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samedi 30 mai 2015

Les lieux sombres de Gillian Flynn


Titre : Les lieux sombres
Titre original : Dark Places - traduit par Héloïse Esquié
Auteur : Gillian Flynn (Etats-Unis)
Editeur : Le livre de poche
Date de parution : 2011
Nombre de pages : 506

Libby Day a sept ans lorsque sa mère et ses deux sœurs sont assassinées dans leur ferme familiale. Rescapée par miracle, la petite fille désigne le meurtrier à la police, son frère Ben, âgé de 15 ans. Ce fait divers émeut tout le pays, et la jeune Libby devient un symbole de l'innocence bafouée. Vingt-cinq ans plus tard, alors que son frère est toujours derrière les barreaux, Libby, qui ne s'est jamais remise du drame, souffre de dépression chronique. Encouragée par une association d'un type très particulier, elle accepte pour la première fois de revisiter les lieux sombres de son passé. C'est là, dans un Middle West désolé, dévasté par la crise économique et sociale, qu'une vérité inimaginable commence à émerger. Et Libby n'aura pas d'autre choix pour se reconstruire, et peut-être enfin recommencer à vivre, que de faire toute la lumière sur l'affaire, quelles qu'en soient les conséquences.


Gillian Flynn m’avait déjà impressionnée par sa capacité à manipuler son lecteur dans Les Apparences, et voilà un autre de ses chefs-d’œuvre.

Libby Day avait sept ans quand sa famille entière s’est fait assassiner sous ses yeux. Seule survivante du massacre, elle désigne sans hésitation son frère aîné, Ben, comme le coupable. 25 ans plus tard, elle est contactée par un groupe de personnes persuadées de l’innocence de Ben qui voudraient que Libby revienne sur son témoignage et aide à faire la lumière sur les circonstances de la mort de la famille Day. Au départ, elle ne veut pas en entendre parler, mais comme elle a besoin d’argent et qu’on lui propose de la payer pour qu’elle se replonge dans son passé, elle finit par accepter. Et petit à petit, le doute commence à s’infiltrer en elle. Et si Ben était innocent, après tout ?

Libby n’est pas un personnage sympathique – égoïste, menteuse et voleuse, elle vit sur l’argent qu’elle a reçu grâce aux dons de personnes qui ont pris son histoire en pitié lorsqu’elle était enfant, et elle refuse de prendre un emploi même quand l’argent commence à manquer. Je veux bien admettre qu’elle a des circonstances atténuantes vu le traumatisme qu’elle a subi étant petite, mais même avec ça, il est difficile de ne pas la trouver antipathique. Mais qu’importe, les romans de Gillian Flynn n’ont pas besoin de personnages appréciables pour être appréciés.

La narration alterne entre les investigations de la Libby d’aujourd’hui sur son passé, et le récit presque heure par heure de la journée précédant la tragédie, à travers les yeux de Patty, la mère, et Ben, le grand frère accusé du meurtre. Je pense que les flashbacks ont été mes passages préférés – on y voit la famille de Libby aux prises avec la crise économique dans l’Amérique rurale des années 80, et surtout on se rend compte petit à petit que rien n’est aussi simple que ce que pensait Libby – tout le monde a ses zones d’ombres, et on se retrouve rapidement avec plusieurs personnes qui pourraient avoir une bonne raison de s’en prendre à la famille Day. C’est ce que j’aime dans les romans de Gillian Flynn : elle a un immense talent pour dépeindre des personnages psychologiquement complexes et aux multiples facettes.

L’ambiance générale du roman est sombre et perturbante, mais elle ne tarde pas à vous emporter tout de même. Je me suis retrouvée à dévorer le livre en deux jours à peine malgré ses plus de 500 pages, juste parce qu’il FALLAIT que je connaisse le fin mot de l’histoire. Les indices s’accumulent doucement, mais chaque nouvel élément fait apparaître un nouveau mystère. Bon, il n’y avait pas de rebondissement aussi énorme que celui dans Les Apparences, mais j’ai tout de même été surprise lorsque les circonstances du meurtre sont révélées. Et finalement, j’ai préféré Les lieux sombres aux Apparences.  Il a réussi à m’embarquer totalement et ça faisait bien longtemps qu’un roman n’avait pas réussi à m’accrocher à ce point !

En bref, j’ai eu un vrai coup de cœur pour ce thriller psychologique. J’ai désormais hâte de me plonger dans Sur ma peau, le dernier roman de Gillian Flynn qu’il me reste à découvrir.

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En bonus, le trailer du (très bon) film adapté du roman :


mercredi 23 juillet 2014

Les Apparences de Gillian Flynn






Titre : Les apparences
Titre original : Gone Girl -  traduit par Héloïse Esquié
Auteur : Gillian Flynn (Etats-Unis)
Date de parution : 2012 aux Etats-Unis comme en France
Editeur : Sonatine
Nombre de pages : 570






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Amy, une jolie jeune femme au foyer, et son mari, Nick, forment en apparence un couple modèle.
Victimes de la crise financière, ils ont quitté Manhattan, leur vie aisée, leur travail dans la presse, pour s’installer dans la petite ville du Missouri où Nick a grandi.
Le jour de leur cinquième anniversaire de mariage, celui-ci découvre dans leur maison un chaos indescriptible : meubles renversés, cadres brisés aux murs et aucune trace de sa femme. L’enquête qui s’ensuit prend vite une orientation inattendue : aux yeux de la police, chaque petit secret entre époux et autres trahisons sans importance de la vie conjugale prennent une importance inimaginable et Nick devient bientôt un suspect idéal.
Alors qu’il essaie désespérément de son côté de retrouver sa femme, celui-ci découvre qu’elle aussi lui dissimulait beaucoup de choses, certaines sans gravité, d’autres bien plus inquiétantes.


« A quoi tu penses, Amy ? La question que j’ai posée le plus souvent pendant notre mariage, même si ce n’était pas à haute voix, même si ce n’était pas à la personne qui aurait pu y répondre. Je suppose que ces questions jettent une ombre funeste sur tous les mariages : A quoi penses-tu ? Comment te sens-tu ? Qui es-tu ? Que nous sommes-nous fait l’un à l’autre ? Qu’allons-nous faire ? »

Il est très difficile d’écrire une chronique de ce livre sans trop en dévoiler, tant il recèle de surprises. Mais je vais faire de mon mieux.

Le jour de leur cinquième anniversaire de mariage, Nick rentre chez lui pour découvrir que son épouse, Amy, a disparu. Il semblerait qu’elle ait été enlevée, étant donné les traces de lutte dans le salon. Et pour Nick, le cauchemar ne fait que commencer. Car très vite, toutes les pistes mènent à un seul coupable : lui-même. Décidé à retrouver sa femme et à prouver son innocence, Nick mène l’enquête de son côté, et découvre petit à petit que la femme qu’il a épousée et qu’il croyait connaître est en réalité une étrangère...

Les Apparences est présenté comme un thriller palpitant et bourré de suspense. Sur ce point je ne suis pas du tout d’accord. Je n’ai pas trouvé cette lecture palpitante, et je n’ai pas été prise par un suspense à couper le souffle. Je pense que ce roman serait beaucoup mieux décrit par la formule « thriller psychologique magistral ». Parce que Gillian Flynn a parfaitement réussi à créer des personnages (un en particulier) extrêmement complexes et à plonger au fond de leur esprit torturé. Et surtout, elle excelle à embrouiller les pensées de son lecteur pour l’emmener exactement là où elle veut l’emmener.

Le roman est découpé en trois parties, mais pour ne pas spoiler je ne pourrais vous parler que de la première. Nous y suivons en parallèle nos deux personnages principaux. D’un côté Nick, le mari, un ancien journaliste de la presse magazine ayant perdu son emploi lors de l’essor de la presse Internet, qui tient désormais un bar avec sa sœur dans leur ville natale. Un homme sans histoire, assez ordinaire. Nous le suivons à partir du moment où il constate la disparition de sa femme, puis quand petit à petit l’étau se resserre autour de lui tandis que la police et l’opinion publique font de lui le coupable idéal et n’attendent plus que la preuve irréfutable qu’il est bien le meurtrier qu’ils recherchent.
De l’autre côté, Amy, l’épouse. Une petite fille gâtée de Manhattan, qui a toujours été riche et choyée par ses parents à qui elle a inspiré une série de livres pour enfants à succès : « l’épatante Amy ». Epatante, c’est tout à fait le mot pour décrire Amy. C’est son journal intime que nous lisons, à partir du moment où elle rencontre Nick, et jusqu’à la veille de sa disparition. Et c’est grâce à ce journal que l’on se rend compte que le couple apparemment sans histoires en a quelques unes, des histoires, et que le mari comme la femme ont quelques squelettes dans le placard.
Cette première partie peut sembler un peu longue et regorgeant de détails sans importance, mais croyez moi, chaque détail a son importance.

Et puis vient la seconde partie, aka le coup de poignard, aka le rebondissement qui vous fait dire « hein quoi mais comment c’est possible ?!? », et qui vous fait totalement revoir vos opinions sur la situation et ses protagonistes. J’avais échafaudé tout un tas de scénarios pendant la première partie, parce qu’on voit bien qu’il y a des choses qui ne collent pas, mais je n’aurais jamais pu imaginer un truc pareil. Quand je vous disais que Gillian Flynn savait s’y prendre pour vous mener en bateau !
(C'était à peu près ma réaction au moment de ce fameux rebondissement)
C’est à partir de ce moment que je me suis rendue compte que ce roman était vraiment passionnant, machiavélique, et que je suis devenue accro.

Bon, mais dans ce cas, pourquoi ne pas en avoir fait un coup de cœur ? Eh bien, tout simplement à cause de la fin. J’ai été très déçue par la manière dont le roman se conclut. Ce n’est pas le fait que justice ne soit pas totalement rendue qui m’a dérangée – on sait tous que la vie est injuste, et comme j’aime que les romans soient réalistes, je ne m’attends pas à ce que se soit toujours les gentils qui gagnent à la fin (même si j’aime bien quand c’est le cas, parce que je suis un peu Bisounours sur les bords). Non, ce qui m’a gênée, c’est que cette fin est trop simple, pas à la hauteur de la complexité du roman. « Tout ça pour ça », c’est exactement ce que je me suis dit en tournant la dernière page.

Néanmoins, Les Apparences est vraiment un thriller psychologique de haute volée, qui m’a bluffée et que je recommande chaudement. C’est vrai que je m’attendais à une fin plus spectaculaire, mais après tout, dans la vie, les fins ne sont pas toujours spectaculaires.

Je vous le recommande si : vous aimez les thrillers psychologiques.


Le roman va être adapté en film par David Fincher. Sortie prévue le 8 octobre.
Je suis curieuse de voir ce que ça va donner, parce que je dois dire que je ne vois pas trop comment on peut rendre justice à ce roman et aux trésors de manipulation qu’il déploie dans un film. Mais j’espère me tromper !