Titre : Insaisissable T.1 : Ne me touche pas (Shatter me #1)
Auteur : Tahereh Mafi (Etats-Unis)
Date de parution : 2011 aux Etats-Unis, 2012 en France
Editeur : Michel Lafon
Nombre de pages : 374
LC avec Evy chou dont vous pouvez retrouver la chronique ici
Résumé :
J’AI UN DON
JE SUIS PLUS FORTE QU’UN HOMME
MON TOUCHER EST POUVOIR
IL NE DOIT PAS M’APPROCHER
JE ME VENGERAI
Juliette est enfermée depuis 264 jours dans une forteresse pour un
crime. Un accident. 264 jours sans parler. Ni toucher personne. Alors pourquoi
Adam, celui qu’elle aime en secret depuis l’enfance vient-il partager sa
cellule ? Et pourquoi semble-t-il ignorer qui elle est ?
L’organisme tout puissant qui régit le monde de Juliette n’hésite pas
à tuer pour asservir le peuple. Mais ce que désire par-dessus tout Warner, le
fils de son leader, c’est Juliette. La malédiction qui pèse sur la jeune fille
est pour lui une arme inestimable.
Seulement Juliette n’a pas l’intention de se laisser faire. Après une
vie de paria, elle trouve pour la
première fois le courage de se battre et de rêver à un avenir avec celui qu’elle
croyait avoir perdu pour toujours…
Mon avis :
Juliette possède depuis toujours un étrange pouvoir : le contact
de sa peau provoque pour celui qui la touche une douleur insupportable, pouvant
aller jusqu’à entraîner la mort de la malheureuse victime. Elle ne sait pas d’où
ça vient, elle sait simplement que ça a détruit sa vie : ses parents l’ont
abandonnée, et elle croupit désormais dans une cellule d’asile psychiatrique
pour un crime qui n’était rien d’autre qu’un accident. Elle s’est déjà résignée
à passer le restant de sa vie ici, sans parler ni toucher personne, mais les
choses changent le jour où un jeune homme, Adam, vient partager sa captivité.
Rapidement, elle va découvrir que ce qu’elle considérait comme une malédiction
est convoité par Warner, le fils du chef du gouvernement, qui souhaite en faire
son arme…
Bon, je vous le dis d’entrée : je suis bien loin du coup de cœur que
presque tout le monde a ressenti pour ce livre. C’est vrai que je l’ai lu après
Le souffle d’émeraude de Maria
V.Snyder qui pour le coup a été un énorme coup de cœur, donc ça n’a pas joué en
sa faveur mais au-delà de ça, il y a vraiment un certain nombre de petites
choses qui ont fait qu’on ne dépassera pas la note de 3/5 pour ma part.
La première, c’est le style d’écriture. Encensé par la plupart, il m’a
laissée un peu perplexe. Je ne peux pas dire que je ne l’ai pas du tout aimé,
parce que ce n’était pas désagréable à lire non plus, mais disons qu’il est
vraiment… particulier. Ca passe ou ça casse, et avec moi ça a plutôt cassé.
Surtout à cause de la surabondance de métaphores utilisées par l’auteure. Des
métaphores, c’est joli, ça donne un côté poétique, mais quand on force trop la
dose en en plaçant dans toutes ses phrases ou presque, ça devient vite agaçant.
Je me demande si Tahereh Mafi parle comme ça dans la vie de tous les jours, et
si oui, je plains son entourage.
Les répétitions de mots et de bouts de phrases, les expression rayées
et le style « parlé » de certains passages m’ont un peu déroutée au
début, mais j’ai fini par m’y faire et avec le recul, je dirai même que cette
écriture brute, hachée reflète plutôt bien les pensées tourmentées de Juliette.
On parle déjà de romance paranormale, je ne sais pas si on parle aussi
de romance dystopique mais je vais me permettre d’inventer ce terme s’il n’existe
pas déjà parce qu’il caractérise beaucoup mieux Ne me touche pas que dystopie tout court. Clairement, tout le livre
est centré sur la romance et sur le triangle amoureux Adam-Juliette-Warner (qui
n’en est d’ailleurs pas vraiment un puisque notre héroïne a choisi son camp
tout de suite). Et ça, c’est le deuxième point qui m’a gênée. Quand je lis de
la dystopie, je veux lire de la dystopie, pas de la romance. Si y’a de la
romance quand même, c’est bien, tant qu’elle ne prend pas toute la place, au
détriment de la construction de l’univers – l’aspect qui m’intéresse le plus en
science-fiction. Et là pour le coup, c’est exactement ce qui se passe, et c’est
vraiment dommage.
Malgré tout, je dois quand même dire que j’ai apprécié ma lecture. C’est
distrayant, il y a de l’action, il se passe plein de choses, et puis les
personnages ne sont pas inintéressants non plus.
Ni Juliette ni Adam n’ont été mes favoris, par contre. Ils sont chous
tous les deux ensemble, ils n’ont pas eu la vie facile – c’est le moins qu’on
puisse dire ! mais bon, il ne me laisseront pas un souvenir impérissable.
Et puis le fait qu’ils soient TOUT LE TEMPS en train de se dire à quel point
ils s’aiment, y compris dans des moments où… c’est pas le moment, justement, ça
devient un peu soûlant à la longue (quand je vous disais qu’il y avait trop de
romance dans ce livre !)
Non, LE personnage qui a retenu mon attention, c’est Warner. Warner, c’est
le super méchant de l’histoire. C’est celui qui n’hésite pas à tuer tous ceux
qui se dressent en travers de son chemin vers la toute puissante. Mais je n’ai
pas réussi à le détester autant que je l’aurais dû. Même si objectivement je suis
obligée de reconnaître que c’est un malade/psychopathe/sadique/carriériste/tout
ce que vous voulez, je ne peux pas m’empêcher de me dire qu’au fond, il n’est
pas si méchant que ça. Il a tout à fait
le potentiel pour devenir un personnage à la psychologie complexe et torturée
dans les prochains tomes, et moi j’adore les personnages à la psychologie
complexe et torturée, sadique que je suis.
J’ai aussi beaucoup aimé James, le petit frère d’Adam. Parce qu’il est
trop chou, parce qu’il est sacrément intelligent et courageux pour ses dix ans,
et parce que je suis sûre qu’il va faire de grandes choses dans les tomes
suivants.
Pour conclure, ce ne fut pas vraiment une réussite, mais Tahereh Mafi
a réussi à suffisamment m’accrocher pour me donner envie de lire la suite (pour
Warner et pour James, surtout). Je la lirai en VO par contre, parce que j’ai lu
quelques extraits sur Goodreads et le style d’écriture a l’air de passer
beaucoup plus facilement en anglais.
