maux, est peut-être en réalité l’une des plus belles choses au monde…

L’idée de départ est très intéressante, c’est d’ailleurs pour ça que j’ai choisi ce livre pour démarrer avec la dystopie. A travers son récit l’auteure pose une question pertinente : à quel prix veut-on éradiquer la souffrance ? Parce que oui, l’amour peut être – et est, très souvent – source de souffrance. Alors les bienfaits de l’amour sont-ils suffisants pour contrebalancer cela ? Voilà qui pourrait faire un bon sujet de philo !

Alors, même si j’adore l’idée sur laquelle est basée toute l’histoire, je ne peux malheureusement pas dire que j’ai adoré le roman de bout en bout. Les tous premiers chapitres m’ont vraiment intéressée et laissaient présager une superbe lecture, mais je dois dire qu’au bout d’un moment, j’ai un peu déchanté. L’histoire est très longue à se mettre en place. Certes, c’est un tome un et il y a plein de choses à mettre en place, l’auteure ne peut pas nous balancer comme ça dans son univers et débrouillez-vous, mais là il y a avait quand même un peu trop de longueurs, des explications qui tenaient des pages entières alors que quelques phrases auraient suffi. Il faut attendre la moitié du roman pour que ça s’accélère. Mais ça vaut le coup d’attendre, parce que cette deuxième moitié est vraiment passionnante !
Et la plume de l’auteure est magnifique également. Surtout quand elle parle de l’amour et décrit les « symptômes » de Lena lorsqu’elle contracte le deliria. C’est absolument superbe, émouvant.

Justement, puisqu’on parle de Lena : je ne sais pas trop si j’ai aimé ce personnage ou non. Au début je la trouvais extrêmement naïve à gober tout rond tout ce qu’on pouvait lui faire croire. Et puis son changement radical au moment où elle rencontre Alex est un peu trop… radical, justement. Je m’explique : Lena qui jusqu’alors respectait toutes les règles à la lettre et ne doutait pas une seconde de leur légitimité se met soudainement à toutes les enfreindre et souvent sans bien réfléchir. A certains moments, j’avais vraiment envie de lui donner des baffes. Mais à d’autres, en revanche, je la trouvais vraiment touchante et j’avais envie de la prendre dans mes bras.
Toujours sur les personnages, j’ai regretté que l’auteure n’ait pas accordé une plus grande place à Hana, l’amie d’enfance de Lena, parce que dès sa première apparition j’ai adoré cette fille, son côté rebelle, et j’aimerais bien en savoir plus sur elle.
Et puis j’ai adoré Alex. Toutes les lectrices seront d’accord avec moi, il est impossible de résister à son charme.

Le roman se termine sur un gros, que dis-je ? un ENORME cliffhanger, et si j’avais eu le tome 2 sous la main, je l’aurais entamé de suite. J’ai ma petite idée sur comment va se poursuivre l’histoire, mais j’espère que je me trompe parce que c’est vraiment trop triste sinon. Les tomes 2 et 3 ne vont sans doute pas tarder à rejoindre ma PAL, et j’en suis ravie car ils augurent d’excellents moments de lecture.

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