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jeudi 4 juin 2015

Dérapages de Danielle Thiéry


Titre : Dérapages
Auteur : Danielle Thiéry (France)
Date de parution : mai 2015
Editeur : Versilio
Nombre de pages : 371

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Un corps d'enfant, très déconcertant, est découvert sur une plage du Nord de la France. Un cas troublant, qui laisse totalement perplexes les médecins légistes. Même le commissaire Edwige Marion, qui dirige un important service de la PJ parisienne, n'a jamais rien vu de tel. Au même moment, Edwige Marion, récupère sa fille Nina, choquée et couverte de sang. Elle a fui Londres et sa soeur Angèle. Nina est mutique. Angèle et son mari, un scientifique renommé, ont disparu. Quels peuvent être les liens entre cet enfant mort noyé, une adolescente, et un scientifique spécialiste du génome humain... Commence pour la commissaire Marion une enquête complexe, aux ramifications internationales, et qui va vite sombrer dans l'horreur.


L’intrigue de Dérapages démarre avec trois évènements apparemment sans aucun lien (bien évidemment ce n’est pas le cas, on s’en doute bien...). Premièrement, un corps de petite fille est découvert sur une plage du nord de la France, mais l’autopsie révèle que la fillette présente des signes de vieillissement avancé, comme si seuls les organes avaient vieilli, mais pas l’enveloppe corporelle. Un cas qui laisse la commissaire Edwige Marion perplexe, mais autre chose vient rapidement autrement plus la préoccuper : sa fille adoptive Nina, qui vit à Londres avec sa sœur, débarque sans prévenir à Paris, couverte de sang et en état de choc, refusant de prononcer un mot. Dans le même temps, Jennifer, une jeune maman, se retrouve enfermée chez elle et forcée de s’occuper d’un enfant à l’apparence étrange tandis que ses tortionnaires ont kidnappé son fils.

Le début du roman m’a immédiatement accrochée. Les chapitres sont très courts et on alterne entre les trois affaires, ce qui m’a toujours poussé à lire encore un chapitre (et encore un autre... et puis un autre...) puisque ces premiers chapitres sont riches en évènements et j’avais envie de savoir où chacune des trois pistes allaient mener. Mon intérêt s’est un peu émoussé au bout d’un moment cependant. N’allez pas pour autant en déduire que le roman est ennuyeux, hein ! Loin de là, mais il y a tout de même quelques longueurs, au bout d’un moment les enquêteurs commencent à tourner en rond, ça n’avance plus trop.

Etant donné que la couverture présente des paires de chromosomes et que le résumé fait mention d’un « spécialiste du génome humain », on est en droit de s’attendre à un aspect scientifique assez poussé. Je dois avouer que j’ai été plutôt déçue sur ce point car bien qu’il soit effectivement question de génétique, c’est bien loin d’être un aspect central. Certaines questions scientifiques sont d’ailleurs vraiment survolées alors que j’aurais aimé qu’elles soient un peu plus développées. Mais bon, l’auteure n’est pas une scientifique, mais une ancienne commissaire divisionnaire, et là pour le coup on sent qu’elle sait de quoi elle parle quand il s’agit des rouages de la police – un point très positif !

J’ai découvert après coup que Danielle Thiéry a déjà une vingtaine de romans à son actif, dont la moitié avec le personnage d’Edwige Marion comme héroïne. Du coup, même si l’intrigue est totalement indépendante de celles des romans précédents plusieurs fois des références sont faites à ce qui s’y est passé en ce qui concerne la commissaire. Rien qui ne m’ait empêchée de comprendre l’intrigue principale, donc ce n’était pas réellement un problème, mais tout de même, j’aurais aimé le savoir à l’avance. De même, il y a un grand nombre de personnages, mais ils ne nous sont pas présentés puisqu’on est censé déjà les connaître, du coup j’ai eu un peu de mal à m’habituer à tout le monde, et même vers la fin du roman il y en avait encore certains que je n’arrivais pas trop à situer. Ca ne m’a pas empêchée de beaucoup apprécier certains, notamment la capitaine Valentine Cara et sa forte personnalité.

Pour finir, je dirais que Dérapages n’est peut-être pas LE thriller à lire absolument, mais je l’ai tout de même beaucoup apprécié et je lirai très certainement d’autres romans de Danielle Thiéry (que je découvrais au passage, malgré sa bibliographie à rallonge, je n’en avais jamais entendu parler !) 

samedi 30 mai 2015

Les lieux sombres de Gillian Flynn


Titre : Les lieux sombres
Titre original : Dark Places - traduit par Héloïse Esquié
Auteur : Gillian Flynn (Etats-Unis)
Editeur : Le livre de poche
Date de parution : 2011
Nombre de pages : 506

Libby Day a sept ans lorsque sa mère et ses deux sœurs sont assassinées dans leur ferme familiale. Rescapée par miracle, la petite fille désigne le meurtrier à la police, son frère Ben, âgé de 15 ans. Ce fait divers émeut tout le pays, et la jeune Libby devient un symbole de l'innocence bafouée. Vingt-cinq ans plus tard, alors que son frère est toujours derrière les barreaux, Libby, qui ne s'est jamais remise du drame, souffre de dépression chronique. Encouragée par une association d'un type très particulier, elle accepte pour la première fois de revisiter les lieux sombres de son passé. C'est là, dans un Middle West désolé, dévasté par la crise économique et sociale, qu'une vérité inimaginable commence à émerger. Et Libby n'aura pas d'autre choix pour se reconstruire, et peut-être enfin recommencer à vivre, que de faire toute la lumière sur l'affaire, quelles qu'en soient les conséquences.


Gillian Flynn m’avait déjà impressionnée par sa capacité à manipuler son lecteur dans Les Apparences, et voilà un autre de ses chefs-d’œuvre.

Libby Day avait sept ans quand sa famille entière s’est fait assassiner sous ses yeux. Seule survivante du massacre, elle désigne sans hésitation son frère aîné, Ben, comme le coupable. 25 ans plus tard, elle est contactée par un groupe de personnes persuadées de l’innocence de Ben qui voudraient que Libby revienne sur son témoignage et aide à faire la lumière sur les circonstances de la mort de la famille Day. Au départ, elle ne veut pas en entendre parler, mais comme elle a besoin d’argent et qu’on lui propose de la payer pour qu’elle se replonge dans son passé, elle finit par accepter. Et petit à petit, le doute commence à s’infiltrer en elle. Et si Ben était innocent, après tout ?

Libby n’est pas un personnage sympathique – égoïste, menteuse et voleuse, elle vit sur l’argent qu’elle a reçu grâce aux dons de personnes qui ont pris son histoire en pitié lorsqu’elle était enfant, et elle refuse de prendre un emploi même quand l’argent commence à manquer. Je veux bien admettre qu’elle a des circonstances atténuantes vu le traumatisme qu’elle a subi étant petite, mais même avec ça, il est difficile de ne pas la trouver antipathique. Mais qu’importe, les romans de Gillian Flynn n’ont pas besoin de personnages appréciables pour être appréciés.

La narration alterne entre les investigations de la Libby d’aujourd’hui sur son passé, et le récit presque heure par heure de la journée précédant la tragédie, à travers les yeux de Patty, la mère, et Ben, le grand frère accusé du meurtre. Je pense que les flashbacks ont été mes passages préférés – on y voit la famille de Libby aux prises avec la crise économique dans l’Amérique rurale des années 80, et surtout on se rend compte petit à petit que rien n’est aussi simple que ce que pensait Libby – tout le monde a ses zones d’ombres, et on se retrouve rapidement avec plusieurs personnes qui pourraient avoir une bonne raison de s’en prendre à la famille Day. C’est ce que j’aime dans les romans de Gillian Flynn : elle a un immense talent pour dépeindre des personnages psychologiquement complexes et aux multiples facettes.

L’ambiance générale du roman est sombre et perturbante, mais elle ne tarde pas à vous emporter tout de même. Je me suis retrouvée à dévorer le livre en deux jours à peine malgré ses plus de 500 pages, juste parce qu’il FALLAIT que je connaisse le fin mot de l’histoire. Les indices s’accumulent doucement, mais chaque nouvel élément fait apparaître un nouveau mystère. Bon, il n’y avait pas de rebondissement aussi énorme que celui dans Les Apparences, mais j’ai tout de même été surprise lorsque les circonstances du meurtre sont révélées. Et finalement, j’ai préféré Les lieux sombres aux Apparences.  Il a réussi à m’embarquer totalement et ça faisait bien longtemps qu’un roman n’avait pas réussi à m’accrocher à ce point !

En bref, j’ai eu un vrai coup de cœur pour ce thriller psychologique. J’ai désormais hâte de me plonger dans Sur ma peau, le dernier roman de Gillian Flynn qu’il me reste à découvrir.

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En bonus, le trailer du (très bon) film adapté du roman :


vendredi 12 décembre 2014

Rouge comme le sang (Je m'appelle Lumikki #1) de Salla Simukka






Titre : Rouge comme le sang (Je m'appelle Lumikki #1)
Titre original : Punainen kuin veri (Lumikki Andersson #1) - traduit par Sébastien Cagnoli
Auteur : Salla Simukka (Finlande)
Date de parution : novembre 2014
Editeur : Hachette
Nombre de pages : 278





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Lumikki Andersson a dix-sept ans. Elle vit seule dans un studio, loin de son passé. Loin des gens.

Par un matin glacial, dans le lycée d'arts appliqués où elle s'est inscrite pour échapper à une vie rangée sous la coupe de ses parents, Lumikki découvre des dizaines de billets de 500 euros. Une odeur la perturbe. Une odeur de vieux sang.

Lumikki ne veut pas d'ennuis. Elle ne touche pas aux billets, oublie l'odeur. Mais l'affaire la rattrape. Entre flics corrompus et barons de la drogue, Lumikki va devoir remonter la piste...


« Elle était une pièce d’un autre puzzle, une pièce qui n’avait pas sa place, mais qui pouvait s’adapter par surprise à peu près n’importe où.
Elle n’était pas comme les autres. Elle était exactement comme les autres. »

Je me DEVAIS de lire ce livre. Premièrement parce qu’il se déroule en Finlande, l’un de mes pays préférés au monde, et deuxièmement parce que j’ai lu plusieurs chroniques qui comparaient la protagoniste à Lisbeth Salander, l’une des meilleures héroïnes qu’il m’ait été donné de rencontrer dans un livre.

Nous suivons Lumikki Andersson, qui malgré son jeune âge vit déjà seule et donne l’impression d’être toujours en train de fuir quelque chose. Un jour, dans la chambre noire de son lycée, elle découvre des billets de 500€ tâchés de sang. Comme elle ne veut pas s’attirer d’ennuis, elle se dépêche de quitter la pièce, et tente d’effacer cet épisode de sa mémoire. Mais elle ne peut pas, et il ne se passe pas longtemps avant qu’elle ne se retrouve embarquée dans un vaste complot impliquant de l’argent sale, de la drogue, et des gens prêts à tout pour parvenir à leurs fins.

Je pense que la comparaison entre Lumikki et Lisbeth Salander est justifiée. Elle a en effet quelque traits de l’héroïne de Stieg Larsson : toutes les deux sont des femmes fortes, un peu asociales, avec un sombre et lourd passé qui les a conduits à mettre leurs émotions de côté pour devenir de plus en plus invulnérables. Toutefois, Lisbeth Salander reste Lisbeth Salander. Quand bien même j’ai beaucoup aimé Lumikki, en aucun cas elle ne peut égaler son homologue suédoise.
Lumikki est une jeune fille mystérieuse et ce n’est pas évident de la cerner mais petit à petit on arrive à se familiariser avec toutes ses singularités. Je ne l’ai pas toujours comprise, mais je l’ai tout de même beaucoup appréciée et je me suis même un peu identifiée à elle puisqu’on partage certains traits de caractère. Tout au long du roman des bribes de son passé nous sont révélés et nous aident à comprendre comment elle en est venue à être constamment sur le qui-vive, mais finalement on ne sait que peu de choses sur elle. J’ai beaucoup aimé que l’auteure laisse son héroïne enveloppée de ce voile de mystère. Je ne pense pas que j’aurais autant apprécié Lumikki si elle avait été un livre ouvert.

Du côté de l’intrigue, j’ai lu pas mal de chroniques qui la trouvaient confuse et compliquée à suivre. Je ne suis pas du tout d’accord. Pour moi, tout était très simple, l’intrigue était très claire et ce n’était pas difficile de faire les liens entre les différents évènements, personnages, etc. Bon, peut-être que c’est parce que j’ai l’habitude de lire des thrillers pour adultes où les intrigues sont beaucoup plus complexes et où parfois même lorsque toutes les explications ont été données, on a encore du mal à tout démêler. Rouge comme le sang étant un thriller YA, forcément l’auteure a dû se cantonner à des choses relativement simples. Mais je peux comprendre qu’aux yeux de quelqu’un qui n’a pas l’habitude de ce genre de livres, ça peut paraître un peu compliqué.

L’histoire est racontée selon plusieurs points de vue, du côté des méchants comme de celui des gentils. Donc la plupart du temps, nous savons avant les protagonistes ce qui va leur arriver. Ca rend l’histoire un peu prévisible évidemment, mais ce n’est absolument pas un problème puisque ce qui est intéressant n’est pas la fin mais comment les personnages arrivent jusqu’à cette fin. Et ça n’a pas empêché l’action et le suspense d’être là non plus.
Cependant, je vous préviens tout de suite : si vous voulez un thriller haletant et bien sanglant, allez voir ailleurs. Parce que là, vous ne serez pas au bord de votre siège, agrippé au livre comme si votre vie en dépendait. Et vous n’en ferez pas des cauchemars non plus.

Vous l’avez peut-être remarqué, le titre de la traduction anglaise de la saga est « Snow White trilogy ». Ce n’est pas exactement une réécriture de Blanche Neige, mais ici et là on trouve quelques références au conte des frères Grimm, à commencer par le nom de Lumikki, qui signifie Blanche Neige en finnois (je fais confiance au traducteur sur ce point, puisque je ne parle pas un mot de finnois !). J’ai beaucoup aimé ces petits clins d’œil, même s’ils ne sont qu’une part insignifiante de l’histoire.

Pour conclure, je dirais que même si j’ai trouvé l’intrigue un peu légère, étant habituée à des thriller adultes bien plus complexes, j’ai tout de même énormément apprécié ma lecture ! Je pense que ça peut être une bonne introduction aux thrillers nordiques, si vous avez envie de vous y mettre.


Je vous le recommande si : vous avez envie d’essayer les polars et thrillers nordiques.

samedi 1 novembre 2014

La patience du diable de Maxime Chattam






Titre : La patience du diable
Auteur : Maxime Chattam (France)
Date de parution : mai 2014
Editeur : Albin Michel
Nombre de pages : 496





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Le mal peut-il contaminer ceux qui le traquent ?

Un go-fast pris en flag qui transporte bien pire que de la drogue...
Deux ados qui tirent sur les passagers d’un TGV lancé à pleine vitesse...
Des gens ordinaires découverts morts... de terreur.
Le diable mène le bal, le monde est devenu fou. Lieutenant à la section de recherches de Paris, Ludivine Vancker comprend bientôt qu’un fil sanglant relie ces faits divers. Rien ne pourra l’empêcher de remonter la piste à sa source. Aux racines de la peur.


« Ludivine en était à présent convaincue, la violence était épidémique. Hautement contagieuse. Il suffisait que la société soit fragile pour être contaminée. »

Maxime Chattam, c’est mon Dieu littéraire quand il s’agit de thrillers, et au lieu de me jeter sur son nouveau roman dès sa sortie, je me le suis gardé exprès en réserve pour la période d’Halloween. Parce que pour se donner quelques sueurs froides, je crois qu’il n’y a pas mieux. Malheureusement, je dois bien avouer que je m’attendais à mieux. Ma déception est évidemment à la hauteur de mes attentes, parce qu’il faut dire aussi que j’avais placé la barre très haut. Ca reste un très bon roman malgré tout.

Dès les premières pages, le ton est donné : le roman ouvre sur une scène sanglante, deux adolescents qui massacrent sans aucun état d’âme les passagers d’un TGV (anecdote : j’étais justement dans un train quand j’ai lu cette scène. Certes c’était un TER allemand et pas un TGV, mais quand même, j’en menais pas large !) Et ce n’est que le début. Rapidement, les tueries s’enchaînent : fusillade dans un restaurant, attaque à l’acide dans un supermarché, et j’en passe. Derrière tout ça : le diable, ou tout du moins un tueur machiavélique qui se prend sérieusement pour ce personnage.

Maxime Chattam explore de nouveau son sujet de prédilection : les bas-fonds de l’âme humaine, le mal et sa propagation. Ici, la question qu’il soulève est : la violence est elle contagieuse ? Existe-t-il un virus de la violence ? Et c’est vrai que le portrait de notre société qu’il dépeint dans ce roman est glaçant de réalisme. On sent que tout ça pourrait réellement se produire, qu’il suffit que quelqu’un ouvre la voie pour que d’autres suivent et laissent libre cours à leur pulsions violentes entraînées par l’accumulation des frustrations quotidiennes. Et je crois que c’est ça qui fait le plus peur, finalement, dans ce livre.

La patience du diable remplit tout à fait son rôle de page-turner diabolique (oui le jeu de mots était facile, je sais) et vous donne bon nombre de hauts le cœur devant la barbarie de certaines scènes. Cependant, j’ai été un peu déçue, parce que j’ai eu comme une impression de déjà-vu... Maxime Chattam excelle à créer les psychopathes les plus tordus tout en leur conférant une bonne dose de réalisme, c’est indéniable. Il n’a pas suivi une formation de criminologue pour rien. Mais j’ai le sentiment qu’il tire finalement toujours sur  les mêmes ficelles, en tout cas pour le coup je n’ai pas du tout été surprise, j’ai deviné l’identité du coupable au moment même où celui-ci fait son apparition dans le roman. Est-ce que c’était parce que c’était vraiment évident ou parce que ça ressemblait trop à ce que l’auteur avait fait par le passé, je penche pour la seconde solution, mais il faudrait voir si quelqu’un qui n’a pas encore « l’expérience » des thrillers de Maxime Chattam démasque le méchant aussi vite que moi. Toujours est-il que du coup, je n’ai pas frissonné autant que j’aurais dû vers la fin, quand les choses s’accélèrent. J’avais surtout envie de hurler aux enquêteurs que la réponse était sous leur nez. Par ailleurs j’ai aussi trouvé la fin un peu facile, trop de coïncidences et de gentil qui débarquent pile au bon moment pour sauver la victime du grand méchant. Le roman est certes très réaliste dans son ensemble, mais pour le coup, le final en manque un peu, de réalisme.

Pour finir je voudrais parler du personnage principal, Ludivine Vancker, pour qui j’ai des sentiments mitigés. Je l’aimais bien dans La conjuration primitive, mais son évolution dans La patience du diable... je ne sais pas trop quoi en penser. Ludivine est devenue entièrement dévouée à la traque du mal, une dévotion à la limite de l’obsession, qui la pousse à prendre des risques inconsidérés. D’un côté, je comprends que ce qu’elle a vécu 18 mois plus tôt (dans La conjuration primitive, donc) lui ait laissé des traces indélébiles, mais d’un autre côté, elle m’a franchement agacée par moments par son côté obsessionnel et son manque apparent de réflexion qui la fait se jeter droit dans la gueule du loup plusieurs fois. C’est certes un personnage intéressant, mais je ne sais pas si j’ai hâte de la retrouver dans un prochain roman.

En bref, un bon thriller avec de bonnes idées et qui vous donne quelques belles sueurs froides, mais qui suit malheureusement un schéma trop classique, en tous cas venant de cet auteur. Ne vous y trompez pas, j’ai quand même passé un excellent moment, et ce petit raté n’enlève rien au talent de Maxime Chattam, mais il est capable de beaucoup mieux, et il serait peut-être temps pour lui de se renouveler.

Je vous le recommande si : vous aimez les thrillers avec plein de sang et des psychopathes bien dérangés, mais qui laissent tout de même une belle part à la réflexion en plus du côté action et horreur. Je vous conseille de lire La conjuration primitive avant, d’une part parce que c’est une tuerie (dans tous les sens du terme !) et d’autre part parce qu’il y a pas mal de référence à ce qui s’y est passé dans La patience du diable.

mercredi 23 juillet 2014

Les Apparences de Gillian Flynn






Titre : Les apparences
Titre original : Gone Girl -  traduit par Héloïse Esquié
Auteur : Gillian Flynn (Etats-Unis)
Date de parution : 2012 aux Etats-Unis comme en France
Editeur : Sonatine
Nombre de pages : 570






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Amy, une jolie jeune femme au foyer, et son mari, Nick, forment en apparence un couple modèle.
Victimes de la crise financière, ils ont quitté Manhattan, leur vie aisée, leur travail dans la presse, pour s’installer dans la petite ville du Missouri où Nick a grandi.
Le jour de leur cinquième anniversaire de mariage, celui-ci découvre dans leur maison un chaos indescriptible : meubles renversés, cadres brisés aux murs et aucune trace de sa femme. L’enquête qui s’ensuit prend vite une orientation inattendue : aux yeux de la police, chaque petit secret entre époux et autres trahisons sans importance de la vie conjugale prennent une importance inimaginable et Nick devient bientôt un suspect idéal.
Alors qu’il essaie désespérément de son côté de retrouver sa femme, celui-ci découvre qu’elle aussi lui dissimulait beaucoup de choses, certaines sans gravité, d’autres bien plus inquiétantes.


« A quoi tu penses, Amy ? La question que j’ai posée le plus souvent pendant notre mariage, même si ce n’était pas à haute voix, même si ce n’était pas à la personne qui aurait pu y répondre. Je suppose que ces questions jettent une ombre funeste sur tous les mariages : A quoi penses-tu ? Comment te sens-tu ? Qui es-tu ? Que nous sommes-nous fait l’un à l’autre ? Qu’allons-nous faire ? »

Il est très difficile d’écrire une chronique de ce livre sans trop en dévoiler, tant il recèle de surprises. Mais je vais faire de mon mieux.

Le jour de leur cinquième anniversaire de mariage, Nick rentre chez lui pour découvrir que son épouse, Amy, a disparu. Il semblerait qu’elle ait été enlevée, étant donné les traces de lutte dans le salon. Et pour Nick, le cauchemar ne fait que commencer. Car très vite, toutes les pistes mènent à un seul coupable : lui-même. Décidé à retrouver sa femme et à prouver son innocence, Nick mène l’enquête de son côté, et découvre petit à petit que la femme qu’il a épousée et qu’il croyait connaître est en réalité une étrangère...

Les Apparences est présenté comme un thriller palpitant et bourré de suspense. Sur ce point je ne suis pas du tout d’accord. Je n’ai pas trouvé cette lecture palpitante, et je n’ai pas été prise par un suspense à couper le souffle. Je pense que ce roman serait beaucoup mieux décrit par la formule « thriller psychologique magistral ». Parce que Gillian Flynn a parfaitement réussi à créer des personnages (un en particulier) extrêmement complexes et à plonger au fond de leur esprit torturé. Et surtout, elle excelle à embrouiller les pensées de son lecteur pour l’emmener exactement là où elle veut l’emmener.

Le roman est découpé en trois parties, mais pour ne pas spoiler je ne pourrais vous parler que de la première. Nous y suivons en parallèle nos deux personnages principaux. D’un côté Nick, le mari, un ancien journaliste de la presse magazine ayant perdu son emploi lors de l’essor de la presse Internet, qui tient désormais un bar avec sa sœur dans leur ville natale. Un homme sans histoire, assez ordinaire. Nous le suivons à partir du moment où il constate la disparition de sa femme, puis quand petit à petit l’étau se resserre autour de lui tandis que la police et l’opinion publique font de lui le coupable idéal et n’attendent plus que la preuve irréfutable qu’il est bien le meurtrier qu’ils recherchent.
De l’autre côté, Amy, l’épouse. Une petite fille gâtée de Manhattan, qui a toujours été riche et choyée par ses parents à qui elle a inspiré une série de livres pour enfants à succès : « l’épatante Amy ». Epatante, c’est tout à fait le mot pour décrire Amy. C’est son journal intime que nous lisons, à partir du moment où elle rencontre Nick, et jusqu’à la veille de sa disparition. Et c’est grâce à ce journal que l’on se rend compte que le couple apparemment sans histoires en a quelques unes, des histoires, et que le mari comme la femme ont quelques squelettes dans le placard.
Cette première partie peut sembler un peu longue et regorgeant de détails sans importance, mais croyez moi, chaque détail a son importance.

Et puis vient la seconde partie, aka le coup de poignard, aka le rebondissement qui vous fait dire « hein quoi mais comment c’est possible ?!? », et qui vous fait totalement revoir vos opinions sur la situation et ses protagonistes. J’avais échafaudé tout un tas de scénarios pendant la première partie, parce qu’on voit bien qu’il y a des choses qui ne collent pas, mais je n’aurais jamais pu imaginer un truc pareil. Quand je vous disais que Gillian Flynn savait s’y prendre pour vous mener en bateau !
(C'était à peu près ma réaction au moment de ce fameux rebondissement)
C’est à partir de ce moment que je me suis rendue compte que ce roman était vraiment passionnant, machiavélique, et que je suis devenue accro.

Bon, mais dans ce cas, pourquoi ne pas en avoir fait un coup de cœur ? Eh bien, tout simplement à cause de la fin. J’ai été très déçue par la manière dont le roman se conclut. Ce n’est pas le fait que justice ne soit pas totalement rendue qui m’a dérangée – on sait tous que la vie est injuste, et comme j’aime que les romans soient réalistes, je ne m’attends pas à ce que se soit toujours les gentils qui gagnent à la fin (même si j’aime bien quand c’est le cas, parce que je suis un peu Bisounours sur les bords). Non, ce qui m’a gênée, c’est que cette fin est trop simple, pas à la hauteur de la complexité du roman. « Tout ça pour ça », c’est exactement ce que je me suis dit en tournant la dernière page.

Néanmoins, Les Apparences est vraiment un thriller psychologique de haute volée, qui m’a bluffée et que je recommande chaudement. C’est vrai que je m’attendais à une fin plus spectaculaire, mais après tout, dans la vie, les fins ne sont pas toujours spectaculaires.

Je vous le recommande si : vous aimez les thrillers psychologiques.


Le roman va être adapté en film par David Fincher. Sortie prévue le 8 octobre.
Je suis curieuse de voir ce que ça va donner, parce que je dois dire que je ne vois pas trop comment on peut rendre justice à ce roman et aux trésors de manipulation qu’il déploie dans un film. Mais j’espère me tromper !


jeudi 29 mai 2014

Je sais qui tu es de Yrsa Sigurdardottir






Titre : Je sais qui tu es
Titre original : Eg man thig – traduit par Marie de Prémonville
Auteur : Yrsa Sigurdardottir (Islande)
Date de parution : 2010 en Islande, 2012 en France
Editeur : Points
Nombre de pages : 408






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Garđar et Katrín débarquent à Heysteri, petit village perdu des fjords, pour retaper un gite. Excités, ils pensent être seuls. En hiver, les incidents se succèdent – une vieille femme se pend, une école est saccagée – et l’aventure tourne au cauchemar. Des pas les suivent, des voix exigent qu’ils partent, un enfant rôde... La région est-elle maudite ? Harcelés, ils n’ont plus le choix : il faut fuir ou... mourir.


« Le chuintement des pas avait repris, précédé par une odeur infecte et indéfinissable, un mélange de varech et de viande pourrie. La voix monta de nouveau, plus forte et plus distincte : Ne partez pas. Pas encore. J’ai pas fini. »

J’ai découvert cette auteure il y a trois ou quatre ans avec son premier roman (du moins son premier roman traduit en français) Ultimes Rituels pour lequel j’avais eu un coup de cœur. J’avais donc très, très hâte de lire Je sais qui tu es lors de sa sortie, mais lorsque je me le suis finalement procuré, allez savoir pourquoi, je l’ai laissé dormir dans ma PAL. Et je me demande bien pourquoi ! Pas de coup de cœur cette fois, mais une très bonne lecture tout de même, qui ne méritait pas d’être laissée de côté aussi longtemps.

Nous suivons deux histoires en parallèle : tout d’abord celle de Garđar, Katrín et Líf, trois amis qui décident de retaper une maison abandonnée dans un village désert perdu au milieu de nulle part. Mais le rêve tourne rapidement au cauchemar quand ils s’aperçoivent qu’ils ne sont pas seul... et que le quatrième occupant du village, qui qu’il soit, semble leur vouloir du mal.
D’autre part, nous suivons également Freyr, psychiatre, qui assiste la police sur deux affaires : la mise à sac d’une école, et le suicide par pendaison d’une vieille femme dans une église. Il s’avère rapidement que les deux sont liés, et qu’elles pourraient même avoir un lien avec l’histoire personnelle de Freyr.

Je dois dire qu’il m’a fallu un certain temps pour entrer dans l’histoire. Le premier tiers du roman est pour ainsi dire une phase de mise en place, et même si je ne m’ennuyais pas, loin de là, je n’étais pas passionnée non plus. Et puis, petit à petit, les choses commencent à s’éclaircir, les coïncidences se font de plus en plus étranges, des liens entre les différentes affaires commencent à se dessiner et on voit émerger une trame. Et là, je me suis vraiment laissée emporter par l’histoire au point de ne plus pouvoir la lâcher. En plus, l’auteure sait parfaitement où terminer ses chapitres pour nous faire dire « ah non, je peux pas m’arrêter là ! ». Et comme les chapitres alternent les deux intrigues principales, le chapitre suivant n’apporte pas la réponse au cliffhanger du précédent, donc il faut lire les chapitres deux par deux. Et c’est comme ça qu’on termine le livre sans même s’en rendre compte.

Si j’ai trouvé la lecture addictive, en revanche elle ne m’a pas fait trembler autant que je l’espérais. Je ne peux pas dire que j’ai vraiment eu peur en lisant Je sais qui tu es. Bien sûr, il y a quelques passages qui m’ont fait frissonner, et la maison de Garđar, Katrín et Líf, avec le halo de mystère qui l’entoure, m’a donné comme un sentiment de malaise du début à la fin, mais pas au point de sursauter au moindre craquement ou porte qui claque, ou encore d’être incapable de rester seule dans le noir. C’est le genre de réactions que provoque chez moi  la lecture d’un thriller vraiment effrayant, or là ce ne fut pas le cas.

Le livre n’a donc pas été à la hauteur de mes attentes sur le côté effrayant, mais il n’en est pas du tout une déception pour autant ! J’ai beaucoup aimé suivre ces différentes intrigues et voir comment tous ces éléments finissent par se rejoindre à la fin. Pourtant, au départ, rien ne paraissait plus éloigné ! L’intrigue se complexifie de chapitre en chapitre alors que l’auteure nous dévoile de nouveaux éléments et que notre pauvre petit cerveau rame pour essayer d’assembler tout ça en un tout cohérent.
Et puis il y a un petit côté surnaturel qui apporte une réel plus, démarquant Je sais qui tu es des thrillers habituels. J’ai surtout apprécié le fait que l’auteure, bien qu’elle nous permette d’emboîter toutes les pièces du puzzle à la fin, laisse tout de même planer un petit doute sur la nature surnaturelle des évènements. Etait-ce vraiment des fantômes ? Ou bien y a-t-il une explication rationnelle aux phénomènes inexplicables qui surviennent tout au long du roman ? A nous d’en décider !

En bref, s’il est un peu long à démarrer, ce thriller vaut vraiment la peine qu’on fasse l’effort de passer ce premier tiers un peu lent. Car par la suite il s’agit véritablement d’une lecture palpitante et addictive qui plaira sans aucun doute aux amateurs d’histoires de fantômes et de surnaturel.

Je vous le recommande si : vous vous intéressez aux témoignages et légendes surnaturelles et vous aimez les thrillers.


L’édition française est traduite depuis l’anglais, alors que la version originale du livre est écrite en islandais. Ce qui fait que nous, français, lisons une traduction de traduction. Je ne le savais pas au moment où j’ai acheté le livre, mais si j’avais su, j’aurais plutôt choisi de lire la traduction en anglais, directement tirée de l’original. Et c’est ce que je vous conseille de faire si vous lisez l’anglais, parce que déjà qu’une traduction s’écarte toujours plus ou moins du texte d’origine, une traduction de traduction... à certains moments on doit être assez loin de ce qu’à réellement écrit Yrsa Sigurdardottir.

mardi 6 août 2013

Délivrance de Jussi Adler-Olsen

Titre : Délivrance (Flaskepost fra P)
Auteur : Jussi Adler-Olsen (Danemark)
Date de parution : 2009 au Danemark, 2013 en France
Editeur : Albin Michel
Nombre de pages : 665


Résumé :
Sur le bureau de Mørk, un étrange message découvert au nord de l’Écosse dans une bouteille oubliée sur le rebord d'une fenêtre. Un SOS écrit en lettres de sang par un jeune Danois enlevé avec son frère des années plus tôt. Canular ? Peut-être pas...

Mon avis :
Ah, que j’aime retrouver l’improbable trio du département V ! Le département V, pour ceux qui ne le connaissent pas encore (mais franchement, vous devriez), c’est le département de la police de Copenhague en charge de rouvrir les affaires non résolues mais classées sans suite faute d’éléments permettant de poursuivre l’enquête. Il se compose de trois personnes : Carl Mørk, vice commissaire désabusé, son assistant, un réfugié syrien du nom de Hafez el-Assad, et leur secrétaire, Rose.
Dans Délivrance, un jeune danois en détresse écrit un SOS avec son propre sang et le place dans une bouteille qu’il jette à la mer. Celle-ci est repêchée sur la côte écossaise mais à cause de la négligence de la police locale, il se passe treize ans avant qu’on daigne s’intéresser à son contenu et que le message atterrisse sur le bureau de Carl. Lui et son équipe croient tout d’abord à un canular, mais vont vite se rendre compte que c’est bien loin d’en être un, et que ce message va les mener sur les traces d’un tueur en série qui sévit toujours, malgré les années.

Même si on ne connaîtra jamais son vrai nom, on sait qui est le meurtrier depuis le début du livre. Là n’est donc pas l’intérêt du roman. Le but n’est pas de chercher « qui », mais de chercher « pourquoi ». Pourquoi cet homme enlève-t-il des enfants issus de familles appartenant à des sectes religieuses fanatiques ? Est-ce seulement parce que se sont des proies faciles, ou bien a-t-il une raison plus personnelle d’en vouloir à ce genre de familles ? Bien que cet homme soit un monstre et qu’à aucun moment je n’ai éprouvé de la sympathie pour lui, j’ai quand même vraiment apprécié d’apprendre à le connaître petit à petit au fil du livre alors qu’on retraçait son parcours depuis son enfance jusqu’au moment où il est devenu un assassin.
C’est un choix intéressant qu’à fait Jussi Adler-Olsen de nous raconter une partie du livre du point de vue du meurtrier. C’est vrai que c’est passionnant aussi d’essayer de deviner derrière quel personnage se cache le coupable, mais c’est tout autant passionnant de voir les choses « de l’autre côté de la barrière ». La fin en particulier est haletante, avec les points de vue qui alternent encore plus vite, ce qui ne fait qu’accroître le suspense.

Ce qui me rend totalement addict à cette série du département V, c’est sans aucun doute le style de l’auteur. Il est inimitable. Sa plume est pleine d’humour, il sait très bien jouer avec les mots et je me suis surprise un nombre incalculable de fois en train de rire à gorge déployée pour quelque chose qui, dit autrement, n’aurait pas été drôle. Toutefois on ne tombe pas dans le grotesque non plus, le style redevient tout à fait sérieux quand il le faut.

Et puis les personnages… ils sont géniaux. Je crois qu’il est impossible de trouver un trio aussi mal assorti que celui du département V. D’un côté, on a Carl Mørk, un flic plus ou moins bien vu par sa hiérarchie qu’on a relégué au département V un peu pour s’en débarrasser. Lui ne se plaint pas de sa situation, puisqu’il n’aspire qu’a se la couler douce dans son bureau en rêvant à sa belle psychologue, Mona. De l’autre côté, Assad, l’assistant syrien, débordant de zèle, et un mystère à lui tout seul : on ne sait rien de lui, si ce n’est qu’il est musulman et adore le thé à la menthe. Et le troisième larron, c’est la secrétaire Rose, une jeune femme au style punk qui prend un malin plaisir à mettre les nerfs de Carl à vif. Dans Délivrance, nous découvrons également sa sœur jumelle, Yrsa, tout aussi phénoménale mais dans un genre différent. Les échanges verbaux entre ces trois personnages hauts en couleurs promettent toujours de bons éclats de rire. On ne s’ennuie jamais avec eux !

Je conclurai en disant qu’il s’agit là du meilleur épisode du département V, encore meilleur que Miséricorde (le tome 1), que j’avais déjà adoré. De la tension, du suspense, mais aussi de franches parties de rigolades… on en redemande !

mercredi 31 juillet 2013

Train d'enfer pour Ange rouge de Franck Thilliez


Titre : Train d’enfer pour Ange rouge
Auteur : Franck Thilliez (France)
Date de parution : 2003
Editeur : Pocket
Nombre de pages : 436


Résumé :
Un cadavre en morceaux artistiquement répartis est retrouvé aux environs de Paris. La victime a été décapitée et son corps martyrisé a fait l’objet d’une mise en scène défiant l’imagination.
Le commissaire Franck Sharko est dépêché sur les lieux. Les ténèbres, il connaît : sa femme a disparu depuis six mois. Aucun signe de vie, aucune demande de rançon. Et cette nouvelle affaire, en réveillant le flic qui dormait en lui, va l’emmener au cœur de la nuit, loin, beaucoup trop loin…

Mon avis :

Train d’enfer pour Ange rouge est le premier roman de l’excellent auteur français de thrillers Franck Thilliez (ou tout du moins son premier roman à succès, car il avait écrit avant Conscience animale, mais personne ou presque n’en a entendu parler). C’est le premier roman mettant en scène le commissaire Franck Sharko, que j’avais découvert dans le dyptique de la violence (Le syndrome [E] et [Gataca]) et sur lequel j’avais vraiment envie d’en savoir plus.

Train d’enfer pour Ange rouge commence avec la découverte du cadavre atrocement mutilé et artistiquement disposé d’une jeune femme dans sa maison en banlieue parisienne. Le commissaire Franck Sharko, en charge de l’enquête, se retrouve face à un tueur en série particulièrement cruel qui prend un malin plaisir à faire endurer les pires tortures à ses victimes et à jouer avec la police. Déjà brisé par la disparition aussi brutale qu’inexpliquée de son épouse six mois plus tôt, le commissaire Sharko va se lancer corps et âme dans la traque de l’assassin et plonger au cœur des milieux les plus sordides de la capitale.

Autant prévenir tout de suite, il s’agit d’un roman plutôt gore et violent. C’est assez différent du Syndrome [E] et de [Gataca] même si le même personnage principal est le même. Si je devais absolument faire une comparaison avec un autre roman de l’auteur, je dirais que j’ai plus retrouvé ici le Franck Thilliez de L’anneau de Moebius. Tout ça pour dire : âmes sensibles, fuyez ! Déjà les descriptions des cadavres sont assez sanglantes, mais en plus il est aussi question de sadomasochisme, de torture d’animaux (et d’êtres humains aussi, parce que le tueur est loin d’être tendre avec ses victimes), j’en passe et des meilleures. Donc préparez vous !

L’intrigue est intéressante, toutefois elle n’a pas réussi à me passionner autant qu’elle ne l’aurait dû. Ce qui est entièrement ma faute, et non celle de l’auteur, puisque comme j’ai déjà lu le dyptique de la violence qui chronologiquement se déroule après Train d’enfer pour Ange rouge, je savais déjà ce qu’il allait advenir de la femme de Sharko. Et comme cette affaire là est liée à l’affaire de meurtre qui nous occupe, forcément ça m’a spoilé une bonne partie du suspense notamment à la fin. Je pense que j’aurais beaucoup plus aimé sinon. Parce qu’il y a vraiment du suspense vers la fin, et l’identité du coupable m’a totalement surprise : je n’avais jamais soupçonné ce personnage, et j’étais loin d’imaginer un tel mobile pour les crimes.
En même temps, ce mobile m’a déçue. Je ne vais bien évidemment pas vous révéler de quoi il s’agit, mais disons que je l’ai trouvé trop banal, par rapport au reste du roman qui nous laisse imaginer un tueur psychopathe (enfin, c’est vraiment un psychopathe, parce que pour faire ce qu’il fait il faut quand même être un peu (beaucoup) dérangé) avec un mobile un peu mystique. Certes, le mobile beaucoup plus terre à terre est peut-être plus réaliste, mais je n’ai quand même pas pu m’empêcher de penser « ah, tout ça pour ça ? »

Je voulais aussi parler un peu de Sharko, parce que j’aime vraiment beaucoup ce personnage. De toute façon, je pense qu’il est impossible de ne pas éprouver de la sympathie pour lui vu tout ce qui lui arrive. Comme je l’ai déjà mentionné plus tôt dans cette chronique, il a perdu toute trace de sa femme depuis six mois et en plus de ça l’affaire dans Train d’enfer pour Ange rouge continue à toucher des personnes de son entourage proche. Comme si ça ne suffisait pas déjà, je sais que dans les prochains romans la vie va continuer à s’acharner sur lui. J’espère vraiment qu’à un moment où un autre Thilliez va décider d’être un peu plus clément avec son héros, parce qu’il le mérite vraiment.

En conclusion, je garderai un bon souvenir de cette lecture. A certains moments, j’étais complètement scotchée, à d’autres beaucoup moins, c’est pourquoi ce n’est pas un coup de cœur. Mais quoi qu’il en soit, ça ne fait aucun doute que Franck Thilliez est une valeur sûre du thriller et pour les amateurs du genre, ce serait dommage de passer à côté de son œuvre.