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dimanche 25 août 2013

Undone by Cat Clarke

Titre : Undone
 Auteur : Cat Clarke (Royaume-Uni)
Date de parution : 2013
Editeur : Quercus
Nombre de pages : 502

(Sera publié en français le 17 octobre 2013 par la collection R sous le titre Revanche)


Résumé :
Jem Halliday is in love with her best gay friend. Not exactly ideal, but she’s learning to live with it.
Then the unspeakable happens. Kai is outed online… and he kills himself.
Jem knows nothing she can say or do will bring him back. But she wants to know who was responsible. And she wants to take them down…

Jem Halliday est amoureuse de son meilleur ami gay. Pas vraiment l’idéal, mais elle apprend à vivre avec.
Puis l’impensable se produit. L’homosexualité de Kay est dévoilée sur Internet… et il se suicide.
Jem sait que rien de ce qu’elle pourra dire ou faire ne le ramènera. Mais elle veut savoir qui sont les coupables. Et elle veut les faire tomber…
(Crédit de la traduction : moi-même)

Mon avis :
Cat Clarke aurait-elle passé un contrat avec Kleenex ? Non parce que si elle avait voulu faire grimper en flèche le chiffre d’affaire de l’entreprise de mouchoirs en papier, elle ne s’y serait pas prise autrement. Je n’ai quasiment pas arrêté de pleurer pendant ma lecture. Une vraie fontaine.

Une fois n’est pas coutume, Undone n’est pas un roman YA avec pour thème une histoire d’amour. Même si Jem est amoureuse de Kai, ce n’est qu’une histoire d’amitié, puisque Kai est homosexuel. Et c’est précisément pour cette raison que toute l’histoire débute. Une vidéo montrant Kai dans l’intimité avec un autre homme circule en ligne, et, brisé, il se suicide. Se pensant incapable de vivre sans son meilleur ami, Jem s’apprête à suivre le même chemin, mais juste avant qu’elle ne commette l’irréparable, elle découvre que Kai lui a écrit 12 lettres avant de mourir, une pour chaque mois, pendant un an. Elle décide donc d’utiliser cette année de sursis pour venger son ami. Et pour cela elle est prête à aller aussi loin qu’il le faudra…

Pour tout dire, j’ai mis longtemps avant de savoir si j’aimais ou non. Certes, dès les toutes premières pages les larmes me sont montées aux yeux, une boule s’est formée dans ma gorge ainsi qu’un nœud dans mon ventre, parce que c’est indéniablement triste, mais je n’arrivais pas à m’attacher aux personnages, ni à me laisser emporter par l’histoire. Ca s’est fait petit à petit, dans les tréfonds de mon inconscient, et c’est uniquement à la fin, lorsque l’auteure m’a asséné ce coup de poignard final, que tout est remonté à la surface et que j’ai réalisé que oui, j’ai aimé. J’ai même adoré. Cat Clarke est un génie (un génie sadique, certes, mais un génie quand même).

Je ne sais pas trop quoi penser de Jem. Je l’ai à la fois adorée et détestée. Adorée pour son côté « humain » avec ses faiblesses, et pour son amour inconditionnel pour Kai qu’elle est déterminée à venger coûte que coûte. Et détestée pour cette même raison, pour ce plan de vengeance qui va beaucoup trop loin, au-delà même de ce qu’elle peut maitriser. J’ai détesté ce qu’elle est devenue. J’avais envie de lui crier d’arrêter, mais en même temps, j’avais envie qu’elle continue. Mes sentiments étaient (et sont toujours) totalement confus.
Tout le long, je pensais que je n’aimais pas les personnages secondaires. Mais cette fin, absolument atroce, m’a fait réaliser qu’en réalité, je les aimais. Du coup, j’aurais bien du mal à vous en parler étant donné que mes sentiments à leur égard sont encore plus confus que ceux à l’égard de Jem.

Ce n’est pas un roman facile à lire. Cat Clarke nous montre comment, avec de simple paroles ou actions anodines, on peut détruire la vie de quelqu’un, et psychologiquement, c’est dur. Et surtout, elle a très bien su retranscrire les sentiments de ses personnages, à tel point qu’on est obligé de les ressentir nous aussi. J’ai ressenti la détresse et la colère de Jem, et Kai me manquait comme si je l’avais connu, alors que finalement on ne le voit qu’à peine dans le roman.
Comme je l’ai déjà dit plus haut, la vengeance va beaucoup trop loin, mais je me garderais bien de juger Jem. Je ne sais pas du tout comment j’aurais réagi à sa place, j’aurais peut-être même fait pire. La haine est un sentiment puissant et destructeur, on le ressent bien à travers le récit. C’est pour ça qu’il nous met mal à l’aise.

En conclusion, j’ai à la fois adoré et détesté Undone. J’ai adoré détester, et j’ai détesté adorer. Désolée si ma chronique est un peu confuse, mais elle reflète totalement mon état d’esprit après avoir refermé ce roman à la fois douloureux et magnifique. Vous n’en ressortirez pas indemne, croyez moi.