lundi 18 mars 2013

La douce empoisonneuse, Arto Paasilinna

Titre : La douce empoisonneuse (Suloinen myrkynkeittäjä)
Date de parution : 1988 en Finlande, 2001 en France


Résumé : 
Une maisonnette rouge flanquée d'un petit sauna en bois gris, non loin d'Helsinki. Linnea, la douce veuve du colonel Ravaska, mène une existance paisible à soigner ses violettes et son chat. Pourtant chaque mois, le jour où elle touche sa pension, un trio maudit, conduit par son neveu, s'invite sous son toît pour la détrousser. Lorsque ses visiteurs ne se contentent plus de sa maigre pension de retraite et exigent un testament à leur avantage, c'en est trop. Elle est résolue à en finir. Comprenez : à se suicider. Mais, surprise, concocter un poison mortel se révèle une activité beaucoup plus passionnante que tricoter. Et les noirs desseins de Linnea, par une suite précipitée d'évènements cocasses, se retournent en sa faveur, tandis que ses ennemis...

Mon avis : 
La vieille colonelle Linnea Ravaska pourrait couler des jours heureux dans sa petite métairie de la campagne finlandaise. Oui mais, c'est sans compter Kake, son neveu, un bon à rien alcoolique et fainéant qui chaque mois vient lui extorquer sa pension de retraite en compagnie de ses deux acolytes, Jari et Pera. Lorsque lors d'une de leurs visites mensuelles à "tantine" Kake et ses camarades de beuverie, après avoir mis à sac la paisible métairie (ainsi qu'une bonne partie de la campagne alentour dans la foulée), exigent de la colonelle qu'elle signe un testament en leur faveur, Linnea décide d'agir. Cachée dans l'appartement d'un ancien amant en ville, elle se consacre à la préparation d'un poison mortel, afin de mettre elle-même fin à ses jours si la situation l'exige. Et c'est là que les péripéties commencent. Par un enchaînement de coïncidences et de hasards, les projets de Linnea vont tourner bien autrement que ce qu'elle avait imaginé...

C'est drôle, plein d'humour noir et de propos volontairement immoraux et provocants, à prendre au second degré évidemment. Une satire du décalage des rapports entre générations, de la haine et du désir de vengeance. Arto Paasilinna réussit à nous faire rire de sujets graves grâce à sa maîtrise du burlesque et du comique de situation. Un coup de maître.

Certes, les péripéties ne sont que peu, voire pas du tout vraisemblables, les situations de hasard fortuit sont trop énormes pour être crédible, et tout est prévisible d'avance, mais qu'importe. On s'attache follement à la colonnelle, personnage qui apparaît comme victime au départ, mais qui petit à petit prend le contrôle des évènements (pas forcément volontairement !), on la soutient et on l'encourage dans ses projets, bien qu'immoraux (il s'agit tout de même de poison, et de mort !), et à chaque fois qu'une sentence est infligée à l'un de ses tortionnaires, on éprouve le même soulagement qu'elle de se voir enfin débarrassés des "méchants".

Il y a quand même un reproche à faire, je trouve. Le roman est long à démarrer, il ne devient intéressant qu'à partir du moment ou Linnea commence à préparer son poison, ce qui n'arrive qu'aux alentours de la page 100. Sur 250 pages au total, ça fait quand même 40% du livre, un peu long pour un démarrage.

C'était ma première lecture d'Arto Paasilinna, cet auteur dont la réputation n'est plus à faire. La douce empoisonneuse ne se placera pas parmi mes meilleures lectures. Je ne sais même pas si je lirai d'autres romans du même auteur. Mais j'ai quand même passé un agréable moment en compagnie de ces personnages. 

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