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mercredi 31 juillet 2013

Train d'enfer pour Ange rouge de Franck Thilliez


Titre : Train d’enfer pour Ange rouge
Auteur : Franck Thilliez (France)
Date de parution : 2003
Editeur : Pocket
Nombre de pages : 436


Résumé :
Un cadavre en morceaux artistiquement répartis est retrouvé aux environs de Paris. La victime a été décapitée et son corps martyrisé a fait l’objet d’une mise en scène défiant l’imagination.
Le commissaire Franck Sharko est dépêché sur les lieux. Les ténèbres, il connaît : sa femme a disparu depuis six mois. Aucun signe de vie, aucune demande de rançon. Et cette nouvelle affaire, en réveillant le flic qui dormait en lui, va l’emmener au cœur de la nuit, loin, beaucoup trop loin…

Mon avis :

Train d’enfer pour Ange rouge est le premier roman de l’excellent auteur français de thrillers Franck Thilliez (ou tout du moins son premier roman à succès, car il avait écrit avant Conscience animale, mais personne ou presque n’en a entendu parler). C’est le premier roman mettant en scène le commissaire Franck Sharko, que j’avais découvert dans le dyptique de la violence (Le syndrome [E] et [Gataca]) et sur lequel j’avais vraiment envie d’en savoir plus.

Train d’enfer pour Ange rouge commence avec la découverte du cadavre atrocement mutilé et artistiquement disposé d’une jeune femme dans sa maison en banlieue parisienne. Le commissaire Franck Sharko, en charge de l’enquête, se retrouve face à un tueur en série particulièrement cruel qui prend un malin plaisir à faire endurer les pires tortures à ses victimes et à jouer avec la police. Déjà brisé par la disparition aussi brutale qu’inexpliquée de son épouse six mois plus tôt, le commissaire Sharko va se lancer corps et âme dans la traque de l’assassin et plonger au cœur des milieux les plus sordides de la capitale.

Autant prévenir tout de suite, il s’agit d’un roman plutôt gore et violent. C’est assez différent du Syndrome [E] et de [Gataca] même si le même personnage principal est le même. Si je devais absolument faire une comparaison avec un autre roman de l’auteur, je dirais que j’ai plus retrouvé ici le Franck Thilliez de L’anneau de Moebius. Tout ça pour dire : âmes sensibles, fuyez ! Déjà les descriptions des cadavres sont assez sanglantes, mais en plus il est aussi question de sadomasochisme, de torture d’animaux (et d’êtres humains aussi, parce que le tueur est loin d’être tendre avec ses victimes), j’en passe et des meilleures. Donc préparez vous !

L’intrigue est intéressante, toutefois elle n’a pas réussi à me passionner autant qu’elle ne l’aurait dû. Ce qui est entièrement ma faute, et non celle de l’auteur, puisque comme j’ai déjà lu le dyptique de la violence qui chronologiquement se déroule après Train d’enfer pour Ange rouge, je savais déjà ce qu’il allait advenir de la femme de Sharko. Et comme cette affaire là est liée à l’affaire de meurtre qui nous occupe, forcément ça m’a spoilé une bonne partie du suspense notamment à la fin. Je pense que j’aurais beaucoup plus aimé sinon. Parce qu’il y a vraiment du suspense vers la fin, et l’identité du coupable m’a totalement surprise : je n’avais jamais soupçonné ce personnage, et j’étais loin d’imaginer un tel mobile pour les crimes.
En même temps, ce mobile m’a déçue. Je ne vais bien évidemment pas vous révéler de quoi il s’agit, mais disons que je l’ai trouvé trop banal, par rapport au reste du roman qui nous laisse imaginer un tueur psychopathe (enfin, c’est vraiment un psychopathe, parce que pour faire ce qu’il fait il faut quand même être un peu (beaucoup) dérangé) avec un mobile un peu mystique. Certes, le mobile beaucoup plus terre à terre est peut-être plus réaliste, mais je n’ai quand même pas pu m’empêcher de penser « ah, tout ça pour ça ? »

Je voulais aussi parler un peu de Sharko, parce que j’aime vraiment beaucoup ce personnage. De toute façon, je pense qu’il est impossible de ne pas éprouver de la sympathie pour lui vu tout ce qui lui arrive. Comme je l’ai déjà mentionné plus tôt dans cette chronique, il a perdu toute trace de sa femme depuis six mois et en plus de ça l’affaire dans Train d’enfer pour Ange rouge continue à toucher des personnes de son entourage proche. Comme si ça ne suffisait pas déjà, je sais que dans les prochains romans la vie va continuer à s’acharner sur lui. J’espère vraiment qu’à un moment où un autre Thilliez va décider d’être un peu plus clément avec son héros, parce qu’il le mérite vraiment.

En conclusion, je garderai un bon souvenir de cette lecture. A certains moments, j’étais complètement scotchée, à d’autres beaucoup moins, c’est pourquoi ce n’est pas un coup de cœur. Mais quoi qu’il en soit, ça ne fait aucun doute que Franck Thilliez est une valeur sûre du thriller et pour les amateurs du genre, ce serait dommage de passer à côté de son œuvre. 

lundi 1 avril 2013

[Gataca] de Franck Thilliez

Titre : [Gataca]
Auteur : Franck Thilliez (Français)
Nombre de pages : 600
Editeur : Pocket

Résumé : 
Quel lien entre onze psychopathes gauchers et l'homme de Cro-Magnon ?
Alors que Lucie Hennebelle peine à se remettre de ses traumatismes, l'ex-commissaire Sharko se voit relégué à des enquêtes de seconde zone. Telle la découverte du corps de cette jeune scientifique, battue à mort par un grand singe.
A nouveau réunis pour le pire, les deux flics plongent aux origines de la violence, là où le génome humain détermine son avenir : l'extinction.
Bienvenue à GATACA...

Mon avis :
Après Le syndrome [E], Franck Thilliez signe ici le deuxième et dernier tome du diptyque consacré à la violence. Il peut être lu indépendamment, toutefois je vous conseille fortement de lire Le syndrome [E] avant d'attaquer [Gataca]. Il s'inscrit vraiment dans la continuité, notamment au niveau des personnages, et plusieurs références y sont faites.

Dans les dernières pages du syndrome [E], on quittait Lucie Hennebelle et Franck Sharko sur un terrible évènement, et avec plein de questions laissées en suspens. Dans [Gataca], on les retrouve un an plus tard. Cet évènement (je ne révélerais pas ce dont il s'agit pour ne pas spoiler) a séparé le couple d'enquêteurs. Tandis que Lucie, qui a démissionné de la police, tente de se remettre de ses traumatismes, de son côté, Sharko a demandé à être rétrogradé au poste de lieutenant dans la police criminelle pour retrouver le terrain, par exemple avec cette enquête sur le corps d'une jeune femme retrouvée morte, tuée par un grand singe - du moins, c'est ce qu'il semble au premier abord. En réalité, cette femme, étudiante en train de rédiger une thèse sur le rapport entre latéralité et violence, a été sauvagement assassinée. Qui pourrait en vouloir à une étudiante apparemment sans histoires ? Qu'a découvert la thésarde, qui ne doit être révélé sous aucun prétexte ? 
Cette affaire impliquant Lucie personnellement, le duo de flics se trouve à nouveau réuni pour une plongée au coeur de la violence et de ses origines.

Dans Le syndrome [E], Thilliez interrogeait la propagation de la violence de manière horizontale, par le biais de l'image au sein d'une société. Dans [Gataca], il s'intéresse à la diffusion verticale de la violence. Le gène de la violence existe-il réellement ? Peut-on génétiquement transmettre la violence ? Voilà de quoi donner matière à réflexion. De ce fait, [Gataca] est un thriller "intelligent", qui mobilise de réelles connaissances scientifiques sur la théorie de l'Evolution, la génétique, la molécule d'ADN, mais sans pour autant être difficile à lire, bien au contraire, les pages se tournent très vite et sans aucune difficulté, même si certaines pourraient sortir tout droit de livres de biologie. Moi qui n'ai jamais été calée en sciences physiques, j'ai tout compris, d'ailleurs j'ai même appris plein de choses à la lecture de ce roman.

Passons maintenant à l'intrigue. On a une jeune scientifique assassinée alors qu'elle semblait avoir découvert une relation entre latéralité et violence dans le cadre de sa thèse. On a également une famille de Néandertaliens sauvagement éliminée par un Cro-Magnon. Et enfin, on a des psychopathes gauchers et intolérants au lactose. Et on se demande, mais comment l'auteur va-t-il pouvoir relier tout ça ?! Et bien, il y arrive. Petit à petit, les indices s'accumulent, les pistes convergent et le rythme s'accélère jusqu'à atteindre son point culminant au tout dernier chapitre, d'ailleurs ce dernier chapitre alterne les points de vue des deux personnages à chaque paragraphe ce qui nous rend totalement accrochés puisqu'on veut savoir ce qu'il va arriver à l'un et à l'autre.

Quant aux personnages, ils sont extrêmement détaillés et complexes, et prennent de la consistance au fur et à mesure de leurs apparition dans les romans. Ce sont deux personnages torturés, que la vie n'a pas épargné par le passé, et continue à malmener. Il est totalement impossible de ne pas profondément s'attacher à ce duo atypique. J'ai hâte de les retrouver dans Atom[ka], mais avant, je pense lire les romans les mettant en scène séparément, avant le Syndrome [E] qui est le roman dans lequel leur aventure commune débute, afin d'en apprendre un peu plus sur leur passé, riche en évènements pour l'un comme pour l'autre.

En conclusion, le Syndrome [E] m'avait conquise, [Gataca] encore plus. La seule chose que je pourrais reprocher à ce thriller, c'est que l'un des personnages s'appelle un coup Ludivine Tassin, un coup Ludivine Dassin. Mais ce n'est pas un personnage principal, elle n’apparaît qu'une seule fois dans le roman, donc cela n'enlève vraiment rien à la qualité magistrale de ce roman. J'oserai même dire qu'il s'agit de mon premier coup de coeur de 2013. Un roman qui fait froid dans le dos, que je conseille à tous les amateurs de thrillers.

samedi 16 mars 2013

Le syndrome [E], Franck Thilliez

Titre : Le syndrome [E]
Date de parution : octobre 2010



Résumé :
Un film mystérieux et malsain qui rend aveugle...
Voilà de quoi gâcher les vacances de Lucie Hennebelle, lieutenant de police à Lille, et de ses deux adorables jumelles.

Cinq cadavres retrouvés atrocement mutilés, le crâne scié...
Il n'en fallait pas plus à la Criminelle pour rappeler le comissaire Franck Sharko en congé forcé pour soigner ses crises de schizophrénie.

Deux pistes pour une seule et même affaire qui va réunir Hennebelle et Sharko, si différents et pourtant si proches dans leur conception du métier.
Des bidonvilles du Caire aux orphelinats du Canada des années cinquante, les deux nouveaux équipiers vont mettre le doigt sur un mal inconnu, d'une réalité effrayante et qui révèle que nous pourrions tous commettre le pire.
Car aujourd'hui, ceux qui ne connaissent pas le syndrome E, ne savent pas encore de quoi ils sont capables...

Mon avis :
Le résumé m'avait accrochée, mais sans plus. En revanche, dès les premières pages, j'ai été captivée. Déjà, j'aime le style d'écriture de Thilliez, assez simple, pas de phrases de dix kilomètres un peu lourdes, c'est très fluide, et même si les thèmes abordés (j'y reviendrai plus tard) sont assez techniques, on arrive à suivre sans aucun problème.
Je me suis rapidement attachée au duo détonnant que forment les deux personnages principaux, personnages assez complexes avec un lourd passé (mais n'ayant  pas lu les précédents romans les mettant en scène, je pense qu'il me manque des éléments pour vraiment les comprendre, notamment par rapport à la maladie de Sharko)

Quant à l'intrigue elle-même, elle m'a fascinée ! J'ai été impressionnée par l'importance et la précision des connaissance dans les domaines abordés, que ce soit la neurologie, la cinématographie, les orphelins, etc... - je n'imagine même pas le nombre d'heures de recherche qu'il a fallu à l'auteur pour réunir et assimiler toutes ces informations ! 
On est tenu en haleine durant toute la lecture, avec des plusieurs pistes qui se recoupent petit à petit, des chapitres coupés juste au bon endroit pour nous empêcher de poser le livre, on veut savoir la suite ! Et c'est un thriller qui donne naissance à réflexion, sur la violence, le libre-arbitre, la société d'images, pas uniquement de l'action, du gore, des courses-poursuites et des bains de sang comme dans les thrillers à l'américaine.

Bref, je suis convaincue ! Il me tarde de lire Gataca, la suite du syndrome [E], car la fin laisse le lecteur sur sa... faim ! Un tel suspense juste à la dernière page, et laisser le lecteur sans réponse, c'est inhumain !