samedi 21 février 2015

La vie au ralenti de Kjersti A. Skomsvold


Titre : La vie au ralenti
Titre original : Jo fortere jeg går, jo mindre er jeg - traduit par Jean-Baptiste Coursaud
Auteur : Kjersti A. Skomsvold (Norvège)
Date de parution : 2014
Editeur : Seuil
Nombre de pages : 188

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Mathea Martinsen, une veuve âgée de "presque cent ans", vit seule dans un petit appartement à Haugerud, une banlieue calme d’Oslo. Depuis le décès de son mari, Epsilon, elle sent l’approche de sa propre mort, et sa pente la vouerait facilement à l’effacement, au repli ou à la transparence, mais elle décide de surmonter sa phobie sociale afin de laisser quelques traces dans ce monde. Ses efforts de socialisation sont héroïques, drôles, et souvent ratés. Sa meilleure compagnie demeure en fin de compte les fantômes qui l’habitent, en particulier celle d’Epsilon, avec qui elle maintient un dialogue presque permanent, pour une belle histoire d’amour qui ne s’éteint pas.


Après les Chroniques de San Francisco, j’ai enchaîné avec un autre livre en dehors de ma zone de confort littéraire. Février est le mois des expériences littéraires on dirait ! En effet, je lis rarement des romans contemporains, et encore moins des romans contemporains mettant en scène des personnes âgées ! Mais ce fut une lecture intéressante. Pas un livre dont je me souviendrai toute ma vie, mais un bon moment de lecture tout de même.

La vie au ralenti est l’histoire de Mathea, une vieille dame de plus de 90 ans, qui réalise que l’heure de sa mort approche à grands pas, et que lorsque cette heure viendra, il n’y aura probablement personne pour se souvenir qu’elle a un jour existé. Elle est donc déterminée à faire quelque chose pour remédier à ça.

Ce roman est très court (moins de 200 pages) et ma chronique va l’être également. Il n’y a qu’une seule chose à mettre en avant à propos de ce livre, ce qui constitue son plus gros point fort : il est à la fois sombre et léger, et vous laisse avec deux sentiments opposés. Je ne sais pas si vous voyez ce que je veux dire ? Laissez-moi m’expliquer plus clairement. Le thème central du roman est la solitude et l’oubli, donc des choses pas très joyeuses. Mais la façon dont l’histoire est écrite en fait un roman léger et même assez drôle, malgré le thème plutôt triste qu’il aborde.

Et c’est la même chose avec le personnage principal, Mathea. On a également ces sentiments contraires pour cette vieille dame. D’un côté, elle est terriblement naïve et donne souvent l’impression d’être une petite fille alors que ce qu’on attend d’une femme de 90 ans c’est qu’elle en ait vu suffisamment dans sa vie pour avoir acquis une certaine sagesse. Le contraste entre son âge et son comportement la rend un peu ridicule, tout comme son obsession pour faire des phrases qui riment, et on aime se moquer gentiment d’elle. Cependant, d’un autre côté on ne peut s’empêcher de la prendre un peu en pitié également, cette pauvre femme qui n’a absolument personne, qui va mourir dans l’ignorance la plus totale et qui en est réduite à demander son propre numéro aux renseignements téléphoniques pour avoir un semblant de vie sociale ! Il y a une scène vers la fin du livre qui m’a fait vraiment mal au cœur : quand Mathea se décide à sortir de chez elle et aller à un évènement organisé par le club du troisième âge (et c’est un véritable effort pour elle qui est si timide et si casanière), et que tout le monde là-bas, y compris le personnel, l’ignore comme si elle était transparente ! La scène n’est pas raconté d’une manière triste ou poignante, mais elle m’a quand même brisé le cœur, je me sentais terriblement mal pour la pauvre Mathea.

Pour faire court, ce livre a été une très bonne lecture. Bon, il ne m’a jamais rendue accro, j’ai mis 4 ou 5 jours pour le lire alors que j’aurais pu le dévorer en un jour ou deux s’il avait été passionnant étant donné qu’il est tout petit, mais dans l’ensemble ce fut une très bonne découverte. Je devrais vraiment élargir mes horizons littéraires plus souvent !


Je vous le recommande si : je ne sais pas trop... Bon, si vous lisez mon blog c’est que nous avons plus ou moins les mêmes goûts de lecture, donc on va dire que je le recommande à ceux qui cherchent un roman en dehors de leur zone de confort littéraire.

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