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jeudi 21 mai 2015

L'esclave (Prince Captif #1) de C.S. Pacat



Titre : L'esclave (Prince Captif #1)
Titre original : Captive Prince #1 - traduit par Louise Lafon
Auteur : C.S Pacat (Australie)
Editeur : Milady
Date de parution : 29 mai 2015
Nombre de pages : 316

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Damen est un héros pour son peuple, et le légitime héritier du trône d'Akielos. Mais lorsque son demi-frère s'empare du pouvoir, Damen est capturé, dépouillé de son identité et offert comme esclave au prince d'un royaume ennemi.


Disons le d’entrée : ce livre m’a énormément déçue. Pas qu’il soit mauvais, je pense plutôt qu’il a été mal présenté – c’est plus de l’érotique que de la fantasy, or je suis une lectrice de fantasy, pas d’érotique.

A la mort du roi d’Akielos, son fils Damen aurait dû lui succéder, mais c’est finalement Kastor, le demi-frère de ce dernier, qui s’empare du trône à sa place, et l’envoie à Vère, le royaume ennemi, pour servir comme esclave du prince Laurent. Je ne savais pas que par « esclave », l’auteure entendait « esclave sexuel ». Si j’avais su, j’aurais abordé le roman d’une toute autre manière. Je ne l’aurais peut-être pas plus aimé, mais au moins je ne serais pas tombée d’aussi haut.

Je m’attendais à un roman de fantasy mettant en scène deux princes ennemis obligés de faire équipe contre un ennemi commun, sur fond d’intrigues politiques, complots et rivalités. Alors oui, il y a un peu de ça, je ne vais pas le nier. Mais c’était loin d’être suffisamment mis en avant à mon goût. Cet arrière-plan de fantasy, avec les complots et les rivalités entre royaumes, c’est ce qui m’a le plus intéressée dans ce roman, et ce qui a fait que je l’ai lu jusqu’au bout, mais l’auteure survole beaucoup de choses, c’est dommage. Par exemple, on sait qu’Akielos et Vère sont ennemis, mais on ne sait pas trop pourquoi. De même, les différences culturelles entre les deux royaumes, qu’on devine nombreuses, ne sont pas développées. On en entraperçoit quelques unes à travers les réflexions de Damen, mais c’est tout.

Au final, il semble que le côté fantasy n’est là que pour justifier la partie érotique de l’histoire, et c’est vraiment ça qui m’a le plus dérangée. Ca m’agace vraiment quand les auteurs n’assument pas qu’ils écrivent de l’érotique et essaient de faire passer ça pour de la fantasy/du thriller/n’importe quoi d’autre en ajoutant une pseudo-intrigue d’un autre genre derrière. Il n’y a rien de mal à lire/écrire de l’érotique, alors une bonne fois pour toutes, annoncez-le clairement, comme ça ces romans éviteront de tomber dans les mains des mauvais lecteurs ! Parce qu’il est clair que je n’étais pas le bon public pour ce livre. Déjà, les scènes de sexe détaillées ont tendance à me mettre mal à l’aise, alors la culture de Vère, avec tout ce qu’elle comporte de débauche et d’orgies, m’a vraiment gênée. Bon, avant que vous ne me fassiez dire ce que je n’ai pas dit : ce n’est pas parce que toutes les relations sexuelles dépeintes sont homosexuelles que ça m’a déplu. C’aurait été exactement pareil s’il avait été question de relations hétérosexuelles. C’est simplement l’ambiance générale, avec cette tension sexuelle constante, et également le fait que le viol et la pédophilie sont totalement acceptés dans cette société qui m’a autant dérangée.

Je ne me suis pas non plus attachée aux personnages. Laurent est sans doute le plus intéressant puisque c’est de loin celui qui possède la personnalité la plus complexe, mais j’aurais aimé que l’auteure aille plus loin dans l’exploration de sa personnalité et de son histoire. Pour moi, il est seulement apparu comme froid, égoïste et manipulateur. Je me doute qu’il y a un autre homme derrière le masque, mais les quelques moments où on aperçoit d’autres facettes de sa personnalité étaient trop peu nombreux pour me donner une autre opinion de lui. Quant à Damen, et bien... on suit l’histoire à travers ses yeux, mais au final je n’ai pas l’impression de le connaître vraiment. Oh, et ne vous attendez pas à une romance entre les deux. Il n’y en a pas.

En bref, Prince Captif semblait prometteur mais mon enthousiasme est retombé bien vite puisque je me suis vite rendu compte que je ne faisais pas du tout partie du public visé. Peut-être que les fans de romans érotiques apprécieront, mais pour moi l’ambiance était trop crue et limite malsaine, et le côté fantasy pas assez mis en avant pour réellement m’intéresser.


Je vous le recommande si : Lecteurs de fantasy, passez votre chemin, laissez plutôt ce livres aux lecteurs d’érotique.

*Merci à Babelio et aux éditions Milady !*

mercredi 11 février 2015

Cinquante nuances de Grey de E.L. James

Titre : Cinquante nuances de Grey
Titre original : Fifty shades of Grey - traduit par Denyse Beaulieu
Auteur : E.L. James
Date de parution : 2012
Editeur : J.C. Lattes
Nombre de pages : 551

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Lorsqu’Anastasia Steele, étudiante en littérature, interviewe le richissime jeune chef d’entreprise Christian Grey, elle le trouve très séduisant mais profondément intimidant. Convaincue que leur rencontre a été désastreuse, elle tente de l’oublier – jusqu’à ce qu’il débarque dans le magasin où elle travaille et l’invite à un rendez-vous en tête-à-tête.

Naïve et innocente, Ana ne se reconnait pas dans son désir pour cet homme. Quand il la prévient de garder ses distances, cela ne fait que raviver son trouble.

Mais Grey est tourmenté par des démons intérieurs, et consumé par le besoin de tout contrôler. Lorsqu’ils entament une liaison passionnée, Ana découvre ses propres désirs, ainsi que les secrets obscurs que Grey tient à dissimuler aux regards indiscrets…


Je sais que j’ai toujours dit que je ne lirai jamais ce livre mais... c’est ma faiblesse : je suis curieuse. Et avec tout le battage médiatique autour de ce roman avec la sortie imminente du film, j’ai voulu essayer de le lire quand même, parce que je ne supportais plus de ne pas pouvoir donner mon propre avis sur le sujet. En fait... j’aurais peut-être dû rester dans ma belle ignorance. Parce que cette histoire est terriblement malsaine, d’ailleurs j’ai abandonné autour de la moitié.

Je ne vais pas vous résumer l’histoire (y a-t-il vraiment une histoire au-delà du sexe dans ce roman, d’ailleurs ?), tout le monde la connaît, même ceux qui ont la chance de ne pas avoir ouvert le livre. L’innocente et naïve Ana rencontre le beau et ténébreux Christian, qui l’initie aux sombres plaisirs du BDSM. Pas vraiment le genre d’histoire qui m’attire, mais si ce n’était que ça, j’aurais pu passer outre. Le BDSM en tant que tel aurait plutôt tendance à me faire prendre mes jambes à mon cou, mais après tout, chacun fait ce qu’il veut dans son lit, donc s’il y en a qui aiment ça, grand bien leur fasse. Le problème dans ce livre, c’est que la domination de Christian sur Ana va bien plus loin que du simple BDSM. En fait, 50 nuances de Grey est l’histoire d’un homme qui prétend aimer une femme pour mieux abuser d’elle. Et non, je n’exagère pas. Laissez-moi m’expliquer.

Je voudrais d’abord vous parler de Christian Grey. Ses fans vont me dire qu’il est doux, attentionné, tendre, protecteur, etc, etc. Chères fans de Christian Grey, j’aimerais que vous preniez quelques minutes pour lire attentivement cette liste d’actions, toutes réalisées par votre cher Christian dans la première moitié de 50 nuances de Grey.
-Quand il fait tracer le téléphone d’Ana après qu’elle l’ait appelé lors d’une soirée où elle avait un peu trop bu, et qu’il vient la chercher sans qu’elle le lui ait demandé (je vous rappelle qu’à ce moment là de l’histoire, ils ne se sont vus qu’une ou deux fois, et qu’ils ne sont pas encore en couple.)
-Quand, le lendemain, il lui dit : « si vous étiez à moi, après votre petite escapade d’hier soir, vous ne pourriez plus vous asseoir pendant une semaine. »
-Quand il débarque à l’improviste chez elle, veut coucher avec elle, elle lui dit non, et il répond exactement ces mots : « Si tu te débats, je te ligote aussi les chevilles. Si tu fais un seul bruit, Anastasia, je te bâillonne. Tais-toi. »
-Quand, à la cérémonie de remise des diplômes d’Ana, il s’enferme avec elle dans une salle vide pour lui demander de manière assez menaçante pourquoi elle n’a pas répondu à ses emails et SMS de la veille.
Et maintenant, je voudrais que vous imaginiez que ces mêmes actions soient réalisées par un homme quelconque ressemblant à ça :
Que penseriez-vous alors de cet homme ? Probablement qu’il est un stalker, un pervers, un homme abusif, peut-être même un violeur. Vous penseriez qu’il est dangereux et violent, et vous resteriez aussi loin de lui que possible. Alors pourquoi est-ce que ce n’est pas la même chose pour Christian Grey ? Parce qu’il est beau, riche, et un dieu du sexe ? C’est peut-être le cas, mais ça ne change pas le fait qu’il est aussi abusif, pervers et stalker.
Il ne se passe pas un chapitre sans qu’Ana admette qu’elle a peur de lui, et qu’elle craint de faire quelque chose qui puisse le mettre en colère. Mais elle ne s’en va pas, parce qu’il la manipule pour lui faire penser qu’il l’aime, si bien qu’elle en vient même à s’imaginer que c’est tout simplement de sa faute à elle s’il a des sautes d’humeur. Et il utilise le sexe comme arme ultime pour la faire rester – si on y regarde bien, le sexe est la seule chose qui se passe bien entre eux (tellement bien que c’en est même pas crédible, d’ailleurs. Ana n’a jamais ressenti d’attirance sexuelle pour qui que ce soit pendant les 21 premières années de sa vie, et soudainement, à la simple vue de Christian Grey elle se transforme en une mare d’hormone en folie. Tout à fait le genre de situations qui se produisent dans la vraie vie), mais le sexe est-il la seule chose qui compte dans une relation amoureuse ? Excusez-moi, je vais me taper la tête contre un mur, je reviens tout de suite.

Donc non, ce roman n’est pas une histoire d’amour. C’est une relation malsaine de domination qui va bien au-delà qu’une simple relation sexuelle sadomasochiste. C’est de l’abus, tout simplement. Parce que ce n’est pas Ana que Christian aime, mais le pouvoir et le contrôle qu’il exerce sur elle. Et n’essayez même pas de le défendre en arguant qu’il a eu une enfance difficile. Ce n’est pas une excuse. Vous savez, la plupart des tueurs en série ont eu une enfance difficile aussi. Est-ce que ça excuse ce qu’ils ont fait ? Non, je ne crois pas.

Vous allez peut-être me dire que je ne sais pas de quoi je parle, et vous n’aurez pas tort, après tout je suis tout sauf une experte en relations amoureuses. Mais je vous invite à jeter un œil sur cet article (en anglais), où l’auteure explique à quel point Christian Grey lui fait penser à son ex abusif. Et elle sait de quoi elle parle, elle, alors ce n’est pas juste moi qui suis parano, ou prude.

Et c’est là que je termine mon blabla. Je vais peut-être me faire des ennemis, mais ma foi, tant pis.