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mercredi 3 juillet 2013

Le voleur de regards de Sebastian Fitzek

Titre : Le voleur de regards (Der Augensammler)
Auteur : Sebastian Fitzek (Allemagne)
Date de parution : 2010 en Allemagne, 2013 en France
Editeur : L'Archipel
Nombre de pages : 384


Résumé :
QUAND UN TUEUR EN SÉRIE...

Celui que les médias berlinois ont surnommé le Voleur de regards vient une nouvelle fois de frapper. Comme a son habitude, il a tué une femme avant d'enlever son enfant. Dans la main de sa victime : un chronomètre qui a commencé à égrener les secondes...

Mais cette fois, on a également retrouvé le portefeuille d'Alexander Zorbach sur la scène de crime. Ancien flic devenu journaliste, celui-ci est alors pris dans l'engrenage du jeu machiavélique auquel se livre le Voleur de regards.

... SE LIVRE A UN JEU PERVERS AVEC SES VICTIMES

Zorbach sait qu'il dispose de 45 heures et 7 minutes, pas une de plus, pour découvrir l'endroit où l'enfant est retenu prisonnier - et ainsi prouver son innocence. Passé ce délai, il sera trop tard. On ne trouvera qu'un cadavre. Le compte à rebours est lancé...

Mon avis :
Je crois que je peux officiellement annoncer que je suis fan de Sebastian Fitzek. Après Thérapie, voilà mon second coup de cœur signé de la plume de cet auteur allemand.

Dans Le voleur de regards, un tueur en série sème la panique dans les rues de Berlin en se livrant au plus vieux jeu du monde avec ses victimes : cache-cache. La partie commence par le meurtre d’une mère, puis se poursuit avec l’enlèvement des enfants dont le père dispose de 45 heures et 7 minutes pour retrouver avant qu’il ne soit trop tard. Trois familles ont déjà été brisées et le tueur entame tranquillement sa quatrième partie de cache-cache morbide. Pour Alexander Zorbach, ancien flic reconverti en journaliste, cette quatrième partie s’annonce différente. Cette fois, il ne va pas se contenter de relater les faits, il va être plongé au cœur de ceux-ci. En effet, son portefeuille a été découvert sur le lieu du crime, faisant de lui le principal suspect. Il doit donc retrouver où l’enfant est retenu prisonnier afin de prouver son innocence. Pour ce faire, il n’a d’autre choix que de se fier aveuglément (sans mauvais jeu de mots) à Alina Gregoriev, une jeune aveugle qui prétend eu avoir des visions du crime.

Je ne peux pas m’empêcher de faire une petite comparaison avec Thérapie du même auteur, parce que le début du Voleur de regards m’y a énormément fait penser. Alexander Zorbach, après avoir découvert qu’il était le suspect numéro 1 dans l’affaire du Voleur de regards, se retire pour réfléchir dans une maison de campagne perdue au milieu de nulle part et connue de lui seul, et c’est là qu’il fait la connaissance d’une mystérieuse jeune femme dont il ne sait pas trop s’il doit lui faire confiance ou pas. Ca ressemble à s’y méprendre à Viktor Larenz, le héros de Thérapie, qui lui aussi se retire dans une propriété perdue au milieu de nulle part et connue de lui seul et y rencontre une mystérieuse jeune femme.
A part ça, les deux romans sont quand même très différents. Le Voleur de regards n’est pas un huis clos et l’auteur ne nous balade pas entre autant de rebondissements qui vous embrouillent le cerveau. J’ai été moins surprise par le dénouement que je ne l’avais été avec Thérapie, mais ça ne veut pas dire que j’ai moins aimé ! Pas du tout !

Ce livre m’a accrochée dès le tout premier mot : « épilogue ». Ben oui, c’est quand même pas tous les jours qu’on lit un roman qui commence par l’épilogue ! En fait l’histoire se présente sous forme d’un compte à rebours, d’où le décompte inversé des chapitres. C’est un peu surprenant au début, mais ça ne vous donne que plus envie de poursuivre la lecture, ne serait-ce que pour éclaircir cette bizarrerie.

Le récit est principalement raconté à la première personne par Alexander Zorbach, mais l’auteur nous balade entre pas mal de personnages puisque certains chapitres sont racontés du point de vue d’autres personnages principaux du roman (mais à la troisième personne), ce qui permet de voir l’histoire sous différents angles, même si 80% des actions sont quand même racontées par Zorbach. Certains passages sont racontés du point de vue du jeune garçon victime du Voleur de regards, Tobias. On le suit en train d’essayer de comprendre ce qui lui arrive et de se libérer de sa prison, et à mesure que sa situation empire, on s’attache de plus en plus à lui et on a envie de pousser Alexander et la police dans le dos pour qu’ils se dépêchent un peu d’aller le chercher, le pauvre !

Continuons avec les personnages, justement. J’ai beaucoup aimé Alina Gregoriev, la jeune femme qui guide Alexander Zorbach dans ses recherches. Elle est aveugle et de ce fait n’a pas la vie facile, mais elle ne s’apitoie pas sur son sort et essaie au maximum d’avoir une vie « normale ». Elle a une forte personnalité et m’a tout de suite séduite pour cette raison.

Vers le milieu du roman, je pensais avoir trouvé la clé de l’intrigue. Plusieurs indices convergeaient dans le sens de mon hypothèse et je sentais poindre la déception parce que si j’avais vraiment eu raison, c’aurait été beaucoup trop facile. Heureusement, j’avais tort. Je n’ai trouvé la véritable identité du coupable que deux-trois pages avant qu’il ne soit effectivement révélé, et même si cette révélation ne m’a pas fait tomber des nues, elle m’a quand même surprise.
La fin m’a un peu frustrée. Je ne dirai pas que le roman se termine en cliffhanger parce qu’à priori, il n’y aura pas de suite, mais disons qu’il laisse une (grosse) question en suspens et que j’aurais bien aimé savoir si le personnage concerné va s’en sortir ou pas.

En conclusion, je suis plus que satisfaite de cette lecture. Sebastian Fitzek maitrise le suspense psychologique à la perfection et j’ai la ferme intention de lire tous ses autres romans dans les plus brefs délais.

vendredi 14 juin 2013

Thérapie de Sebastian Fitzek

Titre : Thérapie (Die Therapie)
Auteur : Sebastian Fitzek (Allemagne)
Date de parution : 2006 en Allemagne, 2008 en France
Editeur : l'Archipel
Nombre de pages : 278


Résumé : 
Josy, douze ans, la fille du célèbre psychiatre berlinois Viktor Larenz, est atteinte d'une maladie qu'aucun médecin ne parvient à diagnostiquer. Un jour, après que son père l'a accompagnée chez l'un de ses confrères, elle disparait.

Quatre ans ont passé. Larenz est toujours sans nouvelles de sa fille quand une inconnue frappe à sa porte. Anna Spiegel, romancière, prétend souffrir d'une forme rare de schizophrénie : les personnages de ses récits prennent vie sous ses yeux. 

Or, le dernier roman d'Anna a pour héroïne une fillette souffrant d'un mal étrange, qui s'évanouit sans laisser de traces... Le psychiatre n'a dès lors plus qu'un seul but, obsessionnel : connaître la suite de son histoire. 

Mon avis :
Viktor Larenz est un psychiatre de renom. Toutefois, quatre ans après la disparition tout aussi brutale qu’incompréhensible de sa fille Josy, douze ans, alors qu’elle venait de consulter un énième médecin pour tenter de diagnostiquer l’étrange maladie dont elle souffrait, il décide de cesser d’exercer et se retire sur l’île de Parkum, où il avait l’habitude de passer ses vacances dans son enfance. C’est alors qu’une jeune femme se présente à lui : Anna Spiegel, écrivain, prétend souffrir de graves crises de schizophrénie durant lesquelles les personnages de ses romans prennent vie sous ses yeux, et voudrait être suivie par le docteur Larenz. D’abord réticent, l’intérêt de Viktor pour sa nouvelle patiente se ravive soudainement lorsqu’il découvre que le dernier roman d’Anna, dont elle n’a écrit que quelques chapitres, présente des ressemblances troublantes avec l’histoire de sa fille disparue. Trop pour être de simples coïncidences. Anna saurait-elle quelque chose qui pourrait lui permettre de retrouver sa fille ? Alors que la tempête fait rage sur l’île débute un huis clos angoissant, un compte à rebours vers la vérité sur ce qui est arrivé à Josy.

Ce récit est en fait raconté rétrospectivement, puisqu’on sait dès le début que Viktor est interné dans un hôpital psychiatrique spécialisé pour les patients les plus difficiles.
Bien que la narration se fasse à la troisième personne, nous vivons vraiment l’histoire en même temps que l’ex-psychiatre, nous n’en savons pas plus que lui. Exactement comme lui, on subit les évènements, on se demande s’il faut faire confiance à Anna ou non, et on sent l’ambiance se faire de plus en plus oppressante à mesure que les mystères s’accumulent ainsi que les évènements étranges et inquiétants, ambiance renforcée par le déchaînement des éléments à l’extérieur de la petite maison de Viktor.

La raison pour laquelle le docteur Larenz s’est retrouvé « de l’autre côté de la barrière » semble rapidement apparaître comme évidente, mais détrompez vous, rien n’est simple dans ce roman ! C’est mon premier roman de Sebastian Fitzek donc j’ignore s’il est coutumier du fait ou non, mais dans Thérapie, il est impossible d’avoir la moindre certitude sur l’issue du roman. Et même lorsque vous pensez en avoir, l’auteur prend un malin plaisir à vous les faire voler en éclats avec un nouvel élément qui rend le mystère complet à nouveau.
En fait, je comparerai cette lecture à la reconstitution d’un puzzle de mille pièces dont vous n’avez pas le modèle sous les yeux. Au départ, les pièces éparpillées ne vous donnent aucune idée de ce que peut bien être le motif, puis à mesure que vous assemblez les pièces entre elles, vous émettez des hypothèses qui changent à chaque fois que vous avez reconstitué un nouveau fragment, et ce n’est qu’après avoir posé la dernière pièce que vous avez l’image dans son intégralité. Oui, vraiment la toute dernière pièce, pas l’avant dernière. Car ici, c’est bien l’épilogue qui vous révèle le fin mot de l’histoire, un dernier rebondissement tout aussi inattendu que les autres.

Puisque j’en suis à parler de la fin, il faut que j’en profite pour vous parler aussi du dénouement. Il m’a tellement surprise ! Même si j’avais effectivement trouvé un des éléments de la conclusion (un seul !), j’étais très loin d’avoir tout deviné et je ne m’attendais absolument pas à ce que l’intrigue ne se résolve comme ça. Thérapie peut sans aucun doute figurer au palmarès des romans-dont-le-dénouement-m’a-laissée-sans-voix. En fait, j’ai continué à y repenser longtemps après avoir refermé le livre, me demandant « mais attends, pourquoi il s’est passé ça à tel moment alors ? ». Et je n’ai pas trouvé de faille, aucune de mes questions n’est restée sans réponse. Ce roman est une machine parfaitement huilée, tout tombe en place une fois qu’on a reconstitué le puzzle. Chapeau bas, Herr Fitzek !

mardi 21 mai 2013

Deux soeurs pour un roi de Philippa Gregory

Titre : Deux sœurs pour un roi (The other Boleyn girl)
Auteur : Philippa Gregory (Angleterre)
Date de parution : 2001 en Angleterre, 2008 en France
Editeur : l'Archipel
Nombre de pages : 520




Résumé :
"Je serai sombre, française, à la mode et difficile ; vous serez douce, ouverte, anglaise et belle. Quelle paire nous formerons ! Quel homme pourrait nous résister ?" Tels sont les premiers mots prononcés par Anne Boleyn à l'endroit de sa sœur Marie quand elle la rejoint, en 1522, à la cour d'Angleterre.

Introduite au palais de Westminster, à l'âge de 14 ans, Marie Boleyn séduit le roi Henri VIII auquel elle donnera deux enfants. D'abord éblouie par le souverain, elle comprend qu'elle sert d'appât au milieu des complots dynastiques. Quand l'intérêt du roi pour elle s'émousse, Anne est chargée de le séduire à son tour.

Désir, haine, ambitions, trahisons... Se déroulant sur quinze ans, cette fresque historique, racontée à la première personne par Marie Boleyn, dépeint les rivalités au sein de la dynastie des Tudor. Une histoire tragique : Anne, deuxième épouse de Henri VIII et mère de la future reine Elisabeth I, connaîtra un destin funeste...

Mon avis :
Complots, sexe et trahisons à la cour du Roi : voilà comment on pourrait résumer, en quelques mots, ce roman retraçant l’ascension et la chute d’Anne Boleyn, seconde épouse du roi d’Angleterre Henri VIII.

J’ai pu lire pas mal de critiques négatives à propos de ce roman, reprochant à l’auteure de prendre trop de libertés avec l’histoire. De mon côté, je ne me suis pas du tout intéressée à l’aspect historique : je connais très peu l’histoire d’Angleterre (j’ai déjà des lacunes concernant l’histoire de France…), j’ai donc pris ce livre comme une fiction – basée sur des faits réels et mettant en scène des personnages ayant existé, certes, mais je l’ai vraiment lu comme un roman et non comme une biographie d’Anne Boleyn, aussi je ne jugerai pas le degré de véracité historique contenu dans ces pages.

Cette fiction historique nous est racontée à la première personne par Marie, la sœur d’Anne, et en cela je trouve que le titre original, The other Boleyn girl, est beaucoup plus parlant que le titre français Deux sœurs pour un roi. En effet, Marie est l’autre fille Boleyn, toujours dans l’ombre de sa sœur même quand elle est elle-même la favorite du roi. Je me suis rapidement attachée à ce personnage, qui apparaît comme innocente, fragile, constamment tiraillée entre l’envie de suivre ses désirs et sa « conscience » qui lui rappelle qu’elle est une fille Boleyn et doit servir sa famille avant tout comme il est le devoir des femmes à l’époque.
En revanche, Anne ne m’a absolument pas touchée. J’ai l’impression que l’auteure ne l’aime pas du tout et cherche à tout prix à nous la faire détester également. Elle est présentée sous son plus mauvais jour, égoïste, arriviste, pour elle la fin justifie les moyens. Son arrogance, qui s’amplifie à mesure qu’elle monte en hiérarchie me l’a vraiment rendue antipathique et même si elle n’a pas la vie facile, je n’ai à aucun moment pu m’émouvoir de son sort. A la fin, j’étais beaucoup plus touchée par le sort réservé à George, le frère d’Anne et Marie, que par celui d’Anne qui pourtant est tout aussi injuste et tragique.

Ce n’est pas une lecture facile, c’est très dense, même s’il y a quelques longueurs, l’auteure s’attarde parfois sur des parties de chasse, des bals etc. qui n’apportent pas grand-chose à l’histoire bien qu’ils soient racontés en détail. J’ai lu un certain nombre de passages en diagonale du fait qu’ils m’ennuyaient vraiment. C’est également très facile de se perdre parmi les personnages. Il y en a beaucoup et comme il s’agit de personnes ayant existé l’auteure ne les présente pas vraiment, du coup pour quelqu’un comme moi qui ne s’y connait pas tellement en histoire d’Angleterre ce n’est pas toujours facile de s’y retrouver. Le vocabulaire employé est aussi un peu déroutant au début, il s’agit du vocabulaire de l’époque, avec beaucoup de passés simples et d’expressions complètement désuètes. On s’y habitue rapidement mais c’est une des raisons pour lesquelles j’ai eu un peu de mal à rentrer dans le roman.

Ce qui fait le point fort de ce roman selon moi c’est qu’il dépeint de manière très juste les relations fraternelles dans le trio Boleyn. On sent parfaitement la rivalité entre les deux filles, basée sur un mélange d’amour, de haine et de jalousie, ainsi que la relation assez ambigüe qu’entretiennent George et Anne. Ce n’est peut-être pas ce type de relations qu’avaient les frères et sœurs Boleyn dans la réalité mais au niveau fiction je trouve la psychologie des personnages très travaillée et très juste.
Ce roman met également en lumière la place des femmes dans la société au XVIe siècle, à savoir : aucune. Elles sont soumises à leur famille, puis à leur époux, et leur rôle se limite à faire un bon mariage afin de permettre à leur famille une ascension sociale. Il est clairement dit qu’une fille ne sert à rien.

Quelque chose qui m’a interpelée dans ce récit c’est le nombre de scènes de sexe. Bon, ce n’est pas un roman érotique non plus, mais j’ai quand même été surprise de trouver autant de scènes de ce genre dans un tel roman. J’ai été d’autant plus étonnée de la manière dont les personnages parlaient de sexe, avec aisance bien que les mœurs dans ce domaine étaient beaucoup moins ouvertes au XVIe siècle qu’elles ne le sont aujourd’hui. A tel point que je me demande même s’il ne s’agit pas d’un anachronisme…

Pour conclure, c’est un livre qui m’a ouvert les portes du genre historique, je crois même qu’il s’agit de mon premier roman historique, et l’initiation est réussie. Je n’ai pas eu de coup de cœur, mais je garde un bon souvenir de cette lecture et je pense retenter l’expérience du roman historique bientôt.